# Citilience — corpus intégral
> Citilience documente la résilience urbaine système par système : électricité, réseau, eau, alimentation, air et fabrication. Chiffres sourcés, méthodes vérifiables.
Source : https://citilience.fr. Réutilisation libre avec mention de la source.
Généré le 21/09/2026.
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# Citilience
URL : https://citilience.fr/
La ville qui continue à fonctionner quand le monde s'arrête : six systèmes, documentés avec des chiffres sourcés.
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# L'autoconsommation solaire en France, en chiffres
URL : https://citilience.fr/donnees/autoconsommation-france/
Séries 2010-2026 du parc photovoltaïque résidentiel raccordé au réseau Enedis : stock, flux trimestriels, part du stockage. Source primaire, licence ouverte.
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# Outils de calcul
URL : https://citilience.fr/outils/
Calculateurs qui recoupent un projet avec les données publiques : productible PVGIS, profils de charge Enedis, tarifs en vigueur. Tout se calcule dans le navigateur.
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# Vérifier un devis photovoltaïque
URL : https://citilience.fr/outils/verifier-un-devis-photovoltaique/
Recalcule production, taux d'autoconsommation et temps de retour d'un devis solaire à partir des données météo PVGIS et des profils de consommation Enedis, et signale les incohérences avec leur source datée.
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# À propos de Citilience
URL : https://citilience.fr/a-propos/
Ce que le site documente, comment il le vérifie, et ce qu’il refuse de publier.
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# Formation photovoltaïque, kit complet en licence ouverte
URL : https://citilience.fr/formation/
Kit de formation 3 jours à l'installation de générateurs photovoltaïques raccordés au réseau, compétence intégration au bâti : 13 modules, TP corrigés, QCM blancs.
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# Modèle économique et affiliation
URL : https://citilience.fr/mentions-affiliation/
Comment Citilience se finance, quels partenaires sont cités et selon quelles règles.
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# Fictions d'effondrement : la série Edge of Collapse, lue avec les chiffres
URL : https://citilience.fr/lectures/
Les sept volumes de Kyla Stone en français, chaque scénario confronté aux données françaises publiées sur le réseau, l'eau et les stocks alimentaires. Page éditoriale, pas une source.
Série « Edge of Collapse » de Kyla Stone, 7 volumes, traduits par Christelle Livoury chez Paper Moon Press. Prémisse : une impulsion électromagnétique met le réseau électrique américain à terre en plein hiver, dans le Michigan.
Page éditoriale. Un roman ne chiffre rien : aucune valeur de cette série n'est utilisée comme donnée ailleurs sur le site. Le cadre est américain, le scénario repose sur une impulsion électromagnétique de grande ampleur, hypothèse rarement retenue par la planification française.
## Tome 1. Au bord de l'effondrement
- Original : *Edge of Collapse*, 2020.
- Édition française : parue le 24 mai 2024. Paper Moon Press, 404 pages, ISBN 978-1-962-25115-0.
- Ressort : Le réseau tombe d'un coup : plus de courant, plus de voitures, plus de téléphones. Deux cents kilomètres à pied en hiver pour rentrer.
- Ce que disent les chiffres : Le roman coupe tout en une seconde et suppose que le silence s'installe. En France, ce qui est documenté, c'est la vitesse : le livre blanc Enedis d'avril 2025 donne deux à quatre heures d'autonomie à un nœud optique grand public, et au mieux une heure au réseau mobile. La bascule n'est pas instantanée, elle dure une matinée.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/combien-de-temps-le-reseau-tient-sans-courant/
## Tome 2. Au bord de la folie
- Original : *Edge of Madness*, 2020.
- Édition française : parue le 14 juin 2024. Paper Moon Press, 360 pages, ISBN 978-1-962-25117-4.
- Ressort : Un blizzard coupe la ville du reste du pays. Un père cherche à ramener son fils depuis une station de ski, sans secours joignables.
- Ce que disent les chiffres : C'est le point où la fiction est la plus utile : elle rend tangible ce que le cadre français organise mal. L'itinérance des numéros d'urgence entre opérateurs existe, mais elle suppose une antenne alimentée. Sans courant, le 112 ne bascule sur rien.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/appels-d-urgence-et-112-ce-qui-reste-joignable/
## Tome 3. Au bord des ténèbres
- Original : *Edge of Darkness*, 2020.
- Édition française : parue le 30 juin 2024. Paper Moon Press, 362 pages, ISBN 978-1-962-25119-8.
- Ressort : La ville arrive au bout de ses réserves de nourriture et de carburant, et le froid ne cède pas. Les arbitrages commencent.
- Ce que disent les chiffres : Le volume place la pénurie à quelques semaines. La seule étude publique française chiffre cinq à sept jours d'autonomie alimentaire cumulée pour Paris, note de l'Apur d'octobre 2024, réserves à domicile comprises. Le roman est optimiste.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/stocks-alimentaires-d-une-ville-la-seule-etude/
## Tome 4. Au bord de l'anarchie
- Original : *Edge of Anarchy*, 2020.
- Édition française : parue le 14 juillet 2024. Paper Moon Press, 358 pages, ISBN 978-1-962-25125-9.
- Ressort : Trois semaines après la panne, une milice locale tient la ville. La sécurité a un prix que tout le monde n'accepte pas de payer.
- Ce que disent les chiffres : Le volume pose la bonne question — qui décide du partage — et lui donne une réponse armée. La version documentée est administrative : en France, partager l'électricité produite à l'échelle d'un quartier passe par un cadre juridique précis, et par une personne morale organisatrice.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/autoconsommation-collective-le-cadre-reel-et-les-chiffres/
## Tome 5. Au bord de la défiance
- Original : *Edge of Defiance*, 2020.
- Édition française : parue le 9 août 2024. Paper Moon Press, 394 pages, ISBN 978-1-962-25129-7.
- Ressort : Le contrôle des vivres devient l'instrument du pouvoir. La ville est isolée et au bord de la famine.
- Ce que disent les chiffres : La série suppose qu'un village du Michigan peut se nourrir de ce qui l'entoure. Ce que mesure Solagro pour un Français, c'est 3 680 m² d'empreinte alimentaire par an, quand la surface agricole disponible par habitant est de 4 439 m². La marge existe, mais elle ne se reconvertit pas en un hiver.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/surfaces-agricoles-autour-d-une-ville/
## Tome 6. Au bord de la survie
- Original : *Edge of Survival*, 2020.
- Édition française : parue le 8 septembre 2024. Paper Moon Press, 382 pages, ISBN 978-1-962-25135-8.
- Ressort : Trois mois après la panne, la faim et la maladie ont fait plus de morts que la violence.
- Ce que disent les chiffres : C'est le volume le plus juste de la série : l'épidémie arrive par l'eau, pas par les armes. L'Anses recommande cinq minutes d'ébullition à gros bouillons et une conservation de 72 heures au maximum — et ne se prononce pas sur les filtres vendus aux particuliers.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/potabilisation-de-secours-ce-qui-est-encadre/
## Tome 7. Au bord de la bravoure
- Original : *Edge of Valor*, 2021.
- Édition française : parue le 23 octobre 2024. Paper Moon Press, 426 pages, ISBN 978-1-962-25138-9.
- Ressort : Dernier volume. La communauté se bat pour ce qu'elle a reconstruit, et compte ce qu'elle a perdu.
- Ce que disent les chiffres : Reconstruire suppose des pièces. Aucun inventaire public de pièces détachées par territoire n'existe en France : la loi garantit un délai de mise à disposition, jamais une proximité. C'est l'angle mort que la série ne voit pas non plus.
- À lire en regard : https://citilience.fr/guides/stock-de-pieces-d-un-quartier-ce-qui-n-est-pas-mesure/
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# Contacter Citilience
URL : https://citilience.fr/contact/
Poser une question sur la formation photovoltaïque, signaler une erreur de chiffre ou une source manquante, proposer une réutilisation du contenu.
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# Électricité
URL : https://citilience.fr/systemes/electricite/
Mise à jour : 20/09/2026
Ce que les données publiques du gestionnaire de réseau disent de l'autoconsommation en France, et ce qui manque encore pour qu'une rue tienne seule.
## Le réseau national est une hypothèse, pas une garantie
Le sujet, il est simple : nous vivons dans un monde où deux systèmes critiques sont connectés, sans aucun repli.
L'important n'est pas « est-ce que », mais « quand ça arrive, combien de temps mon bâtiment tient-il ? ».
L'eau sous pression, le chauffage dans une copropriété, les communications d'un quartier : tout part du courant. Et si le courant disparaît, il disparaît d'un coup.
Ce n'est pas une question de fiabilité d'un système. C'est une question d'architecture.
Imaginez votre immeuble d'habitation, raccordé à un seul réseau d'eau, et ce réseau coupé par un incident au niveau de l'usine. C'est un scénario peu probable, mais qui aurait des conséquences immédiates et graves. Exactement la même chose avec l'électricité.
Ce que produit le fait de relier deux systèmes critiques sans repli, ce n'est pas de réduire le risque.
C'est de le concentrer. Concentrer le risque, c'est l'exposer à un événement rare, mais avec des conséquences graves.
## Ce que montrent les données publiques
Depuis quelques années, le gestionnaire français publie ouvertement les données de son réseau, notamment les données de parc solaire. Ce dernier est l'un des plus complets au monde, couvrant environ 95 % du territoire et publié chaque trimestre en open data.
Le basculement de l'autoconsommation sur les installations résidentielles, en dessous de 36 kVA, s'est produit il y a quelques années. Il est aujourd'hui majoritaire, avec 71,9 % des installations en autoconsommation. En 2010, ce chiffre était de 0,5 %. L'évolution est spectaculaire.
L'autoconsommation, qui consiste à consommer l'électricité que l'on produit soi-même, devient attrayante lorsque les tarifs d'électricité facturés au consommateur sont plus élevés.
Ce n'est pas une histoire d'idéologie, c'est une histoire de tarifs.
## Le piège de lecture : le stock monte, le marché baisse
Troisième trimestre 2024 : 62 068 raccordements.
Deuxième trimestre 2026 : 27 200.
C'est moins de la moitié.
Le parc cumulé d'installations photovoltaïques en autoconsommation augmente. Chaque trimestre, de nouvelles installations sont ajoutées, et donc la courbe grimpe. C'est une courbe de stock, pas de flux.
Mais le nombre de raccordements, le flux, a quant à lui diminué depuis ce pic. Un graphique du flux de raccordement nous montrerait une toute autre forme.
Cet écueil d'interprétation est très fréquent lorsque l'on analyse des données de stocks.
La chute s'observe principalement dans le segment de vente de surplus, qui dépend fortement des aides publiques.
## La batterie devient rationnelle quand le rachat devient dérisoire
Entre fin 2024 et le milieu de 2026, la part des batteries dans les nouvelles installations passe de 2 % à 19 %, alors que le marché s'effondre de moitié.
En clair, alors que moins de gens installent des panneaux, ceux qui le font choisissent de plus en plus le stockage.
Le stockage solaire a toujours été là, pour améliorer la résilience énergétique d'un bâtiment, pour réduire les pointes de consommation électrique, pour bénéficier de certaines aides.
Mais jusqu'à récemment, économiquement, c'était plus simple de revendre le surplus. Sauf que voilà : quand le tarif de rachat du surplus baisse, la valeur du kilowattheure injecté s'effondre.
Et là, stocker devient plus rentable que vendre.
En dix-huit mois, le parc équipé d'un stockage est passé de 15 790 à 35 956 installations.
## Du toit isolé au micro-réseau de rue
Presque tout est en « petits bouts ». Des onduleurs individuels sur chaque toiture, reliés à un réseau conçu pour aller dans l'autre sens. Quelques immeubles en autoconsommation collective, mais pas de micro-réseaux.
Pourtant nous avons franchi toutes les autres étapes :
Produire localement ? Oui.
S'isoler du réseau national ? Oui, avec un groupe électrogène.
S'isoler du réseau national en utilisant sa propre production ? Pas encore.
Une différence entre un onduleur couplé au réseau et un « vrai » onduleur de micro-réseau ? Sur le réseau, il y a une énorme centrale et plein d'autres onduleurs pour donner la référence de fréquence et tension. Un onduleur ne peut pas fonctionner seul, il n'aurait pas la bonne fréquence, ni la bonne tension. Alors qu'un onduleur de micro-réseau peut le faire, il doit être capable de fournir du démarrage autonome.
Et surtout, un micro-réseau, c'est un système avec une gouvernance. Lorsqu'il fait jour et que tout le monde en même temps veut faire tourner sa machine à laver, ce n'est pas un problème. Mais lorsqu'on a une production limitée et qu'on doit choisir entre alimenter la maison d'une personne ou un commerce, faut-il choisir ? Un micro-réseau c'est une communauté, il faut pouvoir répondre à cette question.
La vraie difficulté n'est pas technique.
Elle est juridique.
En France la revente d'électricité entre particuliers est strictement encadrée.
Le dispositif qui s'en approche le plus a maintenant ses chiffres. Au 30 juin 2026, 2 276 opérations d'autoconsommation collective sont actives, réunissant 25 497 participants. Cela donne 11,2 participants et 168 kVA par opération : un toit d'équipement public qui alimente une dizaine de compteurs, pas une rue autonome.
Le plafond de puissance est passé de 3 à 5 MW en mars 2025, contre l'avis du régulateur qui demandait son maintien à 3 MW. L'opération moyenne reste pourtant près de trente fois en dessous de cette limite. Le plafond n'est donc pas la contrainte qui bloque ces projets.
## Le gisement que personne ne regarde : 2030
Entre 2006 et 2011, environ 350 000 installations photovoltaïques résidentielles françaises ont été raccordées en vente totale.
À la fin de leur contrat d'achat de vingt ans, elles devront choisir entre souscrire un nouveau contrat de vente, passer en autoconsommation, ou engager une rénovation complète de l'installation.
Leur nombre, figé autour de 350 000 depuis 2019, a commencé à reculer pour la première fois en 2026.
On parle de toitures de quinze à vingt ans, souvent posées en intégration au bâti. C'étaient les premières toitures solaires, qui ont permis à de nombreux propriétaires de produire de l'électricité toute une décennie.
Dans quelques années, ces propriétaires vont devoir prendre une décision. C'est un marché latent, souvent oublié de la filière.
## Ce que nous ne publierons pas
Un classement départemental des coupures d'électricité. Le jeu de données national ne comporte qu'une seule maille, nationale, et reconstituer une carte supposerait d'agréger manuellement des comptes rendus de concession publiés séparément, avec des années de référence différentes. L'écart de un à dix entre départements qui circule provient d'une étude portant sur des données de 2002 à 2009 : nous ne le reprenons pas.
La durée maximale de coupure subie par un client. L'indicateur public est une moyenne. Aucune publication ouverte ne donne la distribution des durées, ni le nombre de clients ayant subi une coupure de plus de vingt-quatre heures. C'est pourtant le chiffre qu'il faudrait pour dimensionner une continuité d'alimentation.
Le gain énergétique ou financier d'une opération d'autoconsommation collective. Les données publiées comptent des opérations, des participants et une puissance. Elles ne publient ni les kilowattheures effectivement partagés, ni les taux d'autoproduction, ni les prix de cession interne.
Le nombre d'opérations d'autoconsommation collective dans une commune donnée. La maille la plus fine publiée est régionale, et douze régions seulement sont renseignées.
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# Réseau
URL : https://citilience.fr/systemes/internet/
Mise à jour : 19/09/2026
Autonomie réelle des antennes et des nœuds optiques, comptage des supports qui couvrent une adresse. Ce que le réseau tient vraiment sans électricité.
## Le réseau ne tombe pas, il se dégrade
Une coupure réseau ne se raconte pas comme une coupure de courant. L'électricité s'arrête d'un coup ; le réseau, lui, se dégrade.
La résolution des noms de domaine échoue avant le transport, les services tiers lâchent avant les liens physiques, et la panne se manifeste d'abord comme une lenteur inexplicable.
C'est pourquoi la question utile n'est pas « le réseau fonctionne-t-il ». Elle est : qu'est-ce qui tombe en premier, et combien de temps avant ?
## Le réseau dépend du courant, plus que de lui-même
C'est le fait le plus contre-intuitif de ce système, et il est documenté.
Lors de la tempête Ciaran, un opérateur a constaté que 90 % de ses sites indisponibles l'étaient faute d'électricité. Pas à cause de câbles rompus ou de pylônes abattus : à cause du courant.
Les durées d'autonomie donnent l'échelle. Un nœud de raccordement optique tient 2 à 4 heures pour les services grand public. Les réseaux cellulaires publics, au mieux une heure — quand les usages de crise en exigeraient quarante-huit.
Autrement dit, la résilience du réseau est d'abord un problème électrique. Documenter ce système sans documenter l'électricité serait une erreur de méthode.
## Ce que ce système documente
L'autonomie réelle des équipements, d'abord, avec les écarts entre ce qui est déclaré, ce qui est mesuré et ce que les retours d'expérience de tempête révèlent.
Le comptage des infrastructures qui couvrent une adresse, ensuite. Les données ouvertes de l'Agence nationale des fréquences permettent de compter les supports et les opérateurs d'une commune, et de mesurer la redondance réelle. Elle est plus faible qu'on ne le croit : dans les deux communes que nous avons testées, 65 % et 70 % des supports ne portent qu'un seul opérateur.
Les dépendances cachées du bâtiment, enfin. Un immeuble équipé d'une alarme, d'un interphone connecté et de compteurs télérelevés fonctionne rarement hors ligne — non par choix technique, mais parce que le mode dégradé n'a jamais été testé.
## Ce que nous ne publierons pas
Les débits d'un maillage radio de voisinage. Aucune mesure indépendante n'existe : les seules sources disponibles sont des contributions de collectivités, sans évaluation tierce.
Les débits et latences d'une liaison satellite de secours en France. Aucune source publique française ne les publie.
Les statistiques européennes d'incidents réseau appliquées à la France. La France ne contribue pas à cette collecte : les citer pour notre pays serait une erreur de périmètre invisible au lecteur.
Et aucune portée d'antenne en kilomètres. Les données ouvertes donnent les azimuts et la hauteur du support, jamais le rayon couvert.
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# Eau
URL : https://citilience.fr/systemes/eau/
Mise à jour : 19/09/2026
Récupération de pluie, réutilisation des eaux grises, autonomie d'un îlot. Ce que les données publiques disent, et le chiffre que votre service d'eau détient.
## L'autonomie en eau n'est pas le bon objectif
L'eau est le système où l'autonomie coûte le plus cher par litre, et où l'erreur se paie le plus vite. Un défaut d'étanchéité électrique fait disjoncter ; un défaut de potabilisation rend malade.
C'est aussi le seul des six systèmes où l'autonomie totale est rarement souhaitable. Le réseau public d'eau potable français est fiable, et s'en couper par principe serait une régression.
L'enjeu est donc mal posé quand on parle d'indépendance. Il se pose mieux ainsi : combien de jours un îlot peut-il tenir si la distribution s'arrête, et quels usages peut-il couvrir sans potabilisation ?
## Le rapport de un à dix-neuf
Un habitant consomme en moyenne 143 litres par jour. En situation de crise, le référentiel retenu par l'État descend à une fourchette de 7,5 à 15 litres par personne et par jour.
Le rapport va de 9,5 à 19,1.
Cet écart n'est pas une curiosité statistique. C'est le cœur du sujet : l'autonomie en eau d'un quartier n'est pas une propriété de ses canalisations, c'est une fonction du niveau de service que l'on accepte.
Un même réservoir peut tenir deux cents jours ou quatre jours selon ce qu'on décide de continuer à faire avec l'eau.
## Ce que ce système documente
La substitution par l'eau de pluie, d'abord, parce que c'est le levier le plus accessible. Près de 45 % des usages domestiques n'exigent pas d'eau potable : chasses d'eau, arrosage, lavage des sols. C'est la marge réelle, avant toute potabilisation.
Le régime de déclaration, ensuite, souvent mal compris. Certains usages sont librement mis en œuvre, d'autres exigent une déclaration en mairie. La distinction ne porte pas sur le volume mais sur la nature de l'eau et son usage.
L'autonomie d'un îlot, enfin. Le chiffre existe, il est calculé par votre service d'eau et transmis au préfet. Il n'est pas publié. Nous documentons la méthode de calcul et le vocabulaire exact pour le réclamer.
Et la performance du réseau qui alimente une adresse donnée, parce que la moyenne nationale de 79,2 % ne décrit aucun service réel : trente-quatre points séparent le premier du neuvième décile. Nous documentons quel indicateur relever, comment calculer le seuil réglementaire applicable à son service, et pourquoi l'indicateur de conformité cessera d'être publié après l'exercice 2024.
## Ce que nous ne publierons pas
Aucun jeu de données national ne recense les volumes des réservoirs et châteaux d'eau. Nous ne publierons donc pas de durée d'autonomie « moyenne » pour la France : elle n'existe pas.
Aucun coefficient officiel ne dit quelle part d'un réservoir est réellement mobilisable, une fois retirées la réserve incendie et le fond de cuve non gravitaire. Nous n'en inventerons pas.
Et sur le rendement des réseaux, nous ne publions pas de valeur unique. Les sources officielles donnent trois chiffres différents pour le taux de renouvellement 2024, et deux périmètres différents pour le rendement moyen. Nous publions donc les écarts eux-mêmes, avec leur origine, plutôt qu'un chiffre lissé.
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# Alimentation
URL : https://citilience.fr/systemes/alimentation/
Mise à jour : 19/09/2026
Empreinte surface, artificialisation, agriculture urbaine réelle. Pourquoi une ville ne sera pas autonome, et ce qu'elle peut tenir malgré tout.
## L'écart entre le discours et les surfaces
C'est le système où l'écart entre ce qui se dit et ce que les chiffres montrent est le plus grand.
Un Français mobilise 3 680 m² de surface agricole par an pour son alimentation. La Métropole du Grand Paris compte 1 640 hectares de parcelles agricoles.
Le rapport se calcule en quelques secondes, et il est sans appel : ces surfaces couvrent l'empreinte de quelques milliers de personnes, pour une population de plusieurs millions.
Reconnaître cette limite n'invalide pas le système, elle le recadre.
## Ce que l'agriculture urbaine produit réellement
Elle produit des légumes-feuilles et des fruits à haute valeur, en petites quantités, à un coût énergétique élevé.
Elle ne produit pas de calories de base. Les céréales, les protéagineux et les féculents qui composent l'essentiel d'un régime demandent des surfaces incompatibles avec le tissu urbain.
Un ordre de grandeur national éclaire cette asymétrie : les fruits et légumes occupent 376 000 hectares, soit 1,3 % de la surface agricole française. En y ajoutant les pommes de terre, on atteint moins de 2 %.
Autrement dit, même à l'échelle du pays, ces cultures sont marginales en surface. Les reproduire en ville ne change pas l'échelle du problème alimentaire.
## La tendance de fond
La surface agricole disponible par habitant était de 8 300 m² en 1930. Elle est de 4 439 m² en 2017. La projection à 2050 donne 3 800 m².
Ce chiffre passera sous l'empreinte actuelle de 3 680 m² par personne. Ce n'est pas une prophétie, c'est une soustraction.
Une ville ne deviendra donc pas autonome en alimentation. Elle peut en revanche raccourcir ses chaînes, garder une capacité de transformation, et tenir plusieurs semaines sur des réserves organisées.
## Ce que ce système documente
Les surfaces réellement disponibles autour d'une ville, et la méthode pour les mesurer à partir des données publiques de parcellaire.
L'empreinte alimentaire comparée à ces surfaces, seule façon de poser correctement la question de l'autonomie.
Les pièges de lecture des données d'artificialisation, qui sont nombreux : indicateur fiscal et non agronomique, agrégation des espaces naturels, agricoles et forestiers, séries révisées.
Les taux d'approvisionnement des cantines, télédéclarés et publiés en données ouvertes, avec ce qu'ils mesurent réellement : une part de dépenses hors taxes, sur 40 % des sites, sans contrôle ni sanction prévus par la loi.
Les deux périmètres incompatibles du gaspillage alimentaire, et la raison pour laquelle aucune trajectoire française n'est mesurable.
Les projets alimentaires territoriaux, enfin : comment savoir si son territoire en relève, à quel niveau de labellisation, et pourquoi trois décomptes officiels divergents coexistent pour un même dispositif.
## Ce que nous ne publierons pas
Les rendements de l'agriculture urbaine. Les valeurs publiées sont hétérogènes et souvent issues d'acteurs qui ont intérêt à les présenter favorablement. Sans données mesurées et comparables, nous reproduirions le discours que nous cherchons à corriger.
Un décompte unique des projets alimentaires territoriaux. Trois valeurs circulent selon la source et la date, sans table de passage publiée. Nous publions les trois avec leur producteur et leur millésime, jamais une seule présentée comme officielle.
Un nombre de jours de stock alimentaire pour une ville française autre que Paris. Une seule étude publique existe sur le sujet, et sa méthode n'est pas transposable.
Un chiffre de gaspillage alimentaire à l'échelle d'une commune. Les données sont nationales et européennes ; appliquer le ratio national à une population donne une extrapolation, pas une mesure.
Les surfaces de semences conservées localement : aucune source publique ne les documente. Le cadre juridique de la vente de semences, lui, est précis et nous le documentons — mais aucun indicateur d'érosion génétique n'existe, alors même qu'une liste entière du catalogue officiel est dédiée aux variétés qui en sont menacées.
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# Air et santé
URL : https://citilience.fr/systemes/air-et-sante/
Mise à jour : 19/09/2026
Valeurs limites, lignes directrices sanitaires, seuils d'alerte : trois référentiels distincts. Ce que les mesures publiques disent, et ce qu'elles ne disent pas.
## Trois référentiels, un seul chiffre affiché
Les autres systèmes traitent de ce qui s'arrête. Celui-ci traite de ce qui est déjà là, tous les jours, et que l'on mesure mal.
La difficulté n'est pas de trouver des chiffres : ils sont publiés, et de bonne qualité. Elle est de savoir à quoi on les compare.
Une valeur limite est une obligation juridique. Une ligne directrice sanitaire est un repère de santé publique, sans force contraignante. Un seuil d'alerte déclenche des mesures de police administrative pour une journée.
Trois objets différents, parfois numériquement identiques. Pour le dioxyde d'azote, le seuil d'information et la valeur limite horaire valent tous deux 200 µg/m³ — mais l'un déclenche une procédure préfectorale, l'autre engage l'État sur l'année.
## Le même chiffre dit deux choses vraies
L'indicateur d'exposition moyenne aux particules fines vaut 8,9 µg/m³ en 2024.
Ce chiffre est très inférieur à la valeur limite réglementaire de 25. Il vaut près du double de la ligne directrice sanitaire de 5.
Les deux lectures sont exactes. La France respecte largement la loi, et expose sa population à près du double du niveau recommandé.
Ce n'est pas un paradoxe, c'est un choix de référence. Et c'est pourquoi une phrase comme « la valeur limite est respectée » ne renseigne pas sur la qualité de l'air respiré.
## Ce que ce système documente
La lecture des chiffres publics, d'abord : quel référentiel, quelle maille, quel délai de publication, et surtout la distinction entre une valeur mesurée et une valeur modélisée.
La chaîne de décision des épisodes de pollution, ensuite. Qui déclenche quoi, à partir de quel seuil, avec quel délai d'entrée en vigueur. Les réponses sont dans un arrêté de 2016, et elles sont moins intuitives qu'on ne le croit : une procédure peut démarrer sur une simple modélisation, avant toute mesure.
Les sources réelles d'émissions, enfin, parce que la répartition mentale du problème est fausse. Les particules fines sont spontanément associées à la circulation automobile ; les chiffres désignent d'abord le chauffage domestique au bois.
Et la ventilation des logements, parce que c'est le seul levier d'air intérieur que l'occupant peut faire vérifier chez lui. Les débits mesurés dans le parc français sont publiés, ils sont mauvais, et la convention de conformité retenue par l'observatoire national mérite d'être connue avant de commander un diagnostic.
## Ce que nous ne publierons pas
Les seuils exacts des niveaux de vigilance météorologique : aucune page officielle consultable ne les documente.
Les valeurs réglementaires de formaldéhyde en air intérieur, faute de source primaire accessible pour les confirmer.
Le taux national d'alertes annoncées non confirmées. Le paradoxe est documenté : l'arrêté de 2016 impose un bilan départemental annuel public qui compte précisément ces cas, mais aucun agrégat national n'existe.
Les pourcentages de baisse de pollution attribués à la circulation différenciée ou alternée. Ces chiffres circulent sans qu'aucune source primaire française n'ait pu être identifiée.
Le statut juridique du réseau historique de surveillance des pollens. Nous n'avons trouvé aucune source primaire, et nous nous limitons donc aux constats techniques vérifiables : l'ancien domaine de diffusion redirige vers la fédération des associations de surveillance, et l'archive de comptages s'arrête en 2024.
L'allongement de la saison pollinique en nombre de jours. L'archive 1987-2024 permettrait de le calculer, mais aucune publication primaire française ne le chiffre : un tel résultat serait notre calcul, et devrait être publié avec sa méthode, sa station et son taxon.
Et rien sur le croisement d'une mesure locale avec un profil allergique individuel : cela touche à des données de santé, et la conception technique doit précéder la publication.
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# Fabrication
URL : https://citilience.fr/systemes/fabrication/
Mise à jour : 19/09/2026
Indices de réparabilité et de durabilité, bonus réparation : ce que les données publiques disent vraiment de la réparabilité des équipements.
## La panne ne vient pas de la pièce coûteuse
Un quartier ne refabriquera pas un onduleur, ni une carte électronique, ni un compresseur. La fabrication locale ne remplace pas l'industrie, et prétendre le contraire fait perdre de vue ce qu'elle sait faire : produire la pièce qui immobilise un équipement entier.
C'est souvent une pièce dérisoire. Un support cassé, un joint introuvable, un engrenage plastique sur un mécanisme dont tout le reste fonctionne.
La panne ne vient pas du composant coûteux mais de celui que le fabricant ne vend plus.
## Ce que les indices mesurent vraiment
Depuis 2021, un indice de réparabilité est affiché sur certains équipements. Depuis 2025, un indice de durabilité le remplace progressivement, catégorie par catégorie.
Ces indices sont utiles, mais ils ne disent pas ce qu'on croit. Leur note globale agrège des sous-scores, et la décomposition est instructive.
Sur les lave-linge déclarés, la réparabilité atteint 8,86 en moyenne quand la fiabilité plafonne à 7,61. Sur les téléviseurs, le rapport s'inverse : 6,82 de réparabilité contre 7,15 de fiabilité.
Autrement dit, deux appareils affichant la même note peuvent avoir des profils opposés. L'un se répare facilement mais tombe en panne ; l'autre résiste mais s'avère difficile à ouvrir.
C'est précisément ce que la note unique masque, et c'est pourquoi le droit d'en obtenir le détail compte.
## Un droit peu utilisé
Le fabricant doit communiquer le détail du calcul de la note sur demande : sous cinq jours ouvrés pour l'indice de durabilité, quinze jours pour l'indice de réparabilité.
Cette obligation vaut au moins deux ans après la mise sur le marché du modèle.
Personne ne l'exerce, alors que c'est le seul moyen de savoir si une bonne note récompense la robustesse ou la facilité de démontage.
## Ce que ce système documente
La lecture critique des indices, avec la décomposition des sous-scores calculée à partir des fichiers publics.
Les durées légales de disponibilité des pièces détachées, équipement par équipement, reconstituées à partir du décret français et des quatre règlements européens d'écoconception, faute de table de correspondance publiée.
Ce que les données publiques disent de l'autoréparation, mode de réparation majoritaire et seul à ne bénéficier d'aucune aide.
Ce que l'agence publique a conclu sur l'impression 3D de pièces de rechange, et pourquoi elle n'a pas pu trancher la question environnementale.
L'état du recensement des ateliers partagés, et le calcul qu'il faut refuser de faire à partir de ses pourcentages.
Les aides à la réparation, leur périmètre réel et les conditions qui les rendent effectives.
## Ce que nous ne publierons pas
Un inventaire théorique de pièces critiques. Une telle liste n'a de valeur que si elle est établie sur des équipements réels et des pannes observées. Publier une liste spéculative produirait exactement le genre de contenu que ce site essaie de ne pas ajouter au web.
Le nombre exact de fabricants déclarants. Les décomptes issus des fichiers publics varient selon la méthode de dédoublonnage, et les typologies se recouvrent.
Les dates officielles d'entrée en vigueur de l'indice de durabilité par catégorie, sans mention de leur instabilité : trois dates différentes circulent sur des sites publics.
Un nombre de fablabs en France. Les typologies du seul recensement national se recoupent, et leur somme atteint 161 % : aucun effectif ne peut en être déduit.
Un coût horaire d'accès à une machine en atelier partagé. Les seuls tarifs publiés sont d'une autre nature : tarification commerciale d'un prestataire, abonnement annuel d'un lieu précis, prix d'un stage encadré.
Un prix moyen de pièce détachée. L'obligation européenne de publication de prix indicatifs pèse sur chaque fabricant séparément, et aucune base consolidée n'existe.
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# Onze participants par opération, et un avis du régulateur non suivi
URL : https://citilience.fr/guides/autoconsommation-collective-le-cadre-reel-et-les-chiffres/
Mise à jour : 20/09/2026
Deux mille opérations, onze participants en moyenne, et un régulateur désavoué sur le plafond de puissance. L'état documenté du partage d'électricité en France.
L'autoconsommation collective permet à plusieurs personnes de partager l'électricité produite sur un toit. Le dispositif existe légalement depuis 2019, il grossit vite, et il est très mal dimensionné dans les esprits.
Deux mille deux cent soixante-seize opérations au 30 juin 2026. Onze participants en moyenne. Cent soixante-huit kilovoltampères de production.
Ce n'est pas un micro-réseau de quartier. C'est un toit d'équipement public qui alimente une dizaine de compteurs.
Voici ce que les données ouvertes et les textes établissent, y compris un désaccord entre le régulateur et le gouvernement sur le plafond de puissance.
## La taille réelle du parc
Nous avons interrogé directement les deux jeux de données ouverts du gestionnaire de réseau.
Au 30 juin 2026 : 2 276 opérations actives, 25 497 participants dont 3 379 producteurs et 22 118 consommateurs, et 382 254,52 kilovoltampères de puissance de production engagée.
La trajectoire est spectaculaire : 50 opérations en mars 2021, 77 en décembre 2021, 305 en décembre 2023, 698 en décembre 2024, 1 625 en décembre 2025, 2 276 en juin 2026.
Soit une multiplication par 29,56 depuis fin 2021. Et un doublement sur les douze derniers mois seulement, le parc passant de 1 111 opérations en juin 2025 à 2 276 un an plus tard.
Cette croissance est réelle. Elle part d'une base très faible. Rapportée aux dizaines de millions de points de livraison français, l'autoconsommation collective reste un phénomène marginal en volume, et il faut tenir les deux constats ensemble.
## La taille réelle d'une opération
C'est le calcul qui recadre le sujet.
Vingt-cinq mille quatre cent quatre-vingt-dix-sept participants divisés par 2 276 opérations donnent 11,20 participants par opération.
Trois cent quatre-vingt-deux mille deux cent cinquante-quatre kilovoltampères divisés par 2 276 donnent 167,95 kilovoltampères de production par opération.
Dans le détail : 1,48 producteur et 9,72 consommateurs par opération. Un ou deux producteurs pour une dizaine de consommateurs, soit 6,55 consommateurs par producteur à l'échelle du parc.
L'image correcte est donc celle d'un point de production unique, souvent une toiture, desservant une petite dizaine de compteurs. Pas celle d'un réseau maillé entre voisins.
Ce constat a une conséquence pratique immédiate. Quiconque monte un projet de ce type doit savoir qu'il se situera probablement dans cet ordre de grandeur, et que les exemples plus ambitieux qui circulent sont des cas particuliers.
## Le débat sur le plafond, et ce qu'il révèle
Le plafond de puissance cumulée des installations de production d'une opération étendue est passé de 3 à 5 mégawatts sur le territoire métropolitain continental, par un arrêté du 21 février 2025.
Rapprochons ce plafond de la réalité mesurée. Cinq mille kilovoltampères divisés par 167,95 donnent 29,8.
L'opération moyenne se situe près de trente fois en dessous du plafond autorisé.
Le plafond n'est donc pas la contrainte qui structure ces projets. Le débat réglementaire a porté sur une limite que la quasi-totalité des opérations n'approche pas.
## Le régulateur n'a pas été suivi
C'est le fait de cadre le plus intéressant du dossier, et il est entièrement documenté par une source primaire unique.
Dans sa délibération du 18 décembre 2024, le régulateur de l'énergie rend un avis favorable au projet d'arrêté, mais sous deux réserves explicites.
Première réserve : maintenir le plafond général à 3 mégawatts et non 5, au motif que « La capacité actuelle de 3 MW permet de garantir que les projets d'autoconsommation collective correspondent à des enjeux locaux ».
Seconde réserve : limiter à 8 mégawatts, et non 10, le plafond dérogatoire des opérations portées par des communes ou intercommunalités.
L'arrêté publié au Journal officiel du 5 mars 2025 retient 5 mégawatts et une puissance inférieure à 10 mégawatts.
Les deux réserves n'ont pas été suivies.
Nous rapportons ce désaccord parce qu'il est public et documenté, et nous ne nous prononçons pas sur son bien-fondé. Le régulateur défendait une conception du caractère local de ces opérations ; le gouvernement a tranché autrement. Un lecteur qui monte un projet a intérêt à connaître cette tension, parce qu'elle éclaire l'esprit du dispositif.
## Le critère de distance, cas par cas
L'arrêté fixant le critère de proximité géographique est pris en application de l'article L. 315-2 du code de l'énergie. Il a été modifié plusieurs fois, et le résultat est un empilement qu'il faut déplier.
En droit commun : deux kilomètres entre les deux participants les plus éloignés.
Première dérogation, introduite en octobre 2020 : jusqu'à vingt kilomètres pour les projets situés dans des communes rurales.
Deuxième dérogation, introduite en septembre 2023 : jusqu'à dix kilomètres pour les communes rurales ou périurbaines. Ce texte apporte une objectivation utile, en fondant la décision ministérielle sur la grille communale de densité de l'institut national de la statistique. Sont rurales les communes des catégories des bourgs ruraux, du rural à habitat dispersé et du rural à habitat très dispersé.
Cette référence à une nomenclature statistique publique est appréciable : elle rend la décision vérifiable par le demandeur avant le dépôt.
Troisième cas, introduit en février 2025, et c'est le plus notable : la dérogation intercommunale. Ici, il n'y a plus de distance exprimée en kilomètres.
Le formulaire officiel de l'État le formule ainsi : « L'ensemble des points de soutirage et d'injection de l'opération d'autoconsommation collective doivent être situés exclusivement dans le ressort géographique de cet EPCI à fiscalité propre. »
La limite devient administrative et non métrique. Mais elle s'accompagne de conditions cumulatives strictes : l'un des participants doit être une commune ou un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre, tous les participants doivent être des organismes exerçant une mission de service public ou des sociétés d'économie mixte locales et leurs filiales, tous les points doivent rester dans le ressort de l'intercommunalité, et la puissance cumulée doit rester inférieure à dix mégawatts.
Cette voie est donc fermée aux particuliers. Elle est conçue pour les collectivités.
## La géographie du dispositif
Le second jeu de données ouvert publie la répartition régionale. Nous l'avons vérifiée : douze régions renseignées au trimestre de juin 2026, et la somme des lignes régionales donne exactement 2 276, ce qui valide la cohérence entre les deux jeux.
Auvergne-Rhône-Alpes arrive en tête avec 364 opérations, suivie de l'Occitanie avec 339, de la Nouvelle-Aquitaine avec 225, du Grand Est avec 206, de la Bourgogne-Franche-Comté avec 202, des Pays de la Loire avec 191, de la Bretagne avec 190, des Hauts-de-France avec 164, de Provence-Alpes-Côte d'Azur avec 152, de l'Île-de-France avec 86, de la Normandie avec 80 et du Centre-Val de Loire avec 77.
L'Île-de-France mérite un arrêt. Région la plus peuplée de France, elle compte 86 opérations, soit 3,78 % du parc national, au dixième rang sur douze.
L'écart entre la première et la dernière région renseignée est de 4,73.
Ces chiffres ne sont pas surprenants au vu de la nature du dispositif : il suppose des toitures disponibles, une proximité entre production et consommation, et souvent un porteur public. Le tissu urbain dense francilien réunit mal ces conditions.
Une réserve sur ce tableau : douze régions seulement sont renseignées. La Corse et les départements et régions d'outre-mer n'apparaissent pas dans cette extraction. Ce n'est donc pas une couverture exhaustive du territoire. Le libellé des régions change par ailleurs de casse selon le trimestre, ce qui complique les traitements automatisés.
## Ce que les données ne disent pas
Et c'est considérable.
Les jeux publiés comptent des opérations, des participants et une puissance en kilovoltampères. Ils ne publient pas les kilowattheures effectivement autoconsommés collectivement, ni le taux d'autoproduction, ni le taux d'autoconsommation des opérations.
Autrement dit : nous savons combien de projets existent et quelle puissance ils représentent, mais pas si l'électricité produite est réellement consommée par les participants.
Le bénéfice énergétique réel d'une opération n'est donc pas documentable à partir des sources primaires ouvertes. C'est une lacune majeure pour évaluer l'intérêt du dispositif.
Même chose côté économique. Ni le prix de cession interne, ni la répartition des économies entre participants, ni le coût de fonctionnement de la personne morale organisatrice ne font l'objet d'une publication primaire. Toute affirmation chiffrée sur ce que rapporte une opération serait sans source.
Aucune maille départementale ni communale n'existe. Impossible de dire à un lecteur combien d'opérations se trouvent dans sa commune.
Un dernier point de méthode. Une page d'observatoire du gestionnaire de réseau contient des indicateurs de structure intéressants, comme la part des opérations portées par des collectivités ou la part de celles comptant dix consommateurs ou moins. Nous n'avons pas pu la vérifier techniquement, et nous ne publions donc pas ces indicateurs.
Enfin, le chiffre de 1 945 opérations circule encore largement. Il correspond au trimestre précédent, arrêté au 31 mars 2026, avec 22 235 participants et 325 923,81 kilovoltampères. Ces valeurs sont exactes pour ce trimestre mais périmées depuis l'actualisation du 1er juillet 2026.
Nous signalons aussi qu'un projet de décret relatif à l'autoconsommation collective était annoncé pour examen au printemps 2026. Nous n'avons pas pu en vérifier le contenu ni le sort sur une source primaire, et nous n'affirmons donc rien sur l'état du droit postérieur à l'arrêté du 21 février 2025.
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# 62 minutes annoncées, 252 constatées sur un territoire réel
URL : https://citilience.fr/guides/coupures-d-electricite-ce-que-les-donnees-chiffrent/
Mise à jour : 20/09/2026
Soixante-deux minutes par an en moyenne, mais deux causes majeures exclues du calcul. Ce que l'indicateur national mesure, et ce qu'il laisse dehors.
Soixante-et-une minutes et cinquante-deux secondes. C'est la durée moyenne de coupure d'électricité d'un client français en 2025, selon l'indicateur national de référence.
Ce chiffre est exact. Il est aussi incomplet de deux façons qui changent tout, et le gestionnaire de réseau le dit lui-même dans sa formulation : il s'agit du « temps de coupure des clients basse tension hors événements exceptionnels et hors incidents RTE ».
Deux exclusions. Elles suffisent à faire passer, sur un territoire réel et une mauvaise année, de 62 minutes à 252.
## Ce que l'indicateur mesure, et ce qu'il écarte
L'indicateur s'appelle le critère B. Il vaut 61,86 minutes en 2025, contre 71,6 en 2024, 72,9 en 2023, 59,5 en 2022 et 56 en 2021.
Première exclusion : les événements exceptionnels. Le seuil est double et précis. Il faut « une probabilité d'occurrence annuelle inférieure à 5% pour la zone géographique considérée » et qu'« au moins 100 000 consommateurs finaux » soient privés d'électricité « lors d'une même journée et pour la même cause ».
En dessous de ce double seuil, la coupure reste comptée. Au-dessus, elle sort du calcul.
Seconde exclusion : les incidents venant du réseau de transport, celui des lignes à très haute tension, géré par un autre opérateur. Une panne née en amont ne pèse pas sur le score du distributeur.
Ces deux exclusions ont une logique : le critère B sert à réguler la performance d'un gestionnaire, pas à décrire l'expérience d'un abonné. Mais il est presque toujours cité comme s'il décrivait la seconde.
## Un quart de la durée n'est pas une panne
Le jeu de données ouvert décompose la durée en coupures non planifiées et planifiées. Nous l'avons interrogé directement.
En 2025 : 45,012 minutes d'incidents et 16,846 minutes de travaux programmés. Total 61,858, ce qui recoupe bien les 61,86 minutes publiées.
Les travaux représentent donc 27,2 % de la durée annoncée. Plus d'un quart du temps de coupure moyen correspond à des interventions planifiées, annoncées à l'avance, pas à des défaillances.
Chose intéressante, cette proportion est stable sur longue période. En 2009, les travaux pesaient 23,346 minutes sur 85,471, soit 27,3 %. Seize ans plus tard, la structure est identique au dixième de point près.
Ce qui a changé, c'est le niveau : 85,471 minutes en 2009 contre 61,858 en 2025, soit 23,613 minutes gagnées et une réduction de 27,6 %.
## La série complète, et ce qu'elle révèle
En reconstituant les totaux annuels depuis 2009, on obtient : 85,471 en 2009, 85,273 en 2010, 70,322 en 2011, 73,723 en 2012, 81,824 en 2013, 64,015 en 2014, 61,072 en 2015, 64,103 en 2016, 65,091 en 2017, 63,868 en 2018, 64,262 en 2019, 58,395 en 2020, 56,019 en 2021, 59,488 en 2022, 72,928 en 2023, 71,572 en 2024, 61,858 en 2025.
Le minimum de la série n'est pas 2025. C'est 2021, avec 56,019 minutes.
Cette remarque a son importance, parce que la baisse de 2024 à 2025, de 9,714 minutes, a été présentée comme un retour à la normale après deux mauvaises années. C'est exact. Mais le niveau atteint reste supérieur à celui de 2020, 2021 et 2015.
L'objectif de la période tarifaire en cours pour 2025 était par ailleurs de 61,61 minutes. Le résultat de 61,86 est donc légèrement au-dessus de la cible, ce que le gestionnaire qualifie pourtant d'en ligne avec l'objectif.
Sur la trajectoire longue, l'audit préparatoire du régulateur donne les ordres de grandeur : un objectif de 60 minutes en 2030, une proposition aboutissant à 60,2 minutes à cette échéance avec des gains de 0,3 minute par an, après un objectif de référence passé de 65 minutes en 2017 à 62 minutes en 2020, puis stabilisé.
Autrement dit : le régulateur et le gestionnaire négocient des dixièmes de minute par an.
## Une rupture de mesure que personne ne réconcilie
Voici le point le plus délicat du dossier, et nous ne le tranchons pas.
Le gestionnaire présente la baisse de 2025 comme le résultat de ses programmes patrimoniaux.
Le régulateur, dans son rapport annuel de juillet 2026, signale pour la même année « une dégradation marquée en 2025 liée à l'intégration de la nouvelle chaîne communicante Linky qui comptabilise une fréquence plus importante de coupures à performance équivalente ».
Ce constat porte sur les indicateurs de fréquence, pas directement sur la durée. Mais il établit qu'un changement de chaîne de mesure a affecté les séries en 2025.
L'audit du régulateur précise l'ordre de grandeur des incertitudes : la part de coupures non caractérisées est estimée « entre 1 % et 5 % des coupures longues en fonction des DR », et l'impact des coupures partielles non distinguables « entre 2 % et 5 % des volumes sur l'échantillon étudié ». Il parle d'« une très légère augmentation des durées de coupures sur le périmètre du critère B ».
Aucun chiffre d'impact net n'est publié. Les deux lectures ne sont pas réconciliées publiquement.
Conséquence pour le lecteur : toute comparaison entre 2024 et 2025 doit être présentée comme affectée par un changement de méthode, pas comme une amélioration nette mesurée.
## Le cas qui change la perspective
Un territoire publie la décomposition la plus complète que nous ayons trouvée : l'Eure-et-Loir, pour l'année 2024.
Critère B toutes causes confondues : 252,2 minutes. Hors événements exceptionnels : 127,3 minutes.
Contre 62 minutes l'année précédente. Une hausse de 307 % sur le total, de 107 % hors événements exceptionnels.
Les événements exceptionnels pèsent 124,9 minutes, dont 117,8 pour un seul épisode tempétueux. Cela valide le mécanisme d'exclusion : un événement de cette ampleur écraserait toute série statistique.
Mais le plus instructif est ailleurs, dans ce qui reste après cette exclusion. La synthèse écrit : « Cette forte hausse s'explique principalement par la contribution du réseau de transport RTE, à l'origine de 82,1 minutes de coupure par usager, soit environ 65% du critère B HIX. »
Soixante-cinq pour cent. La première cause de coupure sur ce territoire, hors tempête, n'est ni le réseau local ni les travaux : c'est le réseau de transport, dont les incidents sont précisément exclus de la statistique nationale.
Le reste se répartit ainsi : 29,1 minutes d'incidents sur le réseau de distribution, dont 25,8 en haute tension, 3,3 en basse tension et 0,1 en postes sources ; et 16,0 minutes de travaux programmés, dont 11,7 en haute tension et 4,3 en basse tension.
À noter que les travaux, à 16 minutes, sont restés stables. La dégradation ne vient pas d'eux.
## Ce que d'autres territoires publient
Trois autres concessions nous ont permis de vérifier l'ampleur des écarts. Elles ne constituent pas un échantillon : nous les avons retenues parce que leur compte rendu est en ligne et vérifiable, pas parce qu'elles seraient représentatives.
Sur une métropole du centre-ouest, en 2025 : 27,0 minutes toutes causes et 24,4 minutes hors événements exceptionnels, contre 22,1 minutes en 2024. La décomposition est publiée : 8,6 minutes d'incidents haute tension, 10,9 en basse tension, 1,8 minute de travaux haute tension et 2,8 en basse tension.
Sur un syndicat intercommunal francilien, en 2025 : 46,7 minutes contre 58,8 en 2024, soit une baisse de 21 %. Décomposition : 2,4 minutes en poste source, 13,8 en haute tension, 16,2 en basse tension, 0,7 de travaux haute tension et 8,8 de travaux basse tension.
Dans le Doubs, en 2024 : 98,8 minutes toutes causes, en hausse de 21 %, dont 30 minutes pour une seule tempête, avec un temps de coupure lié aux incidents haute tension passant de 49,8 à 71,6 minutes.
Le rapprochement le plus parlant est celui que le document de concession de la métropole imprime lui-même, en plaçant côte à côte sa propre valeur et la moyenne nationale : 24,35 contre 61,86. Un rapport de 2,54.
Un abonné de cette métropole subit donc, pour un même prix d'acheminement, deux fois et demie moins de coupures que la moyenne.
## Le réseau de transport, et ses propres cibles
Puisque le réseau de transport pèse lourd dans l'expérience réelle, il faut regarder ses propres indicateurs.
Pour la période tarifaire ouverte en mars 2025, le temps de coupure équivalent cible est de 2,9 minutes par an et la fréquence moyenne de coupure cible de 0,38 coupure par an. Ces cibles sont fixées, précise le régulateur, au niveau de l'historique des dix dernières années.
Les cibles de la période précédente étaient de 2,8 minutes et 0,46 coupure par an.
L'ordre de grandeur est donc vingt fois inférieur à celui de la distribution. Un réseau de transport bien portant contribue peu. Un incident de transport, en revanche, coupe simultanément beaucoup de monde, ce qui explique les 82 minutes constatées en Eure-et-Loir.
## L'enjeu financier, qui explique l'attention portée aux dixièmes
Ces indicateurs ne sont pas décoratifs, ils sont rémunérés.
Le gestionnaire de distribution a perçu un bonus de 57 millions d'euros en 2020 et de 67 millions en 2021 au titre des seuls indicateurs de durée, lors d'années climatiquement calmes. En 2023, mauvaise année, le plancher de pénalités a été atteint à 83 millions d'euros.
Pour la période en cours, l'incitation est plafonnée globalement à plus ou moins 91 millions d'euros.
Cela éclaire deux choses : pourquoi la définition de l'événement exceptionnel est négociée avec autant de précision, et pourquoi un écart de 0,25 minute à la cible fait l'objet d'une formulation aussi soignée.
## Ce qui n'existe pas
Aucune série territoriale ouverte. Le jeu de données du critère B contient dix-huit enregistrements et une seule maille : nationale. Reconstituer une carte départementale supposerait d'agréger manuellement des comptes rendus publiés séparément par chaque autorité concédante, avec des années de référence différentes. Un classement départemental national n'est pas produisible à partir de sources primaires vérifiées, et nous n'en fabriquerons pas.
Un écart de un à dix entre départements circule régulièrement, avec des valeurs opposant Paris à un département breton. Il provient d'une étude d'association de consommateurs portant sur des données de 2002 à 2009. Plus de quinze ans d'ancienneté, méthode non reproductible sur les données actuelles. Nous ne le reprenons pas.
Aucune mesure des coupures brèves. Le critère B exclut par construction les interruptions de moins de trois minutes, qui relèvent d'indicateurs de fréquence distincts. L'audit du régulateur signale que « la part de coupures brèves orphelines reste à ce jour inconnue ».
Aucune distribution des durées par client. Le critère B est une moyenne. Il n'existe pas de publication ouverte du nombre de clients ayant subi une coupure de plus de vingt-quatre ou quarante-huit heures une année donnée.
C'est probablement la lacune la plus gênante pour qui veut dimensionner une continuité d'alimentation. Une moyenne de soixante-deux minutes ne dit rien du scénario qu'il faut couvrir. Pour cela, il faudrait la queue de distribution, et elle n'est pas publiée.
Enfin, les valeurs du premier trimestre 2026 figurent déjà dans le jeu de données, à 13,247 minutes non planifiées et 4,297 planifiées. Elles portent sur un trimestre : ni annualisables, ni comparables aux années pleines.
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# Pour la plupart des polluants, personne ne sait si le niveau est acceptable
URL : https://citilience.fr/guides/air-interieur-ce-que-mesure-la-campagne-nationale/
Mise à jour : 19/09/2026
Plus de 170 polluants mesurés dans un échantillon représentatif du parc. Les résultats, et pourquoi la plupart ne peuvent pas être qualifiés de bons ou mauvais.
Plus de 170 polluants ont été mesurés dans 571 logements français, représentatifs d'un parc de 29,7 millions de résidences principales.
C'est la campagne la plus complète jamais menée sur l'air intérieur en France. Son résultat le plus important n'est pas un chiffre.
Il tient dans une phrase du rapport : « Sur l'ensemble des polluants mesurés, assez peu disposent de valeurs de référence sur lesquelles s'appuyer afin de déterminer si les niveaux observés sont satisfaisants ou non. »
Autrement dit, pour la majorité de ces 170 paramètres, on sait désormais combien il y en a. On ne sait pas si c'est trop.
## Quatre familles de valeurs, une seule opposable
Avant tout chiffre, il faut trier les référentiels. Ils sont quatre, et on les mélange constamment.
Les valeurs-guides réglementaires, fixées par décret. Pour le formaldéhyde, le décret de 2011 prévoyait 30 µg/m³ au 1er janvier 2015 puis 10 µg/m³ au 1er janvier 2023. Pour le benzène, 5 µg/m³ en 2013 puis 2 µg/m³ en 2016.
Les valeurs guides sanitaires de l'ANSES, qui ne sont pas opposables.
Les valeurs de gestion du Haut Conseil de la santé publique, qui sont des avis d'expertise.
Les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé, sans aucune portée contraignante.
Un point souvent ignoré : les valeurs-guides réglementaires encadrent la surveillance de l'air intérieur dans certains établissements recevant un public sensible. Elles ne créent aucune obligation de mesure ni de travaux dans un logement privé.
## Les particules fines, polluant le plus dépassé
La médiane mesurée dans le séjour est de 13,2 µg/m³ sur sept jours.
Comparée à la valeur cible de 10 µg/m³ du Haut Conseil de la santé publique, elle place 70 % des logements au-dessus. Près de 11 % dépassent même la valeur d'action rapide de 50 µg/m³.
Et 43,3 % des logements franchissent, au moins une fois dans la semaine, la valeur journalière de 15 µg/m³ de l'Organisation mondiale de la santé.
Un chiffre pour finir de cadrer l'ordre de grandeur : plus de 96 % des logements affichent une moyenne hebdomadaire supérieure à 5 µg/m³.
Attention toutefois à la tentation de comparer ces relevés à une valeur annuelle. Le rapport ferme explicitement cette porte : l'extrapolation sur l'année n'est pas possible à partir d'une mesure de sept jours.
## Le formaldéhyde, et les polluants sans dépassement
Médiane à 14 µg/m³ dans la chambre, maximum observé à 53 µg/m³. La valeur de gestion provisoire de 30 µg/m³ est dépassée dans 6,1 % des logements.
Pour les autres substances, les taux sont faibles. Près de 3 % pour le dioxyde d'azote, près de 1,4 % pour le benzène, 0,05 % pour le trichloroéthylène.
Et aucun dépassement pour l'acétaldéhyde, l'éthylbenzène, le tétrachloroéthylène et le toluène.
Ce dernier résultat demande une lecture prudente. Aucun dépassement, cela veut dire qu'une valeur de référence existait et qu'elle n'a pas été franchie. Pour la plupart des 170 paramètres, il n'y avait rien à dépasser.
## Le radon, seul polluant intérieur avec un niveau réglementaire
Le niveau de référence est de 300 Bq/m³ en moyenne annuelle. Ce n'est pas une limite à ne pas dépasser, c'est un seuil au-delà duquel une action est attendue.
Résultats : médiane à 40 Bq/m³, dépassement dans 36 logements, soit 7,6 % du parc. Le maximum observé atteint 1 775 Bq/m³, et neuf logements — 0,74 % du parc — dépassent 1 000 Bq/m³ dans certaines pièces de vie.
Mais le chiffre le plus utile de tout le volet radon est ailleurs, dans la répartition de ces 36 logements.
Vingt-six se trouvent dans des communes classées en catégorie 3, la plus exposée. Neuf sont en catégorie 1, la plus faible. Un en catégorie 2.
C'est un résultat important pour quiconque consulte la carte du potentiel radon de sa commune : un quart des logements concernés se situent dans des communes réputées peu exposées.
Le potentiel géologique communal indique une probabilité. Il ne prédit pas le résultat d'un logement donné, qui dépend du bâti, de son étanchéité au sol et de sa ventilation.
## Ce qui n'a pas bougé en vingt ans
La comparaison avec la première campagne de 2003-2005 donne une hiérarchie claire des progrès.
Baisse de plus de 80 % pour les composés organiques volatils chlorés. Baisse statistiquement significative, de 28 % à 47 %, pour le benzène, les particules fines et le formaldéhyde.
Et aucune évolution pour deux paramètres : le dioxyde de carbone et le radon.
Ces deux-là ne dépendent pas de la composition des produits de construction ou d'entretien. Ils dépendent du renouvellement de l'air.
La leçon est nette. Ce qui a progressé, c'est la chimie des matériaux, sous l'effet de la réglementation et de l'évolution des produits. Ce qui n'a pas progressé, c'est la ventilation des logements.
## Ce que personne ne publie
Les données manquantes sont significatives et le rapport les déclare. Sur les particules fines, 56 échantillons sur 571 ne sont pas exploitables, soit 9,8 %. Pour le radon, la mesure n'a pu se faire ou a été invalidée dans 144 logements.
Les résultats saisonniers reposent sur des sous-échantillons — 37,6 % du parc pour l'hiver, 33,3 % pour les mois de transition — et le rapport les qualifie lui-même d'indicatifs.
Les pesticides dans l'air et les poussières ne sont pas dans ce rapport : les analyses se poursuivent, et font l'objet de publications distinctes que nous n'avons pas exploitées ici.
Les moisissures ont été mesurées sur le terrain, mais aucun seuil sanitaire français opposable n'existe. Aucun taux de dépassement n'est donc publiable.
Le périmètre est la France métropolitaine continentale. L'outre-mer et la Corse sont hors champ pour la partie radon.
Enfin, un ratio qu'on lit partout et que nous ne reprendrons pas : l'idée que l'air intérieur serait cinq à sept fois plus pollué que l'air extérieur. Aucune source primaire française nommée et datée n'a pu être identifiée. Le rapport publie une distribution de rapports entre concentrations intérieures et extérieures par tranches, ce qui est une information autrement plus utile qu'un multiplicateur unique.
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# Itinérance d'urgence entre opérateurs, pas contre une panne de courant
URL : https://citilience.fr/guides/appels-d-urgence-et-112-ce-qui-reste-joignable/
Mise à jour : 19/09/2026
Une itinérance des numéros d'urgence existe entre opérateurs, mais elle suppose un réseau alimenté. Les seuils de déclaration, et ce qui n'est pas publié.
Si le réseau de votre opérateur tombe, votre téléphone peut composer le 112 via le réseau d'un concurrent. Ce mécanisme d'itinérance des numéros d'urgence existe et fonctionne en 2G, 3G et 4G.
Mais il répond à une panne d'opérateur, pas à une panne de zone.
Si aucun réseau n'est alimenté sur le secteur, aucune disposition juridique ne rend l'appel possible. C'est la limite que les communications officielles énoncent rarement aussi clairement.
## Les seuils qui déclenchent une alerte
Le régulateur publie des seuils précis pour les incidents affectant les communications d'urgence.
Sur l'acheminement : un taux d'efficacité d'appels inférieur à 50 % vers le 112, le 15, le 17 ou le 18, sur une durée d'une heure.
Sur la localisation : l'impossibilité de fournir ce service au-delà d'une heure.
Sur le raccordement des centres de réception des appels : une indisponibilité totale pendant deux heures.
Notons ce que signifie le premier seuil, lu littéralement. Un réseau qui n'acheminerait que 55 % des appels d'urgence pendant une heure ne franchit pas le seuil d'alerte. Presque un appel sur deux perdu reste en dessous du déclencheur.
## Douze numéros, quatre surveillés
La liste officielle des communications d'urgence compte douze numéros.
Les trois numéros nationaux historiques : 15 pour l'aide médicale urgente, 17 pour la police ou la gendarmerie, 18 pour les pompiers. Le 112 européen.
Puis 114 pour les personnes déficientes auditives, 115 pour les urgences sociales, 116000 pour les enfants disparus, 116117 pour la permanence des soins ambulatoires, 119 pour l'enfance maltraitée, 191 pour le sauvetage aéronautique, 196 pour le sauvetage maritime, 197 pour l'alerte attentat et l'alerte enlèvement.
Douze numéros relèvent du statut de communication d'urgence. Mais le seuil d'alerte sur l'acheminement ne cite que quatre d'entre eux : 112, 15, 17, 18.
Le 114, seul canal d'urgence accessible aux personnes sourdes et malentendantes, n'est pas nommé dans ce seuil.
## Le signalement, et son point remarquable
Deux critères déclenchent l'obligation de signaler un incident au ministère de l'Intérieur.
Une indisponibilité totale d'un service dépassant quatre heures pour au moins 100 000 abonnés.
Ou l'indisponibilité totale d'au moins un numéro d'urgence, dans au moins un département, dépassant deux heures.
Ce second critère est assorti d'une précision qui mérite l'attention : le signalement est dû « y compris lorsque la cause ne relève pas directement de l'opérateur ».
Autrement dit, une coupure électrique départementale privant le territoire du 15 doit être signalée par l'opérateur télécom, même si la panne vient du réseau électrique. L'obligation suit le service rendu, pas la responsabilité de la défaillance.
## Ce qui n'existe pas encore : l'itinérance en catastrophe
Il faut distinguer deux dispositifs que l'on confond souvent.
L'itinérance des numéros d'urgence, qui existe : votre appel au 112 emprunte le réseau disponible.
L'itinérance en catastrophe, qui n'existe pas en France : en cas de crise majeure, l'abonné d'un réseau hors service serait pris en charge par un autre réseau pour l'ensemble de ses communications, pas seulement les urgences.
La commission compétente la recommande, et sa position est nette : ce mécanisme « n'est pas un service commercial mais une contribution obligatoire à la sécurité nationale, au même titre que d'autres réquisitions ». Il revient au régulateur d'en définir le cadre technique et le modèle de compensation entre opérateurs.
Un détail éditorial révélateur : le même avis formule cette recommandation de deux manières. La synthèse demande une mise en place « dès 2026 », le corps du texte « dans les meilleurs délais ». Nous retenons la seconde formulation, plus prudente, en signalant l'écart.
En l'état, cette itinérance n'est ni en vigueur ni déployée.
## Un cadre juridique sans sanction
Les obligations existent, et elles sont nombreuses.
Le code des postes impose une exploitation permanente et continue du réseau et un « accès ininterrompu aux services d'urgence ». Il prévoit des mesures de sécurité « à un niveau adapté au risque existant ». Le code de la sécurité intérieure impose aux opérateurs de prévoir le maintien des besoins prioritaires de la population en situation de crise.
Le constat rapporté dans l'avis de la commission est pourtant sans ambiguïté : le régulateur « n'a jamais sanctionné un opérateur sur cette base ». Et l'article du code de la sécurité intérieure « n'est assorti d'aucun dispositif de contrôle ou de sanction ».
Précision méthodologique : la liste des dispositions contrôlables citée dans cet avis mentionne un article « D. 95-4 » du code des postes. L'article pertinent est D. 98-4. Nous signalons cette coquille plutôt que de la reproduire.
## Ce que personne ne publie
Le nombre de pannes d'appels d'urgence en France est inconnu du public.
Les seuils de déclaration sont publiés. Le nombre d'incidents effectivement déclarés, leur durée, les départements touchés ne le sont pas. Un outil de recensement de l'origine des incidents les plus significatifs a été mis en place en 2025, mais l'avis précise que « ce document n'est pas encore rendu public ».
Les statistiques européennes ne peuvent pas combler ce trou : l'avis note que la France ne contribue pas à l'étude européenne sur la typologie des incidents.
L'État s'est bien doté d'un indicateur, dans la mesure 32 du troisième plan national d'adaptation au changement climatique : nombre de coupures des services support des appels d'urgence affectant plus de 100 foyers, sur une zone de plus de XX km², pendant plus de 4 heures.
Le « XX » figure tel quel dans le document publié. L'indicateur existe, son seuil géographique n'est pas calibré, et aucune première publication n'a été identifiée.
Le taux de succès de l'itinérance des numéros d'urgence n'est pas chiffré non plus. Le mécanisme est schématisé dans les supports officiels, jamais mesuré publiquement. Nous nous refusons donc à avancer un pourcentage de réussite.
Enfin, sur le système d'alerte de la population par message sur téléphone mobile, une précision de sa propre documentation mérite d'être rappelée : il atteint les téléphones « dès lors qu'ils sont connectés au réseau ». Aucune donnée n'est publiée sur le taux de réception effectif pendant une coupure électrique — c'est-à-dire précisément dans la situation où l'alerte serait la plus utile.
Le réseau radio dédié aux services de secours, lui, vise 300 000 utilisateurs en charge de la protection de la population. C'est une cible de programme, pas un parc constaté, et il concerne les secours, pas les particuliers.
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# Le silence du comité vaut accord, celui de l'agence de santé vaut refus
URL : https://citilience.fr/guides/arroser-avec-des-eaux-usees-traitees-le-cadre/
Mise à jour : 19/09/2026
Quatre niveaux de qualité, un système de barrières, et une autorisation préfectorale de six mois. Ce que le droit exige avant d'arroser un espace vert.
Pour arroser un espace vert avec des eaux usées traitées, il faut une autorisation préfectorale. Six mois d'instruction, et le silence du préfet vaut refus.
Pour arroser le même espace vert avec de l'eau de pluie, aucune procédure.
Cette asymétrie est le premier fait à connaître avant de monter un projet. Elle décide du calendrier, du budget et souvent de la faisabilité.
## Quatre niveaux de qualité, un facteur mille
Les eaux usées traitées sont classées de A à D.
Sur Escherichia coli, le seuil passe d'au plus 10 pour 100 mL en qualité A à au plus 10 000 en qualité D. Un facteur mille entre les deux extrêmes.
Les autres paramètres suivent. Matières en suspension et demande biologique en oxygène sur cinq jours : au plus 10 mg par litre en qualité A. Turbidité : au plus 5 NTU en A, non exigée aux niveaux inférieurs. Coliphages et Clostridium perfringens : même graduation de 10 à 10 000.
Deux seuils s'ajoutent selon l'usage : Legionella spp. en dessous de 1 000 unités par litre dès qu'il existe un risque de formation d'aérosols, et au plus un œuf de nématode intestinal par litre pour l'irrigation des pâturages ou fourrages frais.
Une règle de classement mérite d'être retenue, car elle est sévère : « Les eaux usées traitées sont classées dans le niveau de qualité qui correspond au classement du paramètre le plus défavorable. »
Une eau excellente sur cinq paramètres et médiocre sur le sixième est classée au niveau du sixième. Il n'y a pas de moyenne, pas de compensation.
## Le système de barrières, et l'arbitrage qu'il impose
Une qualité inférieure n'interdit pas forcément l'usage. Elle exige des barrières.
Pour un espace vert ouvert au public : aucune barrière en qualité A, une barrière en qualité B, usage interdit en C et D.
Pour un espace vert à accès restreint : aucune barrière en A et B, une barrière en C, usage interdit en D.
La qualité D est donc exclue de tout arrosage d'espace vert, quel qu'il soit.
Les barrières admises sont chiffrées en équivalents. Arroser en dehors des heures d'ouverture au public, ou fermer l'accès pendant l'arrosage et les deux heures suivantes, vaut un équivalent barrière. Arroser une zone non accessible au public, comme un bas-côté d'échangeur, en vaut deux. Asperger à plus de 70 mètres des zones résidentielles ou des lieux accessibles vaut un équivalent.
Ce délai de deux heures après arrosage est le paramètre le plus contraignant pour un gestionnaire d'espaces verts urbains : c'est lui qui découpe les créneaux d'intervention possibles.
Le texte précise par ailleurs que « la liste des barrières proposées n'est pas exhaustive ». D'autres dispositifs peuvent donc être proposés.
## L'arbitrage caché entre qualité et surveillance
On pourrait croire qu'il suffit de viser la qualité A pour se simplifier la vie. C'est l'inverse.
La fréquence de surveillance en routine est hebdomadaire en qualité A, tous les quinze jours en B, mensuelle en C et D.
Sur une saison d'arrosage de six mois, cela représente environ vingt-six campagnes d'analyse en qualité A, contre environ six en qualité C. Un facteur quatre.
Ces analyses doivent être réalisées par un laboratoire accrédité selon la norme ISO/CEI 17025, avec des prélèvements conformes à la norme EN ISO 19458. Ce n'est pas un contrôle interne.
L'arbitrage est donc réel : viser la qualité A pour éviter les barrières multiplie la charge analytique. Accepter une qualité inférieure allège les analyses mais contraint les horaires et l'implantation.
## La validation des performances, différence structurelle avec le régime domestique
Avant la mise en service, l'installation doit démontrer un abattement, mesuré entre les eaux usées en entrée de station et les eaux traitées au point de conformité.
En qualité A : au moins 5 log sur Escherichia coli, au moins 6 log sur les coliphages, au moins 4 log sur les spores de Clostridium perfringens et au moins 5 log sur les bactéries anaérobies sulfito-réductrices.
En qualité B : au moins 3 log sur ces paramètres.
Le critère de réussite est explicite : « Au moins 90 % des échantillons prélevés pour chaque paramètre doivent atteindre ou dépasser les objectifs de performance. »
La validation initiale suppose un suivi d'au moins six mois consécutifs couvrant toute la saison d'arrosage, à fréquence mensuelle. Elle se renouvelle tous les deux ans, et à chaque modernisation ou ajout d'équipement.
C'est ce qui distingue structurellement ce régime de celui des usages domestiques : ici, on ne se contente pas de constater une qualité d'eau, on doit prouver une performance de traitement.
## L'asymétrie des avis, levier de calendrier
L'instruction mobilise deux organismes, avec deux règles opposées en cas de silence.
Le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques dispose de deux mois. En cas de silence, son avis « est réputé favorable ».
L'agence régionale de santé dispose également de deux mois. En cas de silence, son avis « est réputé défavorable ».
Un dossier oublié dans une pile produit donc un accord d'un côté, un refus de l'autre.
Mais le texte offre une sortie, et c'est l'information la plus utile de ce guide pour un porteur de projet : « Lorsque le projet respecte les exigences minimales de qualité ou les prescriptions générales permettant d'atteindre un niveau de protection équivalent définies par arrêté, les avis mentionnés au 1° et au 2° ne sont pas requis. »
Se conformer strictement à l'arrêté dispense des deux avis. C'est le principal levier de délai disponible.
## Ce que le régime prévoit pour la suite
Trois obligations dans la durée, souvent sous-estimées à la conception.
Un bilan au moins tous les cinq ans, présentant les impacts sanitaires et environnementaux de façon qualitative et quantitative, ainsi qu'une évaluation économique. Le conseil départemental rend un avis dans les trois mois suivant sa réception.
Une suspension possible sans délai en cas de danger ou d'inconvénient grave. En cas de non-conformité, l'usage cesse jusqu'à ce que de nouvelles analyses établissent le retour à la conformité.
Une déclaration de cessation définitive au préfet, au plus tard un mois avant.
Enfin, une modification substantielle — définie comme celle susceptible d'avoir une incidence sur les dangers du projet — exige une nouvelle autorisation.
## Ce que personne ne publie
Le nombre de projets en France reste flou. Un dossier de presse ministériel d'avril 2026 annonce plus de 500 projets de réutilisation.
Nous le citons comme un ordre de grandeur de communication, et pas davantage. Le même document titre « près de 500 projets » et écrit « plus de 500 nouveaux projets » dans son corps : deux formulations incompatibles sur la même page. Aucune méthode, aucune date d'extraction, aucun décompte détaillé, et un périmètre ambigu qui peut se lire comme limité aux industries agroalimentaires.
Aucun recensement public des autorisations effectivement délivrées n'a été identifié. On ne sait donc pas combien de projets ont franchi l'étape des six mois d'instruction.
Aucun bilan quinquennal n'est accessible publiquement, ce qui est cohérent avec la jeunesse du régime, mais prive du retour d'expérience économique qui serait le plus utile aux collectivités candidates.
Un dernier point de vigilance sur le périmètre. Ce régime ne couvre que les usages non domestiques. Le décret renvoie explicitement au code de la santé publique pour les usages domestiques, et cinq catégories de lieux sont exclues, dont les locaux d'habitation, les établissements de santé et d'hébergement de personnes âgées, les crèches et les écoles maternelles et élémentaires.
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# Personne ne sait combien de fablabs existent en France
URL : https://citilience.fr/guides/ateliers-partages-et-fablabs-l-etat-des-lieux/
Mise à jour : 19/09/2026
Le seul recensement national est déclaratif, avec des typologies qui se recoupent. Ce qu'il permet de dire, et le calcul qu'il faut refuser de faire.
Il existe un chiffre qui circule sur les fablabs français, obtenu par un calcul apparemment évident : 28 % des tiers-lieux se déclarent fablab, il y a 3 500 tiers-lieux, donc environ 980 fablabs.
Ce calcul est faux. Voici pourquoi, et ce qu'on peut dire à la place.
## La preuve arithmétique que le calcul ne tient pas
Le recensement publie sept typologies déclarées par les lieux.
Bureaux partagés et coworking : 55 %. Tiers-lieux culturels : 31 %. Fablabs, makerspaces et hackerspaces : 28 %. Ateliers artisanaux partagés : 16 %. Laboratoires d'innovation sociale : 15 %. Tiers-lieux nourriciers : 10 %. Cuisines partagées : 6 %.
Addition : 161 %.
Le dépassement de cent n'est pas une erreur du producteur, c'est la conséquence d'une question à choix multiples. Un même lieu peut se déclarer coworking, fablab et atelier artisanal, et beaucoup le font.
Aucun effectif ne peut donc être extrait de ces pourcentages. Ni pour les fablabs, ni pour aucune autre catégorie.
## Ce que le 3 500 est vraiment
La progression annoncée est spectaculaire : 1 800 lieux en 2018, 2 500 en 2021, 3 500 en 2023. Soit 94 % de hausse en cinq ans.
Mais ce n'est pas un comptage administratif. C'est le nombre de lieux inscrits sur une cartographie collaborative en juillet 2023, et le producteur l'explique sans détour : pour répondre au questionnaire du recensement, les tiers-lieux devaient d'abord s'inscrire sur cette cartographie.
L'inscription est donc la condition de l'existence statistique du lieu. Ce qui signifie qu'une partie de la croissance mesurée est une croissance du taux d'inscription, pas nécessairement du nombre de lieux.
Et rien ne fait sortir un lieu de la base quand il ferme. Aucune vérification sur place, aucun contrôle d'activité. Le 3 500 est un stock d'inscriptions, pas un parc actif.
## Le problème du dénominateur
L'enquête a recueilli 1 659 réponses, soit 47 % des lieux identifiés, sur un questionnaire de 206 questions, entre le 13 mars et le 10 mai 2023.
Les 53 % restants, soit 1 841 lieux, n'ont rien déclaré. L'enquête ne dit rien d'eux.
Le producteur est transparent sur la portée de ses extrapolations, et il en publie la liste fermée : neuf résultats seulement sont étendus aux 3 500 lieux. Le nombre de tiers-lieux en région, le chiffre d'affaires, le nombre d'emplois directs, de structures hébergées, de bénévoles, d'adhérents dans les lieux associatifs, de personnes formées, de personnes ayant assisté à un événement culturel, et le nombre d'événements festifs.
Tous les autres pourcentages portent donc sur les répondants. Et pour la plupart, le producteur ne publie pas le nombre exact de répondants à la question concernée.
Il y a donc trois bases possibles derrière un pourcentage de ce recensement : 3 500 lieux, 1 659 répondants, ou le nombre de répondants à une question donnée. Pour la majorité des chiffres, on ne sait pas laquelle.
## Ce qui reste utilisable : les équipements
Puisque les typologies sont inexploitables en effectif, les déclarations d'équipement sont plus informatives.
Quarante pour cent des lieux déclarent disposer d'un atelier de fabrication. Vingt-deux pour cent, des outils destinés à la production. Vingt-quatre pour cent proposent des activités de fabrication numérique. Treize pour cent disposent d'une matériauthèque ou d'une ressourcerie. Quarante-six pour cent se déclarent engagés dans l'économie circulaire et le réemploi de matériaux.
Ces taux restent déclaratifs, mais ils portent sur des objets concrets plutôt que sur une étiquette. Un lieu qui déclare un atelier de fabrication dit quelque chose de vérifiable, là où « fablab » est un mot.
À signaler tout de même : nous avons relevé deux divergences internes au producteur, qu'il n'arbitre pas. La page de l'Observatoire indique 206 questions, la fiche du jeu de données 207. Et sur les activités de fabrication numérique, la page du producteur indique 24 % là où une notice de reprise tierce indique 16 %. Nous retenons la valeur du producteur et signalons l'écart.
## La géographie, contre-intuitive
Soixante-deux pour cent des lieux sont situés en dehors des 22 métropoles administratives. Trente-quatre pour cent en milieu rural, 28 % dans des villes moyennes.
Cela contredit l'image d'un phénomène métropolitain. Les cinq premières régions des répondants sont Auvergne-Rhône-Alpes à 14 %, Île-de-France à 12 %, Nouvelle-Aquitaine et Bretagne à 11 %, Occitanie à 10 %.
Une réserve cependant, et elle vient du producteur lui-même : la répartition territoriale figure à la fois parmi les pourcentages de répondants et dans la liste des neuf données extrapolées. Les deux affirmations coexistent sans être réconciliées. Nous signalons la contradiction sans la trancher.
## La seule donnée mesurée du sujet
Face à ce recensement déclaratif, les programmes de labellisation de l'État fournissent des comptages administratifs, avec des montants.
Fabriques de territoire : 407 lieux labellisés sur onze vagues depuis 2020, soutenus à hauteur de 62 millions d'euros, dont 105 reconventionnés.
Le détail des vagues se vérifie. Vagues 1 à 8 entre 2020 et 2021, 300 lieux pour 45 millions. Vague 9 en 2023, 82 lieux pour 4 millions. Vague 10 en 2024, 25 nouveaux lauréats et 55 reconventionnements pour 8 millions. Vague 11 en 2025, 50 reconventionnements pour 5 millions.
Total des lauréats : 300 plus 82 plus 25 font 407. Total des montants : 45 plus 4 plus 8 plus 5 font 62 millions. Les deux concordent.
Attention toutefois à ce que ce total signifie : les 62 millions incluent des reconventionnements, ce ne sont donc pas 62 millions répartis sur 407 lieux distincts.
Manufactures de proximité : 100 lieux labellisés depuis 2021, pour 30 millions d'euros, répartis dans 68 départements. En 2024, 800 000 euros supplémentaires pour 16 d'entre elles, ce qui fait bien 50 000 euros chacune.
Ces chiffres sont des décomptes de dossiers instruits. Ils ne couvrent qu'une fraction des lieux, mais ils sont mesurés.
## Ce que personne ne publie
Aucun jeu de données ouvert français ne recense spécifiquement les fablabs. Un réseau associatif tient une cartographie collaborative, mais c'est une association, pas un producteur de données publiques, et son statut de partenaire du recensement ne change pas la nature de sa cartographie.
Aucune définition réglementaire des termes fablab, makerspace ou atelier partagé n'existe dans les sources que nous avons vérifiées.
Aucune donnée sur la surface, le parc machines, les horaires d'ouverture ou la fréquentation des ateliers.
Aucune donnée de mortalité des lieux : ni taux de fermeture, ni durée de vie moyenne. Des fermetures nommées sont documentées dans la littérature publique, mais des cas ne font pas une statistique.
Et aucune actualisation depuis 2023. L'enquête a été clôturée en mai 2023, le jeu de données figé en décembre 2024. À ce jour, il n'existe aucune donnée nationale postérieure à 2023 sur le nombre de ces lieux.
Ce qui laisse un usage solide et un seul : le jeu de données ouvert permet d'identifier les lieux déclarés d'un territoire donné. Localiser, oui. Dénombrer par catégorie, non.
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# Deux chiffres coexistent dans la même étude, et ne disent pas la même chose
URL : https://citilience.fr/guides/autoreparation-combien-de-francais-reparent-seuls/
Mise à jour : 19/09/2026
L'autoréparation est le premier mode de réparation en France. Ce que l'enquête publique mesure, et les deux chiffres qu'il ne faut pas confondre.
L'enquête publique sur la réparation contient deux chiffres sur l'autoréparation. Presque 60 %, et 21 %.
Les deux sont dans le même document. Les deux sont exacts. Et ils ne répondent pas à la même question.
C'est le genre de confusion qui fait qu'on lit, selon les articles, que « six Français sur dix réparent eux-mêmes » ou que « un produit sur cinq est réparé par son propriétaire ». Commençons par démêler cela, parce que c'est le nœud du sujet.
## Les deux métriques, et leur réconciliation
Le premier chiffre est une part des réparations effectuées. L'étude écrit que « l'autoréparation étant l'activité de réparation la plus importante, presque 60 % des cas », et ajoute que « moins de la moitié des réparations seront réalisées par un professionnel ».
Le second est une part des produits endommagés. Sur l'ensemble des produits tombés en panne, 21 % sont réparés par l'usager et 15 % par un professionnel.
Les deux sont cohérents, et le calcul le montre : 21 divisé par la somme des deux, soit 36, donne 58,3 %. Ce qui correspond bien au « presque 60 % ».
Mais l'usage est différent. Presque 60 % répond à « qui répare, quand on répare ». Vingt-et-un pour cent répond à « que devient un produit en panne ». Utiliser l'un pour l'autre produit une affirmation fausse.
## Ce que devient un produit en panne
Quatre-vingt-dix pour cent des Français ont eu au moins un problème avec un produit du quotidien au cours des deux années précédant l'enquête.
Le devenir de ces produits se répartit en trois branches. Trente-six pour cent des problèmes sont résolus par une réparation. Quarante-et-un pour cent par un remplacement. Vingt-trois pour cent restent sans aucune action.
Ces trois valeurs font bien 100 %.
Le tiers de produits qui ne sont ni réparés ni remplacés est la part la plus intéressante et la moins commentée. Ce sont des objets en panne qu'on garde, ou qu'on abandonne, sans décision.
Le taux de remplacement était de 54 % dans l'édition précédente de l'enquête, contre 41 % aujourd'hui. Treize points de moins. Mais le périmètre a changé entre les deux éditions, nous y revenons plus bas.
## Le chiffre le plus actionnable de l'étude
Voici celui qu'il faut retenir si on n'en retient qu'un.
Une tentative de réparation est engagée sur 51 % des produits endommagés. Autrement dit, sur un produit sur deux, personne n'essaie.
Et quand une tentative existe, la réparation aboutit dans 58 % des cas, contre 36 % au global.
Vingt-deux points d'écart entre « on a essayé » et « la moyenne générale ». L'étude formule cela précisément : « les tentatives de réparation, qui témoignent de l'envie initiale de réparer, concernent 51 % de produits endommagés. Lorsque ces tentatives existent, la réparation aboutit alors dans 58 % des cas contre 36 % au global. »
Une précaution importante : cet effet n'est pas ventilé par mode de réparation. L'étude ne dit pas que l'autoréparation réussit mieux. Elle dit qu'essayer, quel que soit le mode, change l'issue. Attribuer ce différentiel à l'autoréparation serait une extrapolation que la source ne permet pas.
## La vétusté, et le rôle de l'entretien
L'étude identifie la vétusté des produits comme première cause de non-réparation.
Et elle relie cela à l'entretien, dans une formulation qui mérite d'être citée : « Cette étude a mis également en lumière le rôle bénéfique de l'entretien des produits à la fois dans le lien qu'il crée aux choses et dans la décision de réparer qui concernera 49 % des produits auxquels les consommateurs sont attachés. Ce rôle de l'entretien est d'autant plus important que la vétusté des produits est la première cause de non-réparation. »
Quarante-neuf pour cent contre 36 % au global : l'attachement au produit pèse autant que sa réparabilité technique.
C'est une conclusion qui déplace le sujet. La question n'est pas seulement « cet objet est-il réparable », mais « l'a-t-on entretenu assez pour qu'il vaille encore la peine d'être réparé ».
## Qui répare, côté professionnel
Sur la moitié des réparations réalisées par un professionnel, la répartition est la suivante : les indépendants réalisent 45 % de ces réparations, les services après-vente des enseignes d'achat 20 %.
Les 35 % restants se partagent entre les autres canaux, que la synthèse consultée ne détaille pas.
Le poids des indépendants est à mettre en regard du maillage territorial : dans plusieurs départements, la densité de réparateurs est faible, et pour certaines catégories de produits, l'offre locale peut être quasi inexistante.
## La limite matérielle : l'accès aux pièces
L'autoréparation ne dépend pas seulement de la compétence, elle dépend du droit d'acheter la pièce.
Sur ce point, un seul texte que nous ayons trouvé distingue explicitement les deux droits d'accès. Le règlement européen sur les smartphones et tablettes réserve aux réparateurs professionnels enregistrés les caméras, cartes mères, haut-parleurs, microphones, charnières. Et ouvre aux utilisateurs finaux une liste limitée : batterie, couvercle arrière, film de protection pour affichages repliables, écran, chargeur, support de carte SIM.
Le règlement sur les lave-linge fonctionne de la même manière : portes, charnières, joints de porte, assemblage de verrouillage et accessoires plastiques sont accessibles aux utilisateurs finaux.
Côté français, le décret de décembre 2021 impose une durée de disponibilité de cinq ans pour les pièces d'ordinateurs portables et de téléphones mobiles. Il ne distingue pas professionnels et particuliers, mais il conditionne matériellement l'autoréparation en garantissant l'existence de la pièce.
Nous n'avons trouvé aucun texte qui réglemente l'autoréparation en tant que telle. Ni statut, ni obligation, ni droit spécifique du particulier qui répare. Ce qui existe, ce sont des conditions d'accès aux pièces.
## Pas d'aide financière
Le bonus réparation est appliqué en réduction sur la facture d'un réparateur labellisé. Il suppose donc une facture, et par construction il exclut l'autoréparation.
Nous n'avons identifié aucun dispositif public de soutien financier à la réparation par soi-même. Le mode de réparation majoritaire est aussi celui qui ne bénéficie d'aucune aide.
## Ce que personne ne publie
Aucun taux d'autoréparation par catégorie de produit dans la synthèse consultée. On sait que l'autoréparation domine globalement, on ne sait pas si c'est vrai pour un lave-linge comme pour un smartphone.
Aucune donnée mesurée. Tout ce guide repose sur du déclaratif, recueilli en ligne sur panel auto-administré, sans vérification de la réalité des réparations déclarées.
Et une précaution sur l'origine de l'étude : le commanditaire est public, mais l'exécutant est une entité liée au syndicat professionnel de l'électroménager. Cela ne disqualifie pas les résultats, cela justifie de le signaler à chaque citation.
Sur la série temporelle, la réserve est technique mais décisive. Le nombre de catégories de produits est passé de 48 à 57 entre les deux éditions, et 23 nouvelles questions ont été intégrées. Le recul du remplacement de 54 à 41 % ne peut donc pas être lu comme une évolution nette de comportement.
Enfin, quelques chiffres circulent sur ce sujet et nous ne les publions pas. Une part de Français pratiquant l'autoréparation, attribuée à l'année 2020, est sourcée par l'agence publique elle-même sur un article de presse en note de bas de page : ce n'est pas une donnée statistique. Les décomptes d'ateliers de réparation collaboratifs viennent d'une fondation associative étrangère, relayée par l'agence mais pas produite par elle. Les bilans d'événements nationaux de la réparation sont publiés par une association, sur des participants volontaires, ce qui ne constitue pas un échantillon représentatif. Et plusieurs ordres de grandeur très cités, comme le poids d'objets dormants par foyer ou les économies annuelles par ménage, circulent avec des variantes selon les reprises, sans source primaire que nous ayons pu vérifier.
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# Le bonus réparation, et pourquoi il reste dans les caisses
URL : https://citilience.fr/guides/bonus-reparation-ce-qu-il-paie/
Mise à jour : 19/09/2026
Ce que le bonus réparation paie réellement, pourquoi 81 % du fonds 2024 n'a pas été dépensé, et le geste qui fait passer une réparation de 36 à 58 % de réussite.
Savoir réparer, ce n'est pas écologique. C'est une question de dépendance.
Imaginons un quartier où tout le monde sait réparer son vélo. Si la chaîne casse, chacun a une pièce de rechange, ou la commande sur internet.
Le quartier semble autonome. Mais l'est-il vraiment ?
Non. Il dépend d'une chaîne d'approvisionnement mondialisée que personne dans le quartier ne contrôle. Cette dépendance n'est pas visible tant que la pièce arrive vite.
Elle s'effondre si le premier maillon vient à manquer.
En France en 2024, quand un produit tombe en panne, il est réparé dans 36 % des cas et remplacé dans 41 % des cas. Cinq ans plus tôt, le taux de remplacement était à 54 %.
On remplace donc un peu moins qu'avant.
Il y a un seul levier public pour déplacer ce rapport. Il ne fonctionne pas.
## Un fonds que presque personne ne réclame
Saviez-vous qu'une partie du coût de votre réparation peut être prise en charge depuis 2022 ?
Cela fait partie des mesures liées à la responsabilité élargie du producteur. Mais voilà : ce fonds est très peu utilisé.
En 2024, 154 560 000 € ont été provisionnés. Sur l'année, seulement 29 152 950 € ont été consommés. Soit 19 %.
Ce chiffre, je ne l'ai pas trouvé dans un communiqué de l'État. Il vient d'une association de consommateurs. Elle collecte les données que les éco-organismes sont censés transmettre, et publie un rapport chaque année. Comme les éco-organismes ne sont pas obligés de tout rendre public, c'est en fait la source la plus complète qu'on puisse avoir.
Et vous avez le droit de savoir que vous pourriez bénéficier de cette aide. Que le frein à votre réparation ne soit pas l'argent.
Retenez ceci : l'usure du système ne tient pas qu'à l'argent.
## Ce que le bonus paie vraiment
Un geste qui me semble évident, mais que peu de gens connaissent.
Lorsqu'on fait réparer un appareil hors garantie, on peut bénéficier d'une aide à la réparation.
Concrètement, la réparation est moins chère. La remise est déduite directement de la facture par un réparateur labellisé, sans dossier à remplir ni avance de trésorerie. C'est le réparateur qui se fait rembourser ensuite, sous quinze jours au maximum.
Cette aide s'applique à près de 68 types d'appareils électriques et électroniques, chez plus de 6 500 réparateurs labellisés.
Le montant va de 10 à 65 euros, et la règle qui gouverne le barème est qu'il vaut au moins 10 % du coût estimé de la réparation.
Le textile suit ses propres règles : la réparation doit coûter au moins 12 euros TTC, et le cumul des aides est plafonné à 60 % du prix TTC.
Il y a cependant quelques exclusions importantes. Un appareil encore sous garantie ne peut pas en bénéficier, la garantie légale étant plus favorable. Un appareil couvert par une assurance non plus.
## Le montant n'est pas le frein
Réfléchissons un peu à la notion de « payer trop » dans le contexte d'une réparation.
On ne juge pas le prix d'une réparation en valeur absolue, mais rapporté à la valeur de l'objet. Et plus encore, on le juge en fonction du prix qu'on a payé à l'origine.
Deux seuils sortent de la même enquête.
Dans la moitié des cas, un consommateur refuse de payer plus de 30 % de la valeur initiale du produit pour sa réparation. Au-delà de 100 euros, une réparation devient très difficile à faire accepter.
Posez les deux ensemble.
Un forfait en euros ne peut pas suivre un seuil exprimé en pourcentage.
Et ce n'est pas une hypothèse, ce sont les deux seuils qu'on observe : en 2024, les produits les plus chers sont réparés dans environ deux tiers des cas, les moins chers dans moins de 30 %.
Autrement dit, le dispositif paie le plus là où la décision était déjà prise.
## Le geste qui manque, c'est d'essayer
Les conditions d'éligibilité du bonus sont affichées, et il faut les lire.
Mais ce n'est pas là que se joue la différence entre réparer ou pas.
Une tentative de réparation est engagée seulement pour 51 % des produits cassés.
Si on engage la réparation, le produit a 58 % de chances d'être réparé, contre 36 % sur l'ensemble des produits.
C'est donc un problème d'abstention, pas de difficulté technique.
Et il faut faire attention à ce que veut dire le taux de réussite d'une réparation. Une panne non diagnostiquée est comptée comme irrécupérable. Pas parce qu'elle l'est, mais parce qu'on n'a pas regardé.
62 % des Français savent ce qu'est un indice de réparabilité, mais seulement 45 % connaissent le bonus réparation.
Le vrai problème n'est pas de financer un quartier.
Il lui faut un endroit où poser la question : je veux réparer, comment je fais ?
## Ce qu'on ne peut pas affirmer
Impossible de parler des chiffres de la réparation sans dire comment ils sont devenus indiscutables.
Trois chiffres très repris ne sont pas publiables ici.
Un décompte de réparations pour 2024, diffusé par un syndicat professionnel de fabricants, qu'aucune publication de l'État ne reprend à son compte. Deux montants financiers différents selon la version accompagnent ce décompte.
Le poids économique du secteur, qui vaut environ 144 000 entreprises et 33 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur la fiche de l'étude d'origine, et davantage dans les notices qui la citent.
Le nombre de types d'appareils couverts, annoncé à près de 68 dans le texte d'une page et à 73 dans la transcription vidéo de cette même page.
On se retrouve avec un paradoxe : ces chiffres sont énormément repris, mais personne ne les vérifie.
Ils sont devenus une vérité par répétition, alors que leur fondement est fragile. Dans un débat, un chiffre fort et précis peut devenir indiscutable simplement parce qu'il est repris sans être contesté.
La règle d'or : remonter toujours à la source. Ne pas se fier aux chiffres repris de reprise en reprise.
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# Une loi sans contrôle ni sanction, et des taux que personne ne vérifie
URL : https://citilience.fr/guides/cantines-et-loi-egalim-lire-les-donnees-ouvertes/
Mise à jour : 19/09/2026
Les taux de bio et de produits durables des cantines sont télédéclarés et publiés en open data. Ce qu'ils mesurent, et ce qu'ils ne mesurent pas.
Le rapport annuel que le ministère de l'agriculture remet au Parlement sur l'approvisionnement des cantines contient, page 6, une phrase qu'il faut lire deux fois.
« La loi ne prévoit pas de contrôle ou sanction concernant les obligations d'approvisionnement et cette transparence vis-à-vis des convives et de leurs familles permet la mobilisation et le contrôle des citoyens. »
Autrement dit : le dispositif de contrôle, c'est vous. Les données sont publiées pour que quelqu'un les regarde, et personne d'autre n'est chargé de le faire.
Ce guide explique ce qu'on peut effectivement en tirer, et où s'arrête la lecture honnête.
## Les taux, et l'écart aux obligations
Sur les achats de l'année 2024, les cantines qui ont télédéclaré affichent 11,8 % de produits issus de l'agriculture biologique.
L'obligation légale est de 20 %.
Sur les produits dits durables et de qualité, bio inclus, le taux est de 29,5 %. Le rapport donne une fourchette de 29,5 à 30,1 % selon l'échantillon considéré, ce qui est déjà un renseignement en soi : le chiffre dépend de qui on compte.
L'obligation légale est de 50 %. L'écart est de 20,5 points, quatre ans après l'entrée en vigueur.
Sur les familles viandes et poissons, soumises à une obligation distincte de 60 %, le taux atteint 36,2 %. Soit 23,8 points d'écart.
Mais ce chiffre unique masque deux réalités inverses : 50,5 % pour les poissons durables, 30,4 % pour les viandes durables. Les deux familles sont agrégées dans un même indicateur alors qu'elles ne sont pas dans la même situation.
## Le chiffre le plus parlant n'est pas un taux, c'est une part de cantines
Un taux moyen de 29,5 % peut décrire deux mondes très différents : toutes les cantines autour de 30 %, ou bien un tiers de cantines conformes et deux tiers très loin.
Le rapport répond à cette question. Parmi les cantines télédéclarantes de France métropolitaine, hors départements et régions d'outre-mer, 29,4 % respectent la double obligation.
Double obligation, c'est-à-dire les deux seuils simultanément : au moins 50 % de durables, et au moins 20 % de bio dedans. Atteindre l'un sans l'autre ne suffit pas.
Un peu moins de trois cantines sur dix, donc.
## Contre-épreuve sur les montants
Le rapport publie aussi les masses financières : 4 256 millions d'euros d'achats déclarés, dont 501 millions de bio et 1 253 millions de produits durables.
Ces trois nombres permettent de recalculer les taux annoncés, ce qui est le premier réflexe à avoir devant un indicateur déclaratif.
Pour le bio : 501 divisé par 4 256 donne 11,8 %. Exactement la valeur publiée.
Pour les durables : 1 253 divisé par 4 256 donne 29,4 %. Un dixième de point sous les 29,5 % annoncés.
L'écart n'est pas une erreur, il confirme la mention de l'éditeur sur la fourchette 29,5 à 30,1 % : le taux publié ne porte pas exactement sur le même échantillon que les masses financières. C'est le genre de détail qui interdit de citer ces valeurs à la décimale près comme s'il s'agissait d'une mesure.
## Ce que « 40 % des sites » change à toute lecture
La campagne du 7 janvier au 6 avril 2025 a retenu 21 479 télédéclarations après contrôle qualité, correspondant à 33 797 sites de restauration. Le rapport précise que cela représente 40 % des sites de restauration en France, en progression de 98 % par rapport à la campagne précédente.
Par règle de trois, le parc complet approche donc 84 000 sites. Un peu plus de la moitié n'a rien déclaré.
Deux conséquences, et elles vont dans des directions opposées.
La première : l'absence d'une cantine dans les données ne dit rien de son approvisionnement. Ce n'est pas un défaut constaté, c'est une absence de déclaration.
La seconde est plus retorse. Le rapport signale que les établissements ayant télédéclaré uniquement lors de la dernière campagne sont moins avancés que les déclarants historiques. L'échantillon n'est donc pas aléatoire, et son élargissement tire les moyennes vers le bas indépendamment de tout changement réel.
Ce qui interdit de lire une baisse du taux national comme une dégradation. Le rapport qualifie d'ailleurs explicitement la photographie 2023, qui donnait 13,1 % de bio et 27,5 % de durables, de non comparable avec la suivante. Il publie pour cette raison une analyse à périmètre constant, sur les cantines présentes les trois années : c'est la seule qui autorise une lecture d'évolution.
## Un taux en euros, pas en assiettes
Le décret du 23 avril 2019 est explicite : les proportions s'apprécient en valeur hors taxes des achats, sur une année civile.
La conséquence est mécanique. Si le prix des produits bio augmente plus vite que celui des produits conventionnels, le taux de bio d'une cantine monte sans qu'un gramme supplémentaire soit arrivé dans les assiettes.
L'indicateur mesure une structure de dépense. Il ne mesure ni les volumes, ni le nombre de repas concernés.
## L'écart sectoriel, sans explication publiée
Le rapport ventile les résultats par segment, et l'écart est considérable.
Enseignement : 36,2 % de durables, 15,8 % de bio.
Santé : 14,9 % de durables, 2,9 % de bio.
Sur le bio, un facteur de 5,4 entre les deux secteurs, pour une obligation légale identique.
Le rapport constate que les segments santé et médico-social restent les plus éloignés des obligations. Il ne publie pas d'analyse des causes : ni contrainte budgétaire, ni contrainte de marché, ni contrainte de cahier des charges nutritionnel ne sont chiffrées. Le constat est là, l'explication n'y est pas.
## Le cadre, en quatre textes
L'obligation vient de l'article 24 de la loi du 30 octobre 2018, codifié à l'article L. 230-5-1 du code rural et de la pêche maritime, qui fonde aussi le bilan annuel au Parlement.
Le décret du 23 avril 2019 crée les articles R. 230-30-1 à R. 230-30-4 et fixe les modalités de calcul, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2022.
La loi du 22 août 2021 ajoute le seuil de 60 % sur les viandes et poissons, porte l'exigence à 100 % pour l'État et ses établissements publics, et étend les obligations à toute la restauration collective privée au 1er janvier 2024.
L'arrêté du 14 septembre 2022, modifié par celui du 18 mars 2024, fixe le contenu et les modalités de transmission des données, et prolonge la saisie simplifiée ainsi que la déclaration centralisée par cuisine centrale.
Ces quatre textes créent une obligation, une méthode de calcul et une obligation de déclaration. Aucun n'organise de contrôle.
## Ce que personne ne publie
Il n'existe aucun taux national d'approvisionnement local. Le seul indicateur territorial publié est l'origine France des viandes, à 65,4 % — ce qui n'est pas la même chose qu'un approvisionnement de proximité, et ne doit pas être présenté comme tel.
Aucun taux d'erreur de déclaration n'est publié. Les données passent un contrôle qualité qui écarte des déclarations, mais le rapport ne publie pas ce qui a été écarté ni pourquoi.
La maille de publication est l'établissement ou le gestionnaire déclarant. Un taux consolidé à l'échelle d'une commune ou d'une intercommunalité n'existe pas dans les données : c'est un calcul que le lecteur fait lui-même, et qu'il doit présenter comme tel.
Enfin, une remarque sur la déclaration centralisée par cuisine centrale. Quand une cuisine centrale déclare pour l'ensemble des sites qu'elle livre, le taux publié est celui de ses achats globaux. Il ne permet pas de distinguer les sites livrés entre eux. L'arrêté de 2024 a prolongé cette modalité : les données gagnent en couverture ce qu'elles perdent en finesse.
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# Aucun des systèmes testés ne peut constater un dépassement réglementaire
URL : https://citilience.fr/guides/capteur-d-air-grand-public-ce-qu-il-mesure/
Mise à jour : 19/09/2026
Le seul essai national français a testé 17 systèmes. Aucun ne satisfait les exigences réglementaires. Ce que les capteurs savent faire, et ce qu'ils ne savent pas.
La France a organisé un seul essai national d'aptitude des micro-capteurs de qualité de l'air. Dix-sept systèmes testés, en poste fixe, contre des instruments de référence.
Résultat : aucun ne respecte les objectifs de qualité des données exigés pour les mesures réglementaires en site fixe.
Ce n'est pas un verdict sur l'inutilité des capteurs. C'est une indication précise de ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas prétendre.
## Ce que veut dire « ne pas respecter les objectifs »
Les mesures réglementaires doivent tenir une incertitude maximale : 15 % pour le dioxyde d'azote et l'ozone, 25 % pour les particules.
Aucun des dix-sept systèmes n'y parvient.
En revanche, une seconde catégorie existe : les méthodes indicatives, dont l'objectif est de 50 % pour les PM2,5. Et là, le laboratoire écrit que certains systèmes « peuvent prétendre satisfaire aux critères ».
La distinction est la clé de tout le sujet. Un capteur grand public ne peut pas servir à constater un dépassement de valeur limite. Il peut servir à indiquer une tendance, repérer une source, décider d'aérer.
## Trois chiffres qui disent la nature du problème
L'essai a réuni 16 participants, 44 dispositifs et 17 systèmes de conception différente, sur six semaines. Plus de 70 millions de données à la minute ont été traitées.
Premier chiffre : la pente de corrélation du meilleur système polyvalent sur les particules fines vaut 2,25.
Une pente supérieure à 1 signifie une surestimation. À 2,25, le capteur affiche plus du double de la valeur de référence. Ce n'est pas du bruit, c'est un biais systématique.
On lit souvent l'inverse — que les capteurs sous-estimeraient la pollution. Le seul écart chiffré disponible dans une source primaire française indique une surestimation.
Deuxième chiffre : les concentrations de gaz sont restées sous 15 parties par milliard pendant l'essai. Le laboratoire précise que c'est la « gamme dans laquelle les capteurs de gaz présentent la plus grande incertitude et par conséquent la plus grande erreur de mesure ».
Autrement dit, les capteurs de gaz sont les moins fiables précisément dans les niveaux de la vie courante. Un seul système sur dix-sept a passé le filtre d'erreur pour l'ozone.
Troisième chiffre, le plus parlant. Le système le plus précis de tout l'essai sur les trois granulométries de particules, avec des pentes entre 0,93 et 1,09, n'a produit des données que sur moins de 14 % de la période.
La cause : des pertes récurrentes de connexion sans fil. Ses notes qualitatives sont inférieures à 2 sur 5 sur l'ensemble des critères.
Un capteur juste mais muet 86 % du temps ne remplit aucun usage.
## Deux documents officiels, trois valeurs différentes
Il existe deux publications de ce même essai : une synthèse en 2018, puis un rapport détaillé.
En les comparant, on trouve des écarts.
Sur le meilleur système polyvalent, la synthèse retient la combinaison particules fines et dioxyde d'azote, avec une pente de 0,81 pour le dioxyde d'azote. Le rapport détaillé retient la combinaison PM10 et dioxyde d'azote, avec une pente de 0,90.
Même essai, même système, même polluant, deux valeurs.
Sur le nombre de systèmes n'ayant pas été écartés pour la mesure des gaz, la synthèse indique six, le rapport détaillé sept.
Le rapport détaillé ajoute par ailleurs les résultats PM1 et PM10, absents de la synthèse. Pour le système en question : PM1 à pente 1,92 avec 31 % de variabilité, PM10 à pente 1,55 avec 16 %.
Ces écarts ne sont pas des erreurs de notre part : le rapport détaillé est une exploitation plus complète des mêmes données, et il reclasse en conséquence. Mais ils imposent une règle de citation. Un chiffre de cet essai se cite avec le document dont il provient.
## Ce qu'il faut regarder sur une fiche technique
L'essai fournit une grille de lecture réutilisable, indépendamment des modèles testés.
La pente de corrélation, qui dit le biais : au-dessus de 1, le capteur surestime, en dessous, il sous-estime.
Le coefficient de détermination, qui dit si les variations suivent celles de la référence.
La variabilité entre exemplaires d'un même modèle. Une variabilité de 41 % signifie que deux capteurs identiques, côte à côte, affichent des valeurs très différentes.
Et la couverture temporelle, qui ne relève pas de la métrologie mais décide de l'utilité réelle.
Un point d'organisation utile : la grille officielle compte quatre critères qualitatifs propres au système, et un radar de notation de 0 à 5 sur huit critères. Une note de cadrage identifie dix usages types.
## Ce que personne ne publie
La fraîcheur des données est le problème central de ce guide, et nous préférons l'écrire franchement.
L'essai date de janvier et février 2018. Nous n'avons identifié aucun essai national d'aptitude plus récent. Un second exercice a bien été mené durant l'été 2018 pour tenir compte de la saisonnalité, mais la publication de ses résultats n'a pas été retrouvée — et les deux documents disponibles n'annoncent même pas la même date de parution pour ceux-ci.
Les modèles commercialisés ont changé depuis. Ce qui reste utilisable, ce n'est pas le classement, c'est la méthode de lecture.
Le rapport détaillé lève la confidentialité pour une partie des participants et nomme certains modèles. Nous ne reprenons pas ces noms. Publier un classement de 2018 comme un conseil d'achat de 2026 serait exactement le genre de raccourci que ce site refuse.
Les conditions d'essai limitent aussi la portée : une seule station, de typologie urbaine, sur six semaines d'hiver. Aucune généralisation aux sites de trafic, ruraux ou industriels.
Les performances affichées portent sur des données brutes, sans les corrections que les fabricants auraient pu appliquer.
Les systèmes fournis avaient des historiques d'utilisation différents, de neuf à très usité, ce qui brouille la comparaison entre exemplaires.
Enfin, deux informations que nous aurions voulu donner et qui ne sont pas publiques. Le nombre de capteurs déployés en France : une base nationale recense les expérimentations, mais elle exige une authentification. Et le prix : le critère « coût » figure dans la grille officielle, sans qu'aucune valeur ne soit publiée.
Sur ce dernier point, méfiance particulière envers une comparaison qui circule beaucoup, du type « un capteur à quelques centaines d'euros vaut une station à plusieurs dizaines de milliers ». Aucune source primaire ne l'établit.
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# Habitant, abonné, foyer de référence : trois unités, trois chiffres
URL : https://citilience.fr/guides/combien-d-eau-consomme-reellement-un-habitant/
Mise à jour : 19/09/2026
143 litres par jour, 138 m³ par abonné, 120 m³ sur la facture : trois chiffres qui ne mesurent pas la même chose. Comment passer de l'un à l'autre.
Trois chiffres circulent sur la consommation d'eau en France : 143 litres par jour, 138 m³ par an, 120 m³ sur la facture.
Ils sont tous les trois exacts. Ils ne mesurent pas la même chose.
Le premier porte sur un habitant, le deuxième sur un abonné, le troisième sur une convention statistique. Savoir passer de l'un à l'autre évite la plupart des erreurs de lecture sur ce sujet.
## Un abonné n'est pas un habitant
C'est la confusion la plus fréquente, et elle est lourde de conséquences.
La définition officielle est explicite : un abonné n'est pas forcément un foyer domestique. Ce peut être un syndicat de copropriété, un bailleur social qui redistribue l'eau à ses occupants, ou une entreprise. Les foyers desservis de cette façon sont dits non individualisés.
Le nombre moyen d'usagers par abonné est de 2,5 au niveau national.
Mais cette moyenne masque un écart considérable selon la taille du service : 1,7 dans les services desservant moins de 1 000 habitants, 1,9 entre 1 000 et 10 000, 2,1 entre 10 000 et 50 000, 2,3 entre 50 000 et 100 000, et 3,4 au-delà.
Un facteur deux entre les deux extrêmes, qui reflète directement la part de logements collectifs non individualisés.
Conséquence pratique : appliquer le ratio national de 2,5 à une commune rurale conduit à surestimer sa population desservie de près de 50 %.
## La conversion, et ce que l'écart révèle
Faisons le calcul. La consommation domestique est de 52 m³ par habitant et par an. Multipliée par 2,5 habitants par abonné, elle donne 130 m³ par abonné.
Le chiffre publié par abonné est de 138 m³.
Les 8 m³ manquants, soit 6 %, ne sont pas une erreur. Ils correspondent aux usages non domestiques, inclus dans le chiffre par abonné et exclus du chiffre par habitant.
Cette cohérence est rassurante : les deux chiffres se recoupent, et leur écart s'explique.
## Les 120 m³ de la facture n'ont jamais été une consommation
Quiconque a lu une comparaison de prix de l'eau a rencontré la référence aux 120 m³.
Ce n'est pas une consommation observée. C'est une base de calcul conventionnelle, correspondant à l'usage annuel moyen d'une famille de deux adultes et un ou deux enfants, et qui sert à comparer les tarifs entre services à consommation identique.
L'éditeur calcule par ailleurs la consommation moyenne réelle d'un foyer : à partir d'un ratio de 2,15 personnes par foyer daté de 2022, elle s'établit à 112 m³ par an.
Huit mètres cubes en dessous de la base conventionnelle. Le rapport note d'ailleurs « une légère baisse depuis quelques années, qui pourrait s'accentuer ».
Le chiffre de 120 m³ reste donc utile pour comparer des prix. Il ne dit rien de ce que consomme un foyer réel.
## Ce que l'éditeur dit lui-même de son chiffre
Le fait le plus important de ce guide n'est pas un nombre, c'est une phrase du rapport : « Au final, le ratio de consommation domestique par usager proposé reste un ordre de grandeur, à considérer avec précaution. »
Deux motifs sont donnés.
D'abord, « la distinction consommation domestique / non domestique est rarement connue des services responsables de la saisie de l'information ». À défaut, tout est versé en volumes domestiques, « ce qui a pour conséquence de majorer ce ratio ».
Ensuite, même quand les volumes sont distingués, rien ne garantit que la définition du non domestique soit appliquée de la même façon partout.
Cette réserve autorise à publier le chiffre. Elle interdit d'en tirer des comparaisons fines entre territoires ou entre années.
## La série historique, et pourquoi elle ne montre pas de tendance
Voici la série publiée, en litres par habitant et par jour : 150 en 2009, 148 en 2010, 148 en 2011, 145 en 2012, 143 en 2013, 144,6 en 2014, 146 en 2015, 146 en 2016, 149 en 2017, 148 en 2018, 147 en 2019, 148 en 2020, 148 en 2021, 150 en 2022, 145 en 2023, 143 en 2024.
De 2009 à 2024, la baisse est de 7 litres par jour, soit 4,7 %. Rapportée à l'année, environ 2,6 m³ par habitant.
Mais regardons la forme de la courbe plutôt que ses extrémités.
Elle descend à 143 en 2013. Elle remonte à 149 en 2017, puis à 150 en 2022 — soit le niveau de 2009. Elle redescend enfin à 143 en 2024.
La valeur de 2024 est exactement celle de 2013. Onze ans pour revenir au même point, après un détour par le haut.
Et surtout, cette série est reconstituée à partir d'échantillons de services variables d'une année sur l'autre. Une partie des variations reflète le changement de périmètre, pas le comportement des usagers.
On peut donc dire que la consommation ne croît pas. On ne peut pas dire de combien elle baisse.
## Ce que personne ne publie
Commençons par ce qui manque le plus : la ventilation des 143 litres entre les usages du logement.
Toilettes, douche, lave-linge, vaisselle, arrosage, boisson. Les répartitions en pourcentages circulent partout. Nous n'avons identifié aucune source primaire française, nommée et datée, qui les publie. Nous ne les reprenons donc pas, alors que c'est l'information la plus demandée.
Ensuite, trois incohérences internes au même rapport, que nous signalons plutôt que de choisir silencieusement une valeur.
La synthèse et la fiche chiffre-clé donnent 143 litres par jour pour 2024. La figure 23 du corps du rapport affiche 145 litres pour les mêmes 52 m³ annuels. Le contrôle arithmétique tranche : 52 divisés par 365 donnent 142,5, et 145 fois 365 donneraient 52,9 m³. Surtout, 145 est exactement la valeur publiée pour 2023. C'est un report non corrigé.
Même mécanisme sur le rendement du réseau : 79,2 % est daté de 2023 dans la synthèse, et de 2024 dans le corps du rapport, qui précise que 2023 valait 81,2 %.
Et sur les fuites : le rapport donne 18,8 % pour 2024, or 100 moins 81,2 fait 18,8, soit le complément du rendement de 2023. La fiche chiffre-clé publie 20,8 %, qui est bien le complément du rendement 2024.
Aucune de ces trois incohérences n'est grave prise isolément. Ensemble, elles disent une chose utile : sur ce jeu de données, un chiffre se vérifie toujours par le calcul avant d'être cité.
Deux dernières limites. Le ratio de 2,15 personnes par foyer est attribué à l'institut statistique national par le rapport, sans référence de publication : nous le citons comme repris du rapport, pas comme un chiffre de cet institut. Et les six fiches chiffres-clés de cet exercice renvoient toutes vers une adresse de rapport qui répond en erreur, ce qui complique la vérification pour un lecteur pressé.
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# Pas une propriété du réseau, mais un niveau de service accepté
URL : https://citilience.fr/guides/combien-de-jours-un-ilot-tient-sans-eau/
Mise à jour : 19/09/2026
L'autonomie en eau d'un quartier n'est publiée nulle part, mais elle est calculée et transmise au préfet. Méthode, besoins de référence et données à demander.
La sécurité civile française dispose de quatre cellules mobiles de potabilisation. Ensemble, elles couvrent environ 40 000 personnes.
En 2020, la pollution d'un méthaniseur à Châteaulin a privé d'eau potable 180 000 habitants du Finistère, pendant plusieurs jours.
Ces deux chiffres viennent de sources publiques : un guide interministériel et un rapport de la Cour des comptes. Mis côte à côte, ils disent l'essentiel sur la question de l'autonomie en eau.
Mais le chiffre qui vous concerne vraiment, celui de votre quartier, n'est publié nulle part. Il existe pourtant, il est calculé, et il est transmis au préfet.
Voici comment l'obtenir, et comment faire le calcul vous-même.
## De combien d'eau a-t-on besoin par jour
Tout part de là, et la réponse dépend de ce qu'on accepte de ne plus faire.
Le guide ORSEC Eau potable, annexé à une instruction interministérielle de juin 2017, reprend un référentiel humanitaire que l'ANSES juge « correct et adapté pour des situations de crise ».
Il décompose les besoins de base ainsi :
- boisson et alimentation : 2,5 à 3 L par personne et par jour ;
- pratiques d'hygiène de base : 2 à 6 L ;
- cuisine : 3 à 6 L.
Total : 7,5 à 15 L par personne et par jour.
À comparer aux 143 L par habitant et par jour de la consommation domestique courante. Le rapport va de 9,5 à 19,1.
Autre référence, plus basse encore. Pour les crises de courte durée, le guide indique qu'il est d'usage de distribuer deux bouteilles de 1,5 L par personne et par jour, pour les seuls usages alimentaires.
Soit 3 L. C'est 20 % du besoin de base complet.
L'écart mesure précisément ce qu'une distribution d'urgence ne couvre pas : l'hygiène et la cuisine.
Troisième valeur, intéressante parce que c'est celle que l'État retient pour dimensionner ses propres moyens : 12 L par jour et par personne.
## Ce que l'État peut produire en urgence
Le guide décrit les moyens de la réserve nationale, et c'est instructif.
Une cellule de traitement d'eau est une unité mobile autonome qui potabilise 5 m³ par heure d'eau de type pluviale. Le guide indique qu'elle répond aux besoins d'environ 10 000 personnes, sur la base de 12 L par jour et par personne.
Le calcul se vérifie : 5 m³ par heure sur 24 heures donnent 120 m³, soit 120 000 L. Divisés par 12, cela fait bien 10 000 personnes. À condition d'un fonctionnement continu, jour et nuit.
Le nombre d'unités est écrit noir sur blanc : quatre, réparties sur le territoire national.
Quatre fois dix mille, donc quarante mille personnes couvertes simultanément.
S'y ajoute une unité mobile de surpression, capable d'alimenter des bâtiments en élévation et de suppléer des châteaux d'eau provisoirement défaillants. Débit et pression variables de 0 à 75 m³ par heure sous 0,5 à 8,8 bars. Le guide précise : une seule au niveau national.
Côté stockage et distribution, la réserve comprend des citernes souples de qualité alimentaire de 5 et 25 m³, des citernes-palettes de 1 000 litres, des rampes équipées de cinq robinets, des sachets alimentaires de 2 litres et 1 500 mètres de tuyau souple.
Un ordre de grandeur utile : une citerne de 25 m³ représente 25 000 L, soit 1 666 personne-jours à 15 L par personne. Mille six cent soixante-six personnes pendant un jour, ou cent soixante-sept personnes pendant dix jours.
Les quantités de citernes et de sachets disponibles, en revanche, ne sont pas dans le guide. Il renvoie à un catalogue de 2014 que nous n'avons pas pu vérifier.
## Le calcul, terme par terme
La formule est simple. Le volume mobilisable, divisé par la population desservie multipliée par le besoin journalier retenu, donne un nombre de jours.
Deux termes sur trois sont accessibles.
Le besoin journalier : trois valeurs sourcées, 3, 12 ou de 7,5 à 15 L, selon le scénario retenu.
La population desservie : publique et vérifiable, service par service, dans les jeux de données de l'observatoire national des services d'eau.
Le volume mobilisable : introuvable. Aucun jeu de données national ne recense les volumes des réservoirs et châteaux d'eau par service ou par commune.
C'est la raison pour laquelle ce guide ne peut pas vous donner un nombre de jours. Il peut vous donner la méthode, et le moyen d'obtenir le terme manquant.
## Le chiffre existe, et quelqu'un doit l'avoir calculé
C'est le point le plus utile de tout le guide ORSEC.
Le texte charge la personne responsable de la production ou de la distribution de l'eau de l'évaluation « de la capacité des réserves d'eau, ainsi que de l'évaluation de l'autonomie qu'elles permettent ».
Et ce n'est pas une recommandation en l'air. Pour les installations desservant plus de 10 000 habitants, une étude caractérisant la vulnérabilité des installations doit être réalisée régulièrement et transmise au préfet, au titre du code de la santé publique.
Autrement dit : le chiffre d'autonomie de votre réseau a été calculé. Il est entre les mains de votre service d'eau et de la préfecture. Il n'est simplement pas publié.
D'où l'action concrète : le demander à son service d'eau. Et demander avec lui les quatre éléments que le même guide énumère, en reprenant ses termes :
- les interconnexions utilisables, leurs débits, leurs délais de mise en œuvre, leur durée possible d'utilisation et la population non couverte le cas échéant ;
- les stocks de réactifs à constituer ;
- le matériel disponible ou à mobiliser, groupes électrogènes et pompes de secours ;
- le stock d'eau conditionnée, le cas échéant.
Ce vocabulaire est celui du guide. L'employer tel quel évite de se faire répondre que la question n'est pas claire.
## Pourquoi le résultat brut est toujours optimiste
Trois corrections s'imposent, toutes justifiées par le guide lui-même.
Un réservoir n'est pas intégralement mobilisable. La distribution gravitaire cesse avant le vidage complet, et une partie du volume est réservée à la lutte contre l'incendie. Le guide ne donne aucun coefficient, et nous n'en inventerons pas : un coefficient inventé produit un chiffre faussement précis.
Sans électricité, la topographie décide. Un réservoir en hauteur continue de distribuer par gravité. Un surpresseur s'arrête. C'est bien pourquoi le guide présente l'unité mobile de surpression comme un moyen de suppléer des châteaux d'eau défaillants, et cite l'équipement en groupes électrogènes parmi les leviers de résilience.
Enfin, l'eau ne sert pas qu'aux habitants. Le guide rappelle que les services d'incendie et de secours doivent être informés d'un éventuel manque d'eau, et que les mesures prises doivent garantir « les besoins incompressibles de certaines installations prioritaires au titre de la salubrité et de la sécurité publiques ».
## Un exemple, et ce qu'il démontre
Prenons un îlot de 500 habitants, avec un réservoir dont 300 m³ seraient effectivement mobilisables. Les 300 m³ sont une hypothèse, pas une donnée.
Selon le niveau de service retenu :
- à 3 L par personne et par jour : 200 jours ;
- à 12 L : 50 jours ;
- à 15 L : 40 jours ;
- à 143 L, c'est-à-dire en maintenant les usages courants : 4,2 jours.
Du premier au dernier, un facteur 48.
C'est l'enseignement central, et il n'a rien d'une astuce de calcul : l'autonomie n'est pas une propriété du réseau. C'est une fonction du niveau de service que l'on accepte.
Un même quartier, un même réservoir, peut tenir deux cents jours ou quatre jours. La différence ne se joue pas dans les canalisations, elle se joue dans ce qu'on renonce à faire avec l'eau.
## Ce que personne ne publie
Les trous documentaires sont ici nombreux, et il vaut mieux les énoncer.
Les volumes de stockage en service ne sont recensés par aucun jeu de données national. C'est le terme manquant du calcul, et c'est celui qu'il faut demander.
Les ruptures d'approvisionnement ne sont pas comptées. Ni nombre annuel d'épisodes, ni population cumulée, ni durée moyenne. Le seul cas chiffré que nous avons trouvé dans une source primaire est Châteaulin, cité incidemment par la Cour des comptes — et sans durée précise. Elle écrit « plusieurs jours », nous n'irons pas plus loin.
Le déploiement des plans ORSEC Eau potable n'est pas suivi publiquement. L'instruction impose une déclinaison dans chaque département. Aucun document identifié ne dit combien l'ont adoptée, ni si elle est à jour. On ne peut donc pas affirmer que tous les départements en sont dotés.
L'autonomie électrique des installations n'est pas documentée. Le taux d'équipement des stations de pompage en groupes électrogènes n'est publié nulle part, alors qu'il détermine directement l'autonomie réelle.
Et le guide lui-même a plus de neuf ans. Publié en juin 2017, il décrit des moyens issus d'un catalogue de 2014. Les nombres d'unités cités ici sont l'état décrit en 2017, pas nécessairement l'état actuel.
Un dernier point, sur l'interconnexion souvent présentée comme la solution. La Cour des comptes en pose les limites : elle « présente des limites en cas de raréfaction ou de dégradation généralisée de la ressource », et ses coûts « augmentent avec l'éloignement de la source d'approvisionnement ». Son exemple du Nord donne l'échelle : environ 200 millions d'euros pour près de 200 kilomètres de canalisation, étalés sur trente ans. Environ un million d'euros par kilomètre, à partir de deux chiffres arrondis.
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# La fibre ne survit pas à la coupure, et c'est documenté
URL : https://citilience.fr/guides/combien-de-temps-le-reseau-tient-sans-courant/
Mise à jour : 19/09/2026
Les autonomies réellement publiées pour la fibre et le mobile, ce que les tempêtes Ciaran et Chido ont mesuré, et les durées que personne ne publie.
Quand le courant tombe, la question n'est pas de savoir si le réseau de l'opérateur tient. La vraie question, c'est combien de temps, et à quel endroit il va lâcher en premier.
Parce que la première dépendance est locale. Et immédiate.
Dans un logement, la box internet et le boîtier optique sont alimentés par ce logement. Si le compteur s'arrête, le service s'arrête. À la seconde. Peu importe l'état du réseau de l'opérateur.
C'est tout bête, mais ce point est souvent oublié dans les discussions sur la résilience des réseaux.
Il y a ensuite une deuxième dépendance, en amont. Celle qu'on peut mesurer, et qui est même publiée : l'autonomie des équipements de l'opérateur, dans l'hypothèse où plus aucun courant n'est disponible. C'est elle qui décide de la durée réelle pendant laquelle le service est maintenu.
La résilience d'un réseau n'est pas une question binaire. C'est une question de temps, de lieux et de conditions réelles d'utilisation. Et souvent, la partie la plus critique est aussi la plus invisible.
## Deux à quatre heures pour la fibre grand public
Le chiffre existe, et il est publié.
Le nœud de raccordement optique, l'équipement du quartier par lequel passe la fibre avant d'arriver chez vous, dispose de batteries. Elles lui donnent 2 à 4 heures d'autonomie pour les services grand public.
Pour les services destinés aux entreprises, sur le même type d'équipement, l'autonomie annoncée va de 4 à 72 heures.
Regardez l'écart. Même équipement, même quartier, même coupure : de 2 heures à 72 heures selon le contrat servi. La durée de tenue ne dépend pas de la technologie, elle dépend de ce qu'on a décidé de garantir à qui.
Ce chiffre vient d'un livre blanc publié en 2025, écrit conjointement par le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, un opérateur télécoms et un équipementier. Ce n'est pas une donnée de régulateur, c'est une donnée d'exploitant. Elle a l'avantage d'être la seule publiée à ce niveau de détail.
Deux à quatre heures, c'est le temps qu'il faut retenir. Pas l'autonomie d'une box, qui est nulle. Celle du quartier.
## Le mobile tient moins longtemps que la fibre
Le réseau mobile passe pour une solution de repli qui fonctionne. C'est faux, et c'est documenté.
Le même livre blanc indique que les réseaux cellulaires, pensés pour des usages grand public, assurent au mieux une résilience d'une heure. Or les besoins en communication de crise et pour le contrôle-commande du réseau électrique nécessitent une autonomie de 48 heures. L'écart entre ce qui existe et ce qui serait nécessaire est donc d'un facteur important, et il est assumé dans le document.
En parallèle, dans une réponse parlementaire, l'opérateur historique a indiqué que les batteries de secours de ses antennes offrent une autonomie maximale de 10 à 20 minutes.
Ce chiffre reste déclaratif : il provient directement de l'opérateur, et aucune autorité publique n'a publié de mesure contradictoire. Il faut le citer comme tel.
Vingt minutes. C'est l'ordre de grandeur du repli mobile pendant une coupure électrique. Moins que la fibre, alors que l'intuition dit l'inverse.
## Le réseau ne redémarre pas tout seul
« Le courant est revenu, la panne est terminée. » Faux.
Entre 80 et 85 % des antennes redémarrent automatiquement lorsque le courant revient.
Ça veut dire que 15 à 20 % nécessitent une intervention sur site pour redémarrer.
La seconde moitié du rétablissement dépend donc de la capacité d'intervention d'une personne, avec un véhicule, des outils, une pièce de rechange, et parfois une échelle.
Du coup, la durée de la panne réseau est souvent supérieure à la durée de la coupure électrique. Et elle peut être très largement supérieure.
D'autant plus que la capacité d'intervention est elle-même dégradée lorsque la coupure touche une zone large, ou qu'elle est causée par un événement climatique. Vents violents, neige, inondation : ce sont justement les conditions qui ralentissent l'intervention. Le technicien qui doit remettre une antenne en service subit les mêmes contraintes de déplacement et de sécurité que tout le monde.
En résumé, la fin de la coupure électrique n'est pas la fin de la panne réseau.
## Ce que deux crises réelles ont mesuré
Les batteries n'ont pas empêché la chute. Elles ont décalé le moment de la chute.
Lors d'une tempête de novembre 2023 dans le nord-ouest, un opérateur a constaté que 90 % de ses sites indisponibles l'étaient faute d'électricité, les 10 % restants relevant de désorientations d'antennes et de difficultés d'accès aux sites.
Dans un département où le réseau est déployé à 70 % en aérien, la totalité des nœuds de raccordement optiques est tombée, malgré la présence de batteries de secours. Deux jours ont été nécessaires pour les rétablir. Quatre mois pour retrouver la situation d'avant-crise.
À l'échelle de l'événement, jusqu'à 1,2 million de foyers ont été privés d'électricité, dont les deux tiers dans une seule région, et 1,3 million d'usagers de réseau mobile. Plus de 8 000 poteaux ont été remplacés.
Ce que ces deux chiffres disent ensemble : la stratégie de la batterie de secours répond à une coupure courte et localisée. Elle ne répond pas à la durée d'une crise, ni aux conditions de maintenance pendant cette crise, ni à la dégradation simultanée de plusieurs réseaux.
## Le cas le plus documenté est aussi le plus dur
En décembre 2024, un cyclone a frappé un territoire insulaire français.
C'est le seul événement pour lequel des données publiques décrivent la courbe complète de rétablissement des télécoms.
94 à 98 % des antennes ont été perdues. Cause : perte d'alimentation électrique, pylônes et équipements endommagés, liaisons hertziennes hors service.
Les appels d'urgence ont été rétablis à J+1. C'est la priorité absolue de la gestion de crise, et elle a été tenue.
La couverture mobile, elle, atteint 50 % à J+7 et 100 % à J+4 semaines.
Le réseau fixe cuivre a été perdu en totalité. À J+5 semaines, seuls 30 % du service étaient rétablis.
Un détail qui compte : le cuivre ne fonctionne pas sans électricité chez l'abonné. Une ligne rétablie ne garantit pas le service dans une maison sans courant.
Ce qu'il faut retenir de cette courbe, c'est l'ordre. Les appels d'urgence d'abord. Ce qui permet de coordonner les secours ensuite. Le confort de connexion en dernier. Cet ordre est rationnel, et il signifie qu'un foyer peut rester plusieurs semaines sans service même quand le rétablissement se passe bien.
## Le problème est une intersection, pas une panne
Cette question est difficile à instruire pour une raison précise : elle ne relève d'aucun acteur seul.
Il faut croiser 60 000 points d'alimentation du réseau électrique avec 110 000 équipements télécoms, dont 80 000 antennes et 30 000 équipements structurants qui leur permettent de communiquer entre elles. Aucun des deux secteurs ne détient la carte complète de l'autre.
Ce n'est pas non plus une donnée stable. À l'automne 2022, l'alimentation de plus de 1 000 nœuds et cœurs de réseau a été renforcée à la demande de l'État. Une partie de la réponse tient donc à des décisions prises depuis, dont le détail n'est pas public.
Enfin, les chiffres publiés ne sont pas toujours comparables. Le parc d'antennes est compté de plusieurs façons selon les documents : autorisations par opérateur et par bande de fréquences d'un côté, sites physiques mutualisés de l'autre. Deux chiffres portant sur le même sujet ne se substituent jamais l'un à l'autre, et ne s'additionnent pas.
## Ce que personne ne publie
Trois informations manquent, et il faut le dire plutôt que les combler.
L'autonomie sur batterie d'un interphone, d'une alarme ou d'un compteur télérelevé. Aucune source publique ne la donne. Seule la fiche technique de l'équipement installé renseigne, et il faut souvent la demander au gestionnaire de l'immeuble.
La portée radio réellement mesurée d'un équipement de voisinage. Elle n'existe pas dans les bases publiques. Ce qu'on trouve, ce sont des annonces de constructeurs, jamais neutres.
Et le recensement, pour une adresse donnée, des équipements mutualisés dont dépend le bâtiment. Aucun registre.
Ce ne sont pas des données difficiles à trouver. Ce sont des données qui ne sont pas produites.
Et l'absence d'information n'est pas une garantie de fonctionnement. Ce n'est pas non plus un ordre de grandeur à inventer. C'est un vide, et il faut le nommer comme tel.
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# Quatre opérateurs ne veulent pas dire quatre pylônes
URL : https://citilience.fr/guides/compter-les-antennes-qui-couvrent-son-adresse/
Mise à jour : 19/09/2026
Les données ouvertes de l'ANFR permettent de compter les supports radio et les opérateurs d'une commune. Méthode rejouable, et ce que le comptage ne dit pas.
Quatre opérateurs mobiles couvrent votre commune. Cela ne dit rien du nombre de pylônes.
À Istres, les données ouvertes de l'ANFR retournent 450 lignes d'émetteurs autorisés. Ces 450 lignes se réduisent à 40 supports physiques. Et sur ces 40 supports, 26 ne portent qu'un seul opérateur.
À Nice, 3 746 lignes, 371 supports, dont 258 mono-opérateur.
Soit 65 % à Istres et 70 % à Nice. La mutualisation physique est minoritaire dans les deux cas.
Cette information est publique, gratuite, et rejouable en une requête. Voici comment.
## Une ligne n'est pas une antenne
Le piège est dans la première colonne.
Le jeu de données de l'ANFR compte 826 756 lignes. Chacune correspond à un émetteur autorisé, c'est-à-dire à une combinaison d'un opérateur, d'un système radio et d'un support.
Un même pylône portant quatre opérateurs en 2G, 3G, 4G et 5G peut donc générer une dizaine de lignes à lui seul.
Additionner les lignes pour en déduire un nombre d'antennes produit une surestimation massive. C'est l'erreur la plus fréquente sur ce jeu.
La bonne unité est le champ d'identifiant de support : il désigne le pylône, le château d'eau ou le toit-terrasse. Compter ses valeurs distinctes donne le nombre de supports.
## La méthode, en six étapes
Il faut le code INSEE de la commune. Attention pour Paris : le code 75056 ne retourne rien, il faut interroger les arrondissements, de 75101 à 75120.
L'API s'interroge sur le portail de données de l'ANFR, via le chemin `/d4c/`. Ce détail compte : les variantes d'URL documentées ailleurs renvoient une erreur.
```
curl -sSL -G "https://data.anfr.fr/d4c/api/records/1.0/search/" \
--data-urlencode "dataset=observatoire_2g_3g_4g" \
--data-urlencode "refine.code_insee=13047" \
--data-urlencode "rows=10000"
```
Ensuite, trois opérations sur le résultat :
- dédoublonner sur l'identifiant de support, pour obtenir le nombre de supports ;
- pour chaque support, relever les noms d'opérateurs distincts ;
- filtrer sur le statut si l'on veut des sites réellement actifs.
Ce dernier point mérite un arrêt.
## « Autorisé » ne veut pas dire « qui émet »
Sur les 450 lignes d'Istres, le statut se répartit ainsi : 338 en service, 84 déclarées techniquement opérationnelles, 28 en projet approuvé.
À Nice, sur 3 746 lignes : 2 841 en service, 633 techniquement opérationnelles, 272 en projet approuvé.
Sans filtre, un décompte mélange donc des installations qui émettent et des installations qui n'existent pas encore.
Le même écart se lit à l'échelle nationale. Au 1er septembre 2026, 56 169 sites 5G sont autorisés. 50 182 sont déclarés techniquement opérationnels, soit 89,3 %.
Et le mot « déclarés » est important : cette opérationnalité repose sur les déclarations des opérateurs à l'ANFR, pas sur une mesure du régulateur.
Troisième catégorie encore, les sites commercialement ouverts, suivis par l'Arcep et non par l'ANFR. Trois décomptes différents pour un même parc.
## Ce que le comptage révèle sur la redondance
C'est l'intérêt réel de l'exercice.
Un support qui ne porte qu'un seul opérateur n'offre aucune redondance à cet endroit : si l'opérateur tombe, il n'y a pas d'alternative sur ce point haut.
Mais l'inverse mérite autant d'attention. Un support qui porte les quatre opérateurs les coupe tous les quatre s'il tombe. La mutualisation économise du béton et concentre le risque.
Les deux communes testées donnent des profils proches, 65 % et 70 % de supports mono-opérateur, ce qui suggère que la concentration n'est pas un phénomène urbain ou rural.
À l'échelle nationale, l'Arcep note par ailleurs que 70 % des sites d'antennes en France ne sont plus la pleine propriété des opérateurs télécoms, et que dans les zones reculées, « la couverture est assurée par un seul opérateur ».
## Le droit vous donne accès à plus que ça
Deux droits sont peu connus.
Le maire peut exiger d'un opérateur un état des lieux des installations existantes et une simulation de l'exposition générée par le projet. Tout occupant d'un logement peut accéder aux mesures d'exposition qui y ont été réalisées.
Ces droits reposent sur l'article L34-9-1 du code des postes et des communications électroniques, issu de la loi du 9 février 2015, complété par un décret et un arrêté de 2016.
Un point de vigilance sur les délais. Le dossier d'information mairie doit être déposé un mois avant la demande d'autorisation d'urbanisme, sauf accord du maire sur un délai plus court.
Le délai de deux mois circule encore dans des documents administratifs, notamment une note interministérielle de 2017 antérieure à la loi ELAN. Ce n'est plus le droit en vigueur.
## Deux chiffres qui ne se comparent pas
Un exemple de piège de périmètre, parce qu'il revient souvent.
Un livre blanc d'avril 2025 écrit que les opérateurs mobiles déploient près de 40 000 sites radio pour leurs réseaux 4G. L'ANFR compte 72 557 sites 4G autorisés.
Les deux chiffres ne sont pas contradictoires. Ils ne comptent pas la même chose : des autorisations par opérateur et par bande d'un côté, des sites physiques mutualisés de l'autre.
Ni substituables, ni additionnables. C'est exactement le genre d'écart qui transforme une note de synthèse en contre-vérité quand on recopie un chiffre sans son périmètre.
## Ce que personne ne publie
Cinq limites, toutes vérifiées sur les 23 champs du jeu.
L'autonomie électrique n'y est pas. Les champs décrivent l'implantation, la hauteur, les azimuts, la génération et le statut. Aucun ne mentionne l'existence ou la durée d'un secours sur batterie. Il est donc impossible d'établir, site par site, combien de temps une antenne tient sans courant à partir des données ouvertes.
La portée n'y est pas non plus. Le jeu donne les azimuts et la hauteur du support, jamais le rayon couvert. Toute portée avancée en kilomètres à partir de ces données est une extrapolation, pas une lecture.
Le comptage à l'adresse n'est pas rejouable par API. Le champ de coordonnées est stocké en texte et le filtre par distance ne retourne rien. Il faut passer par l'interface Cartoradio, dont les résultats ne s'exportent pas de façon vérifiable.
La mutualisation contractuelle est absente. Savoir qu'un support porte deux opérateurs ne dit pas s'ils partagent aussi la collecte, l'alimentation électrique ou le point de livraison énergétique. Or c'est cette dépendance partagée qui détermine la résilience réelle. L'Arcep l'écrit : « dans certains territoires, les infrastructures permettant à différents opérateurs d'offrir un service à leurs abonnés ne sont pas redondantes. »
Enfin, une limite que nous avons rencontrée en écrivant ce guide. Deux exécutions de la même requête, le même jour, ont donné 370 puis 371 supports à Nice. L'horodatage de modification du jeu tombe entre les deux.
La leçon n'est pas que les données sont douteuses. Elle est qu'un décompte à la ligne près n'est pas reproductible, et doit toujours se citer avec sa date et son heure. Les ratios, eux, n'ont pas bougé.
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# Le régulateur nomme les équipements concernés, personne ne les compte
URL : https://citilience.fr/guides/dependances-cachees-du-batiment-2g-3g-cuivre/
Mise à jour : 19/09/2026
Téléalarme d'ascenseur, interphone, alarme, télérelevé : ces équipements dépendent de réseaux dont l'extinction est datée. Ce qui est chiffré, et ce qui manque.
Le régulateur des télécoms publie une liste des équipements de bâtiment qui fonctionnent encore en 2G ou en 3G : alarmes connectées et télésurveillance, téléalarmes d'ascenseurs, systèmes de pilotage du chauffage, interphones et visiophones connectés.
C'est le seul document officiel qui nomme ces équipements comme exposés.
Il ne contient aucun chiffre. Ni combien d'interphones, ni combien d'alarmes, ni quelle autonomie, ni quel comportement une fois le réseau éteint.
D'un côté des dates d'extinction fermes et publiques. De l'autre un parc d'équipements que personne ne compte. Ce guide tient dans cet écart.
## Les dates, opérateur par opérateur
L'extinction de la 2G n'est pas un événement unique. C'est une série de vagues, propres à chaque opérateur.
Le principal opérateur a commencé le 31 mars 2026 à Bayonne, Anglet et Biarritz, puis le 12 mai 2026 dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes, puis le 9 juin 2026 dans sept départements du Sud-Ouest. La généralisation sur tout le territoire métropolitain est annoncée de fin septembre à fin décembre 2026.
Un deuxième opérateur annonce un arrêt au 15 novembre 2026.
Un troisième commence le 15 novembre 2026 à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, avec généralisation du 1er au 15 décembre 2026.
Le quatrième n'a pas de réseau 2G en propre et suit le calendrier du premier.
Pour la 3G, les échéances s'étalent davantage : 2028, fin 2028, fin 2029 selon l'opérateur, et une date non encore annoncée pour le dernier.
À Mayotte, le calendrier est distinct : extinction 2G fin 2026 et le 30 novembre 2026 selon l'opérateur, extinction 3G en 2028 et fin 2027.
Conséquence pratique, souvent mal comprise : la date à laquelle une téléalarme cesse de communiquer dépend de la carte SIM qu'elle contient, pas de l'endroit où se trouve le bâtiment.
## Les ascenseurs, seul parc chiffré
Une fédération professionnelle avance les seuls chiffres disponibles : environ 230 000 ascenseurs fonctionnent encore en 2G et près de 60 000 en 3G, sur un parc d'environ 661 000 appareils, à fin 2025.
Soit environ 35 % du parc pour la seule 2G.
Une précision de cette même source mérite d'être reprise, car elle corrige une inquiétude fréquente : « ce n'est pas le fonctionnement de l'ascenseur qui est impacté, mais uniquement son système de communication ».
L'ascenseur continuera de monter et de descendre. Ce qui disparaît, c'est la possibilité d'appeler depuis la cabine en cas de blocage.
Ces chiffres doivent être lus pour ce qu'ils sont : une estimation émanant d'une organisation professionnelle, qui a par ailleurs demandé un report des échéances d'extinction. Aucune source publique indépendante ne les a recoupés, et le parc total lui-même est donné comme approximatif.
## Le seul équipement réglementé
Parmi tous ces dispositifs, un seul fait l'objet d'une obligation.
Depuis le 1er avril 2026, les moyens d'alerte d'un ascenseur doivent faire l'objet d'une « vérification toutes les six semaines du bon fonctionnement des moyens d'alerte et de communication avec un service d'intervention ».
Et le remplacement est imposé lorsque le dispositif fonctionne via le réseau téléphonique commuté ou un réseau mobile de troisième génération ou antérieur.
L'interphone, l'alarme, le pilotage du chauffage ne bénéficient d'aucune obligation équivalente. Ils sont nommés par le régulateur comme exposés, sans qu'aucun texte n'impose de les traiter.
## Le cuivre, et la propriété qu'on perd sans le savoir
La fermeture du réseau cuivre a été engagée à partir de 2023, par lots, avec un achèvement prévu en 2030. Un seul opérateur en détient 99,99 %.
L'enjeu, pour les équipements de bâtiment, n'est pas la perte de débit. C'est la perte de la téléalimentation.
La ligne téléphonique cuivre transportait un courant faible depuis le central. Certains dispositifs continuaient donc de fonctionner pendant une coupure électrique locale. Cette propriété disparaît avec le cuivre, sans qu'aucun équipement de remplacement ne la reproduise.
## La chaîne du télérelevé, décrite mais pas mesurée
Pour les compteurs électriques communicants, l'architecture est publiée par le gestionnaire de réseau lui-même.
Les données remontent par courant porteur en ligne sur le réseau basse tension jusqu'à un concentrateur situé en poste de distribution, puis empruntent le réseau mobile jusqu'aux centres de données. Le portail interministériel confirme que le concentrateur envoie les données « en utilisant le réseau d'antennes-relais de téléphonie mobile existant ».
Cette description suffit à déduire le comportement en cas de coupure. Sans électricité sur le départ basse tension, la remontée s'arrête. Et si l'antenne qui dessert le concentrateur est elle-même coupée, la chaîne est rompue même là où le courant est revenu.
Une étude publiée donne un ordre de grandeur de la dépendance cellulaire : 18 959 et 25 682 postes de distribution nécessitant une connectivité, sur deux directions régionales. Ces nombres portent sur un périmètre d'étude théorique limité à deux régions, et ne doivent pas être extrapolés à la France entière.
## Ce que personne ne publie
L'autonomie sur batterie d'un interphone, d'un visiophone ou d'une alarme résidentielle n'est publiée par aucune source primaire française. Ni le régulateur des télécoms, ni l'agence des fréquences, ni un ministère, ni une juridiction financière.
Nous ne comblerons pas ce trou avec des ordres de grandeur constructeur. Pour un équipement donné, la réponse se trouve dans le contrat de maintenance ou dans un test.
Le comportement hors ligne n'est pas documenté davantage. On ne sait pas publiquement si une alarme connectée passe en mode dégradé, déclenche une alerte locale, ou reste simplement muette. Cette information conditionne pourtant l'utilité réelle du dispositif en situation de crise.
Aucune volumétrie n'existe pour les interphones, les alarmes et les systèmes de chauffage connectés. Le régulateur les liste, la fédération chiffre les seuls ascenseurs. Entre les deux, le nombre de logements concernés est inconnu.
L'autonomie de la chaîne de télérelevé n'est pas publiée non plus : le livre blanc décrit l'architecture et dénombre des postes, sans indiquer combien de temps tient un concentrateur ou un compteur.
Enfin, un texte annoncé qu'il ne faut pas confondre avec le droit en vigueur. L'arrêté de 1990 fixant les consignes de délestage ne place pas les télécommunications parmi les usagers en service prioritaire. Une refonte destinée à les y intégrer est annoncée, avec un objectif de publication avant la fin de l'année 2026. Elle n'est pas publiée à ce jour, et l'écrire autrement serait présenter une intention comme une règle.
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# Ce qu'une toiture récupère vraiment, et ce que la cuve n'y changera pas
URL : https://citilience.fr/guides/dimensionner-une-cuve-d-eau-de-pluie/
Mise à jour : 19/09/2026
La formule du ministère, les coefficients de toiture, et pourquoi une normale Météo-France de station ne se remplace jamais par une moyenne nationale.
La capacité d'une cuve de récupération d'eau de pluie ne se calcule pas à partir de la cuve. On ne choisit pas sa taille en fonction d'un volume qu'on voudrait récupérer. On la choisit en fonction du volume qu'on est capable de récupérer. Et ce volume dépend en premier lieu du lieu où on est.
Prenons une même toiture de 100 m² :
- à Paris, on peut récupérer au maximum 51,4 m³ par an ;
- à Brest, on peut récupérer au maximum 95,1 m³ par an.
Il pleut 1,85 fois plus à Brest qu'à Paris.
Estimez donc la pluviométrie de votre lieu d'habitation avant d'investir dans une cuve. Sinon, vous risquez de vous retrouver avec une cuve trop grande qui ne se remplit jamais, ou à l'inverse une cuve trop petite qui déborde constamment.
Ne vous fiez surtout pas aux moyennes nationales, elles ne vous seront d'aucune utilité et peuvent être très trompeuses.
Le premier geste dans le dimensionnement d'une cuve, c'est de relever la pluviométrie de sa propre station météo. C'est cette donnée qui détermine combien d'eau on peut réellement récupérer, et par conséquent la taille de la cuve dont on a besoin.
Donc, avant de penser à la taille de la cuve, pensez à où vous êtes. C'est la base.
## La formule vient du ministère, pas du fabricant
Dans le calcul de récupération d'eau de pluie, trois facteurs déterminent le volume maximal récupérable, en plus de la pluviométrie.
Premièrement, la surface de la toiture. Mais attention, ce n'est pas la surface du rampant du toit que l'on retient, c'est sa projection horizontale.
Ensuite, le coefficient de restitution de la couverture. Ce coefficient varie selon le type de toit :
Un toit dur en pente a un coefficient de 0,9.
Un toit ondulé en pente a un coefficient de 0,8.
Une toiture terrasse a un coefficient de 0,6.
Enfin, le rendement hydraulique de la filtration, qui dépend de l'entretien du système. Un système bien entretenu atteint un rendement de 0,9.
Ces facteurs, combinés avec la pluviométrie annuelle, permettent de calculer le volume maximal d'eau de pluie que l'on peut récupérer avec un système donné. Une base essentielle pour tout calcul de rentabilité ou de dimensionnement.
## L'erreur de surface qui gonfle le résultat de 15 %
Prendre la pente du toit au lieu de sa projection au sol : c'est l'erreur la plus fréquente du calcul.
Pourquoi la projection horizontale ? Parce que la pluviométrie, la quantité de pluie par mètre carré, se mesure au sol, par un pluviomètre posé au sol. Sur une toiture inclinée, la quantité d'eau interceptée ne dépend pas de la longueur du rampant mais de l'ombre que le toit projette au sol.
Imaginez une pente à 30 degrés : la couverture est supérieure d'environ 15 % à sa projection. Si on prend le rampant pour calculer la surface, on surestime d'autant le volume récupérable.
La bonne méthode, c'est de mesurer cette surface sur une vue aérienne, avec un outil de mesure. C'est d'ailleurs la méthode recommandée par une agence de l'eau.
## Une normale de station n'est pas la pluie de votre rue
Les limites des données pluviométriques, quand on s'en sert pour dimensionner une cuve.
D'abord, les normales sont publiées par station de mesure et non par commune. Il n'existe aucun jeu de données de pluviométrie par code INSEE. Il faut donc choisir la station représentative la plus proche et assumer l'écart. Cela interdit d'écrire « la pluviométrie de ma commune ».
Ensuite, toutes les stations ne disposent pas d'une normale sur la période complète. Une normale n'est publiée que pour une station disposant d'au moins 10 ans de données à la fin de l'année 2020. Pour les autres, il existe des normales ajustées sur des périodes plus courtes.
Enfin, une normale est une moyenne sur trente ans, pas une prévision. Pour un dimensionnement fin, la simulation sur historique journalier est plus juste que la moyenne annuelle. Une moyenne peut masquer l'alternance de périodes très humides et très sèches, et ainsi sous-estimer la variance réelle des précipitations.
Ces limites devraient inciter à une utilisation prudente des données pluviométriques dans le dimensionnement.
## Ce que le volume récupéré remplace, et ce qu'il ne remplace pas
Un volume récupérable, seul, reste un chiffre abstrait. Il faut le mettre en rapport avec la consommation réelle.
La consommation domestique moyenne mesurée en 2024 est de 143 litres par habitant et par jour, soit 52 m³ par an. Un foyer de 2,20 personnes consomme donc 114,4 m³ par an.
Si on prend les 51,4 m³ que l'on peut récupérer sur 100 m² de toiture à Paris, cela représente 44,9 % de cette consommation.
Ce n'est pas pour autant un taux de substitution atteignable. La cuve est déjà pleine en période pluvieuse, les pluies d'orage et les débordements de gouttières font toujours récupérer moins que la formule.
Mais ça remet les choses en perspective.
Cette comparaison ne dit rien des usages autorisés, qui sont une autre question. Elle dit seulement qu'un toit ordinaire intercepte, sur le papier, près de la moitié de l'eau qu'un foyer consomme.
## Le cadre a changé au 1er septembre 2024
Le régime réglementaire des eaux impropres à la consommation humaine a changé.
L'arrêté du 21 août 2008, qui encadrait ces usages, est abrogé au 1er septembre 2024 et remplacé par un décret et un arrêté datés du 12 juillet 2024.
Qu'est-ce que ça change concrètement pour une cuve d'eau de pluie ?
D'abord, la déclaration au préfet, souvent source d'inquiétude, ne concerne que deux situations :
- les systèmes utilisant des eaux grises ou des eaux de piscines collectives, quel que soit l'usage ;
- les systèmes utilisant des eaux brutes, dont l'eau de pluie, pour le lavage du linge.
Pour tous les autres usages des eaux brutes, le texte est explicite : ces systèmes « sont librement mis en œuvre ». Autrement dit, une cuve destinée aux WC, au lavage des sols, au lavage d'un véhicule ou à l'arrosage n'a pas à être déclarée.
Deux obligations restent à retenir. L'examen visuel de l'installation, une fois par an pour l'eau de pluie et une fois par mois pour les eaux grises. Et la durée de stockage : aucune durée maximale n'est fixée pour l'eau de pluie, alors qu'elle l'est pour les eaux grises.
## Ce que personne ne publie
Trois choses ne sont pas publiables sur ce sujet.
La répartition en pourcentage des usages domestiques de l'eau, la part des toilettes ou de la douche dans la consommation d'un foyer. Aucune source primaire française récente ne la publie. Les documents existants donnent une typologie qualitative d'usages, pas une répartition volumétrique.
Les coefficients de rendement de surface de la norme européenne. La norme n'est pas librement accessible, ce qui justifie d'utiliser à la place les coefficients de la brochure ministérielle française.
Le volume de stockage d'eau de pluie installé par commune ou par service, qu'aucun jeu de données public national ne recense.
On pourrait remplacer ces chiffres par des valeurs plausibles, tirées d'études étrangères ou de documents non officiels. Ce ne serait pas honnête. Si le chiffre n'est pas disponible dans une source primaire, il faut le dire, plutôt que le compléter avec une source secondaire non fiable.
La règle à garder en tête : un chiffre absent d'une source primaire ne se remplace pas par un chiffre plausible.
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# Six usages sur sept de l'eau de pluie ne demandent aucune démarche
URL : https://citilience.fr/guides/eau-de-pluie-eaux-grises-ce-qui-est-autorise/
Mise à jour : 19/09/2026
Le régime entré en vigueur en septembre 2024 distingue trois cas : libre, déclaré, expérimental. Le tableau complet des couples eau et usage, avec ses seuils.
Depuis le 1er septembre 2024, un nouveau régime encadre l'usage domestique des eaux non potables. Il a remplacé l'arrêté de 2008 sur la récupération des eaux de pluie, abrogé le même jour.
La plupart des articles parus sur le sujet ont retenu qu'il fallait désormais déclarer son installation.
C'est l'inverse qu'il faut retenir. Sur les sept usages permis à l'eau de pluie, un seul est soumis à déclaration. Les six autres sont, selon les termes du texte, « librement mis en œuvre ».
## Trois catégories d'eaux, et ce qu'elles recouvrent
Le texte distingue trois catégories d'eaux admises pour des usages domestiques.
Les eaux brutes, qui regroupent elles-mêmes trois types : eaux de pluie, eaux douces, eaux de puits et forages à usage domestique.
Les eaux grises, c'est-à-dire les eaux de douche et de lavabo.
Les eaux issues des piscines à usage collectif.
Les eaux-vannes, celles des toilettes, ne figurent pas parmi les eaux admises pour un usage courant. Elles relèvent du volet expérimental.
Cette classification n'est pas décorative : c'est elle qui détermine le régime applicable, les usages permis et les seuils de qualité.
## Le tableau des usages
Pour les eaux brutes, sept usages sont permis : lavage du linge, lavage des sols intérieurs, évacuation des excrétas, alimentation de fontaines décoratives non destinées à la consommation humaine, nettoyage des surfaces extérieures dont le lavage des véhicules au domicile, arrosage des jardins potagers, arrosage des espaces verts à l'échelle des bâtiments.
Pour les eaux grises et les eaux de piscines collectives, quatre usages seulement : évacuation des excrétas, fontaines décoratives, nettoyage des surfaces extérieures, arrosage des espaces verts du bâtiment.
Deux familles d'usages sont interdites à toutes ces eaux : les usages alimentaires et ceux liés à l'hygiène corporelle.
Sur ce point, une formulation du texte mérite attention. L'interdiction des eaux grises et des eaux-vannes pour ces usages est écrite « y compris traitées ».
Trois mots qui ferment définitivement la discussion : aucun dispositif de traitement, quelle que soit sa performance, ne permet de rendre une eau grise utilisable pour la boisson ou la douche.
## Libre, déclaré, expérimental
Le régime se lit en trois cas.
Premier cas, la mise en œuvre libre. Un système utilisant uniquement des eaux brutes, pour l'un des sept usages permis à l'exception du lavage du linge, est librement mis en œuvre. Une cuve de pluie alimentant les toilettes, l'arrosage, le lavage des sols ou celui de la voiture n'appelle donc aucune procédure au titre du code de la santé publique.
Deuxième cas, la déclaration au préfet avant première mise en service. Elle concerne le lavage du linge à l'eau brute, et tout système utilisant des eaux grises ou des eaux de piscines collectives.
Troisième cas, l'expérimentation, ouverte jusqu'au 31 décembre 2034 et couvrant cinq catégories d'eaux et d'usages : eaux grises pour le linge, les sols intérieurs et les potagers, eaux grises de cuisine, eaux de piscines collectives, eaux-vannes de toilettes, et eaux spéciales en établissement de santé. Chaque expérimentation individuelle est autorisée par arrêté préfectoral et ne peut excéder cinq ans.
Un point de vigilance sur ce troisième cas : l'expérimentation est prévue par le décret, et ses modalités de réalisation relèvent d'un arrêté interministériel distinct. Nous n'avons pas vérifié la publication de cet arrêté. Il serait donc imprudent d'affirmer que l'expérimentation est ouverte en pratique aujourd'hui.
## Deux niveaux de qualité, et le fait qu'ils s'appliquent rarement
Quand une exigence de qualité s'applique, elle prend deux niveaux : A+ et A.
Pour Escherichia coli, la limite est de zéro unité formant colonie pour 100 mL en A+, et d'au plus dix en A.
Les autres paramètres suivent la même logique de gradation. Entérocoques intestinaux : zéro en A+, aucune exigence en A. Legionella pneumophila : au plus dix unités par litre dans les deux cas. Turbidité : au plus 2 NFU en A+, 5 NFU en A. Carbone organique total : au plus 5 mg par litre en A+, 10 mg en A. Le pH doit rester entre 5,5 et 8,5 dans les deux niveaux.
Reste à savoir quand ces seuils s'appliquent.
Pour les eaux brutes, l'arrêté exclut explicitement six des sept usages du champ des critères de qualité : nettoyage des surfaces intérieures, fontaines décoratives hors établissements sensibles, évacuation des excrétas, arrosage des potagers, nettoyage des surfaces extérieures, arrosage des espaces verts.
Sept usages permis, un seul soumis à une exigence de qualité. Et pour celui-là, le lavage du linge, l'exigence porte sur une analyse à la mise en œuvre, pas sur une surveillance périodique.
## L'exception qui inverse le principe
Dans les établissements recevant un public sensible, la logique se retourne.
Le principe devient l'autorisation du préfet avant première mise en service, et non la déclaration.
Deux dérogations subsistent pour les eaux brutes. Les usages autres que le lavage du linge et l'alimentation de fontaines décoratives restent librement mis en œuvre. Ces deux usages précis, eux, basculent en déclaration.
Et une condition matérielle s'ajoute, souvent oubliée dans les résumés : les points de soutirage doivent être localisés dans des zones dont l'accès est réservé au personnel de l'établissement.
## Ce que personne ne publie
Le nombre d'installations déclarées est inconnu. Le régime de déclaration fonctionne depuis septembre 2024, mais nous n'avons identifié aucun jeu de données, aucun bilan ministériel, aucune statistique départementale ou nationale. Impossible donc de dire combien de foyers ou de bâtiments sont concernés en France.
Aucun bilan de l'expérimentation n'est disponible non plus, ce qui est cohérent avec son calendrier, mais empêche de savoir si des autorisations ont effectivement été délivrées.
Aucun chiffre d'économie d'eau potable par usage substitué n'est publié dans ces textes. C'est pourtant la question que tout le monde se pose avant d'investir dans une cuve.
Dernière difficulté, plus prosaïque : le seul document de synthèse officiel est un tableau en annexe de l'arrêté, dont les cases utilisent des pictogrammes dont la légende figure en dessous. Reproduit sans sa légende, ce tableau devient faux — et c'est ainsi qu'il circule le plus souvent.
Un mot enfin sur les installations antérieures. Les dérogations préfectorales accordées avant le 1er septembre 2024 restent valables jusqu'à leur expiration, et au plus tard jusqu'au 1er septembre 2029.
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# Cinq campagnes la première année, et huit contre un avec l'avis sanitaire
URL : https://citilience.fr/guides/eaux-grises-en-immeuble-le-cadre-sanitaire-reel/
Mise à jour : 19/09/2026
Temps de stockage plafonnés, analyses périodiques, maintenance par un professionnel. Ce qu'exige vraiment une boucle d'eaux grises en copropriété.
Une boucle d'eaux grises en copropriété est légale depuis septembre 2024. Elle n'est pas pour autant simple.
Le texte applicable impose des plafonds de stockage avec évacuation automatique, cinq campagnes d'analyse la première année, un entretien mensuel, et une maintenance réservée à un professionnel qualifié.
Et il s'écarte nettement des recommandations de l'agence sanitaire qui avait instruit le sujet neuf ans plus tôt. Cet écart mérite d'être posé sur la table, parce qu'il n'est publié par personne.
## Le stockage est plafonné, et le plafond est une contrainte technique
Douze heures avant traitement. Soixante-douze heures après traitement.
La rédaction de l'arrêté ne laisse pas de marge : « le temps de stockage avant traitement n'excède pas 12 heures et le temps de stockage après traitement n'excède pas 72 heures ».
Mais la phrase suivante change la nature de l'exigence. « En cas de dépassement de ces temps de stockage, les eaux concernées sont automatiquement évacuées du système vers le réseau de collecte des eaux usées, avant renouvellement de l'eau présente dans le système. »
Automatiquement. Ce n'est donc pas une consigne d'exploitation qu'on inscrit dans un carnet, c'est un dispositif à construire : temporisation, vanne d'évacuation, raccordement au réseau d'eaux usées.
Une boucle qui compte sur la vigilance du syndic pour vider une cuve oubliée n'est pas conforme.
## Le rythme des analyses, selon le type de bâtiment
Deux analyses par an pour une boucle collective en immeuble d'habitation : Escherichia coli, entérocoques intestinaux, carbone organique total, pH. Une seule par an pour la légionelle.
Le texte précise que la surveillance est à réaliser en période estivale, ou en début de saison pour un usage saisonnier.
Un point souvent mal lu : cette fréquence dépend du caractère collectif ou unifamilial de la boucle, pas du type d'immeuble. Un système à usage unifamilial descend à une analyse par an pour les mêmes paramètres. Une boucle privative dans un appartement n'a donc pas les mêmes obligations qu'une boucle desservant la copropriété.
En établissement recevant un public sensible, le rythme passe à six analyses par an, plus une turbidité mesurée en continu ou à une fréquence adaptée au bon fonctionnement du système, et au minimum six fois par an.
Six divisé par deux donne trois : le passage d'un immeuble d'habitation à un établissement sensible triple le nombre d'analyses annuelles par paramètre.
## Cinq campagnes la première année
Il faut ajouter à ce rythme de routine une surveillance renforcée au démarrage.
Après l'analyse de qualité initiale, le propriétaire « réalise un contrôle mensuel de la qualité des eaux au niveau du point de conformité pendant les 2 mois suivants ».
Le compte de la première année d'une boucle collective en habitation s'établit donc ainsi : une analyse de conformité initiale, deux contrôles mensuels, deux analyses de routine. Cinq campagnes, puis deux par an ensuite.
C'est un ordre de grandeur à connaître avant de voter des travaux en assemblée générale, même si aucun coût unitaire n'est publié par le texte.
Autre obligation peu anticipée : au-delà de deux mois d'arrêt, un contrôle de conformité complet est exigé avant toute remise en service. Une boucle mise en sommeil pendant une vacance ou des travaux ne redémarre pas librement.
## Qui a le droit de toucher à l'installation
L'entretien courant est exigé « a minima une fois par mois pour les systèmes utilisant des eaux grises et des eaux issues des piscines à usage collectif ».
La maintenance et la vidange des équipements de stockage sont annuelles au minimum.
Et pour une boucle collective, la maintenance doit être réalisée « par une personne qualifiée professionnellement dans le domaine de l'ingénierie des réseaux d'eaux et des installations sanitaires ».
L'exemption existe, mais elle est étroite : elle ne vaut que « lorsque le système d'eaux impropres à la consommation humaine est à usage unifamilial et qu'il est installé dans les parties privatives des bâtiments d'habitation collective et les maisons individuelles ».
Conséquence pratique en copropriété : une boucle collective impose un contrat avec un professionnel qualifié. Une boucle privative unifamiliale, non. La frontière juridique passe exactement là.
## Ce que le texte exige de la conception
Réservoirs non translucides, pour éviter le développement algal. Grilles anti-moustiques de maille inférieure ou égale à un millimètre. Disconnexion par surverse totale. Séparation des réseaux intérieurs.
Sur les seuils microbiologiques, le texte distingue deux classes. La classe A+ exige zéro unité formant colonie pour cent millilitres, en Escherichia coli comme en entérocoques. La classe A tolère jusqu'à dix unités formant colonie pour cent millilitres en Escherichia coli, et n'exige pas les entérocoques.
Enfin, une obligation financière rarement citée. Pour les bâtiments d'habitation collective, le propriétaire des réseaux intérieurs « informe également les usagers du prix du mètre cube de ces eaux mises à disposition et du montant à la charge des usagers liés au fonctionnement du système ». Ces informations sont mentionnées dans le règlement de copropriété et dans les contrats de location.
Le coût doit donc être porté au règlement de copropriété et au bail. Le texte crée l'obligation de transparence sans fournir la moindre référence de prix.
## L'écart avec l'avis sanitaire de 2015
L'agence sanitaire nationale avait instruit ce sujet en 2015. Elle avait évalué neuf usages domestiques et n'en avait retenu que trois satisfaisant ses critères pour les trois voies d'exposition : chasse d'eau des toilettes, lavage du linge avec rinçage à l'eau potable, lavage des surfaces extérieures sans nettoyeur à haute pression.
Un tiers des usages examinés.
Détail remarquable : elle écarte ensuite le lavage du linge, qu'elle vient pourtant de classer en risque faible. Le motif n'est pas microbiologique mais ergonomique : cet usage « implique la présence de deux robinets de soutirage d'eau, distribuant deux eaux de qualité différente dans une même pièce ce qui peut être source de confusion et engendrer un risque ».
Comparons maintenant ses recommandations au texte de 2024.
Sur le stockage avant traitement, l'avis recommandait de ne pas dépasser quatre-vingt-dix minutes afin d'éviter la fermentation. L'arrêté plafonne à douze heures. Douze heures font sept cent vingt minutes : le plafond réglementaire est huit fois plus long que la recommandation.
Sur le stockage après traitement, l'avis recommandait quarante-huit heures, l'arrêté en retient soixante-douze. Une fois et demie plus long.
Sur la microbiologie, l'avis recommandait la non-détection pour Escherichia coli et pour les entérocoques. La classe A de l'arrêté tolère dix unités formant colonie et n'exige pas les entérocoques.
Sur l'inspection, l'avis recommandait au moins deux fois par an, complétées par une auto-surveillance hebdomadaire de l'installation de traitement. L'arrêté demande un entretien mensuel et une maintenance annuelle.
Sur les points de puisage, enfin, l'avis était catégorique : tout point de puisage d'eaux grises traitées devait être interdit à l'intérieur du bâtiment. L'arrêté les admet, sous condition de signalétique et de verrouillage, et en établissement recevant du public dans un local fermé non accessible au public.
Une précision sur le statut de cette comparaison. L'avis de l'agence est une recommandation d'expertise, sans valeur normative. L'arrêté est le texte applicable. Le rapprochement des deux est notre calcul, à partir des deux documents : ni l'agence ni le ministère ne publient cette mise en regard.
Et l'agence, consultée en 2023 sur les projets de textes, ne les a pas approuvés sans réserve. Elle écrivait que « les usages d'EICH à l'intérieur des bâtiments d'habitation individuel ou collective sont particulièrement à risque et que leur mise en œuvre ne pourra pas faire l'objet de contrôles périodiques par les services de l'État », et recommandait que ces usages soient restreints.
## Ce que nous ne pouvons pas chiffrer
Aucun coût publié. Ni l'arrêté, ni les avis de l'agence sanitaire, ni le Haut Conseil de la santé publique ne donnent de coût d'investissement ou d'exploitation d'une boucle en immeuble. Toute valeur en euros par mètre cube ou par logement serait une invention.
Aucun retour d'expérience français chiffré. Le Haut Conseil mentionne des accidents à l'étranger, « notamment aux Pays-Bas, avec un impact sanitaire sur la population concernée », et des cas de gastroentérites liés à des usages d'eaux grises traitées dans l'habitat, mais sans en publier le nombre ni la date. Aucune statistique française d'incident n'existe.
Aucune performance de traitement imposée. Le texte exige des procédés « adaptés aux caractéristiques des eaux impropres à traiter et aux usages envisagés », sans fixer de filière, d'abattement minimal ni d'agrément. C'est une différence de méthode notable avec le régime des eaux usées traitées, qui impose lui des abattements chiffrés en logarithmes.
Aucun volume d'eaux grises produit par logement dans une source primaire française récente. La nature de ces eaux est décrite, leur part volumétrique dans la consommation domestique ne l'est pas. Le potentiel de substitution d'une boucle reste donc non chiffrable.
Enfin, les trois usages placés en régime d'expérimentation par le décret, dont le lavage du linge et l'arrosage des potagers, dépendent d'un arrêté spécifique que nous n'avons pas vérifié. Nous ne nous prononçons pas sur leur régime.
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# 106 jours de dépassement, et des mesures qui prennent effet le lendemain
URL : https://citilience.fr/guides/episode-de-pollution-qui-decide-quoi/
Mise à jour : 19/09/2026
Seuil d'information, seuil d'alerte, valeur limite : trois notions distinctes. Ce que le préfet déclenche à chaque palier, article par article.
Trois notions différentes circulent sous le même mot d'alerte. Seuil d'information et de recommandation, seuil d'alerte, valeur limite. Elles n'ont ni les mêmes valeurs, ni les mêmes effets juridiques, ni le même destinataire.
Ce guide reconstitue la mécanique réelle : à partir de quel chiffre, qui décide, et ce qui se passe concrètement.
## Les trois notions, dans l'ordre
Le seuil d'information et de recommandation déclenche une communication. Le préfet, en concertation avec l'agence régionale de santé, informe le public et diffuse des recommandations sanitaires. Aucune contrainte.
Le seuil d'alerte ouvre la possibilité de mesures contraignantes. Le texte est prudent dans sa formulation : le préfet « peut imposer la mise en œuvre des mesures figurant en annexe ». Une faculté, pas une obligation.
La valeur limite est d'une autre nature. C'est un plafond réglementaire annuel, opposable, sans aucun lien avec les procédures d'urgence.
Un exemple montre pourquoi la confusion est facile. Pour le dioxyde d'azote, le seuil d'information est de 200 microgrammes par mètre cube en moyenne horaire. La valeur limite horaire est également de 200 microgrammes par mètre cube, avec un maximum de dix-huit dépassements par année civile.
Même chiffre, deux régimes juridiques. L'un déclenche une procédure préfectorale, l'autre est un plafond contraignant à l'échelle de l'année.
## Les valeurs de déclenchement
Pour les particules PM10 : information à 50 microgrammes par mètre cube en moyenne journalière, alerte à 80.
Pour l'ozone : information à 180 microgrammes par mètre cube en moyenne horaire, alerte à 240, avec des mesures d'urgence progressives échelonnées à 240, 300 et 360.
Pour le dioxyde d'azote : information à 200 en moyenne horaire, alerte à 400 sur trois heures consécutives. Une seconde voie de déclenchement de l'alerte existe à 200 seulement, si la procédure d'information a été déclenchée la veille et le jour même et qu'un nouveau risque est prévu pour le lendemain. La persistance compte autant que l'intensité.
Pour le dioxyde de soufre : information à 300 en moyenne horaire, alerte à 500 sur trois heures consécutives.
Et voici le point que peu de gens connaissent. Aucun seuil d'information ni d'alerte n'existe pour les particules PM2,5. Ni pour le monoxyde de carbone, le benzène, le plomb ou les métaux lourds.
Les particules fines les plus pénétrantes dans l'appareil respiratoire ne déclenchent donc aucune procédure d'urgence en tant que telles. Elles sont surveillées, elles font l'objet de valeurs limites annuelles, mais elles ne figurent pas dans le dispositif de crise.
## Ce que l'année 2024 a produit
Le dépassement du seuil d'information pour les PM10 a été constaté 106 jours dans l'année : 46 en France métropolitaine, 60 dans les Antilles et en Guyane.
Cette répartition mérite un arrêt. Les territoires ultramarins concentrent 60 des 106 jours, soit 56,6 % du total national, alors qu'ils représentent une fraction bien moindre de la population. C'est l'effet des brumes de sable, phénomène naturel et récurrent.
En cumulé sur l'ensemble des stations de mesure, l'année totalise 530 dépassements, dont 206 en métropole.
L'ozone, lui, a été remarquablement discret : 14 dépassements seulement du seuil d'information, relevés lors de six journées.
L'épisode d'ampleur nationale de l'année est daté : les 29 et 30 mars, lié à des brumes de sable d'origine saharienne, avec de nombreux dépassements du seuil d'alerte dans trois régions du sud.
Le qualificatif d'ampleur nationale n'est pas rhétorique, il est défini : les territoires concernés doivent s'étendre « sur trois régions administratives ou plus » et l'épisode doit couvrir « une période de deux jours consécutifs ou plus ».
Une observation de l'éditeur mérite d'être citée : depuis 2014, la France n'a été touchée que par des épisodes d'ampleur nationale aux PM10 et à l'ozone. Les deux autres polluants du dispositif ne produisent plus d'épisodes de cette étendue.
## Comment un dépassement est caractérisé
Le texte ne se contente pas d'un chiffre mesuré. Il fixe des critères d'étendue.
Un dépassement est caractérisé dès lors qu'une surface d'au moins 100 kilomètres carrés dans une région est concernée, ou que 10 % de la population d'un département de plus de 500 000 habitants est touchée, ou que 50 000 habitants le sont dans un département de moins de 500 000 habitants.
Et un point technique aux conséquences pratiques importantes : « En cas de modélisation, le dépassement est considéré comme caractérisé sans attendre la confirmation par mesure de ce dépassement. »
Autrement dit, un épisode peut être déclenché sur prévision, avant qu'aucun capteur n'ait relevé quoi que ce soit. C'est un choix assumé de précaution.
En l'absence de modélisation, la caractérisation repose sur le constat en station de fond. Pour un épisode persistant aux PM10, le texte demande alors un dépassement constaté « sur station de fond durant deux jours consécutifs ».
## Qui décide, et dans quel ordre
La chaîne est à trois niveaux.
Le préfet de zone de défense et de sécurité établit un document-cadre relatif aux procédures et aux mesures de dimension interdépartementale.
Le représentant de l'État dans le département prend ensuite un arrêté déclinant ce document-cadre à l'échelle de son département.
Les informations sont saisies sans délai dans un outil national de suivi mis en place par le ministère chargé de l'environnement.
Au palier d'alerte, les mesures sont déclenchées après consultation d'un comité d'experts. Sa composition est précisée par le texte : services déconcentrés de l'État concernés, agence régionale de santé, présidents des intercommunalités à fiscalité propre et présidents des autorités organisatrices des transports.
Ce comité explique une partie des délais. Un épisode annoncé un mardi matin ne produit pas de restriction le mardi.
## Le décalage d'un jour
C'est probablement le point le plus mal compris du dispositif.
L'article 14 dispose que les mesures du palier d'alerte « prennent effet le lendemain ».
L'exception est limitée aux mesures ne nécessitant ni communication préalable ni préavis. Concrètement, une baisse de vitesse signalée par panneau à message variable peut s'appliquer le jour même. Une restriction de circulation, non.
Sur la restriction de vitesse elle-même, le texte est précis : « abaisser de 20 km/h les vitesses maximales autorisées sur les voiries localisées dans la zone concernée par l'épisode de pollution, sans toutefois descendre en dessous de 70 km/h ».
Vingt kilomètres par heure de moins, avec un plancher à soixante-dix.
## Ce qu'il est possible de suivre soi-même
Un jeu de données ouvert publie les épisodes de pollution prévus ou constatés, à l'échelle départementale, avec une mise à jour quotidienne à quatorze heures.
Il comporte deux couches : l'une couvrant la veille, le jour même et le lendemain, l'autre recensant les épisodes constatés depuis le 1er janvier 2021. La licence est ouverte et le producteur est la fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air.
C'est la source à utiliser pour reconstituer l'historique d'un département.
## Ce que personne ne publie
Le taux de fausses alertes national n'existe pas. L'arrêté impose pourtant à chaque département un bilan annuel, rendu public, mentionnant « le nombre de dépassements des seuils survenus au cours de l'année écoulée, le nombre d'entre eux qui ont été prévus ainsi que le nombre de dépassements qui ont été prévus et n'ont pas été confirmés a posteriori ». L'information est donc produite, département par département, mais aucun agrégat national n'a été identifié.
Les mesures effectivement prises par les préfets ne sont pas dans une base ouverte. Les données disponibles décrivent les épisodes, pas les arrêtés ni les restrictions appliquées.
L'outil national de suivi prévu par le texte est interne au ministère. Aucun accès public ni jeu de données ouvert n'a été identifié.
Les documents-cadres zonaux et les arrêtés préfectoraux sont publiés zone par zone et département par département, sans répertoire national centralisé.
Enfin, aucune évaluation quantifiée française du gain sanitaire attribuable aux mesures d'urgence n'a été trouvée. Les pourcentages de réduction de pollution attribués à la circulation différenciée qui circulent régulièrement ne sont rattachés à aucune source primaire nommée et datée. Nous ne les reprenons pas.
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# Deux chiffres incompatibles circulent, et aucune évolution n'est mesurable
URL : https://citilience.fr/guides/gaspillage-alimentaire-les-chiffres-officiels/
Mise à jour : 19/09/2026
Deux périmètres de mesure incompatibles circulent en France. Lequel est officiel aujourd'hui, ce qu'il couvre, et pourquoi il n'existe pas de trajectoire.
Si vous cherchez le chiffre du gaspillage alimentaire en France, vous allez en trouver deux.
Dix millions de tonnes, cent cinquante kilos par habitant. Et neuf virgule sept millions de tonnes, cent quarante-deux kilos par habitant.
Les deux sont exacts. Ils ne mesurent pas la même chose, et leur rapprochement est interdit par l'éditeur du second.
Ce guide explique lequel citer, ce qu'il couvre, et pourquoi la question « est-ce que ça baisse ? » n'a pas de réponse publiée.
## Le chiffre officiel actuel, et sa décomposition
Pour l'année 2023, le service statistique du ministère chargé de l'environnement mesure 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires en France, sur l'ensemble de la chaîne. Soit 142 kg par habitant.
Cette masse n'est pas du gaspillage. Elle contient les épluchures, les os, les coquilles, les fanes — tout ce qui n'était pas destiné à être mangé.
La fraction comestible, celle qui correspond à la notion de gaspillage, représente 3,8 millions de tonnes, soit 55 kg par habitant. L'éditeur l'établit à 40 % du total.
Le calcul se vérifie : 3,8 divisé par 9,7 donne 39 %, cohérent à l'arrondi près. Et 55 kg de comestible plus 87 kg de non comestible font bien 142 kg.
Retenir cette décomposition dispense de la principale erreur du sujet : présenter 142 kg comme du gaspillage, alors que la valeur comparable est 55 kg.
## L'alerte méthodologique, à lire avant toute citation
L'éditeur écrit lui-même, dans la publication :
« La mesure du gaspillage alimentaire, fondée sur la méthodologie fixée par l'UE et présentée ici, est différente de celle retenue par l'Agence de la transition écologique pour estimer les pertes et gaspillages alimentaires dans une étude de 2016. Ce périmètre beaucoup plus large conduirait, en 2023, à une estimation plus de deux fois supérieure au gaspillage alimentaire mesuré ici. »
Les différences de périmètre sont explicites. L'étude de 2016 intégrait les pertes à la récolte, les pertes non comestibles après récolte et les déchets valorisés en alimentation animale, sur la base d'extrapolations d'opérations témoins, d'entretiens et d'études nationales.
Le périmètre européen exclut quatre catégories : les produits agricoles non récoltés, les denrées évacuées avec les eaux usées, les denrées redistribuées sous forme de dons, et celles mises sur le marché pour l'alimentation animale.
Conséquence pratique : toute phrase du type « le gaspillage a baissé de 10 à 9,7 millions de tonnes » est fausse. Ce n'est pas une évolution, c'est un changement d'instrument de mesure.
## La seconde rupture, moins connue
Il existe une deuxième discontinuité, interne à l'éditeur actuel, et elle est plus embarrassante.
Le service statistique écrit que les changements méthodologiques intervenus dans certaines sources utilisées, dont l'enquête de l'Insee sur les déchets non dangereux, rendent ces données non comparables à celles des années précédentes, notamment l'estimation portant sur 2021.
Autrement dit : il n'existe pas de série française du gaspillage alimentaire. Pas de trajectoire. Aucune évolution mesurable.
C'est cette absence qui rend les objectifs légaux invérifiables, comme on va le voir.
## Où le gaspillage se situe réellement
La répartition par étape de la chaîne, pour 2023 :
Consommation à domicile 43 %, soit 61 kg par habitant. Transformation 24 %. Production primaire 13 %. Distribution 9 %. Le reste, environ 11 %, relève de la consommation hors domicile.
Le premier réflexe serait de conclure que les ménages sont le problème principal. Mais il faut regarder la composition, pas seulement le tonnage.
Sur les 4,2 millions de tonnes générées à domicile, 69 % sont non comestibles. Le gaspillage strictement dit y représente 1,3 million de tonnes, dont 0,8 de restes de repas et 0,5 de produits encore emballés.
Exprimé en kilos de gaspillage par habitant, l'ordre change : production primaire 14 kg, consommation à domicile 19 kg, transformation 9 kg, consommation hors domicile 8 kg, distribution 4 kg.
Les ménages restent premiers, mais l'écart avec la production primaire se resserre considérablement dès qu'on ne compte que le comestible.
## Le chiffre le plus contre-intuitif
Au stade de la production primaire, 1,3 million de tonnes est perdu. Cela représente 0,9 % des aliments récoltés.
Moins d'un pour cent.
Le détail par culture est plus instructif que le total : 9 % pour la pomme de terre, 3,2 % pour les légumes, 2 % pour les fruits. Les taux de perte varient d'un facteur important selon le produit, et le total agrégé les écrase.
## Des objectifs dont le point de départ n'est pas mesuré
Le cadre légal existe. La loi du 11 février 2016 établit la hiérarchie des actions : prévention d'abord, puis don ou transformation des invendus, puis valorisation en alimentation animale, puis compost agricole ou valorisation énergétique.
La loi du 10 février 2020 sur l'économie circulaire y ajoute, avec la loi de 2018 sur l'alimentation, un objectif de réduction de 50 % du gaspillage par rapport à 2015 : à l'horizon 2025 pour la distribution alimentaire et la restauration collective, 2030 pour la consommation, la production, la transformation et la restauration commerciale.
La directive européenne entrée en vigueur le 16 octobre 2025 fixe des objectifs contraignants à 2030, cette fois par rapport à la moyenne 2021-2023 : moins 10 % pour la transformation, moins 30 % par habitant pour la distribution, la restauration hors domicile et les ménages.
Deux jeux d'objectifs, deux années de référence, et le même problème dans les deux cas : ni 2015 ni la moyenne 2021-2023 n'ont été mesurés avec la méthodologie actuelle. L'éditeur déclare lui-même son estimation 2021 non comparable.
L'écart à l'objectif n'est donc pas calculable. Ce n'est pas un défaut de communication, c'est une propriété des données disponibles.
## Ce que personne ne publie
Aucune maille territoriale. Ni commune, ni intercommunalité, ni département, ni région. Les estimations sont produites pour Eurostat, à l'échelle nationale.
Ce qui signifie qu'un « gaspillage alimentaire de ma ville » ne peut être qu'un calcul du lecteur, appliquant 142 ou 55 kg par habitant à une population. C'est légitime à condition de l'annoncer comme une extrapolation d'un ratio national, jamais comme une mesure locale.
Les chiffres ménages ne sont pas une mesure directe. Ils reposent sur des enquêtes de l'Agence de la transition écologique, retraitées par le service statistique. La donnée est chaînée, avec ce que cela implique d'incertitude cumulée.
Sur les comparaisons européennes, l'éditeur prévient que les écarts peuvent en partie provenir de différences dans les systèmes d'information des États membres. L'écart entre 65 kg en Espagne et 286 kg à Chypre représente un facteur de 4,4 : trop grand pour être crédible comme écart de comportement alimentaire, assez grand pour suspecter des écarts de méthode.
Enfin, sur les biodéchets. Nous n'avons trouvé aucun chiffre de collecte séparée des biodéchets à la maille territoriale dans les sources consultées. Le seul chiffre de traitement domestique publié est la part compostée à la maison par les ménages : 13,4 % de leurs déchets alimentaires, soit 0,6 million de tonnes. Pour tout le reste du sujet biodéchets, cette donnée n'est pas disponible.
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# Le bénéfice environnemental n'est pas démontré, et l'agence le dit
URL : https://citilience.fr/guides/imprimer-une-piece-en-3d-pour-reparer/
Mise à jour : 19/09/2026
Coûts réels, structure du prix, et une conclusion environnementale que l'agence publique n'a pas pu démontrer, faute de données de cycle de vie.
L'agence publique de la transition écologique a instruit deux fois la même question, à sept ans d'intervalle. Une première étude en 2017, une seconde en 2024.
Les deux fois, elle a conclu qu'elle ne pouvait pas trancher.
Voici la phrase exacte de 2024 : « Comme en 2017, les résultats obtenus révèlent que les avantages environnementaux de l'impression 3D ne sont pas flagrants et restent ainsi à démontrer. D'après l'analyse réalisée ici, les impacts environnementaux de l'impression 3D semblent être supérieurs à ceux d'un procédé de fabrication traditionnelle, et ce sur quasi l'ensemble des indicateurs étudiés. »
C'est le contraire de ce qu'on entend généralement sur le sujet. Ce guide explique pourquoi, et ce que l'étude apporte de solide par ailleurs.
## Pourquoi la question n'a pas de réponse chiffrée
L'obstacle est explicite dans le rapport : « Compte-tenu du large périmètre de l'étude et de l'absence de données d'analyse de cycle de vie disponibles, une analyse multicritère simplifiée est menée pour analyser, de façon essentiellement qualitative, les bénéfices environnementaux potentiels de la réparation par impression 3D et de la réparation traditionnelle. »
Trois indicateurs seulement ont été retenus : consommation de matière, consommation d'énergie, production de déchets.
Et la partie qualitative repose sur deux entretiens d'acteurs.
Les tableaux comparatifs de l'étude n'utilisent donc pas des valeurs, mais des signes. Un « plus » signifie que le scénario d'impression 3D a un impact supérieur. Un « égal », un « moins ».
Conséquence directe pour qui veut citer cette étude : aucune conversion de ces signes en pourcentage n'est légitime. Il n'y a pas de nombre derrière.
## Les deux réserves que l'agence publie elle-même
L'étude ne se contente pas de sa conclusion, elle la nuance sur deux points qu'il serait malhonnête d'omettre.
Le premier concerne le moule. L'agence écrit que « la prise en compte de la fabrication d'un moule, dans le cas de l'injection, qui concentre l'essentiel des impacts d'une fabrication traditionnelle, altérerait fortement les impacts environnementaux d'une fabrication de pièce détachée en moulage par injection ».
Autrement dit, la comparaison dépend du nombre de pièces produites. Un moule amorti sur des centaines de milliers d'unités et un moule fabriqué pour quelques pièces de rechange ne pèsent pas pareil. Ce paramètre n'est pas dans le modèle.
Le second concerne la localisation. L'étude publie cette exception : « dans les cas où la fabrication traditionnelle de la pièce de rechange aurait lieu hors de France, et en particulier dans une zone géographique avec un mix énergétique carboné, alors l'impression 3D pourrait bénéficier d'avantages sur d'autres indicateurs ».
C'est précisément le cas de figure d'une pièce de rechange pour un appareil grand public. L'arbitrage réel est donc moins tranché que la conclusion générale, et l'étude le reconnaît.
## Ce que l'étude établit solidement : la structure du coût
Sur le volet économique, les données sont plus utilisables.
Une imprimante à dépôt de matière coûte de 299 à 1 200 euros. Un facteur 4 entre les deux bornes, l'agence notant que la technologie « s'est beaucoup démocratisée réduisant ainsi considérablement son coût ».
La matière : 20 euros le kilo de plastique d'origine végétale.
Le temps de machine facturé par un prestataire : de 3 à 10 euros l'heure selon la machine.
Mais le chiffre qui change la façon d'aborder le sujet est ailleurs : « Généralement, entre 60 et 70 % du prix de la pièce est axé sur la conception étant plus fastidieuse et longue que l'impression en elle-même. »
Autrement dit, l'impression représente 30 à 40 % du prix. Le reste est du travail de modélisation.
Cela réoriente complètement la question pratique. Avant de chercher où imprimer, il faut chercher si le fichier existe. Si oui, le projet coûte un tiers de ce qu'il coûterait sinon. Si non, il faut budgéter du temps de conception, qui ne se réduit pas avec l'accès à une meilleure machine.
## Le piège du tarif horaire
Les 3 à 10 euros par heure sont un tarif commercial. Ils correspondent à ce que facture un prestataire professionnel d'impression, pas à un coût de revient, et surtout pas à un tarif d'accès à une machine dans un atelier partagé.
Nous insistons parce que la confusion est facile et qu'elle produit des estimations fausses dans les deux sens. Aucune source publique française ne publie de coût horaire machine en atelier partagé.
## Les prestataires vivent de la réparation, mais l'échantillon est minuscule
Un constat intéressant de l'étude, à manier avec précaution.
Pour les petites structures interrogées, « leur principale activité est la modélisation et/ou impression 3D de pièces détachées destinées à la réparation et constitue environ 50 % de leurs revenus totaux ». Et « certains acteurs interrogés lors d'entretiens nous ont fait part qu'environ 9 clients sur 10 les sollicitent pour de la réparation ».
Ces deux valeurs viennent d'entretiens, sans échantillon défini, sans redressement. Ce sont des témoignages recueillis par une agence publique, pas une statistique de secteur. Nous les citons comme tels.
Ce qu'ils suggèrent quand même : la demande de réparation est le débouché réel de ces acteurs, bien avant le prototypage ou la création.
## L'obligation légale qui n'est pas opérante
L'article 19 de la loi de février 2020 a inséré dans le code de la consommation une disposition prometteuse, que le rapport reproduit intégralement.
Le fabricant doit, pour certaines catégories de biens définies par décret, lorsqu'une pièce indispensable n'est plus disponible sur le marché et peut être fabriquée par impression 3D, fournir aux vendeurs professionnels ou aux réparateurs, agréés ou non, qui le demandent, le plan de fabrication de la pièce ou, à défaut, les informations techniques utiles à son élaboration.
Deux conditions encadrent cette obligation. Elle ne s'applique qu'aux catégories de biens définies par décret. Et elle vaut « sous réserve du respect des droits de propriété intellectuelle et en particulier sous réserve du consentement du détenteur de la propriété intellectuelle ».
Nous n'avons pas identifié de décret publié listant ces catégories. Et le rapport de 2024 en parle encore au futur, en écrivant que l'article de loi « demandera aux fabricants de partager » ces éléments.
En l'état de nos vérifications, cette obligation n'est donc pas opérante. Il faut aussi noter que le texte ne mentionne pas les particuliers : il ouvre un droit aux vendeurs professionnels et aux réparateurs, pas à l'utilisateur.
## Ce que personne ne publie
Aucune analyse de cycle de vie. C'est le constat central, répété de 2017 à 2024, l'agence écrivant qu'elle s'est « une nouvelle fois heurtée à l'absence de données quantitatives robustes pour un périmètre aussi large ». Toute comparaison chiffrée entre impression 3D et moulage par injection est donc sans fondement disponible.
Aucune consommation électrique. Le rapport liste six paramètres influents, matériau, technologie, taux de rebuts, nombre de prototypes, réglages, environnement de production, sans publier une seule valeur en kilowattheures.
Aucun recensement du parc machines. L'agence en fait explicitement une action à créer, ce qui établit qu'il n'existe pas. Il n'y a donc aucune base publique du nombre d'imprimantes 3D accessibles en France.
Un mot sur la source elle-même, parce que sa datation est confuse. La page de la librairie affiche une édition d'avril 2024 et une mise en ligne au 24 avril 2024. La fiche technique du fichier indique une mise en ligne au 15 avril 2025. Et la citation officielle du rapport, telle que l'agence la prescrit, porte l'année 2023. Nous citons l'étude comme datant d'avril 2024 en signalant cet écart.
Enfin, un élément de contexte qui n'est pas un argument scientifique mais qui mérite d'être connu. Un syndicat professionnel du numérique a contesté devant la Commission européenne la portée justificative de cette étude pour fonder de nouvelles obligations. Nous n'avons pas vérifié la source primaire de ce dossier, et nous ne l'utilisons donc ni pour ni contre les conclusions de l'agence.
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# Deux notes sur dix, et aucune ne mesure la même chose
URL : https://citilience.fr/guides/indice-reparabilite-indice-durabilite/
Mise à jour : 19/09/2026
Deux notes sur 10, cinq catégories d'un côté, deux de l'autre, et trois dates officielles contradictoires pour la même bascule. Ce que les chiffres disent vraiment.
Vous êtes devant une étagère en magasin, vous voulez faire un choix éclairé, et vous tombez sur ça.
Deux notes sur dix.
Elles se ressemblent. Elles ont les mêmes couleurs. Et pourtant elles ne mesurent pas la même chose. Et selon le produit, ce n'est pas la même qui s'applique.
Trois choses à savoir pour comprendre cet affichage :
- cinq catégories de produits portent encore la note de réparabilité : ordinateurs portables, tondeuses à gazon, lave-vaisselle, aspirateurs et nettoyeurs haute pression ;
- deux catégories sont passées à la note de durabilité : les téléviseurs et les lave-linge ménagers ;
- un produit ne porte jamais les deux notes à la fois.
La bascule est progressive, catégorie par catégorie. D'où cette situation transitoire, et très confuse.
Donc la confusion n'est pas la vôtre. C'est celle d'un dispositif qui a changé de note au milieu de son déploiement.
## Ce que la note additionne, et ce qu'elle ignore
Beaucoup de gens voient ces deux notes. Peu savent ce qu'elles contiennent réellement.
La note de réparabilité est construite sur cinq critères :
- la documentation technique ;
- la démontabilité, qui couvre l'accès aux pièces, les outils nécessaires et le type de fixations ;
- la disponibilité des pièces détachées ;
- le prix des pièces détachées ;
- un critère spécifique à la catégorie de produit.
Chaque critère reçoit une note, les cinq notes sont additionnées, puis le total est divisé par dix pour donner la note affichée.
La note de durabilité, elle, est composée de deux familles :
- la réparabilité, donc l'équivalent de la note précédente ;
- la fiabilité, qui intègre la résistance aux contraintes et à l'usure, la facilité de maintenance et d'entretien, ainsi que l'existence d'une garantie commerciale.
Cette différence de contenu a une conséquence directe. Un produit facile à réparer mais fragile obtient une bonne note de réparabilité, et une note de durabilité plus basse. À l'inverse, un produit robuste mais difficile à réparer s'en sort mieux sur la durabilité que sur la réparabilité.
Les deux notes ne sont donc pas deux versions de la même mesure. Elles ne répondent pas à la même question.
## Trois dates officielles pour un même changement
Trois sources publiques donnent trois dates différentes pour la même bascule.
Il s'agit du passage de la note de réparabilité à la note de durabilité, pour les téléviseurs et les lave-linge. Les trois documents coexistent, et aucun ne renvoie aux autres.
- Le ministère indique le 8 janvier 2025 pour les téléviseurs et le 8 avril 2025 pour les lave-linge.
- Une fiche destinée aux professionnels indique le 7 janvier et le 7 avril.
- La documentation du schéma de données indique le 5 janvier et le 5 avril.
Trois dates, un seul changement.
Concrètement, ça veut dire deux choses.
On ne peut pas publier une date de bascule sans signaler l'écart, sous peine d'affirmer avec assurance quelque chose que deux autres sources publiques contredisent.
Et un fabricant ou un distributeur qui voudrait savoir à partir de quand il était en infraction n'a pas de réponse univoque.
Rien n'indique une intention. C'est une anomalie documentaire, et elle est restée en place.
Mais elle illustre un point de méthode : une date lue sur un site officiel n'est pas une date vérifiée. Elle le devient quand on a regardé si les autres sources disent la même chose.
## Le détail du calcul est un droit, et il a un délai
Connaissez-vous le droit d'obtenir le détail du calcul de ces notes ?
Le détail des éléments pris en compte dans la notation doit être communiqué par voie électronique à toute personne qui en fait la demande.
Ce que prévoit le texte :
- communication par voie électronique ;
- délai de 5 jours ouvrés pour la note de durabilité, 15 jours pour la note de réparabilité ;
- obligation valable au moins 2 ans après la mise sur le marché de la dernière unité du modèle.
À quoi ça sert concrètement ?
Imaginons deux appareils affichant la même note. On pourrait croire qu'ils sont équivalents. Mais la note est une somme : sans le détail, on ne sait pas si elle est portée par une bonne disponibilité des pièces, ou par leur prix faible, ce qui n'a rien à voir.
Un appareil dont la note repose sur des pièces peu chères mais difficiles à obtenir, et un appareil dont la note repose sur des pièces disponibles longtemps, ne coûteront pas la même chose à réparer dans cinq ans.
C'est le seul moyen de faire la différence entre les deux. Et il tient en une demande par courriel.
## Une note ne veut rien dire sans sa distribution
7,5. Bonne note ou mauvaise note ?
Ça dépend de la catégorie. J'ai fait le calcul sur les fichiers publiés par les fabricants. Ce ne sont pas des chiffres publiés tels quels, mais un calcul sur des données publiques.
Pour les téléviseurs, sur 1 240 modèles déclarés, la note va de 2,3 à 9,1, avec une moyenne de 6,99 et une médiane de 7,2.
Pour les lave-linge, sur 1 566 modèles déclarés, elle va de 4,83 à 9,38, avec une moyenne de 8,23 et une médiane de 8,4.
L'écart entre les deux moyennes est de 1,24 point.
Donc 7,5 est au-dessus du lot pour un téléviseur, et en dessous pour un lave-linge. La même note, deux verdicts opposés.
Comparer la note d'un téléviseur à celle d'un lave-linge n'a aucun sens. Et juger une note isolée, sans savoir comment se répartit sa catégorie, n'en a pas davantage.
## Deux produits, deux raisons d'avoir une bonne note
Une note globale ne dit pas d'où elle vient. Les fichiers publiés, eux, la décomposent.
Pour les lave-linge, la note de réparabilité moyenne atteint 8,86 quand la fiabilité plafonne à 7,61. La bonne note globale de la catégorie est donc portée par la réparabilité : ces machines sont plutôt faciles à réparer, un peu moins fiables.
Pour les téléviseurs, c'est l'inverse : 6,82 de réparabilité pour 7,15 de fiabilité.
Pourquoi ça compte ? Prenons deux produits affichant la même note globale. L'un tient sa note d'une excellente réparabilité et d'une fiabilité moyenne. L'autre d'une bonne fiabilité et d'une réparabilité médiocre.
Le premier tombera en panne plus souvent, mais se réparera. Le second durera plus longtemps, mais sera difficile à remettre en état le jour où il lâchera.
Sur dix ans, ces deux profils ne coûtent pas la même chose. La note affichée ne permet pas de les distinguer : c'est le tableau de détail qui le permet.
Précision utile : cette décomposition est un calcul sur les fichiers déclarés, pas une statistique publiée.
## Des modèles déclarés, pas un marché
Peut-on déduire de ces données la note moyenne des appareils réellement achetés en France ?
Non.
Les fichiers consolidés recensent les modèles pour lesquels les fabricants ont déposé leurs données de calcul, au titre d'une obligation réglementaire. Ils ne contiennent aucune information de volume de ventes.
Aucune pondération n'est donc possible. Une moyenne calculée sur ces fichiers décrit un catalogue de modèles référencés, pas un marché.
Un modèle vendu à trois exemplaires y pèse autant qu'un modèle vendu à trois cent mille.
Et pour la note de réparabilité ? Le répertoire équivalent repose sur une déclaration volontaire. Il n'existe donc pas de base consolidée exploitable pour les cinq catégories restées sous cette note.
Autrement dit : les chiffres de la section précédente sont solides sur ce qu'ils mesurent, et muets sur ce que les Français achètent.
## Ce que personne ne publie
Trois manques, sur un dispositif par ailleurs bien documenté.
Le poids exact de chaque sous-critère dans la note n'est pas publié en page web. Il figure dans les grilles de calcul par catégorie, diffusées en archives téléchargeables. Toute affirmation du type « la disponibilité des pièces pèse tel pourcentage de la note » est donc non vérifiable en l'état.
Les résultats des contrôles de l'affichage ne sont pas publiés : ni le nombre de contrôles, ni le taux de non-conformité, ni les montants d'amendes. Impossible de savoir si la note affichée en rayon correspond à la note déclarée.
L'effet de la note sur les comportements d'achat n'est décrit qu'au conditionnel par l'administration elle-même, sans aucun chiffre. Cette phrase ne se transforme pas en effet mesuré.
Sur ces trois points, l'absence de donnée ne prouve rien. Elle n'indique ni que le dispositif fonctionne, ni qu'il échoue. Elle indique qu'on ne sait pas.
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# 34 points d'écart entre les services, et un indicateur qui disparaît
URL : https://citilience.fr/guides/le-rendement-du-reseau-qui-vous-alimente/
Mise à jour : 19/09/2026
La moyenne nationale ne dit rien de votre service. Comment aller chercher ses indicateurs, et pourquoi l'un d'eux va cesser d'être publié.
Le rendement moyen du réseau d'eau potable français est de 79,2 % pour l'exercice 2024. Ce chiffre circule partout. Il ne sert à rien.
Non parce qu'il est faux, mais parce qu'il décrit un service qui n'existe pas. Le dixième des usagers le moins bien servi relève d'un réseau à moins de 58 %. Le dixième le mieux servi dépasse 92 %. Trente-quatre points d'écart.
Votre réseau est quelque part dans cet intervalle, et l'information est publique. Voici comment aller la chercher, et quoi en faire.
## Ce que dit la moyenne, et ce qu'elle cache
L'observatoire national publie pour 2024 un rendement moyen de 79,2 %, contre 81,2 % l'année précédente. Deux points perdus en un an, la plus forte baisse annuelle de la série ouverte en 2009.
La formulation de l'éditeur est parlante : « pour 5 litres mis en distribution, 1 litre d'eau revient au milieu naturel sans passer par le consommateur ».
Mais les statistiques de dispersion, publiées dans le même rapport, sont plus utiles que cette moyenne. Médiane à 83,6 %, écart-type de 10,9 points, premier décile à 57,9 %, neuvième décile à 91,6 %. Sur 7 963 services observés, couvrant 61,5 millions d'habitants.
L'écart interdécile de 33,7 points est le vrai enseignement. La moyenne nationale ne dit rien du service qui alimente une adresse donnée.
## L'indicateur qu'il faut relever à la place
Comparer deux communes par leur rendement est trompeur, et pour une raison mécanique.
Le rendement dépend de la densité d'abonnés au kilomètre de canalisation. Un réseau rural qui parcourt de longues distances pour desservir peu d'abonnés affichera un rendement plus faible qu'un réseau urbain dense, à étanchéité strictement égale.
L'indice linéaire de pertes corrige ce biais : il rapporte les pertes par fuites à la longueur des canalisations, en mètres cubes par kilomètre et par jour.
Sa valeur nationale 2024 est de 3,0 pour une médiane de 1,7, sur 7 549 observations. Le rapport de 1,76 entre les deux révèle une distribution fortement asymétrique : la moyenne est tirée vers le haut par une minorité de services très fuyards. Premier décile à 0,7, neuvième décile à 6,9.
Un indicateur voisin existe, l'indice linéaire des volumes non comptés, à 3,4 pour 2024. Il intègre en plus les volumes qui ne font pas l'objet d'une comptabilisation, et lui est donc toujours supérieur. Ne pas confondre les deux.
## Le seuil réglementaire est plus bas qu'on ne croit
Dix-neuf pour cent des services d'eau potable ne respectent pas le rendement seuil fixé par décret, soit 7 % de la population couverte, sur 7 142 observations.
Ce taux stagne. L'éditeur le note : au moins 20 % des services étaient non conformes en 2013, et la baisse depuis la promulgation du décret n'est pas significative, malgré les aides financières attribuées pour la lutte contre les fuites.
Mais il faut regarder comment ce seuil se calcule, parce que c'est là que l'affaire devient contre-intuitive.
Le seuil de base vaut 65 plus 0,2 fois l'indice linéaire de pertes. Pour un service dont l'indice est de 3,0, cela donne 65 + 0,2 × 3,0 = 65,6 %.
Le seuil majoré, réservé aux services prélevant plus de 2 000 000 de mètres cubes en zone de répartition des eaux, vaut 70 plus 0,2 fois cet indice, soit 70,6 % dans le même cas.
Conclusion à retenir : le seuil réglementaire est très inférieur à la moyenne nationale de 79,2 %. Un service peut être parfaitement conforme tout en étant médiocre. Être conforme ne signifie pas être performant.
## Une information qui va cesser d'exister
C'est le point le plus important de ce guide, et il est facile à manquer dans le rapport.
L'éditeur écrit que la disposition « a été abrogée par la réforme des redevances » et que cet indicateur de suivi « ne sera donc plus suivi à partir de l'exercice 2025, mais il reste intéressant à calculer pour les données 2023 et 2024 à minima ».
Autrement dit : apprendre à vérifier la conformité de son service au rendement seuil est utile aujourd'hui, et le sera moins demain. Les exercices 2023 et 2024 sont les derniers pour lesquels cette information est produite.
La réforme s'appuie sur l'article D. 213-74-1 du code de l'environnement, et prévoit d'autres incitations. Nous ne portons pas de jugement sur ce choix. Nous signalons qu'un indicateur de conformité disparaît du domaine public, et que consigner la valeur de son propre service maintenant a une valeur d'archive.
## Le renouvellement, et ses trois chiffres
Le taux de renouvellement des réseaux est évalué à 0,61 % par an, soit en moyenne 6,1 kilomètres renouvelés chaque année pour 1 000 kilomètres, sur les cinq dernières années. L'éditeur en tire une fréquence théorique de renouvellement d'environ 165 ans.
Trois précautions, toutes formulées par l'éditeur lui-même.
D'abord, la méthode de calcul a changé pour cet exercice : les valeurs renseignées à zéro sont désormais prises en compte. L'éditeur écrit qu'il faudra donc « prendre des précautions en comparant les valeurs à partir de 2024 à celles des années antérieures ».
Ensuite, l'indicateur ne mesure pas un état : « Un très bon taux de renouvellement n'est pas la garantie d'un réseau en bon état, de la même façon qu'un très mauvais taux ne signifie pas que le réseau soit très ancien ». Il traduit une dynamique.
Enfin, nous avons relevé trois valeurs divergentes pour cette même grandeur : 0,61 % dans le texte et la synthèse du rapport, 0,66 % dans le tableau du même paragraphe, 0,67 % sur la fiche indicateur en ligne. Aucune source n'explique l'écart. Nous retenons 0,61 %, qui est la valeur du texte et de la synthèse, et nous signalons les autres.
Une divergence du même ordre existe sur la médiane et l'écart-type du rendement : 83,6 et 10,9 dans le corps du rapport, 83,4 et 14,2 dans le tableau annexe.
## Pourquoi un rendement bas ne prouve pas des fuites
Le rendement est le rapport entre le volume consommé par les usagers et le service public, et le volume introduit dans le réseau de distribution.
Or l'éditeur avertit que le numérateur est fragile : le calcul « prend en compte les volumes consommés comptabilisés non domestiques qui sont peu renseignés par les collectivités depuis la création de l'Observatoire » ainsi que « les volumes consommés sans comptage ».
Un rendement bas peut donc traduire un défaut de comptage autant qu'un défaut d'étanchéité. C'est une nuance essentielle avant d'accuser un service.
Deux autres précautions de périmètre.
Le calcul national ne retient que les services assurant au moins la distribution. Les services de production et de transfert, dont le rendement moyen atteint 96,9 % en 2024 sur 173 observations, en sont exclus. C'est pourquoi la fiche indicateur en ligne affiche 83,5 % là où le rapport publie 79,2 % : les périmètres ne sont pas les mêmes. Pour parler du réseau de distribution, la valeur à citer est 79,2 %.
Et l'éditeur prévient contre un objectif mal posé : « un rendement à 100 % est irréaliste et ne doit ainsi pas être un objectif en soi ».
## La méthode, en pratique
Le moteur de recherche de l'observatoire donne la fiche d'un service à partir d'une commune. C'est le point de départ.
Les jeux de données annuels complets, par service et par exercice, sont disponibles sur l'espace professionnel du même observatoire. Ils couvrent les données annuelles des services de 2008 à 2026, la composition communale des services de 2008 à 2025, et les tarifs de 2008 à 2026. L'éditeur précise qu'elles sont « automatiquement remises à jour de façon hebdomadaire ».
Une remarque technique : cette page construit ses liens de téléchargement côté navigateur. Nous ne pouvons donc pas publier de lien direct vers un fichier, seulement vers la page. C'est une limite de notre vérification, pas de la source.
Enfin, le rapport annuel sur le prix et la qualité du service, obligatoire pour la collectivité organisatrice au titre du code général des collectivités territoriales, contient les mêmes indicateurs. Ces rapports ne sont pas centralisés nationalement en texte intégral.
## Ce que les données ne disent pas
L'âge et le matériau des canalisations ne sont pas publiés. Aucun indicateur ne donne l'âge moyen ni la répartition par matériau du réseau d'un service. Toute affirmation sur la vétusté du réseau d'une commune donnée serait non sourcée.
Les échantillons ne sont pas comparables entre eux, ce qui interdit de croiser les indicateurs : 7 963 observations pour le rendement, 7 549 pour l'indice de pertes, 7 142 pour la conformité, mais 3 640 seulement pour le renouvellement. Le taux de renouvellement national repose sur moins de la moitié des observations du rendement.
Un dernier point, signalé par honnêteté. Le rapport publie une estimation des pertes en volume absolu qui comporte une incohérence d'unité manifeste : le chiffre annoncé est incompatible, d'un facteur voisin de mille, avec l'équivalence en nombre d'habitants donnée dans la même phrase. Nous ne le publions pas.
Aucun recensement public des volumes de stockage en service par territoire n'existe non plus, ce qui empêche de relier la performance d'un réseau à la sécurité d'approvisionnement qu'il procure.
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# Deux crises documentées, aucun débit publié, une dépendance constatée
URL : https://citilience.fr/guides/liaison-satellite-de-secours-ce-qui-est-documente/
Mise à jour : 19/09/2026
Le satellite a servi lors de deux crises françaises. Ce que les sources publiques établissent, et la dépendance qu'elles constatent.
Le satellite est l'option de secours la plus citée quand on parle de continuité des communications. C'est aussi celle sur laquelle les sources publiques françaises publient le moins de chiffres.
Deux crises documentées, une contrainte d'encombrement, une dépendance constatée : voilà ce qui existe. Aucun débit, aucune latence, aucun prix, aucune autonomie.
Ce guide s'en tient à cette matière, et signale les endroits où les chiffres qui circulent ne viennent d'aucune source publique.
## Deux crises, deux enseignements opposés
Lors de la tempête Alex, en octobre 2020 dans les Alpes-Maritimes, le retour d'expérience des autorités est explicite. Les solutions satellitaires, téléphones et kits d'accès à Internet mis à disposition par un opérateur télécom et par le gestionnaire du réseau électrique, ont été « essentielles pour permettre à des services de secours ou des collectivités parmi les plus sinistrées de pouvoir communiquer ».
C'est un usage réel, en crise réelle, rapporté par le régulateur des communications électroniques à partir du retour d'expérience du service interministériel départemental de protection civile.
Après le cyclone Chido à Mayotte, en décembre 2024, l'organisme parlementaire chargé du numérique tire une conclusion d'une autre nature : « Dans le domaine satellitaire, le cyclone Chido à Mayotte a démontré notre dépendance aux solutions proposées par les satellites en orbite basse de Starlink. »
Les deux constats sont compatibles. Le satellite fonctionne. Et en France, ce qui fonctionne relève aujourd'hui d'un opérateur privé non européen.
Une précaution de lecture : ce second constat n'est accompagné d'aucune volumétrie. Ni nombre de terminaux déployés, ni part du trafic de crise acheminée, ni durée d'usage. C'est une appréciation politique documentée, pas une mesure.
## L'argument d'indépendance électrique, et sa limite exacte
Le livre blanc du gestionnaire du réseau de distribution électrique écrit que « les relais satellite ne sont pas dépendants des incidents sur le réseau électrique ».
Cette phrase est vraie et elle est souvent mal citée.
Elle porte sur le relais spatial. Le satellite en orbite ne subit pas la panne électrique du quartier, évidemment.
Elle ne dit rien du terminal au sol. Une antenne satellite consomme, et si elle est branchée sur le secteur du bâtiment, elle s'éteint avec lui.
Aucune source primaire française ne publie la consommation d'un terminal satellitaire grand public, ni la durée pendant laquelle une batterie donnée le tiendrait. C'est pourtant la question décisive pour un usage de secours.
Nous ne pouvons donc pas répondre à la question la plus pratique du sujet, et nous préférons le dire que de reprendre une valeur de constructeur sans mesure indépendante.
## La contrainte physique, chiffrée une seule fois
Le même livre blanc donne la seule dimension chiffrée disponible, et c'est pour rejeter la solution.
Le passage mérite d'être cité intégralement : « le facteur de forme actuel des antennes paraboliques ou planes (technologie "phased array"), même s'il a fortement diminué (ex : 30x26cm pour la petite dernière Starlink Mini), reste rédhibitoire pour une installation sur un poste basse tension (encombrement, horizon dégagé, protection face aux intempéries et au vandalisme). »
Trente centimètres par vingt-six. C'est une donnée constructeur, citée dans un document d'industriels, pas une mesure indépendante.
Mais les trois motifs de rejet sont transposables à un immeuble : il faut de la place, un horizon dégagé, et une protection contre les intempéries et le vandalisme. Un balcon orienté nord dans une rue étroite ne remplit pas la deuxième condition.
## Quelle orbite, et pourquoi
Le livre blanc classe les options selon leur aptitude aux exigences de résilience.
Pour les satellites géostationnaires, utilisés par les offres professionnelles classiques, la latence est jugée difficile à tenir. La distance impose un temps d'aller-retour que la physique ne permet pas de réduire.
Les orbites moyenne et basse, en revanche, « permettent de satisfaire les performances attendues ».
C'est le critère de tri le plus discriminant entre les offres du marché, et le seul que les sources publiques permettent d'appliquer.
Mais la conclusion générale du document est prudente : « à date, rien ne laisse présager la disponibilité dans un horizon proche d'une solution répondant au crible d'exigences, avec une antenne présentant un encombrement similaire aux solutions cellulaires. »
Deux ou trois stations terrestres suffiraient par ailleurs à sécuriser un lien satellitaire à l'échelle nationale, selon la même évaluation d'ingénierie. Le point de fragilité au sol est donc très concentré.
## Le programme européen, et ce qu'il ne dit pas encore
Un programme européen de connectivité sécurisée existe, établi par un règlement du 15 mars 2023 pour la période 2023-2027. Son marché a été attribué à un consortium de trois opérateurs satellitaires européens, attribution mentionnée comme récente en avril 2025.
C'est la réponse institutionnelle à la dépendance constatée.
Ce que les sources consultées ne donnent pas : aucune date de service commercial, aucune capacité, aucun prix. Attribuer un marché n'est pas rendre un service disponible.
## Ce que le droit dit, et ne dit pas
Le code des postes et des communications électroniques impose aux opérateurs une continuité d'exploitation, dont les redondances, et des mesures techniques à un niveau adapté au risque existant. Un lien satellitaire peut entrer dans ce cadre comme moyen de secours.
Le même code prévoit un régime d'information locale pour les installations radioélectriques soumises à accord ou avis de l'agence nationale des fréquences. Ce point est à vérifier avant toute installation fixe d'antenne sur un immeuble.
En revanche, et c'est important pour éviter un contresens répandu : aucun texte français consulté n'impose ni n'encadre spécifiquement un lien satellitaire de secours pour un immeuble d'habitation.
Dans les sources, le satellite apparaît comme un moyen de gestion de crise mis à disposition par des opérateurs ou des collectivités. Pas comme une obligation, et pas comme un équipement résidentiel documenté.
## Ce que nous ne publions pas
Aucun débit ni latence d'offre satellitaire grand public n'est publié par une source publique française. Les valeurs qui circulent sont des ordres de grandeur constructeur. Les citer supposerait de les attribuer nommément à leur auteur commercial en signalant l'absence de mesure indépendante, ou de les mesurer soi-même.
Aucune volumétrie pour la dépendance constatée après Chido, nous l'avons dit.
Aucun calendrier opérationnel chiffré pour le programme européen.
Aucune donnée sur l'installation en copropriété : ni conditions juridiques, ni contraintes techniques, ni consommation d'une antenne de secours sur un bâtiment d'habitation collective.
Et aucune autonomie sur batterie publiée pour les équipements de secours du bâtiment en général, interphone ou alarme comprise.
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# Quarante-huit heures visées, aucune autonomie mesurée publiée
URL : https://citilience.fr/guides/maillage-radio-de-voisinage-le-seul-cas-documente/
Mise à jour : 19/09/2026
Une métropole française a testé un réseau radio autonome en coupure totale. Ce qui est publié de ce dispositif, et les chiffres qui manquent.
Nous cherchions un maillage radio de voisinage français dont les débits soient mesurés et publiés. Nous n'en avons pas trouvé.
Ce que nous avons trouvé, c'est un dispositif réel, testé en coupure totale des réseaux, décrit dans un avis d'une commission parlementaire de janvier 2026. Un seul, sur tout le territoire.
Ce guide expose ce qui est publié de ce cas, parce que c'est le seul point d'appui existant. Et il liste précisément ce qui manque, parce que le manque est la principale information du sujet.
## Le dispositif, tel qu'il est décrit
Une métropole du sud-est a déployé en 2022 un réseau expérimental de bulles radio autonomes en énergie, reliant cinq communes : Nice, Saint-Laurent-du-Var, Carros, Colomars et La Roquette-sur-Var.
L'objectif annoncé est explicite : permettre aux services de « continuer à communiquer pendant 48 heures dans l'hypothèse où les réseaux numériques et électriques seraient hors service ».
Il faut lire cette phrase pour ce qu'elle est. C'est une cible de dimensionnement, transmise par la collectivité et reprise par la commission. Ce n'est pas une autonomie mesurée lors d'un test.
La distinction paraît formelle. Elle ne l'est pas : entre une batterie dimensionnée pour 48 heures et une bulle qui a effectivement tenu 48 heures en conditions réelles, il y a tout l'écart qui sépare un cahier des charges d'un résultat.
## Les exercices, et leur condition remarquable
Quatre exercices ont été conduits en 2023 : deux scénarios de séisme, deux scénarios d'inondation, sur quatre communes différentes.
Leur particularité tient en une phrase de l'avis : « Ces exercices ont été réalisés avec coupure totale des réseaux numériques et électriques, validant des fonctionnalités avancées comme la diffusion d'images de drones et les visioconférences entre le terrain et le PC de crise. »
Coupure totale. Pas une simulation sur table, pas un exercice avec réseaux disponibles en secours.
C'est ce qui rend ce cas utilisable comme référence, et c'est le critère à réclamer pour tout exercice de ce type. Un test de résilience réseau conduit avec le réseau allumé ne teste rien.
Ce que les exercices ont validé est également précis : des fonctionnalités, pas des performances. Diffusion d'images de drones, visioconférence. Aucun débit, aucune portée, aucune durée de tenue n'a été publié.
## La montée en échelle
Cinq bulles tactiques mobiles ont été acquises en 2024. À partir de 2025, la métropole déploie un réseau permanent, « en commençant par les 21 communes du périmètre "Tempête Alex" ».
Un périmètre multiplié par 4,2 entre l'expérimentation et le déploiement.
Les technologies annoncées pour ce réseau permanent sont listées sans chiffrage : liaisons fibre, faisceaux hertziens, maillage radio local et satellite.
Et la commission signale que « les premières antennes secourues électriquement sont en cours d'acquisition ». Donc le réseau n'est pas complet à la date de l'avis. Ce point est important pour qui voudrait citer ce dispositif comme opérationnel.
Un élément est en revanche en service depuis janvier 2024 : une main courante numérique sécurisée, qui interconnecte en temps réel les postes de commandement de crise des communes et celui de la métropole. Ce n'est pas un réseau radio, c'est un outil de coordination, mais c'est la brique la plus avancée du dispositif.
## Les seuls chiffres de performance disponibles
Puisque le cas niçois ne publie pas de performance, il faut chercher ailleurs ce qu'un réseau de crise doit atteindre.
Un livre blanc publié en avril 2025 par le gestionnaire du réseau de distribution électrique, avec un opérateur télécom, un équipementier et deux autres partenaires, chiffre ses exigences pour ses propres communications de crise.
Résilience de 48 heures. Fiabilité de 99,99 %. Débit de 600 kbit/s par cellule, 30 kbit/s par terminal. Latence de 200 millisecondes.
Pour les usages généraux, la cible de débit par cellule est de 1 à 8 Mbit/s. La communication de crise demande donc de 1,7 à 13 fois moins que l'usage courant.
Deux traductions utiles de ces valeurs.
La fiabilité de 99,99 % correspond à environ 53 minutes d'indisponibilité annuelle admissible. C'est un niveau d'exigence d'infrastructure critique, pas de service grand public.
Et le rapport entre les deux débits, 600 divisés par 30, donne 20 terminaux par cellule. Ce quotient dimensionne correctement la question : un maillage de crise ne se mesure pas en surface couverte, mais en nombre d'utilisateurs simultanés.
## La réserve du gestionnaire électrique
Il faut citer la conclusion de ce livre blanc, parce qu'elle tempère l'enthousiasme.
Ses auteurs écrivent qu'« aucun service télécom sur étagère ne permet de répondre aux exigences posées ».
Autrement dit : l'acteur qui a formalisé le cahier des charges le plus précis d'un réseau de crise estime que rien de ce qui est commercialement disponible ne le satisfait.
C'est une réserve à connaître avant d'extrapoler d'un dispositif municipal de crise vers un usage de quartier. Les besoins ne sont pas les mêmes, mais les contraintes physiques, elles, le sont.
## Le levier légal existant
La loi du 25 novembre 2021 a créé l'obligation de plan intercommunal de sauvegarde, codifiée à l'article L. 731-4 du code de la sécurité intérieure.
Ce plan est obligatoire pour tout établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre dès lors qu'une commune membre est soumise au plan communal de sauvegarde. Et il impose un exercice au moins tous les cinq ans.
Un décret de juin 2022 précise le contenu du plan et l'analyse des risques à y intégrer.
Par ailleurs, l'article L. 732-2-1 du même code permet au préfet d'exiger des exploitants de réseaux un diagnostic de vulnérabilité et un programme d'investissements prioritaires.
Une précision sur une échéance qui circule : la commission écrit que la réalisation du plan intercommunal est une obligation légale « d'ici novembre 2026 ». Nous n'avons pas retrouvé cette date dans le texte de l'article L. 731-4. Nous la citons donc comme une affirmation de la commission, pas comme une date lue dans la loi.
## Ce que personne ne publie
Aucun débit mesuré de maillage radio de voisinage en France. La seule caractérisation disponible est qualitative : la technologie est décrite comme ayant la capacité de transporter des flux de données importants à très haut débit. Cette formule n'est pas un chiffre, et la convertir en mégabits serait une invention.
Aucune portée radio mesurée. Ni la commission, ni le régulateur des télécommunications, ni le livre blanc du gestionnaire électrique ne donnent de distance entre deux nœuds d'un maillage. Toute valeur en mètres sur ce sujet est non sourcée.
Aucune autonomie effective. Les 48 heures sont une exigence. Aucun document ne publie combien de temps une bulle a réellement tenu lors d'un exercice, alors que quatre exercices en coupure totale ont été conduits.
Aucun coût unitaire. Le nombre de bulles est connu, leur prix, leur consommation et leur dimensionnement électrique ne le sont pas.
Enfin, une remarque sur la nature de notre source. L'encadré de la commission reprend les éléments transmis par la collectivité concernée. Nous n'avons trouvé aucune évaluation indépendante de ce dispositif, ni par un régulateur, ni par une juridiction financière.
C'est donc un dispositif réel, décrit par celui qui le porte. Sur un sujet où aucune autre source n'existe, cela reste le meilleur point d'appui disponible — à condition de dire d'où viennent les informations.
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# Le chiffre national des serres vient d'une publication régionale
URL : https://citilience.fr/guides/maraichage-serres-agriculture-urbaine-ce-qui-est-mesure/
Mise à jour : 19/09/2026
Surfaces sous serres, exploitations légumières, sites de production intra-urbains : ce que la statistique publique couvre, et le vide qu'elle laisse.
Il existe un chiffre national de surfaces sous serres en France. Nous l'utilisons dans ce guide.
Il n'est pas publié par le service statistique du ministère de l'agriculture. Il est publié par une direction régionale, celle des Pays de la Loire, qui cite le recensement agricole dans un article consacré aux surfaces légumières de sa région.
Nous n'avons trouvé aucune fiche nationale consacrée aux surfaces sous serres. Ce détail d'attribution est le premier enseignement du sujet : sur un objet aussi concret qu'une serre, la donnée nationale existe par ricochet.
## Le chiffre, et son périmètre exact
Près de 11 700 hectares de surfaces sous serres ou abris hauts en France métropolitaine, d'après le recensement agricole 2020.
Les régions les plus dotées, par ordre décroissant : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne, Occitanie.
Ce chiffre porte sur les légumes. Uniquement.
N'y figurent ni l'horticulture ornementale, ni les fruits sous abri, ni les serres qui ne relèvent pas du recensement agricole. Un total national toutes productions confondues n'existe pas dans les sources que nous avons consultées.
Rapportés aux 242 000 hectares de légumes frais, dont 230 000 en plein air, ces 11 700 hectares représentent 4,8 % des surfaces légumières.
Autrement dit, la culture sous abri est une pratique minoritaire en surface, y compris pour les légumes.
## La part chauffée n'est connue que dans une région
C'est la limite la plus gênante du sujet, parce que c'est la question qui compte : une serre chauffée et une serre froide n'ont rien à voir en consommation d'énergie.
La seule mesure publiée est régionale. En Pays de la Loire, les 1 597 hectares sous serres ou abris hauts sont non chauffés à 82 %. Les serres chauffées y représentent environ 290 hectares, détenus par près de 120 exploitations.
Soit une moyenne de 2,4 hectares de serre chauffée par exploitation concernée, ce qui dessine des unités de production substantielles, pas des tunnels de jardin.
La tendance régionale est nette : les surfaces sous serres sont passées de 849 à 1 597 hectares entre les deux recensements, soit 88 % de hausse, et les serres chauffées de 180 à 290 hectares, soit 61 %.
Mais cette région pèse 13,6 % des serres nationales. Extrapoler ses 82 % de non chauffé à la France entière n'est pas défendable, notamment parce que la première région en surface est méditerranéenne, avec d'autres besoins thermiques.
Sur la part chauffée nationale, cette donnée n'est pas disponible.
## Le piège de nomenclature qui déplace 215 000 hectares
La publication régionale glisse une précision qui vaut d'être retenue :
« Dans la nomenclature utilisée lors des recensements agricoles, les pommes de terre appartiennent, non pas à la catégorie des légumes, mais à celle des tubercules. »
Les surfaces nationales de pommes de terre pèsent 215 252 hectares en 2020, contre 154 435 en 2010.
Un chiffre de surfaces légumières lu sans connaître cette convention produit donc un écart de plus de 200 000 hectares, soit presque un doublement. C'est le genre de convention qui explique une bonne partie des désaccords apparents entre sources.
## Trois totaux qui ne se comparent pas
Sur les surfaces légumières françaises, trois valeurs circulent.
241 578 hectares, catégorie légumes frais, plants, melons et fraises du recensement agricole 2020.
Près de 242 000 hectares, publication régionale, même recensement.
Environ 264 000 hectares, FranceAgriMer, pour la production 2023.
Les deux premiers sont le même chiffre, arrondi différemment. Le troisième porte sur une autre année et un autre périmètre.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire : lire l'écart entre 242 000 et 264 000 comme une progression des surfaces. Ce n'est ni la même source, ni la même définition, ni la même date.
## Ce que le recensement dit du maraîchage, et sa contradiction interne
Entre 2010 et 2020, les surfaces légumières passent de 201 652 à 241 578 hectares, soit 20 % de hausse, et le nombre d'exploitations de 30 864 à 37 728, soit 22 % de hausse.
Une filière qui s'étend et qui compte plus d'acteurs.
L'agriculture biologique y pèse 33 196 hectares, soit 14 % des surfaces — nettement au-dessus de la moyenne nationale toutes cultures. Et 149 945 hectares sont irrigués, soit 62 % du total, ce qui situe la dépendance à l'eau de cette filière.
Pourtant la production baisse. FranceAgriMer mesure 5,7 millions de tonnes en 2023 contre 6,5 millions en 2002, soit un recul de 12 % en vingt ans.
Plus de surfaces, plus d'exploitations, moins de tonnes. Les sources ne portent ni sur les mêmes années ni sur les mêmes périmètres, ce qui interdit de conclure à une baisse de rendement. Mais le rapprochement pose une question que les publications consultées ne traitent pas.
## L'agriculture urbaine : un seul territoire compté
Sur l'agriculture urbaine, le constat est simple : aucune statistique nationale.
Ni surface, ni nombre de sites, ni production, ni emploi.
Le seul décompte chiffré que nous avons trouvé concerne Paris, dans une note d'une agence d'urbanisme d'octobre 2024. Soixante-et-un sites d'agriculture urbaine productive, représentant 138 168 m² en exploitation, dont quatre champignonnières. Quarante-et-un de ces sites développent plus d'un type de culture. Soixante-deux sites sont identifiés à l'échelle de la Métropole du Grand Paris.
La production 2023 de ces 61 sites dépasse 240 tonnes de fruits, légumes et plantes aromatiques, dont 100 tonnes de champignons.
La tentation est immédiate : diviser 240 tonnes par 138 168 m² pour obtenir un rendement. Il ne faut pas le faire, pour une raison précise. Sur ces 240 tonnes, 100 viennent de champignonnières, c'est-à-dire d'une production hors sol en volume, sans rapport avec une surface cultivée en plein air. Le ratio obtenu ne serait pas un rendement agronomique.
Sur le rendement de l'agriculture urbaine française, cette donnée n'est pas disponible. Toute valeur avancée sans méthode publiée relève de l'affirmation.
## La localisation est faussée, et c'est structurel
Pour qui voudrait connaître les surfaces maraîchères de sa commune, le recensement agricole publie 56 indicateurs à l'échelon communal, en données ouvertes.
Mais la direction régionale qui diffuse ces données avertit : « les données collectées lors des recensements agricoles sont toutefois rapatriées au département siège des exploitations, indépendamment de la localisation précise des surfaces ».
Une exploitation dont le siège est dans un département et les parcelles dans un autre voit toutes ses surfaces comptées au siège. Pour les surfaces sous abri, souvent concentrées sur peu de sites, la distorsion peut être considérable.
Ce n'est pas un défaut de saisie, c'est la construction de l'enquête. Toute lecture fine intra-territoriale de ces données est donc à écarter.
## Ce que personne ne publie
La part chauffée des serres au niveau national. Seule une valeur régionale existe.
Les surfaces de serres hors légumes : horticulture ornementale, fruits sous abri. Aucun total identifié.
Tout recensement national de l'agriculture urbaine, sous quelque forme que ce soit.
Les rendements de production urbaine, au mètre carré ou autrement.
Et une actualisation des surfaces sous serres depuis 2020. Le recensement est décennal, il a six ans à la date de consultation, et nous n'avons pas trouvé de mise à jour dans la statistique agricole annuelle.
Un dernier point, écrit par l'agence d'urbanisme elle-même à propos de la production parisienne : elle « reste très saisonnière et concerne majoritairement des produits à haute valeur ajoutée mais à faible tonnage, miel, épices, safran, micro-pousses », et « cette capacité de production locale n'est pas intégrée dans l'estimation de l'autonomie alimentaire de Paris ».
C'est l'éditeur qui produit les deux chiffres qui explique pourquoi il ne les relie pas.
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# Deux régimes se superposent, sans tableau consolidé publié
URL : https://citilience.fr/guides/pieces-detachees-ce-que-la-loi-oblige-a-garder/
Mise à jour : 19/09/2026
Durées de disponibilité, listes de pièces par équipement, délais de livraison : le socle légal, et la table de correspondance qui n'existe nulle part.
Pour savoir combien de temps une pièce détachée doit rester disponible en France, il faut ouvrir un décret français, quatre règlements européens, et faire la synthèse soi-même.
Nous n'avons trouvé aucune source publique qui publie cette table de correspondance. Ce qui suit est donc une reconstitution à partir des textes, et nous le disons plutôt que de la présenter comme une donnée publiée.
## Le régime français : cinq ans, deux équipements
Le décret du 31 décembre 2021, codifié à l'article R. 111-4-2 du code de la consommation, couvre deux familles : les ordinateurs portables, hors tablettes et clients légers mobiles, et les téléphones mobiles multifonctions.
Sa formulation est précise : les fabricants « assurent également la disponibilité des pièces détachées mentionnées aux 1° et 2° pendant une durée minimale de cinq ans à compter de la date de mise sur le marché national de la dernière unité du modèle concerné ».
Deux points méritent d'être retenus.
Le premier : la durée part de la dernière unité mise sur le marché, pas de la date d'achat. Un appareil acheté en début de commercialisation aura consommé une partie de la période avant même de sortir du magasin. Acheté en fin de vie commerciale, il bénéficie d'une couverture presque complète.
Le second : le texte distingue deux listes, avec deux échéances. La première doit être disponible dès la mise sur le marché, la seconde au plus tard deux ans après.
Pour un ordinateur portable, la première liste comprend les composants de mémoire de masse, les dispositifs d'affichage, les batteries, les connecteurs d'alimentation et les chargeurs. La seconde ajoute les cartes mères, les mémoires vives, les ventilateurs, les radiateurs, les claviers, les ports et connecteurs.
Pour un téléphone mobile multifonction, la première liste comprend les dispositifs d'affichage, les batteries, les caméras frontales, les caméras dorsales et les chargeurs. La seconde ajoute les connecteurs de charge, les connecteurs, les cartes mères, les boutons, les microphones et les haut-parleurs.
Ce découpage n'est pas anecdotique : il signifie qu'une carte mère peut légalement n'être disponible que deux ans après le lancement du modèle.
## Le régime européen : plus long, et plus précis sur les délais
Les règlements d'écoconception couvrent d'autres équipements, avec des durées plus longues.
Lave-linge ménagers, règlement de 2019, applicable depuis mars 2021 : au moins dix ans après la dernière unité, pour le moteur et ses balais, la transmission entre moteur et tambour, les pompes, les amortisseurs et ressorts, le tambour de lavage.
Appareils de réfrigération : au moins sept ans pour les thermostats, capteurs de température, cartes de circuit imprimé et sources lumineuses.
Dispositifs d'affichage électroniques : sept ans pour les pièces, et huit ans pour le micrologiciel, dont la version la plus récente doit rester disponible.
Smartphones et tablettes, règlement de 2023 : sept ans après la fin de mise sur le marché.
Mais l'apport le plus utile de ces règlements n'est pas la durée. C'est le délai.
Quinze jours ouvrables après réception de la commande pour une pièce de lave-linge. Cinq jours ouvrables pour une pièce de smartphone pendant les cinq premières années, dix jours ouvrables les deux années suivantes.
Une durée de disponibilité sans délai de livraison ne garantit rien de pratique. Un délai chiffré, oui.
## Ce que ces délais ne garantissent pas
Un point qu'il faut dire clairement, parce qu'il est contre-intuitif.
Ces délais mesurent un temps d'acheminement, pas une proximité géographique. Cinq jours ouvrables sont parfaitement compatibles avec un stock unique situé hors de France, voire hors d'Europe.
Aucun de ces textes n'impose de volume de stock, de localisation, ni de maillage territorial. L'obligation porte sur la capacité à fournir, à l'échelle nationale, dans un délai. Pas sur la présence physique de pièces quelque part.
## La ligne de partage entre professionnel et particulier
Le règlement sur les smartphones est le seul texte que nous ayons trouvé qui distingue explicitement deux droits d'accès.
Réservé aux réparateurs professionnels enregistrés : batteries, ensemble caméra frontale, ensemble caméra arrière, prises audio externes, ports de rechargement externes, boutons mécaniques, microphones principaux, haut-parleurs, ensemble charnière, mécanisme de repliement de l'écran.
Accessible aussi aux utilisateurs finaux : batteries, couvercle arrière ou ensemble couvercle arrière, film de protection pour affichages repliables, ensemble écran d'affichage, chargeur, support de carte SIM.
La batterie figure dans les deux listes, ce qui est cohérent avec sa place dans les pannes courantes.
L'enregistrement comme réparateur professionnel n'est pas discrétionnaire sans limite : les fabricants « acceptent ou refusent l'enregistrement dans les cinq jours ouvrables à compter de la date de la demande ».
Le même mécanisme existe pour les lave-linge : portes, charnières, joints de porte, assemblage de verrouillage de porte et accessoires plastiques sont disponibles dix ans pour les utilisateurs finaux, pas seulement pour les professionnels.
## Les pièces d'occasion, et leur clause d'échappement
Un deuxième décret du 31 décembre 2021 impose au réparateur de proposer des pièces issues de l'économie circulaire, sur six familles d'équipements : lave-linge et sèche-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, téléviseurs, ordinateurs portables, téléphones mobiles.
Un troisième décret du même jour impose l'information du consommateur sur les conditions de vente de ces pièces, affichée à l'entrée du local et sur le site internet. Le choix du client doit être recueilli et conservé sur un support durable.
Mais l'obligation comporte une clause qui en limite la portée : le réparateur n'y est pas tenu « lorsque ces pièces ne sont pas disponibles dans un délai compatible avec la date ou le délai de fourniture de la prestation d'entretien ou de réparation ».
Comme le délai de la prestation est fixé par le réparateur lui-même, la clause est large. Nous n'avons trouvé aucune donnée sur la fréquence à laquelle elle est invoquée.
## Ce que personne ne publie
Aucune donnée de contrôle. Pas de statistiques sur le respect des obligations de disponibilité, pas de taux d'indisponibilité constaté, pas de délai de livraison réellement observé. Les durées légales sont connues, leur application ne l'est pas.
Aucune base consolidée de prix. Le règlement sur les smartphones impose la publication de prix hors taxes indicatifs, au moins en euros, sur le site web en libre accès du fabricant. Mais rien ne consolide ces publications : comparer les prix d'un fabricant à l'autre suppose de visiter chaque site, et tout prix moyen avancé publiquement n'a pas de source.
Aucun nombre de pièces d'occasion effectivement proposées. Le décret n'organise aucune remontée d'information, donc aucune donnée n'existe.
Une dernière réserve, sur notre propre source. La fiche de l'administration française qui récapitule le volet national a été publiée en février 2022 et porte elle-même la mention « Cet article est ancien — L'information n'est peut-être plus exacte ». Nous l'utilisons parce que c'est la seule synthèse publique accessible du dispositif français, et nous signalons sa date.
Enfin, deux des trois décrets du 31 décembre 2021 nous ont posé un problème de vérification : nous n'avons pas pu confirmer leurs identifiants au Journal officiel, et nous ne publions donc pas de lien vers eux. Leur numéro, leur date et leur objet sont confirmés par la fiche administrative citée ; leur texte intégral, non. Sur un sujet où le détail des listes de pièces compte, c'est une limite qu'il faut connaître.
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# Six taxons sur tous les pollens allergisants, et zéro seuil réglementaire
URL : https://citilience.fr/guides/pollens-quel-indice-suivre-aujourd-hui/
Mise à jour : 19/09/2026
Six taxons, une prévision communale à trois jours, et aucun seuil réglementaire. Ce qui est disponible, et l'archive de comptages qui s'arrête en 2024.
Un indice pollen existe. Il est public, quotidien, communal. Il ne couvre que six espèces sur l'ensemble des pollens allergisants français, et il ne correspond à aucun seuil réglementaire.
Trois dispositifs différents cohabitent par ailleurs sous le mot pollen, ce qui produit une confusion régulière.
Voici l'état réel de l'information disponible, et l'endroit exact où la série de comptages s'interrompt.
## Ce que l'indice couvre, et ce qu'il laisse dehors
Six taxons : ambroisie, armoise, aulne, bouleau, graminées, olivier.
L'indice est publié quotidiennement à treize heures, pour le jour même et les deux jours suivants, à l'échelle communale, sur la France métropolitaine et la Corse. L'échelle comporte six classes.
Le choix de ces six espèces n'est pas sanitaire, il est technique. L'éditeur l'explique : « Ces 6 espèces surveillées sont celles étudiées et transmises par le dispositif européen Copernicus, d'autres seront intégrées par la suite (ex : noisetier, cyprès). »
Le noisetier et le cyprès figurent parmi les premiers pollens de l'année, et ils ne sont pas couverts. Une personne allergique au cyprès ne trouve aucune information la concernant dans cet indice.
L'outre-mer n'est pas couvert non plus. La réponse de l'éditeur est franche : « Il s'agit d'une piste d'amélioration : à terme, l'intégration des outre-mer est prévue dans l'indice pollen. »
## Comment le chiffre est fabriqué
C'est un point à comprendre avant d'utiliser cet indice, parce qu'il change sa nature.
L'éditeur décrit sa méthode : « En s'appuyant sur un historique de 8 ans de données météorologiques, de données de mesure des pollens, il est créé un modèle statistique par taxon basé sur des méthodes de machine learning ».
La spatialisation se fait par krigeage, à partir des données du programme européen d'observation de la Terre. L'indice du jour retenu pour une commune est le sous-indice le plus élevé parmi les six taxons.
Conséquence directe : les cartes de concentration en grains par mètre cube diffusées avec l'indice sont, selon la fiche du jeu de données, « le résultat de la modélisation des concentrations en pollens dans l'air ambiant par taxon ».
Ce n'est donc pas une mesure de capteur. La distinction est la même qu'entre une station de référence et un micro-capteur : elle ne disqualifie pas la donnée, mais elle interdit de la présenter comme un relevé.
## Aucun seuil réglementaire, et il faut le dire clairement
Les pollens ne figurent pas parmi les polluants pour lesquels l'article R. 221-1 du code de l'environnement fixe des seuils.
Il n'existe donc ni seuil d'information, ni seuil d'alerte, ni valeur limite pour les pollens en France. Aucune valeur cible, aucune ligne directrice internationale chiffrée n'a été identifiée non plus.
Les six classes de l'indice sont une convention méthodologique de l'éditeur, inspirée des travaux publiés par une société savante européenne d'allergologie. L'éditeur précise qu'un pic pollen est déclenché quand l'indice atteint le niveau élevé.
Un indice extrêmement élevé ne correspond donc à aucun dépassement réglementaire, et ne déclenche aucune mesure de police administrative. C'est l'inverse exact de la logique des épisodes de pollution.
Des seuils de diffusion existent en revanche, sous forme de recommandation. Un avis du Haut Conseil de la santé publique du 28 avril 2016 préconise la diffusion de messages au grand public et aux professionnels de santé à partir d'un niveau de risque 2, correspondant à un risque faible, et la diffusion de recommandations aux personnes allergiques dès le début d'émission constaté par un pollinarium, ou à défaut au niveau 1.
Ce sont des recommandations d'expertise, sans portée contraignante.
## Trois dispositifs qu'il ne faut pas confondre
L'indice pollen, calculé par apprentissage automatique et diffusé par la fédération des associations de surveillance de la qualité de l'air.
L'indicateur de risque d'allergie d'exposition aux pollens, issu du réseau historique de surveillance. L'éditeur de l'indice écrit sans ambiguïté : « Ces deux indices sont différents. »
L'alerte des pollinariums sentinelles, enfin, qui repose sur une logique entièrement distincte : elle « se base sur l'observation des débuts et fin d'émission de pollens des plantes présentes dans un Pollinarium ». C'est de l'observation directe de plantes en jardin, pas de la modélisation.
Les trois peuvent donner des signaux différents le même jour, et aucun n'est faux.
## Le cadre légal, et une vérification que nous n'avons pas pu faire
La surveillance des pollens a une base légale. L'article 46 de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a modifié l'article L. 221-1 du code de l'environnement pour y inclure « la surveillance du pollen et moisissures dans l'air ambiant ».
Un arrêté du 5 août 2016 a désigné trois organismes coordonnateurs : le réseau national de surveillance aérobiologique, les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air lorsqu'elles participent à la surveillance, et l'association des pollinariums sentinelles.
Nous n'avons pas pu vérifier l'état en vigueur de cet arrêté à la date de publication de ce guide. Nous ne dirons donc pas quel organisme est aujourd'hui désigné, parce que nous ne le savons pas avec certitude.
Ce que nous pouvons rapporter, ce sont des constats techniques vérifiables. L'ancien nom de domaine public de diffusion des bulletins polliniques redirige désormais, par une redirection permanente, vers le site de la fédération des associations de surveillance de la qualité de l'air. Et le site du réseau historique n'est plus joignable en connexion chiffrée, son certificat ayant expiré.
Nous nous arrêtons là. Le statut juridique de ce réseau ne nous est pas documenté par une source primaire, et nous n'écrirons rien à ce sujet.
## L'archive, et sa coupure en 2024
Une archive publique existe, et elle est précieuse : les relevés de 1987 à 2024, par jour et par taxon, avec la localisation du capteur indiquée dans l'intitulé du fichier. Deux fichiers compressés principaux, de 69,4 et 58,1 mégaoctets, plus un fichier de documentation, sous licence ouverte.
Ce sont des comptages, issus de capteurs. Pas des modélisations.
D'où une rupture qu'il faut énoncer nettement. L'archive contient des comptages et s'arrête en 2024. L'indice actuel est une modélisation communale et ne fournit pas d'historique. Les deux séries ne sont pas raccordables.
Il n'existe donc, dans les données ouvertes que nous avons identifiées, aucune série continue de comptages polliniques français après 2024.
C'est la principale information de ce guide, et elle est négative.
## L'état du réseau d'observation, tel qu'il a été audité
Une note d'appui scientifique et technique de l'agence sanitaire nationale, publiée en janvier 2022, décrit le dispositif.
En 2019, il comprenait 84 capteurs de pollen coordonnés par le réseau national, dont 10 spécifiques pour l'ambroisie, 15 jardins d'observation, 16 pollinariums sentinelles et 17 capteurs pour les spores de moisissures.
En 2021, neuf jardins d'observation seulement ont transmis des données hebdomadaires, et l'agence relève que les zones de montagne ne sont pas représentées. Les quatorze pollinariums de l'association partenaire sont situés « essentiellement à l'Ouest de la France ».
L'agence identifie plusieurs fragilités méthodologiques : observations hebdomadaires seulement, réalisées par des observateurs non rémunérés, variations interindividuelles pouvant atteindre plusieurs semaines dans la date de floraison du noisetier, et nombre d'inflorescences requis pour déclarer un début de floraison non fixé.
Une réserve sur la robustesse de cette description elle-même : l'enquête repose sur six questionnaires renvoyés sur neuf pour les jardins, et sur un seul questionnaire pour l'ensemble des pollinariums.
## Les chiffres de prévalence, et pourquoi nous les encadrons
La même note rapporte que les pollinoses touchent « aujourd'hui en France 20 % des enfants âgés de plus de 9 ans et 30 % des adultes », que la prévalence des allergies respiratoires a été multipliée par trois en trente ans, que six millions de personnes sont asthmatiques, qu'une personne sur cinq touchée par une allergie respiratoire présente une forme sévère, et que le coût de la rhinite allergique est estimé à un milliard d'euros par an, celui de l'hospitalisation pour asthme à 0,9 milliard.
Nous citons ces chiffres avec leur éditeur et leur date, et nous signalons leur faiblesse : l'agence les présente en introduction de contexte, en les attribuant pour partie aux données des fédérations d'allergologues, sans référence bibliographique précise ni année de référence dans le passage consulté.
Nous ne les convertissons donc pas en effectifs de population, et nous ne les mettons pas en regard des estimations de mortalité attribuable à la pollution de l'air : les périmètres et les méthodes n'ont aucun rapport.
Par ailleurs, l'éditeur de l'indice écrit sur sa page qu'un Français sur trois souffre d'allergies aux pollens, sans aucune référence. Nous ne reprenons pas ce chiffre.
## Ce que nous ne publions pas
Aucun score de justesse de l'indice. Interrogé sur la suffisance des comptages pour fiabiliser sa prévision, l'éditeur décrit son choix méthodologique sans publier d'indicateur de performance. Ni taux de bonne prévision, ni écart moyen.
Aucun seuil pour les moisissures. Le dispositif de 2019 comptait dix-sept capteurs de spores, et l'archive contient des comptages, mais aucun seuil sanitaire français n'a été identifié et l'indice ne couvre pas ce paramètre. Il n'est donc pas possible de dire si un comptage de spores est élevé.
Aucun allongement chiffré de la saison pollinique, aucune évolution en pourcentage des concentrations de pollen de bouleau. Ces affirmations circulent, aucune publication primaire française ne les chiffre. L'archive permettrait de les calculer, mais le résultat serait alors notre propre calcul, à publier avec sa méthode complète, sa station, son taxon et sa période.
Enfin, une remarque sur la qualité déclarée du jeu de données de l'indice. Sa fiche affiche une qualité de métadonnées de 78 %, avec deux mentions explicites : fréquence de mise à jour non respectée, et couverture temporelle non renseignée. C'est l'éditeur de la plateforme qui le signale, pas nous.
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# Le régime d'autorisation ne couvre pas les dispositifs individuels
URL : https://citilience.fr/guides/potabilisation-de-secours-ce-qui-est-encadre/
Mise à jour : 19/09/2026
Cinq minutes d'ébullition, 72 heures de conservation, et un vide réglementaire complet sur les dispositifs vendus aux particuliers. Ce que disent les textes.
Le code de la santé publique encadre strictement les produits et procédés de traitement de l'eau. Mais uniquement dans les installations de production, du captage au point de conformité.
Pour les dispositifs de potabilisation vendus aux particuliers, l'agence sanitaire est explicite : « Les dispositions de l'article R. 1321-50 du CSP ne s'appliquent pas à la mise sur le marché de ce type de produits. »
Il n'existe donc aucun référentiel de performance opposable pour un filtre, une paille filtrante ou un comprimé acheté en ligne. Ce n'est pas une lacune de documentation, c'est un fait documenté.
En revanche, ce que l'usager peut faire avec ce qu'il a déjà chez lui est, lui, précisément encadré.
## La méthode de référence : cinq minutes de gros bouillons
L'agence sanitaire recommande en priorité de « porter l'eau à ébullition à gros bouillons maintenus pendant une durée de 5 minutes dans un récipient avec un couvercle ou dans une bouilloire ».
Le choix de cinq minutes est motivé : c'est « le meilleur compromis permettant de concilier une efficacité de désinfection et d'éviter une réduction trop importante du volume d'eau disponible après l'ébullition ».
Deux précisions comptent plus que la durée elle-même.
D'abord, l'altitude ne change rien. C'est contre-intuitif, et l'agence l'écrit noir sur blanc : il n'apparaît pas indispensable de majorer la durée selon l'altitude, la température de consigne restant supérieure à celles nécessaires. À 1 000 mètres, l'eau bout à 96,7 °C, à 2 000 mètres à 93,3 °C — largement au-dessus des seuils d'inactivation.
Ensuite, le matériel doit tenir la durée. Le texte précise que les fours à micro-ondes et les bouilloires électriques « ne peuvent être utilisés que s'ils permettent de respecter cette préconisation ». Une bouilloire qui se coupe dès le premier bouillon ne fait pas le travail.
Notons que les recommandations françaises divergent sur ce point : l'Institut Pasteur de Paris préconise cinq minutes, celui de Lille quinze. Nous retenons les cinq minutes parce que c'est la valeur portée par l'agence sanitaire nationale et reprise dans le guide de gestion de crise, en signalant l'écart.
## Avant de traiter : clarifier, sans se rassurer
Les procédés de désinfection perdent en efficacité sur une eau turbide.
La marche à suivre est simple : laisser reposer pour faire sédimenter la matière organique, puis filtrer sommairement dans un linge propre ou des filtres à café, en veillant à ne pas remettre les dépôts en suspension.
Le guide accole immédiatement cette phrase, qu'il faut lire comme un avertissement : « Cette mesure ne peut suffire à elle seule à éliminer tout risque microbiologique. »
La clarification prépare la désinfection. Elle ne la remplace pas.
## Le chlore, alternative d'extrême urgence
La désinfection au chlore à domicile n'est pas présentée comme une option équivalente. Le guide la réserve aux cas « d'extrême urgence », lorsque l'ébullition est techniquement impossible — en l'absence d'électricité, par exemple.
La raison est précise, et c'est le point technique le plus important de ce guide.
L'efficacité biocide des désinfectants chlorés est « très faible envers les oocystes de Cryptosporidium ». C'est pourquoi la toute première étape du mode opératoire officiel consiste à « confirmer l'absence de risque lié à Cryptosporidium ».
Or l'ébullition, elle, en vient à bout : la littérature citée par l'agence indique une inactivation des oocystes par une minute à 72 °C ou trois minutes à ébullition. Pour les kystes de Giardia, dix minutes à 70 °C.
Ébullition et chlore ne sont donc pas deux variantes du même geste. Ils ne couvrent pas les mêmes agents.
Trois autres limites affaiblissent le chlore. La matière organique ou minérale consomme le désinfectant, ce qui « peut réduire fortement voire annuler toute efficacité biocide » et former des trihalométhanes. Une eau d'apparence claire n'est pas à l'abri : elle « peut contenir des matières dissoutes réactives avec le chlore ». Et l'efficacité dépend du pH et de la température, à durée de contact identique.
## Le produit, et le dosage qu'on ne publiera pas
Si le chlore est la seule option, le produit est spécifié : eau de Javel titrée à 2,6 % de chlore actif, soit environ 27 g de chlore par litre, prête à l'emploi. Les autres dilutions doivent être utilisées dans les 24 heures.
Les concentrés à 9,6 %, soit environ 108 à 111 g par litre, sont destinés à être dilués.
La conservation a ses règles : trois ans pour l'eau de Javel à 2,6 %, à l'obscurité et sous 25 °C, afin de limiter la décomposition des ions hypochlorite en chlorate et chlorure.
Deux avertissements d'achat, que l'agence formule explicitement. Certaines eaux de Javel contiennent des additifs parfumés destinés à des usages non alimentaires. Et certains concentrés « peuvent contenir des concentrations significatives d'ions bromate ».
Reste la question du dosage. Le guide publie un tableau de correspondance, précédé de la mention « à titre d'information » : pour un volume moyen de 0,05 mL par goutte, une goutte par litre apporte 1,35 mg/L de chlore total, deux gouttes 2,69, et ainsi jusqu'à huit gouttes pour 10,76 mg/L. Vingt gouttes font un millilitre.
Mais le guide ne fixe aucune dose recommandée. Il prescrit d'« établir une dose / un temps de contact à appliquer selon la qualité de l'eau », c'est-à-dire de renvoyer la décision à l'autorité sanitaire locale.
Et un plan départemental de 2013, cité par l'agence, retient une goutte pour 1,5 litre avec 30 minutes d'attente — là où le tableau raisonne par litre.
Nous ne publierons donc aucune consigne en gouttes. En situation réelle, la seule dose valable est celle communiquée par l'agence régionale de santé et la préfecture, parce qu'elle tient compte de la qualité de l'eau distribuée localement.
## Ce que l'eau bouillie permet ensuite
Le guide donne une liste fermée de dix usages pour l'eau désinfectée par ébullition et refroidie : la boisson, la préparation de boissons et de glaçons, les aliments pour nourrissons, la préparation d'aliments et notamment ceux qui ne sont pas cuits, le nettoyage des fruits et légumes consommés crus, l'hygiène corporelle du nourrisson, l'hygiène dentaire et le rinçage de la bouche, la préparation de médicaments et le trempage des prothèses dentaires, le rinçage de la vaisselle, et le nettoyage des surfaces de préparation d'aliments crus.
Une précaution accompagne le transvasement : récipient propre et fermé, nettoyé et rincé à l'eau bouillante au préalable — « ce qui est incompatible avec les matériaux ne résistant pas à la chaleur comme les plastiques ».
La conservation est limitée à 72 heures, de préférence au réfrigérateur.
## Ce que personne ne publie
Les 72 heures méritent une mention particulière, parce que l'agence est d'une honnêteté rare sur ce point. Elle écrit : durée « recommandée de 72 h maximum, durée définie en l'absence de données scientifiques ».
C'est un seuil de précaution, pas un résultat expérimental. Le citer sans cette réserve serait lui donner une autorité qu'il n'a pas.
Deuxième trou documentaire, plus gênant : personne ne sait si ces gestes sont correctement réalisés. Le groupe de travail écrit ne disposer « ni de données ni de retours d'expérience permettant d'attester de la bonne mise en œuvre de la désinfection chimique de l'eau du robinet par les usagers ». Le guide ajoute que « la réalisation d'une bonne désinfection sans entraîner de conséquence en termes de sécurité est peu évidente ».
Le texte va jusqu'à intégrer cette incertitude dans la décision de crise, sous forme de question à se poser avant de diffuser une consigne : « Existe-t-il, parmi les usagers, des catégories de personnes susceptibles de mal interpréter les consignes données ? »
Troisième point, le plus important à retenir : aucune méthode domestique ne traite un risque chimique ou radiologique. Le guide conditionne d'ailleurs toute consigne de désinfection à domicile à ce que « la conformité en matière de risques chimiques et radiologiques soit garantie ».
L'ébullition, en réduisant le volume, concentre même les polluants non volatils. Contre une pollution chimique, faire bouillir aggrave la situation.
Enfin, un point de fraîcheur. L'état du droit européen sur les principes actifs des comprimés de potabilisation date de 2014 et 2015 dans nos sources : le chlorure d'argent non approuvé pour les désinfectants d'eau de boisson, l'évaluation du dichloroisocyanurate de sodium et de la chloramine T alors en cours. Nous n'avons pas réactualisé cet état, et il ne doit donc pas être lu comme le droit applicable aujourd'hui.
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# Trois décomptes pour un même dispositif, et zéro évaluation publiée
URL : https://citilience.fr/guides/projets-alimentaires-territoriaux-lire-celui-de-son-territoire/
Mise à jour : 19/09/2026
Trois décomptes officiels divergents, 256 colonnes ouvertes, aucun indicateur de résultat. Comment savoir ce qui est réellement engagé près de chez soi.
Trois sources publiques comptent les projets alimentaires territoriaux français. Elles donnent 450, 473 et 447.
Aucune ne publie la table de passage vers les deux autres.
Ce n'est pas un scandale, c'est une caractéristique du dispositif : trois producteurs, trois dates, trois objets. Mais il faut le savoir avant de citer un chiffre, et surtout avant de conclure quoi que ce soit sur ce qui se passe réellement dans un territoire.
## Les trois décomptes, et ce que chacun mesure
Le ministère chargé de l'agriculture publie l'état des reconnaissances : « Au 1er juillet 2025, 450 PAT sont reconnus par le ministère en charge de l'agriculture et de l'alimentation, dont 241 PAT opérationnels (niveau 2). »
C'est un acte administratif. Un projet reconnu a déposé un dossier, il a été instruit par la direction régionale compétente et par une instance multi-partenariale.
Le réseau national d'animation publie de son côté un fichier de fiches descriptives. Nous avons téléchargé son millésime du 27 juillet 2026 et compté les niveaux de labellisation : 473 fiches, dont 308 de niveau 2, 139 de niveau 1 et 26 en attente.
Et la carte nationale du même réseau affichait 447 projets recensés le jour de notre consultation.
Les écarts sont de 23 et 26 unités sur le total, et de 67 sur le seul niveau 2. Ils s'expliquent par les dates, l'année séparant les deux publications les plus distantes, et par la nature des objets comptés. Une reconnaissance ministérielle n'est pas une fiche renseignée dans un réseau d'animation.
En part, cela donne deux images différentes du dispositif. Le niveau 2 représente 65,1 % des fiches du fichier, mais 53,6 % du décompte ministériel. Selon la source retenue, on conclut que deux tiers ou que la moitié des projets sont opérationnels.
## Ce que le niveau 2 signifie exactement
La distinction entre niveaux est le seul élément qualitatif du dispositif, et elle est explicite.
Le niveau 1 identifie des projets « émergents dans leur construction ». Le niveau 2 correspond à des projets ayant « un plan d'actions effectives sur leur territoire, piloté par une instance de gouvernance établie ».
Les critères du niveau 2 ont par ailleurs été renforcés en 2024, ce qui complique la comparaison avec les labellisations antérieures.
Le fichier permet de situer chaque projet dans le temps. L'année de dernière labellisation se répartit ainsi : 185 fiches en 2024, 102 en 2025, 75 en 2021, 40 en 2023, 30 en 2022, 28 en 2026, 7 en 2020, une en 2017, et 5 sans année renseignée.
La concentration sur 2024 et 2025 est nette : 287 fiches sur 473, soit la majorité du fichier, portent une labellisation de ces deux années.
## Le fichier, et comment le lire
Le jeu de données comporte 256 colonnes par projet. Parmi elles, la surface agricole utile en hectares, le pourcentage de cette surface en agriculture biologique, le nombre de cantines inscrites, le nombre d'exploitations agricoles, le nombre d'habitants permanents du territoire, et les codes communaux couverts.
Nous avons mesuré la complétude de ces champs : ils sont renseignés sur 473 fiches sur 473. Cent pour cent.
Cette perfection est instructive. Aucune valeur nulle n'apparaît dans les champs de surface agricole ou de cantines, et les valeurs sont données avec deux décimales. Cela ressemble à un calcul automatique effectué à partir des contours du territoire, pas à une saisie manuelle par les porteurs de projet.
Autrement dit, ces champs décrivent un territoire. Ils ne mesurent pas ce que le projet y fait. C'est une distinction qu'aucune notice du fichier n'énonce, mais que la structure des données rend visible.
Le jeu comporte un modèle de données et un glossaire, mais aucun taux de complétude publié, et aucune notice de contrôle qualité.
## Les périmètres, et le piège de l'emboîtement
Un second jeu de données publie les contours géographiques, en treize ressources cartographiques couvrant les millésimes de 2024 à juillet 2026, en versions complètes et simplifiées, sous licence ouverte.
C'est l'outil qui permet de répondre à la question la plus simple : ma commune est-elle couverte ?
Mais il révèle aussi une propriété qui interdit un raccourci courant. Un territoire peut relever de plusieurs projets emboîtés, communal, intercommunal, départemental et régional.
Une note d'urbanisme d'octobre 2024 documente le cas d'une grande métropole française : « Au sein de la Métropole du Grand Paris, 6 PAT sont aujourd'hui mis en œuvre en plus du Plan Alimentaire Métropolitain ». Les porteurs sont une ville-centre, deux communes, deux établissements publics territoriaux et un département.
Sept dispositifs sur un même territoire. Le nombre de projets n'est donc pas un indicateur de surface couverte, et l'addition des périmètres compterait plusieurs fois les mêmes communes.
## Le cadre légal, en trois textes
L'article 39 de la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt du 13 octobre 2014 crée les projets alimentaires territoriaux, codifiés à l'article L. 111-2-2 du code rural et de la pêche maritime.
La loi du 30 octobre 2018 sur l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole crée une obligation d'affichage : la part de produits issus de ces projets entrant dans la composition des repas doit être affichée de façon permanente à l'entrée des restaurants collectifs.
Le dispositif de reconnaissance à deux niveaux existe depuis 2021, avec une candidature auprès de la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt, et une instruction associant une instance multi-partenariale régionale. Les porteurs reconnus peuvent utiliser une marque et un logo dédiés.
Côté financement, un appel à projets du programme national pour l'alimentation est lancé chaque année depuis 2016. L'édition 2023-2024 « a permis de soutenir l'émergence de 22 nouveaux PAT ». Un appel à candidature distinct soutient le passage en phase opérationnelle.
## Qui produit ces données
Ce point conditionne la confiance à accorder aux chiffres.
Le réseau qui publie les fichiers est un réseau national d'animation, soutenu par le ministère. Ce n'est pas un service statistique ministériel. Les fiches sont renseignées par les porteurs de projet eux-mêmes.
Cela ne les disqualifie pas. Cela signifie que la chaîne de production n'est pas celle d'une statistique agricole officielle, et que la comparaison entre deux fiches suppose que leurs auteurs aient interprété les champs de la même façon.
Le seul chiffre de production ministérielle est le décompte des reconnaissances.
## Ce qui n'existe pas
Aucun budget consolidé. Ni au niveau national, ni par projet, dans les sources que nous avons consultées.
Aucun indicateur d'impact, aucune évaluation nationale. Le nombre de projets mesure une labellisation administrative. Il ne dit rien de l'effet sur l'approvisionnement alimentaire d'un territoire, sur la part de production locale consommée localement, ni sur la résilience de la chaîne d'approvisionnement.
C'est la limite principale du sujet, et elle est structurelle : un dispositif conçu comme un cadre de coopération territoriale ne produit pas spontanément d'indicateurs de résultat.
Aucune série temporelle homogène non plus. Les millésimes du fichier, de mars 2024 à juillet 2026, changent de structure, sa taille passant d'environ 1,5 à environ 5,4 mégaoctets. Comparer directement les champs d'un millésime à l'autre n'est pas fiable.
Enfin, la part du territoire français effectivement couverte n'est pas publiée, et le nombre de projets ne permet pas de la déduire à cause des recouvrements. Le calcul serait possible à partir des contours cartographiques. Il serait alors notre résultat, et devrait être publié avec sa méthode complète.
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# Respecter la loi ne veut pas dire respirer un air sain
URL : https://citilience.fr/guides/qualite-de-l-air-dans-ma-commune/
Mise à jour : 19/09/2026
Les seuils réglementaires français, l'écart avec les lignes directrices de l'OMS, et les trois estimations de mortalité qu'il ne faut jamais confondre.
La quasi-totalité des agglomérations françaises respectent les valeurs limites réglementaires de qualité de l'air.
Et pourtant, l'exposition aux particules fines reste très largement supérieure à ce que recommande l'Organisation mondiale de la santé.
Ce n'est pas un paradoxe. C'est un choix de référence.
D'un côté, les valeurs limites : ce sont des obligations juridiques. En dessous, on respecte la loi. Elles servent de seuils à l'action réglementaire. Elles ne décrivent pas un niveau considéré comme sûr sur le plan sanitaire.
De l'autre, les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé : ce sont des repères sanitaires. Elles indiquent les niveaux en deçà desquels les risques deviennent nettement plus faibles. Elles n'ont aucune force contraignante.
Donc, première question devant un chiffre de qualité de l'air : à quoi est-il comparé ? À une valeur réglementaire, ou à une recommandation sanitaire ?
Ce n'est pas une question de chiffre. C'est une question de référentiel.
## Une valeur limite n'est pas un seuil de sécurité
Les chiffres de la qualité de l'air sont difficiles à lire pour une raison simple : il y en a plusieurs pour un même polluant.
Pour les PM2,5, les particules fines les plus petites, la valeur limite est de 25 µg/m³ en moyenne annuelle, la valeur cible de 20, l'objectif de qualité de 10, et la ligne directrice de l'Organisation mondiale de la santé de 5.
Quatre chiffres pour un seul polluant, du plus permissif au plus exigeant. Et un seul est contraignant.
Pour le dioxyde d'azote, la valeur limite annuelle est de 40 µg/m³ quand la ligne directrice est de 10.
Le rapport entre le droit et la recommandation sanitaire est donc de 5 pour les PM2,5 et de 4 pour le dioxyde d'azote.
Autrement dit : la réglementation en vigueur autorise des niveaux de pollution quatre à cinq fois supérieurs aux repères sanitaires de référence.
Ce n'est pas un oubli du législateur. Aligner les normes sur les recommandations produirait des dépassements immédiats et des obligations d'action considérables. Mais il faut le savoir pour lire correctement une phrase du type « la valeur limite est respectée ».
## Ce que mesure l'indicateur national, et ce qu'il cache
8,9 microgrammes par mètre cube.
C'est l'indicateur d'exposition moyenne aux particules fines en France en 2024, calculé à partir des mesures de 49 agglomérations.
Que dit ce chiffre ?
D'abord qu'il vaut 1,78 fois la ligne directrice sanitaire.
Ensuite qu'il se situe 16,1 microgrammes en dessous de la valeur limite réglementaire.
Le même chiffre permet donc d'écrire que la France respecte largement la loi, et qu'elle expose sa population à près du double du niveau recommandé. Les deux affirmations sont exactes.
C'est là toute la difficulté du sujet : respecter la réglementation et respirer un air recommandable ne sont pas la même chose.
Une précision nécessaire : cet indicateur est une moyenne nationale construite sur des agglomérations. Il ne dit rien de la qualité de l'air à une adresse précise.
## Les dépassements sont devenus rares, et c'est mesuré
L'air est plus propre. Dans le même temps, il reste trop pollué. Les deux accroches sont défendables, et c'est bien le problème.
En 2024, deux agglomérations seulement dépassaient la valeur limite pour le dioxyde d'azote, et trois pour les particules PM10. Pour l'ozone, dix-sept agglomérations dépassaient la valeur cible en moyenne sur trois ans, soit 10 % des agglomérations : la part la plus faible jamais observée.
Côté émissions, la baisse est massive. Entre 2000 et 2024, les émissions ont reculé de 65 % pour les oxydes d'azote, de 87 % pour le dioxyde de soufre, de 52 % pour les PM10 et de 59 % pour les PM2,5.
Mais une émission et une concentration respirée sont deux choses différentes. La quantité de polluants rejetés diminue. La concentration dans l'air dépend aussi de la météorologie, de la géographie et de la chimie atmosphérique.
Les progrès sont réels et considérables. Ils ne suffisent pas à atteindre les niveaux recommandés.
## La première source de particules est le chauffage, pas la voiture
Les particules fines sont spontanément associées à la circulation automobile. Les chiffres disent autre chose.
En 2024, le secteur résidentiel et tertiaire représente :
- 46 % des émissions primaires de PM10 ;
- 68 % des émissions primaires de PM2,5.
Ces particules proviennent principalement de la combustion du bois pour le chauffage domestique.
Pour les PM10, les autres contributeurs se répartissent ainsi : industrie 24 %, agriculture 20 %, transport routier 11 %.
Qu'est-ce que ça change ? Deux choses.
D'abord, la répartition mentale du problème est fausse. Le transport routier pèse 11 % des PM10, pas la majorité.
Ensuite, le levier principal est domestique. Contrairement à une industrie ou à un réseau de transport, un appareil de chauffage relève d'une décision individuelle : son type, son âge, son rendement, la qualité du combustible.
Ce n'est pas un constat confortable pour qui se chauffe au bois. Mais c'est là que se trouve la plus grande partie des émissions.
## Les trois chiffres de mortalité qu'il ne faut pas confondre
48 000 morts par an, 9 % de la mortalité. C'est le chiffre le plus cité quand on parle de pollution de l'air en France. C'est aussi le plus mal cité.
Pourquoi ? Parce qu'il porte sur la période 2007-2008, sur un périmètre géographique différent, et qu'il existe mieux : plus récent, plus précis.
L'estimation la plus récente donne 39 541 décès par an attribuables aux particules fines, pour la période 2016-2019. Soit 7,1 % de la mortalité, chez les personnes de 30 ans et plus, en France métropolitaine. L'intervalle de confiance s'étend de 14 160 à 61 690.
Une seconde estimation porte sur le dioxyde d'azote : 6 790 décès par an, soit 1,2 % de la mortalité. Ces deux chiffres ne s'additionnent pas, parce que les effets des deux polluants ne peuvent pas être simplement sommés.
Quant à l'estimation ancienne, elle n'est pas comparable à la récente : l'estimation de 2021 en est la réactualisation, avec une autre année de référence et une autre cartographie de la pollution.
En résumé, un chiffre de mortalité attribuable se cite toujours avec :
- sa période de référence ;
- sa population ;
- son périmètre géographique ;
- son intervalle de confiance.
Sans ces quatre éléments, on répète un nombre qui ne veut plus rien dire.
## Un indice quotidien ne dit rien de votre exposition
« L'indice est mauvais aujourd'hui, donc on est dans une situation grave. » L'indice ne dit pas ça.
Il agrège cinq polluants et retient le sous-indice le plus dégradé, avec six qualificatifs allant de bon à extrêmement mauvais. Il décrit une journée.
Or les effets sanitaires documentés ne portent pas sur une journée dégradée. Ils portent sur des moyennes annuelles d'exposition. C'est l'exposition de long terme qui produit les chiffres de mortalité attribuable.
L'indice du jour et l'exposition qui compte ne se lisent donc pas sur la même échelle de temps.
Par ailleurs, il ne faut pas confondre l'indice avec les seuils d'épisode, qui fonctionnent autrement :
- un seuil d'information et de recommandation vise les personnes sensibles ;
- un seuil d'alerte vise l'ensemble de la population et déclenche des mesures d'urgence préfectorales.
Point important : aucun seuil d'information ni d'alerte n'est fixé pour les PM2,5. Un épisode de pollution aux particules les plus fines ne déclenche donc aucune procédure à ce titre, alors que ce sont elles qui portent l'essentiel des effets sanitaires documentés.
## Ce que personne ne publie
Trois limites doivent être dites plutôt que contournées.
Une commune n'a pas forcément de station de mesure. Le dispositif national en compte 571, pour environ trente-cinq mille communes. La valeur affichée pour une adresse provient donc très souvent d'un modèle, pas d'une mesure. Cette différence n'est pas toujours signalée au lecteur, et elle change la fiabilité de l'information.
L'exposition individuelle réelle n'est pas mesurée. Le dispositif mesure l'air extérieur en un point fixe. Il ne sait rien des déplacements, du temps passé à l'intérieur, ni de l'air du logement, qui relève d'une autre famille de mesures.
Enfin, les licences de réutilisation des documents de bilan ne sont pas toujours explicites. Un tiers qui veut republier un tableau ne sait pas toujours s'il en a le droit.
La règle qui en découle : une donnée modélisée se présente comme modélisée. Et l'absence de station ne se comble pas par la valeur de la station voisine sans dire que c'est ce qu'on fait.
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# Le zonage dit une probabilité, le dosimètre dit une concentration
URL : https://citilience.fr/guides/radon-connaitre-le-potentiel-de-sa-commune-et-mesurer/
Mise à jour : 19/09/2026
Le zonage communal donne une probabilité, pas une concentration. Ce que disent les mesures, le protocole qui rend un résultat comparable, et son incertitude.
Trente-six logements de la campagne nationale dépassent le niveau de référence du radon.
Vingt-six sont dans des communes classées en potentiel significatif. Neuf sont dans des communes classées au potentiel le plus faible.
Un quart des cas se trouve donc là où la carte annonçait le moins de risque.
Ce seul chiffre résume tout le sujet : le zonage communal dit une probabilité, le dosimètre dit une concentration. Les deux ne se remplacent pas.
## Ce que le zonage classe vraiment
Le territoire est divisé en trois catégories de potentiel radon, en application du code de la santé publique et d'un arrêté de 2018.
Plus des trois quarts des communes sont en catégorie 1, la plus faible. Un peu plus de 19 % en catégorie 3, le potentiel significatif. Moins de 6 % en catégorie 2, définie par des facteurs géologiques particuliers facilitant le transfert.
Ce classement repose sur la géologie du sous-sol, et le potentiel de 36 093 communes a été mis à disposition en mai 2019.
Côté population, 12,2 millions d'habitants vivent en zone 3, soit 18 % de la population, répartis dans 72 départements.
## Le zonage fonctionne, mais statistiquement
Les mesures confirment que le classement a du sens. La part de logements au-dessus de 300 Bq/m³ passe de 3,1 % en catégorie 1 et 3,3 % en catégorie 2 à 24,5 % en catégorie 3.
Les médianes suivent : 35 Bq/m³, 47 Bq/m³ et 87,5 Bq/m³.
Un facteur huit sur le taux de dépassement, entre la catégorie la plus faible et la plus élevée. Le zonage est donc un bon indicateur de probabilité.
Mais deux précautions s'imposent, et les auteurs de l'étude les écrivent eux-mêmes.
La première est de méthode : « les résultats observés à l'échelle de l'échantillon de 427 logements ne sauraient rendre compte de la distribution des niveaux de radon au sein de chacune des zones ». Ces taux ne sont pas extrapolables à tous les logements d'une zone.
La seconde concerne la catégorie 2, où le taux de 3,3 % repose sur trente logements seulement. L'intervalle de confiance de la moyenne géométrique y va de 13,9 à 156 Bq/m³ : un écart d'un facteur onze, qui interdit de traiter ce chiffre comme une valeur stable.
## Ce que la mesure a trouvé dans le parc
La médiane du parc est de 40 Bq/m³. Le radon est détecté dans 71,4 % des logements.
La distribution monte ensuite rapidement : 80 Bq/m³ au troisième quartile, 204 Bq/m³ au neuvième décile, et un maximum de 1 775 Bq/m³ dans l'échantillon.
Deux paliers structurent la lecture de ces chiffres.
Le niveau de référence de 300 Bq/m³, en moyenne annuelle, dépassé dans 7,6 % du parc. Sa définition légale mérite d'être citée telle quelle : c'est un niveau « au-dessus duquel il est jugé inapproprié de permettre l'exposition des personnes, même s'il ne s'agit pas d'une limite ne pouvant pas être dépassée ».
Le niveau d'intervention renforcée de 1 000 Bq/m³, au-delà duquel un diagnostic du bâtiment par un professionnel est préconisé. Neuf logements sur 427, soit 0,74 % du parc, sont concernés.
## Le protocole conditionne la validité du résultat
Mesurer le radon coûte peu : de l'ordre de vingt-cinq à trente euros le dosimètre, analyse incluse. C'est la seule mesure d'air intérieur accessible à ce prix.
Mais le résultat ne vaut que si le protocole est respecté.
Deux dosimètres au minimum, à placer de préférence dans le séjour et dans une chambre. Dans les pièces de vie aux niveaux les plus bas occupés.
Au moins deux mois de pose, entre le 15 septembre et le 30 avril.
Cette fenêtre n'est pas une recommandation de confort. L'autorité de radioprotection écrit que seul un résultat obtenu dans ces conditions permet une estimation de la valeur moyenne annuelle, et donc une comparaison au niveau de référence.
Une mesure estivale, ou de trois semaines, produit un chiffre. Elle ne produit pas un chiffre comparable aux 300 Bq/m³.
## Une valeur de 300 n'est pas une valeur de 300
Point rarement dit, et pourtant décisif pour interpréter son propre résultat.
Le laboratoire qui a analysé les dosimètres de la campagne annonce une incertitude élargie de 52 Bq/m³ pour un niveau de 304 Bq/m³. Soit environ 17 % en relatif.
Aux niveaux plus élevés, le rapport reste stable : 106 Bq/m³ d'incertitude à 647 Bq/m³, et 263 Bq/m³ à 1 614 Bq/m³, soit environ 16,3 %.
Conséquence pratique : un résultat de 290 et un résultat de 320 ne sont pas distinguables. Traiter le niveau de référence comme une frontière nette, d'un côté rassurant et de l'autre inquiétant, est une erreur de lecture.
## Les obligations, et à qui elles s'appliquent
Pour un logement privé, aucune obligation de mesure, et aucune obligation de travaux même au-delà du niveau de référence.
L'obligation de mesurage porte sur certaines catégories d'établissements recevant du public situés en zone 3, avec une périodicité décennale. Une dispense existe si deux campagnes successives donnent des résultats tous inférieurs à 100 Bq/m³.
À la vente ou à la location en zone 3, le code de l'environnement impose en revanche d'informer l'acquéreur ou le locataire du risque, via un état des risques.
Et depuis le 1er juillet 2018, le risque radon est intégré à la démarche de prévention des risques professionnels.
## Ce que personne ne publie
Le chiffre le plus cité sur le radon est aussi le moins documenté. L'autorité de radioprotection avance environ 3 000 cancers du poumon attribuables au radon par an en France, deuxième cause derrière le tabagisme.
Nous le citons, parce qu'il est publié par l'organisme compétent. Mais avec cette réserve : la publication d'origine, la méthode de calcul et l'année de référence ne sont pas précisées par la source consultée.
Ce chiffre ne doit surtout pas être additionné ni comparé aux estimations de mortalité attribuable à la pollution de l'air extérieur. Polluant, périmètre, méthode et année de référence sont entièrement différents.
Trois autres limites méritent d'être dites.
Les données manquantes de la campagne sont massives sur ce volet : la mesure n'a pu se faire ou a été invalidée dans 144 logements, soit un défaut de représentation de près de 9 millions sur les 30 millions de résidences principales.
Le périmètre est la France métropolitaine continentale. La Corse et l'outre-mer ne sont pas couverts, alors que le zonage y classe des communes en catégorie 3.
Enfin, l'historique détaillé des mesures par zone existe — les auteurs renvoient explicitement à l'organisme qui en dispose — mais il n'est pas accessible comme jeu de données ouvert. On ne peut donc pas affiner le zonage par soi-même.
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# Quatre faits chiffrés seulement, et une conservation locale non mesurée
URL : https://citilience.fr/guides/semences-potageres-ce-que-la-reglementation-autorise/
Mise à jour : 19/09/2026
Depuis 2020, vendre des variétés anciennes non inscrites est légal, sous trois conditions strictes. Ce que le catalogue officiel contient, et ne dit pas.
Ce guide compte quatre faits chiffrés, là où nous en publions habituellement six. C'est volontaire, et c'est le premier enseignement du sujet.
Sur les semences potagères, la réglementation est précise et lisible. La mesure de ce qui se conserve réellement, elle, n'existe pas. Aucun recensement public des grainothèques, aucun volume conservé, aucune diversité par territoire.
Voici donc ce qui est établi, et la frontière exacte au-delà de laquelle les chiffres n'existent plus.
## Ce que la loi de 2020 a ouvert, et sous quelles conditions
La loi du 10 juin 2020 relative à la transparence de l'information sur les produits agricoles et alimentaires a modifié le code rural par son article 10.
Elle autorise la vente de semences de variétés du domaine public non inscrites au catalogue officiel français ou européen.
Cette ouverture est réelle. Elle est aussi strictement bornée par trois conditions cumulatives, et les trois sont régulièrement oubliées.
Première condition : la variété doit être du domaine public. L'organisme public compétent la définit comme « une variété sans titre de propriété intellectuelle valide (notamment COV) ». Le critère n'est donc pas l'ancienneté mais l'absence de titre : une variété créée au vingt-et-unième siècle peut être du domaine public, une variété du dix-neuvième peut ne pas l'être si un titre valide la couvre.
Deuxième condition : la vente doit être destinée aux amateurs uniquement. Une variété vendue à la fois aux jardiniers amateurs et aux professionnels reste soumise à l'obligation d'inscription.
Troisième condition, la plus contraignante : la vente doit être directe entre le metteur en marché et l'utilisateur, « sans intermédiaire comme une jardinerie ou une structure de vente sur Internet agrégeant les semences de plusieurs établissements semenciers ».
Cette dernière exigence exclut donc les circuits de distribution habituels. Un semencier peut vendre depuis son propre site, pas via une place de marché qui rassemble plusieurs producteurs.
## Ce que la dérogation supprime, et ce qu'elle laisse intact
Depuis l'été 2020, ces semences et plants « n'ont plus l'obligation de respecter les normes officielles en matière de pureté variétale, de pureté spécifique et de germination ».
Trois normes techniques levées. C'est ce qui rend la vente économiquement possible pour de petits volumes.
Mais deux choses subsistent, et il faut les dire à l'acheteur comme au vendeur.
Les règles sanitaires continuent de s'appliquer intégralement. La dérogation porte sur la qualité technique du lot, pas sur la santé des végétaux.
Et l'identité variétale n'est pas garantie. Une graine vendue sous un nom de variété ancienne peut ne pas correspondre exactement à cette variété, et l'acheteur n'a aucun recours normatif sur ce point.
## Ce que contient le catalogue officiel
Le catalogue officiel français des espèces et variétés de plantes cultivées « est riche de plus de 9 000 variétés pour 190 espèces ».
Attention à l'échelle : ce total couvre toutes les plantes cultivées, grandes cultures, fourragères, fruitières et légumières confondues.
Pour les légumes, le seul décompte publié que nous ayons trouvé concerne le patrimoine : « sur les listes a, b, c et d du Catalogue officiel français, sont inscrites 550 variétés faisant partie de l'histoire légumière nationale ».
Ces 550 variétés ne sont donc pas une part des 9 000. Les deux nombres ne portent pas sur le même périmètre, et les rapporter l'un à l'autre produirait un pourcentage dépourvu de sens.
Le catalogue est piloté par le ministère chargé de l'agriculture, qui publie au Journal officiel les arrêtés d'inscription et de radiation sur propositions du comité technique permanent de la sélection des plantes cultivées. Le catalogue en ligne est la consolidation de l'ensemble de ces arrêtés. Toute variété inscrite sur un catalogue national est portée au catalogue commun de l'Union européenne et devient commercialisable dans l'Union.
## Les quatre listes, et pourquoi deux d'entre elles comptent
La nomenclature des espèces légumières distingue quatre listes, et cette structure est peu connue.
La liste a regroupe les variétés dont les semences peuvent être certifiées comme semences de base ou certifiées, ou contrôlées comme semences standards, et qui sont commercialisables en France.
La liste b couvre celles contrôlables uniquement en semences standards.
La liste c est dédiée aux variétés de conservation : cultivées dans des régions spécifiques, menacées d'érosion génétique, et commercialisables dans leur région d'origine.
La liste d, enfin, rassemble les variétés sans valeur intrinsèque pour la production commerciale, créées pour répondre à des conditions de culture particulières, dont la récolte est « principalement destinée à l'autoconsommation ».
Ces deux dernières listes existent précisément pour les usages non industriels. Elles sont la voie prévue par le droit pour une variété locale ou patrimoniale, et elles sont peu mobilisées.
## Le coût réel d'une inscription
L'inscription au catalogue a un prix, et il est publié.
Pour une tomate, environ 2 900 euros. Pour un blé, environ 12 000 euros. Ces montants correspondent aux droits couvrant les examens d'identité variétale et de valeur agronomique.
Mais une disposition rarement citée existe : pour les variétés patrimoniales ou répondant à un usage en circuits courts en espèces légumières, ces frais peuvent être intégralement pris en charge par le ministère de l'Agriculture ou par l'interprofession des semences et plants.
Une association ou une collectivité qui souhaite inscrire une variété locale n'a donc pas nécessairement à porter ce coût. C'est une information à demander avant de renoncer.
Une fois inscrite, une variété patrimoniale fait l'objet de « contrôles réalisés tous les 5 ans sur les stations GEVES dans le cadre des Contrôles de Maintenance ». L'inscription crée donc une obligation de suivi dans le temps, pas seulement un acte initial.
Ces trois chiffres, coûts et périodicité, proviennent d'une note de septembre 2020 qui n'a pas été actualisée depuis à notre connaissance. Nous les publions avec cette date.
## Un ordre de grandeur à ne pas transposer
La même note donne une indication sur le blé : « sur plus de 2 500 variétés de blé enregistrées au niveau européen, moins de la moitié sont couvertes par un COV valide sur le territoire français ».
Ce chiffre est intéressant parce qu'il montre l'ampleur du domaine public potentiel dans une espèce donnée.
Mais il porte sur une grande culture, dont l'économie semencière n'a rien à voir avec celle des légumes. Nous ne le transposons pas aux espèces potagères, et personne ne devrait le faire.
## Ce que le catalogue ne dit pas
Il liste des variétés autorisées à la commercialisation. C'est tout.
Il ne dit pas quelles variétés sont effectivement cultivées. Ni les volumes de semences potagères vendus en France : nous n'avons retrouvé aucune statistique publique sur ce point. Ni la diversité réellement présente dans les jardins.
Un catalogue d'autorisations n'est pas un inventaire de la diversité cultivée. La confusion entre les deux est facile et elle conduit à surestimer ce que l'on sait.
## Les chiffres qui n'existent pas
Aucune donnée quantitative publique sur la conservation locale de semences. Nombre de grainothèques en France, volumes conservés, diversité conservée par territoire, nombre d'échanges : aucun de ces chiffres n'a été retrouvé.
Aucun décompte fiable des variétés légumières actuellement inscrites. Le catalogue en ligne est une application de recherche dynamique dont les totaux par groupe d'espèces ne sont pas affichés en texte lisible. Nous nous en tenons donc aux 550 variétés patrimoniales de 2020, sans publier d'autre valeur.
Aucune mesure de l'érosion génétique. C'est le point le plus frappant du dossier : une liste entière du catalogue est dédiée aux variétés « menacées d'érosion génétique », mais aucun indicateur public de cette érosion n'existe. Ni nombre de variétés perdues, ni tendance.
Le droit organise donc la protection d'un patrimoine dont il ne mesure pas la disparition.
Nous n'avons pas non plus pu vérifier l'état en vigueur de l'article du code rural modifié en 2020, ni l'existence d'arrêtés récents d'inscription ou de radiation. Nous rapportons donc le contenu de cet article tel que l'organisme public compétent le décrit, et pas autrement.
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# La loi garantit un délai, jamais une proximité
URL : https://citilience.fr/guides/stock-de-pieces-d-un-quartier-ce-qui-n-est-pas-mesure/
Mise à jour : 19/09/2026
Aucun inventaire public de pièces par territoire n'existe en France. Ce que la loi garantit vraiment, et ce qu'elle laisse entièrement hors mesure.
Ce guide ne contient presque rien de ce qu'on attendrait d'un guide sur les stocks de pièces.
Pas de volume, pas de liste de pièces critiques, pas de coût de constitution, pas de taux de couverture. Non par paresse : parce qu'aucune de ces données n'existe dans les sources publiques françaises.
Nous publions ce relevé de lacunes parce que le vide lui-même est une information utile. Quand on sait ce qui n'est pas mesuré, on cesse de chercher, et on se rabat sur ce qui existe.
## Ce que la loi garantit vraiment
Les obligations françaises et européennes portent toutes sur la même chose : la capacité d'un fabricant à fournir une pièce, dans un délai, à l'échelle nationale.
Cinq ans en droit français pour les ordinateurs portables et les téléphones mobiles multifonctions. Dix ans pour les lave-linge, sept ans pour les réfrigérateurs, les écrans, les smartphones et les tablettes selon les règlements européens d'écoconception. Huit ans pour le micrologiciel des écrans.
Quinze jours ouvrables de livraison pour une pièce de lave-linge. Cinq jours ouvrables pour une pièce de smartphone pendant les cinq premières années, dix ensuite.
Ce sont des garanties réelles et opposables. Ce ne sont pas des garanties de proximité.
Le décret français, par exemple, impose que les fabricants « assurent la disponibilité des pièces détachées pendant une durée minimale de cinq ans ». Aucun mot sur un volume, une localisation, un stock minimal, ni une quelconque déclaration.
## La confusion à éviter absolument
Un délai de cinq jours ouvrables sonne comme une proximité. Ce n'en est pas une.
Cinq jours ouvrables sont parfaitement compatibles avec un stock unique situé hors de France, voire hors d'Europe. Le délai mesure un acheminement, pas une distance.
Autrement dit : la réglementation européenne garantit qu'une pièce arrivera, elle ne garantit pas qu'elle existe quelque part près de vous. Et si la chaîne d'acheminement est perturbée, aucune obligation légale ne s'y substitue.
C'est exactement la question qu'un raisonnement de résilience locale pose, et c'est exactement celle que les textes ne traitent pas.
## La seule donnée territoriale du sujet
Il existe une donnée publique à maille départementale sur la réparation. Elle ne porte pas sur les pièces, mais sur les gens.
Dans plusieurs départements et territoires d'outre-mer, on compte moins de 60 réparateurs pour 100 000 habitants, tous biens confondus hors automobile. Et pour certaines catégories de produits, l'agence publique relève « parfois moins d'un réparateur pour 100 000 habitants, et une disparité forte entre les zones urbaines et rurales ».
Moins d'un pour cent mille habitants : pour une catégorie de produits donnée, un département entier peut n'avoir aucun réparateur.
Le poids économique du secteur, hors automobile, est de 59 000 entreprises, 89 600 emplois dont 45 200 salariés, et 9,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires. La moitié des emplois sont donc non salariés, ce qui dessine un tissu d'indépendants.
Les équipements électriques et électroniques en représentent 21 000 entreprises et 43 700 emplois, soit 36 % des entreprises mais 49 % des emplois : des structures un peu plus grandes que la moyenne du secteur.
Cette donnée est un substitut honnête à ce qu'on cherchait, à condition de la nommer pour ce qu'elle est. Une densité d'opérateurs, pas une disponibilité de pièces.
## Une précaution sur ces chiffres
Sur un sujet où les données sont rares, la tentation de reprendre le chiffre le plus commode est forte. Nous l'avons rencontrée.
Trois jeux de valeurs circulent pour la même étude. Le rapport indique 144 000 entreprises, 256 300 emplois et environ 33 milliards d'euros pour l'ensemble du secteur. L'infographie du même éditeur indique 144 400, 255 400 et 33,1 milliards. Des notices de reprise tierces indiquent 157 000 entreprises et environ 35 milliards.
Nous retenons la version du rapport et signalons les écarts. Un écart de 13 000 entreprises entre deux reprises de la même étude est le genre de détail qui doit rendre prudent sur la précision affichée.
## L'obligation de proposer des pièces d'occasion, et sa portée réelle
Un décret de décembre 2021 impose au réparateur de proposer des pièces issues de l'économie circulaire, sur six familles d'équipements, les pièces concernées étant listées à l'article R. 224-32 du code de la consommation.
Deux points en limitent la portée pour un raisonnement de stock.
Le premier : l'obligation porte sur le fait de proposer, pas sur celui de détenir. Aucun stock n'est requis.
Le second : elle tombe lorsque la pièce n'est pas disponible dans un délai compatible avec la prestation. Et comme le délai de la prestation est fixé par le réparateur, la clause est large.
Un troisième décret du même jour impose l'information du consommateur sur les conditions de vente de ces pièces. Aucune remontée de données n'est prévue par ces textes : aucune statistique n'existe donc sur leur application.
## Le fichier 3D n'est pas un substitut disponible
L'idée est séduisante : remplacer un stock physique par un fichier numérique et une capacité d'impression.
La loi de février 2020 l'a d'ailleurs anticipée, en prévoyant que le fabricant fournisse, pour certaines catégories de biens définies par décret, le plan d'impression d'une pièce indispensable devenue indisponible.
Mais l'obligation est doublement conditionnée : aux catégories définies par décret, et au consentement du détenteur de la propriété intellectuelle. Nous n'avons pas identifié de décret publié listant ces catégories.
À quoi s'ajoute une autre lacune, du côté de la capacité. L'agence publique fait explicitement du référencement et de la certification des lieux de fabrication et de leur parc machines une action à créer. Ce qui établit qu'aucun recensement n'existe.
Donc : ni base juridique opérante pour obtenir le fichier, ni recensement des capacités pour l'imprimer. La substitution n'est pas disponible en l'état.
## Ce que personne ne publie
La liste est longue et vaut d'être posée telle quelle.
Aucun inventaire public de stocks de pièces par territoire, à aucune maille : quartier, commune, intercommunalité, département, région.
Aucune définition réglementaire ou normative d'un stock stratégique de pièces, ni d'une pièce critique à l'échelle locale.
Aucun registre, aucune obligation de déclaration de stock pesant sur les fabricants, importateurs, distributeurs, réparateurs labellisés ou éco-organismes.
Aucune base consolidée de prix de pièces détachées, malgré l'obligation européenne de publication sur les sites des fabricants.
Aucun taux de rupture de pièces. Aucun délai de livraison réellement constaté, seuls les maximums légaux étant connus. Aucun taux de conformité des fabricants à leurs obligations.
Aucune part des réparations échouées faute de pièce : l'enquête nationale identifie la difficulté d'accès à certaines pièces comme un frein, sans le quantifier.
Aucune surface, aucun volume, aucune valeur de stock d'un atelier, d'une recyclerie ou d'une matériauthèque. On sait seulement que 13 % des tiers-lieux déclarent disposer d'une matériauthèque ou d'une ressourcerie, sans aucune indication de contenu.
## Ce qu'on peut faire avec ça
Trois substituts existent, et il faut les nommer pour ce qu'ils sont.
Les durées légales de disponibilité : seules garanties chiffrées opposables, mais nationales et sans localisation.
La densité de réparateurs pour 100 000 habitants : seule maille territoriale publique, mais elle mesure des opérateurs.
Le nombre de points de réparation labellisés, plus de 6 500 en 2025 : proxy d'accès à la réparation, pas de stock.
Et une quatrième piste, qui n'est pas une donnée publique mais qui est la plus solide : le relevé qu'on fait soi-même. Les pannes réellement rencontrées sur un parc d'équipements identifié, et les pièces qui ont manqué.
Ce n'est pas une statistique. Mais sur un sujet où la statistique n'existe pas, un relevé daté et circonscrit vaut plus qu'un chiffre national inventé.
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# Le chiffre le plus cité du sujet est celui qui n'a pas de source
URL : https://citilience.fr/guides/stocks-alimentaires-d-une-ville-la-seule-etude/
Mise à jour : 19/09/2026
Une seule agglomération française a fait chiffrer son autonomie alimentaire en jours par un organisme public. Ce qu'elle trouve, et ce qui n'est pas transposable.
« Une ville n'a que trois jours de nourriture. »
Cette phrase circule partout. Elle sert d'argument dans des rapports, des conseils municipaux, des articles.
Nous avons cherché sa source primaire. Nous ne l'avons pas trouvée.
Ce qui existe, c'est une étude, une seule, portant sur un seul territoire, publiée par un organisme public en octobre 2024. Elle donne un autre chiffre, avec une méthode explicite et des réserves que son auteur écrit lui-même.
Ce guide s'en tient à cette étude, et à ce qu'elle permet de dire.
## Ce que l'étude trouve pour Paris
L'Atelier parisien d'urbanisme, agence d'urbanisme financée sur fonds publics, a été chargé par la Ville de Paris d'un état des lieux de la filière alimentaire et de sa résilience.
Sa conclusion : « on estime disposer des denrées nécessaires pour alimenter Paris et ses habitants pendant 5 à 7 jours ».
Cinq à sept jours, pas trois. Et ce total agrège trois sources de stock très inégalement documentées.
Les réserves à domicile : 1,5 à 5 jours. Une fourchette large, qui dépend d'hypothèses sur la fréquence des courses et la taille des logements.
Les commerces et la restauration collective : 2 jours.
Les entrepôts logistiques de Paris : 1,5 à 2 jours.
C'est ce dernier volet qui est le plus solide, parce qu'il repose sur un recensement de sites et non sur une hypothèse de comportement.
## Contre-épreuve sur le volet entrepôts
L'étude fournit assez de nombres pour refaire son calcul, ce qui est rare et mérite d'être fait.
Cinq entrepôts parisiens sont recensés, représentant 13 100 m² de surface, soit près de 14 000 m³ de volume de stockage utile.
Le besoin quotidien en denrées crues emballées est estimé à 6 380 m³ pour les seuls résidents, et 8 580 m³ si l'on compte les personnes présentes en journée.
La division donne 2,19 jours dans le premier cas, 1,63 jour dans le second.
Ces deux valeurs encadrent précisément la fourchette publiée de 1,5 à 2 jours. La borne basse correspond à la population présente en journée, la borne haute aux seuls résidents.
Le calcul est donc cohérent avec la source. C'est le genre de vérification qui donne confiance dans un chiffre — ou qui, quand elle échoue, en retire.
## Le tonnage quotidien, et ce qu'il représente
Pour nourrir 2,1 millions de Parisiens, l'étude estime le besoin à 3 090 tonnes de denrées cuites par jour. Pour les personnes présentes en journée, 4 156 tonnes.
En denrées crues, les valeurs sont de 2 486 et 3 343 tonnes.
À l'échelle de la Métropole du Grand Paris, on passe à 10 063 et 11 206 tonnes cuites.
Le panier de référence retenu pèse 1,45 kg par personne et par jour : 53 g de protéines, 40 g de matières grasses, 100 g de produits laitiers, 625 g de féculents, 625 g de fruits et légumes.
La somme se vérifie : 1 443 g, soit les 1,45 kg annoncés.
Traduit en catégories pour Paris, cela donne 114 tonnes de protéines, 86 tonnes de matières grasses, 215 tonnes de produits laitiers, 1 340 tonnes de féculents et 1 340 tonnes de fruits et légumes, chaque jour, pour 6,5 millions de repas.
## La réserve que l'éditeur écrit lui-même
Ce passage de l'étude mérite d'être cité intégralement, parce qu'il change la nature du chiffre :
« Il convient de rappeler ici que l'autonomie alimentaire présentée ici est calculée sur les besoins nutritionnels de la population, et non la consommation réelle de la population, qui peut relever d'une répartition différente des catégories d'aliments et de leurs quantités dans un panier-repas. Compte-tenu du gaspillage alimentaire, qui tend à être réduit mais reste présent, la consommation réelle peut être considérée comme plus importante que le besoin théorique. »
Traduction : le besoin retenu est un plancher nutritionnel, pas une demande observée. Si la consommation réelle est supérieure, l'autonomie réelle est inférieure aux 5 à 7 jours annoncés.
À quoi s'ajoute la provenance du référentiel protéique : le Manuel Sphère, édition 2018. C'est un référentiel d'aide humanitaire, pas un référentiel nutritionnel français. Un choix défendable dans un contexte de crise, mais qui doit être connu de qui cite le chiffre.
## Paris, sa métropole, et l'absence de froid
Le contraste le plus net de l'étude n'est pas dans les jours, il est dans les surfaces.
Paris : 12 650 m² dédiés au stockage de denrées, dont 5 400 m² répartis sur trois sites. Et cette phrase, telle quelle dans le rapport : « Il n'existe pas de site logistique réfrigéré sur le territoire Parisien. »
La Métropole du Grand Paris : 980 560 m², dont 376 000 m² dans 29 entrepôts de la grande distribution et 179 000 m² répartis sur 27 sites logistiques frigorifiques.
Un facteur de 78 entre les deux surfaces.
Cela dit quelque chose de précis sur la nature de la dépendance. Paris ne stocke pas : elle reçoit. Ses réserves de produits frais ne sont pas dans ses murs, elles sont dans la couronne, et leur acheminement quotidien est la condition du fonctionnement.
Pour une collectivité qui examine sa propre situation, la question utile n'est donc pas « combien de m² de stockage sur mon territoire », mais « combien de m² frigorifiques, et à quelle distance ».
## Aucune obligation légale, et une tentative rejetée
Nous n'avons trouvé aucune obligation légale française de constitution de stocks alimentaires municipaux.
Une tentative a existé. La proposition de résolution sénatoriale n° 588, déposée le 20 juin 2019, demandait de rénover la loi du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile pour y intégrer la résilience alimentaire, et d'examiner le foncier agricole nourricier comme secteur d'activité d'importance vitale au sens de l'article R. 1332-2 du code de la défense.
Elle a été rejetée le 12 décembre 2019, par 157 voix contre 141 et 24 abstentions.
Ce point mérite d'être signalé parce que ce texte est parfois cité comme s'il était en vigueur. Une proposition de résolution rejetée n'a aucune portée normative.
## Ce que personne ne publie
Un seul territoire est couvert, à une seule date. Pas de deuxième agglomération française étudiée, donc aucune comparaison possible et aucune moyenne nationale.
Aucune série temporelle. Une mesure en octobre 2024, sans actualisation annoncée.
Aucun jeu de données ouvert. L'étude est un rapport ; ni la liste des entrepôts, ni les surfaces site par site ne sont publiées sous forme réutilisable. Le résultat n'est pas reproductible par un lecteur.
Et quatre angles morts que l'étude ne prétend pas couvrir : les stocks détenus par la grande distribution et les plateformes logistiques privées, qui relèvent de données commerciales ; les stocks du marché de gros en tant que tels ; la durée de reconstitution des flux après une rupture ; les éventuels stocks stratégiques de l'État. Sur ces quatre points, cette donnée n'est pas disponible.
Il faut enfin dire d'où viennent les facteurs de conversion, parce que l'éditeur le dit. En notes, l'étude cite des masses volumiques relevées dans le commerce, deux sites web de nutrition grand public, un sondage réalisé auprès de 1 002 personnes en novembre 2020 et un article de presse professionnelle de septembre 2019.
Ce n'est pas une critique de l'étude, qui assume ces choix faute d'autre chose. C'est une raison de ne pas traiter les 5 à 7 jours comme une mesure. Et une raison supplémentaire de ne pas le transposer ailleurs : sur un sujet où la seule étude existante doit recourir à ces sources, un chiffre avancé sans méthode publiée ne vaut rien.
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# Ce que mesure vraiment la surface agricole d'une ville
URL : https://citilience.fr/guides/surfaces-agricoles-autour-d-une-ville/
Mise à jour : 19/09/2026
Les mètres carrés qu'il faut pour nourrir une personne, ce que contient vraiment la surface agricole d'une métropole, et le chiffre d'autonomie à ne pas citer.
Combien de terres agricoles faut-il pour nourrir une ville ? Cela semble une question simple. Elle n'a pas de réponse simple.
En France, une seule estimation publiée et documentée s'est risquée au calcul : 3 680 mètres carrés par personne et par an.
Ce chiffre peut paraître énorme. Ou pas. Difficile de le juger sans point de comparaison.
Mais il y a un détail décisif : il ne reflète pas ce qui pousse en France. Il est calculé sur la base des flux commerciaux. Autrement dit, il intègre les terres agricoles des pays d'où la France importe ses denrées.
Donc non, la surface qui nourrit une ville n'est pas autour d'elle.
On pourrait se dire qu'il suffit de regarder la surface agricole d'une région. Sauf que la vraie question n'est pas « quelle est la surface agricole autour d'une ville », mais « de quelle surface agricole est-elle dépendante, où qu'elle se trouve ».
Cette dissociation entre la surface locale et la surface réelle d'alimentation, c'est ça la dépendance.
Et elle ne se voit pas, tant que les flux arrivent.
## Ce que compte vraiment la surface agricole d'une métropole
Le registre parcellaire de 2022 recense, sur le territoire de la Métropole du Grand Paris, 370 parcelles agricoles totalisant 1 640 hectares. Essentiellement des grandes cultures : blé tendre, orge, colza, maïs. Pas du maraîchage.
Rapporté aux sept millions d'habitants du territoire, cela fait 2,31 mètres carrés par habitant.
Soit environ 0,06 % de l'empreinte alimentaire d'une personne.
Une note importante avant de conclure quoi que ce soit : ce registre ne contient que les parcelles déclarées à la politique agricole commune. Son propre descriptif indique qu'il manque des surfaces agricoles. Le chiffre est donc un plancher, pas un inventaire.
## Le calcul qu'il faut refaire soi-même
Combien de surface pour nourrir Paris en fruits et légumes ?
Un besoin par jour. Un rendement au mètre carré. Ça donne un ordre de grandeur.
Selon l'agence d'urbanisme, il faut 1 340 tonnes de fruits et légumes par jour pour les 2 146 000 habitants de Paris, soit 489 100 tonnes par an.
Aux rendements nationaux publiés, 2,3 kilos par mètre carré pour les légumes frais et 1,9 pour les fruits, cela demande entre 21 000 et 26 000 hectares. À comparer aux 1 640 hectares agricoles du territoire métropolitain.
Les limites du calcul font partie du résultat :
- la répartition entre fruits et légumes n'est pas publiée ;
- aucune perte après récolte n'est intégrée ;
- le besoin de départ est un besoin nutritionnel théorique, pas une consommation observée ;
- le calcul ne porte que sur les fruits et légumes, pas sur l'ensemble des besoins alimentaires.
Mais c'est justement ça qui est utile. Prendre une hypothèse simple, la poser, la travailler. Pas pour sortir un chiffre qui sera repris partout. Pour obtenir un chiffre qui sert à penser, et qu'on peut contester ligne par ligne.
## Un rendement de production n'est pas un rendement de potager
Les rendements publiés, 2,3 kilos par mètre carré pour les légumes frais et 1,9 pour les fruits, ont un usage précis. Ils servent à convertir une consommation alimentaire en surface de production agricole.
Ils ont deux limites.
Ce sont des moyennes nationales, toutes espèces confondues, à usage statistique. Appliquer cette moyenne à une culture particulièrement gourmande en surface donne un résultat faux.
Et ils décrivent une production professionnelle en plein champ, pas un potager.
Résultat : cent kilos de légumes frais correspondent à 43,5 mètres carrés de production professionnelle. Ce nombre ne dit rien de la surface d'un jardin qui produirait la même quantité.
Utiliser ces chiffres pour estimer un potager, c'est se tromper d'outil. Et l'erreur fausse toute l'analyse dès le départ.
Donc quand on parle de la surface agricole nécessaire à l'alimentation d'un territoire, ces rendements sont les bons. Quand on veut estimer ce que rend un jardin, il faut autre chose.
## La surface qui compte est celle qui disparaît
La surface agricole métropolitaine recule, mais lentement : entre les deux derniers recensements, elle est passée de 26 963 252 à 26 745 875 hectares, soit une baisse de 0,8 %.
Cette faible baisse masque une transformation plus profonde. Le nombre d'exploitations a chuté de 20,4 %, tandis que la surface moyenne de chacune augmentait de 24,7 %. Moins d'exploitations, plus grandes.
En parallèle, la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers a atteint 19 263 hectares pour la seule année 2023. C'est le niveau le plus bas depuis 2011, pour un cumul de 297 236 hectares sur la période.
Le phénomène est très concentré : 5,5 % des communes portent 40 % de la consommation nationale.
Ces données sont publiées à la maille communale et en accès libre. C'est, sur tout ce sujet, la seule mesure qu'un lecteur peut vérifier lui-même pour son propre territoire.
Deux réserves l'accompagnent. L'indicateur enregistre un changement de qualification cadastrale au commencement des travaux, pas une perte de capacité de production. Et chaque millésime remplace intégralement le précédent, avec des corrections rétroactives : un chiffre trouvé dans un article ancien est périmé, même pour une année ancienne.
## Pourquoi une ville exporte ce qu'elle produit
« La ferme est juste à côté, on devrait pouvoir manger local. »
Le raisonnement paraît évident. Mais la proximité d'une surface agricole n'est pas un gage d'alimentation locale.
Parce que l'agriculture a besoin de débouchés. Et les débouchés d'une ferme ne sont pas forcément son voisinage.
À l'échelle nationale, 40 % de la surface agricole française est au service des exportations, et les importations représentent l'équivalent de 30 % de cette même surface.
Les fruits et légumes, eux, occupent 1,3 % de la surface agricole française, soit 376 000 hectares, quand l'empreinte des fruits et légumes consommés en France vaut 756 000 hectares. Le rapport est du simple au double.
Le degré d'autonomie qui en résulte :
- 82 % pour les légumes hors pomme de terre ;
- 101 % pour les fruits tempérés ;
- nul pour les produits tropicaux et les agrumes, hors production d'outre-mer.
Ce qui manque à un territoire, ce n'est donc pas de la terre. C'est un débouché de proximité.
## Le chiffre d'autonomie qu'il faut manier avec des gants
« 96,9 % de la production agricole locale est consommée ailleurs. » Vous avez probablement déjà vu ce chiffre. Fort, frappant, implacable.
Il vient d'une note publiée en 2017 par un cabinet de conseil privé. La publication existe bien, elle a été retrouvée, et elle n'est pas inventée.
Le problème est ailleurs. L'indicateur est défini en valeur monétaire des produits agricoles incorporés, ce qui n'est pas la même chose qu'un volume ou qu'une calorie. Le périmètre repose sur un zonage d'aires urbaines ancien. Et la méthode de calcul n'est pas publiée avec assez de détail pour qu'un tiers puisse la reproduire.
Le fameux 2,1 % d'autonomie alimentaire moyenne des cent premières aires urbaines françaises est donc une estimation privée, pas une statistique publique.
Alors que faire ? Le citer en nommant sa nature. « Une note publiée en 2017 par un cabinet de conseil estime que » ne vaut pas « selon une étude ».
Ce chiffre ne disparaîtra pas, il est déjà installé dans le discours public. Mais on peut au moins dire ce qu'il est.
## Ce que personne ne publie
Trois données n'existent pas publiquement sur ce sujet.
Un bilan d'autosuffisance alimentaire par ville, calculé par une autorité publique avec une méthode reproductible. Ce référentiel n'existe pas. En son absence, on ne trouve que des travaux aux périmètres, aux méthodes et aux définitions variables, qui donnent des résultats disparates et rarement explicites sur ce qu'ils mesurent.
Un inventaire des surfaces maraîchères effectivement destinées à la consommation locale, distinctes des surfaces simplement déclarées en légumes. La distinction compte dans les débats sur la souveraineté alimentaire. Elle est absente des données publiques.
Et le détail agricole de la consommation d'espaces. L'indicateur public agrège les espaces naturels, agricoles et forestiers en un seul total : il ne permet pas de dire combien d'hectares strictement agricoles une commune a perdus.
Et une mesure des stocks alimentaires réellement disponibles sur un territoire à un moment donné. On trouve des données de production et des capacités de stockage. Aucune mesure publique des quantités disponibles.
Ce sont des absences, pas des zéros. Une absence de donnée ne se remplace pas par un ordre de grandeur plausible.
C'est une case vide. Et les cases vides finissent par être remplies par des chiffres qui se répètent d'article en article, sans source, jusqu'à passer pour vrais.
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# Ce n'est pas le vent qui coupe le réseau, c'est l'électricité qui manque
URL : https://citilience.fr/guides/tempetes-et-cyclones-ce-que-les-rex-chiffrent/
Mise à jour : 19/09/2026
Courbes de perte et de rétablissement réellement mesurées après Chido, Ciaran et Alex. Ce qui casse le réseau, et ce qui retarde sa réparation.
Après la tempête Ciaran, un opérateur mobile a examiné ses sites hors service. Quatre-vingt-dix pour cent l'étaient par manque d'électricité. Dix pour cent pour des causes physiques : antennes désorientées, accès impossible.
Après la tempête Alex, le constat converge : « une très grande majorité des sites radio impactés durant la crise a pu à nouveau fonctionner dès le retour de l'électricité ».
Le réseau télécom ne casse pas beaucoup pendant une tempête. Il s'éteint.
Cette distinction n'est pas un détail de vocabulaire : elle décide entièrement du délai de retour du service.
## Mayotte, décembre 2024 : la courbe complète
Le cyclone Chido fournit le retour d'expérience le plus détaillé disponible, parce que la destruction y a été quasi totale et le suivi documenté.
Sur le mobile, la perte a porté sur 94 à 98 % des antennes — alimentation coupée, pylônes et équipements endommagés, liaisons hertziennes hors service.
Le rétablissement s'est fait par paliers nettement séparés.
Les appels d'urgence à J+1. Cinquante pour cent de la couverture à J+7. Cent pour cent à quatre semaines.
Sur le réseau fixe cuivre, la trajectoire est tout autre : perte de la totalité du réseau, et 30 % seulement du service rétabli au bout de cinq semaines.
Autrement dit, à l'instant où le mobile était entièrement revenu, le fixe n'avait pas retrouvé le tiers de son service.
Cet ordre mérite d'être retenu, car il est contre-intuitif pour qui considère le fixe comme la voie robuste et le mobile comme la voie fragile.
## Le vrai goulot d'étranglement : le propriétaire du poteau
Voici le chiffre le plus instructif de tous les retours d'expérience consultés.
Après Ciaran, la réparation des appuis aériens a suivi deux rythmes radicalement différents selon leur propriétaire.
Le gestionnaire du réseau électrique : 90 % des appuis rétablis en deux semaines, 100 % en deux mois.
Les appuis télécoms : plus de six mois.
Un rapport d'environ douze entre les deux rythmes, sur le même territoire, après le même événement, pour des supports parfois plantés dans le même sol.
Une explication structurelle est avancée par la Cour des comptes : les opérateurs télécoms, qui ne figurent pas parmi les usagers en service prioritaire au sens de l'arrêté de 1990 sur le délestage, dépendent des priorités de rétablissement décidées par les propriétaires du génie civil.
Conséquence pratique pour un habitant ou une collectivité : savoir qui possède les poteaux de son quartier en dit plus long sur le délai de retour du service que n'importe quelle caractéristique technique de la fibre.
## L'ampleur ne dit rien de la durée
Sur un réseau d'initiative publique breton, Ciaran n'a privé de service que 2 % des clients en moyenne, et jusqu'à 4 % dans le Finistère.
Un bilan qui paraît modeste. Sauf que certaines de ces coupures ont duré « jusqu'à plus de dix jours ».
Ces deux dimensions — combien de clients, pendant combien de temps — sont indépendantes. Un incident qui touche peu de monde très longtemps ne se lit pas dans un pourcentage d'abonnés affectés.
C'est pourtant sous cette forme que les bilans de crise sont presque toujours communiqués.
## Quand le problème n'est plus le réseau mais la route
La tempête Alex, en octobre 2020 dans les Alpes-Maritimes, illustre un troisième mécanisme.
Les équipements n'étaient pas le problème principal. Les accès l'étaient : 85 km de routes emportées et 12 ponts détruits ont « rendu les interventions sur sites compliquées, voire parfois impossibles ».
Un site intact, alimenté, mais inaccessible à un technicien reste hors service aussi longtemps qu'il n'est pas atteignable.
Cela signifie qu'un diagnostic de vulnérabilité sérieux ne peut pas s'arrêter aux équipements : il doit intégrer l'état des voies d'accès.
## Le cadre juridique existe, et il est récent
Depuis la loi du 22 août 2021 et l'article L732-2-1 du code de la sécurité intérieure, le préfet peut exiger des exploitants de réseaux un diagnostic de vulnérabilité, des mesures de gestion de crise, des procédures de remise en état et un programme d'investissements prioritaires.
Un décret du 28 juillet 2022 fixe la procédure et la liste des aléas à investiguer : inondation, séismes en zones 4 et 5, vents cycloniques, incendie de forêt dans les massifs classés à risque.
Sur les vents cycloniques, un arrêté du 5 juillet 2024 couvre les Antilles. Un arrêté était annoncé pour La Réunion et Mayotte : nous n'avons pas vérifié sa publication, et ne l'affirmons donc pas.
Par ailleurs, le code des postes et des communications électroniques impose une exploitation « permanente et continue » et une remise en état « dans les délais les plus brefs ». Une obligation de moyens, sans délai chiffré.
## Ce que personne ne publie
Les courbes de rétablissement de Chido existent, mais sous forme de graphiques dans des supports de présentation. Les valeurs journalières sous-jacentes ne sont pas publiées en données ouvertes. Seuls les jalons énoncés en toutes lettres sont exploitables — et c'est pourquoi ce guide cite J+1, J+7, quatre semaines et cinq semaines, sans jamais interpoler entre ces points.
Le chiffre de 90 % appelle la même prudence. Il provient du constat d'« un des opérateurs mobiles », relayé par le régulateur. Aucun périmètre n'est précisé : ni le nombre de sites, ni les départements concernés. Aucune mesure contradictoire n'est publiée. Nous le citons pour son ordre de grandeur et son enseignement qualitatif, pas comme une statistique validée.
Domingos, qui a suivi Ciaran de peu, n'a aucun chiffrage distinct : les retours d'expérience traitent les deux tempêtes comme un événement unique.
Plus largement, aucun bilan public consolidé de la durée moyenne de coupure par événement n'existe. Le régulateur signale lui-même que les collectivités n'ont pas accès aux informations sur les pannes et incidents, et qu'il serait utile qu'elles y aient accès. Un avis de 2026 de la commission compétente relève que les données sur la résilience des réseaux numériques restent « parcellaires, morcelées ou très ponctuelles ».
Enfin, un constat qui vaut d'être rapporté tel quel. La Cour des comptes écrivait en avril 2025, à propos du retour d'expérience de Ciaran, qu'« aucune mesure concrète issue de ce retour d'expérience n'avait été mise en œuvre » au moment du dépôt de son rapport.
Les chiffres existent donc. Ce qui manque, c'est leur traduction en décisions.
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# Un indicateur fiscal, pas agronomique, et qui change à chaque millésime
URL : https://citilience.fr/guides/terres-agricoles-perdues-lire-les-donnees-enaf/
Mise à jour : 19/09/2026
Chaque commune dispose de son flux annuel d'espaces naturels, agricoles et forestiers consommés depuis 2011. Ce que ce chiffre mesure vraiment.
Il existe une donnée publique, gratuite, à la maille communale, mise à jour chaque année, qui dit combien d'hectares d'espaces naturels, agricoles et forestiers votre commune a consommés chaque année depuis 2009.
C'est une exception. Sur la plupart des sujets alimentaires, rien n'existe à cette échelle.
Encore faut-il savoir ce que ce chiffre mesure. Et il mesure moins que ce que son nom suggère.
## Ce qu'on télécharge, et ce qu'on y trouve
Le jeu ouvert se compose de cinq fichiers : une description des champs, puis un fichier par échelon, commune, intercommunalité, département et région.
Celui à la maille commune est le seul qui intéresse un lecteur qui veut vérifier chez lui. Il donne, pour chaque code commune, la consommation entre chaque 1er janvier depuis 2009.
Ce sont des flux, pas un stock. Aucun champ ne dit combien de terres agricoles il reste : cette information relève du recensement agricole, qui est une autre source, avec une autre maille et une autre périodicité.
Additionner les flux d'une commune donne son cumul. C'est légitime, et c'est d'ailleurs ce que fait le Cerema au niveau national : 297 236 hectares consommés entre le 1er janvier 2011 et le 1er janvier 2024.
## La moyenne nationale est inutilisable pour comparer
Le Cerema publie un ordre de grandeur frappant : moins d'un hectare par an et par commune en moyenne.
Un maire pourrait en conclure que sa commune, avec trois hectares dans l'année, est au-dessus de la norme. Ce serait une erreur de lecture.
Parce que la distribution est extrêmement asymétrique. Selon le rapport du Cerema sur les déterminants, 5,5 % des communes concentrent 40 % de la consommation nationale, avec 61 hectares consommés en moyenne chacune depuis 2011.
Le calcul se vérifie : 5,5 % des communes françaises, cela fait environ 1 900 communes. Multipliées par 61 hectares, on obtient environ 116 000 hectares, soit 39 % des 297 236 hectares du cumul national. L'ordre de grandeur est cohérent avec les 40 % annoncés.
Autrement dit, la moyenne décrit un objet qui n'existe pas. La question pertinente pour une commune n'est pas de se comparer à la moyenne, mais de savoir si elle fait partie des 5,5 % ou des 94,5 %.
## Où va la terre consommée
Sur la période 2011 à 2024, la consommation est destinée à 64 % à l'habitat.
Les 36 % restants couvrent l'activité économique, les équipements et les infrastructures, sans que le portail publie une ventilation fine de ce reste.
Ce chiffre de 64 % est celui qui rend le suivant intéressant.
## Une consommation qui n'est pas là où on l'attend
Trois pourcentages du rapport Cerema méritent d'être lus ensemble.
34 % de la consommation d'espaces se situe dans des zones en décroissance démographique. Le rapport précise que plus de 7 600 communes perdent des ménages entre 2015 et 2021 tout en consommant de l'espace.
58 % se situe en zone C du zonage ABC, c'est-à-dire la catégorie la plus détendue du marché du logement.
66 % se situe dans des communes rurales.
Si la consommation était tirée par le besoin de logements, elle se concentrerait dans les zones tendues et en croissance. Les données disent l'inverse : elle est majoritairement rurale, majoritairement détendue, et pour un tiers située là où le nombre de ménages diminue.
Ce constat n'est pas une interprétation militante, c'est ce que publie l'opérateur de l'État chargé de la mesure. Et pour une commune qui veut examiner sa propre situation, cela indique le croisement à faire : son flux d'un côté, l'évolution de son nombre de ménages de l'autre.
## L'efficacité de la construction, et ce qu'elle ne dit pas
Le Cerema calcule combien de surface de plancher a été mise en chantier par hectare consommé : 1 974 m² en 2011, 2 435 m² en 2022.
Une amélioration de 23 % en onze ans. Chaque hectare ouvert à l'urbanisation produit davantage de logements qu'avant.
Ce calcul s'arrête à 2022, les surfaces de plancher mises en chantier n'étant pas disponibles au-delà. C'est une limite à connaître si l'on veut prolonger la série.
## Pourquoi la baisse de 2023 ne prouve rien
Le flux du 1er janvier 2023 au 1er janvier 2024 est de 19 263 hectares, présenté par le portail comme le niveau le plus bas jamais atteint depuis 2011.
Rapporté à la moyenne de la période, environ 22 900 hectares par an, c'est un recul d'environ 16 %.
Tentant d'y lire l'effet des politiques de sobriété foncière. Mais le même portail publie, dans la même page, une autre donnée : les surfaces de plancher autorisées pour le logement sont tombées à 28,6 millions de m² en 2023, contre 38,5 millions les deux années précédentes. Une baisse de 26 %.
Deux phénomènes coïncident donc : moins d'espaces consommés, et un effondrement de la construction. Les données publiées ne permettent pas de les séparer.
S'y ajoute une contrainte de nature différente. Le changement de qualification enregistré intervient au commencement des travaux, et le portail signale un décalage de plusieurs années entre la décision d'aménager et sa réalisation effective. Le flux d'une année reflète des décisions d'urbanisme prises bien avant.
Un flux annuel ne mesure donc pas la politique de l'année en cours. Il mesure l'aboutissement de décisions passées.
## Le piège des séries anciennes
Le Cerema est explicite : les données 2009-2024 remplacent les données produites précédemment, sur la totalité de la période.
Pas seulement pour les années récentes. Sur toute la série, avec des corrections rétroactives dont la rectification des parcelles repassant de naturel à urbanisé puis à naturel.
Conséquence : tout chiffre de consommation d'espaces publié avant mai 2025 est périmé, y compris s'il porte sur 2012. Une comparaison entre un chiffre lu dans un document de 2023 et un chiffre du millésime actuel n'a pas de sens.
C'est le genre de règle qui ne se devine pas et qui invalide beaucoup de citations en circulation.
## Ce que personne ne publie
Trois angles morts, tous documentés par les producteurs eux-mêmes.
Le premier est dans le nom de l'indicateur. Espaces naturels, agricoles et forestiers : les trois composantes ne sont pas séparées. À partir de cette source, on ne peut pas dire combien d'hectares strictement agricoles une commune a consommés. Une friche, une prairie et une parcelle maraîchère comptent pareil.
Le deuxième est la nature de la mesure. Il s'agit d'un changement de qualification cadastrale, donc d'un indicateur fiscal, non agronomique. Aucune donnée publique ne qualifie la valeur agronomique des terres consommées : ni potentiel de production, ni irrigabilité, ni type de sol. Un hectare de terre irriguée et un hectare de lande pèsent identiquement dans le total.
Le troisième concerne la trajectoire de zéro artificialisation nette elle-même, fixée par l'article 194 de la loi du 22 août 2021. La consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers sert de proxy pour la première tranche de dix ans, mais ce n'est pas l'indicateur d'artificialisation nette au sens de la loi. Nous n'avons trouvé aucune donnée publique de renaturation compensatoire à la maille communale : le volet « nette » du zéro artificialisation nette n'est pas mesuré à l'échelle où les décisions se prennent.
Enfin, un mot sur les sources associatives. Terre de Liens publie des rapports documentés sur l'état des terres agricoles et le portage foncier, avec une méthode explicite. Ce sont des publications d'association, pas des statistiques publiques. Les citer nommément comme telles évite de leur prêter un statut qu'elles ne revendiquent pas.
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# 38 % de conformité, et deux tiers du parc non calculables
URL : https://citilience.fr/guides/vmc-les-debits-mesures-dans-le-parc-francais/
Mise à jour : 19/09/2026
Pour la première fois, une campagne nationale mesure les débits extraits du parc de logements. Le point de comparaison pour faire mesurer sa propre VMC.
Une campagne nationale a mesuré les débits de ventilation dans des logements français occupés, entre 2020 et 2023. Les résultats ont été publiés en juin 2026.
Le chiffre qu'on retient d'abord : 38 % des débits totaux sont jugés conformes.
Le chiffre qu'il faut retenir vraiment : 10 % des logements présentent l'ensemble de leurs mesures conformes. Donc 90 % ont au moins une mesure hors cible.
Voici comment lire ces résultats, et comment s'en servir pour interpréter une mesure faite chez soi.
## Ce que dit la médiane
À l'échelle du logement, le débit d'air extrait total minimal est de 78 m³/h en valeur médiane.
Ce nombre ne veut rien dire tant qu'on ne le confronte pas à l'exigence. Or l'exigence dépend du nombre de pièces principales : 35 m³/h pour une pièce, puis 60, 75, 90, 105, 120 et 135 m³/h jusqu'à sept pièces.
Les 78 m³/h médians dépassent donc de 3 m³/h l'exigence d'un logement de trois pièces principales.
Ce qui situe la médiane du parc au niveau de l'exigence d'un T3 — alors que le parc comporte aussi des T4, des T5 et davantage, dont les exigences sont de 90, 105 m³/h et plus.
Ce calcul n'est pas un taux de conformité, et nous le présentons comme un repère. Le taux publié, 38 %, est calculé logement par logement selon son nombre réel de pièces, ce qui est la seule méthode valable.
## Où la conformité s'effondre
Par pièce de service, les débits de base médians aux bouches autoréglables sont de 38 m³/h en cuisine, 16 m³/h en salle de bains et 13 m³/h aux toilettes.
Les taux de conformité associés : près d'un logement sur deux en cuisine, 29 % en salle de bains, 36 % aux toilettes.
Mais le résultat le plus frappant concerne le débit de pointe en cuisine, celui qu'on déclenche en cuisinant. L'observatoire écrit : « Dans les cuisines, le débit de pointe se situe à 46 m3/h en valeur médiane et n'est conforme que dans 11 % des cas. »
Onze pour cent.
Et l'écart entre le débit de base et le débit de pointe n'est que de 8 m³/h en médiane. Autrement dit, dans la plupart des logements, actionner la position forte de la cuisine ne change presque rien.
C'est une information directement actionnable : si vous faites mesurer votre ventilation, demandez explicitement le débit de pointe en cuisine. Une mesure qui s'arrête au débit de base passe à côté de l'anomalie la plus fréquente.
## Les débits nuls
De 15 à 17 % des mesures réalisées donnent un débit nul.
L'observatoire l'interprète sans détour : ces valeurs témoignent d'un dysfonctionnement du système de ventilation.
Ce n'est pas une question de réglage insuffisant, c'est un système à l'arrêt. Une bouche sur six ou sept ne tire rien du tout.
Avant de conclure à une panne de moteur, une inspection matérielle est utile. Sur 1 410 bouches recensées dans 3 637 pièces de 380 logements, près de 16 % étaient encrassées et 3 % obturées ou masquées. Et un peu plus de 2 % des 5 488 pièces inspectées présentaient une entrée d'air obturée ou masquée.
Une partie du problème a donc une cause triviale et un remède immédiat.
## Quinze ans pour rien
Voici la conclusion la plus dure du rapport, et elle tient en une phrase : « Par rapport à la CNL1, les débits d'air extraits et leur conformité n'ont pas évolué de manière significative. »
Pourtant l'équipement a changé. La part de logements équipés d'une ventilation mécanique a progressé de 18 points entre les deux campagnes, et atteint près d'un logement sur deux. La ventilation naturelle a reculé de 19 points, à moins d'un logement sur quatre.
Mais 15 % des logements restent sans aucun système spécifique de ventilation.
Donc : plus de systèmes installés, même performance mesurée. L'installation d'un équipement ne produit pas mécaniquement un renouvellement d'air.
## La réserve qui limite la portée du taux de 38 %
Il faut dire ceci clairement, parce que le rapport le dit.
Les débits ne sont réglementés que pour les logements construits à partir de 1982. L'observatoire écrit : « Du fait que les débits n'étaient pas réglementés pour les logements construits avant 1982, la notion de conformité des débits est toute relative », et « La conformité réglementaire ne peut être évaluée que pour les logements construits après 1982. »
Or la structure de l'échantillon est la suivante : près de 34 % des logements construits avant 1967, 29 % entre 1967 et 1982, 37 % après 1982.
Soit 63 % du parc étudié pour lequel aucune valeur réglementaire n'existe.
Pour les logements construits entre 1969 et 1982, l'observatoire utilise comme référence les valeurs d'un cahier technique de 1971 : 75, 105, 75, 120, 150, 180 et 210 m³/h. Ce sont des valeurs indicatives, pas du droit.
Le taux de 38 % mélange donc deux populations : des logements comparés à une exigence opposable, et des logements comparés à une référence indicative. Il reste utile comme état des lieux du parc, il ne peut pas être présenté comme un taux d'infraction.
## La convention de mesure, qui importe plus qu'on ne croit
L'observatoire ne compare pas le débit mesuré au débit de référence à l'égalité stricte. Il abaisse le seuil à un ratio de 0,85, pour tenir compte d'une incertitude de mesure estimée à 15 %.
Autrement dit, un logement est déclaré conforme s'il atteint 85 % de son débit de référence.
Cela signifie deux choses. D'abord, le taux de 38 % est déjà obtenu avec une tolérance ; à l'égalité stricte, il serait plus bas. Ensuite, si vous faites réaliser une mesure, la conclusion du prestataire dépend de la convention qu'il applique. Deux mesures identiques peuvent donner deux verdicts opposés selon le seuil retenu.
Une remarque du même ordre sur les bouches hygroréglables : leur conformité varie de 41 % en cuisine à 21 % aux toilettes, par rapport à une plage de fonctionnement de 70 à 160 pascals. Cette plage est une convention retenue par l'observatoire, pas un seuil réglementaire. Il ne faut pas écrire que la réglementation impose 70 à 160 pascals.
## Un chiffre sur les comportements
Le rapport relève que les fenêtres sont rarement ou jamais ouvertes la nuit dans 87 % des cas en période de chauffe, contre 15 % hors période de chauffe.
Ce qui signifie que pendant la saison de chauffe, l'aération nocturne par ouverture ne compense pas une ventilation mécanique défaillante. Les deux problèmes se cumulent à la période où le logement est le plus fermé.
## Ce que personne ne publie
Le taux de renouvellement d'air du parc français n'est pas disponible. L'observatoire indique qu'une exploitation des données est en cours pour calculer le débit de renouvellement d'air nocturne et le taux hebdomadaire moyen, et que les résultats feront l'objet d'un document dédié. À ce jour, ce chiffre n'existe pas.
Le nombre de logements en sous-ventilation n'est pas publié non plus. L'observatoire écrit que des exploitations sont à l'étude pour mieux caractériser les foyers en sous-ventilation ou en sur-ventilation, ainsi que ceux dont le système est dysfonctionnel.
Le lien entre ventilation et concentrations de polluants n'est pas établi dans les publications actuelles. L'observatoire annonce que les indicateurs de ventilation seront mis en regard des concentrations mesurées à l'intérieur pour évaluer leur influence. Tant que ce croisement n'est pas publié, écrire qu'une ventilation non conforme entraîne telle concentration de polluant serait une extrapolation.
Un observatoire national de la ventilation a été créé en 2023, suite à l'entrée en application de la nouvelle réglementation environnementale, et recense plus de 25 000 contrôles à fin août 2025. Mais il « permettra à terme de fournir des statistiques » : aucun taux de conformité n'en est issu aujourd'hui.
Enfin, trois ordres de grandeur circulent sur ce sujet sans source primaire que nous ayons trouvée : la consommation annuelle d'une ventilation mécanique, le coût de son nettoyage, et la part de systèmes jamais entretenus. Nous ne les publions pas.
Une dernière précision sur nos sources. Les valeurs de débit de l'arrêté de 1982 ont été relevées dans une version consolidée hébergée par un tiers, le site officiel renvoyant une erreur aux requêtes automatisées. Les valeurs par pièce de service de l'article 3 mériteraient un contrôle direct sur le site officiel avant d'être utilisées dans un cadre contentieux.
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# Batterie domestique : quand elle devient rentable
URL : https://citilience.fr/guides/batterie-quand-elle-est-rentable/
Mise à jour : 18/09/2026
Le raisonnement économique d'un stockage solaire, la règle de dimensionnement qui compte, ce qui le fait vieillir, et ce qu'une batterie ne résout pas.
## Pourquoi la batterie cesse d'être un caprice
Fin 2024, la part des raccordements résidentiels neufs équipés d'un stockage était à 2 %.
Au deuxième trimestre 2026, elle atteint 19 %. Le parc équipé a plus que doublé, passant de 15 790 à 35 956 installations.
C'est le genre de progression qu'on observe quand quelque chose passe d'une niche à une adoption plus large.
Sauf que sur la même période, le marché des raccordements neufs recule de moitié.
Donc non, ce n'est pas un effet de mode.
Le marché évolue, les besoins avec. Le stockage n'est plus un gadget pour initiés, mais trouve des cas d'usage concrets qui parlent à un plus grand nombre.
## Le calcul qui décide
Une batterie domestique est-elle rentable ? Voici comment répondre à cette question, sans jamais sortir un tableur.
La batterie ne produit rien. Elle stocke un kilowattheure déjà produit pour l'utiliser plus tard.
Quelle est la valeur du kilowattheure que vous consommez grâce à votre batterie, comparée à celle du kilowattheure que vous auriez injecté dans le réseau ?
En d'autres termes, la batterie déplace dans le temps un kilowattheure. Sa valeur est la différence entre la valeur du kilowattheure chez vous, celui que vous évitez d'acheter au réseau, et sa valeur à la revente.
Cette différence représente l'essence même de la rentabilité d'une batterie. Ce n'est pas tant son prix d'achat qui détermine son attrait économique, mais plutôt cet écart de valeur.
Et c'est pour cette raison que, lorsque les tarifs de rachat ont chuté, la batterie domestique est devenue intéressante. Car l'écart entre la valeur en consommation domestique et la valeur à la revente s'est creusé.
Si vous voulez modéliser la rentabilité d'une batterie, ce n'est pas tant le coût d'achat qu'il faut regarder, mais cet écart de valeur entre consommation et vente.
## Dimensionner sur le creux du soir, pas sur la production de midi
Si vous installez un stockage derrière votre installation solaire domestique, à quelle capacité le dimensionner ?
Réponse intuitive : assez grand pour stocker toute la production de votre journée solaire. Logique, vous stockez l'excès.
Hors de prix et inefficace.
En effet, le but du stockage domestique est de couvrir la consommation du soir et de la nuit. La période où les panneaux ne produisent pas, alors que le foyer consomme.
Imaginons deux batteries, une dimensionnée sur le surplus d'un beau jour d'été, une autre dimensionnée pour couvrir les besoins nocturnes.
La première passera l'hiver à moitié vide, le soleil produira beaucoup moins, et vous n'aurez plus besoin de toute cette capacité. La capacité qu'elle a en surplus coûte très cher et ne sera pratiquement jamais utilisée.
La deuxième, elle, va travailler tout le temps. Elle ne va pas stocker tout le surplus pendant les heures de jour, mais son rôle est d'être utile aux moments où votre production ne correspond pas à votre consommation.
Il ne faut donc pas oublier que dimensionner une batterie, c'est d'abord une histoire d'usage. Le meilleur moyen de trouver la bonne capacité, c'est d'observer sa propre consommation, notamment la différence entre la consommation de jour et celle de nuit.
Pour cela, rien de mieux qu'un système de mesure de consommation branché à votre tableau électrique. Comme toujours, mieux vaut des données réelles que des estimations théoriques.
Le dimensionnement se fait sur le besoin du soir, donc sur une mesure, pas sur un catalogue.
Une fois cette capacité connue, la question devient celle de la garantie en énergie transitée et
des conditions d'installation.
## Les cycles, la garantie et ce qui vieillit vraiment
« Combien de temps dure une batterie domestique ? »
La bonne manière de mesurer la durée d'une batterie, ce n'est pas le temps. C'est l'énergie qui passe à travers elle. Une batterie a une capacité mesurée en kilowattheures quand elle est neuve. À force d'utilisation, cette capacité diminue.
Mais comme pour tout, il y a une garantie. Et généralement, dans une fiche de garantie de batterie, on trouve deux conditions :
- une durée minimale en années ;
- une capacité minimale de charge, exprimée en pourcentage de la capacité initiale.
Si vous avez une batterie qui dort dans votre garage, au bout de dix ans elle va être morte, probablement même avant. Mais si vous l'utilisez intensément, elle n'aura plus la capacité garantie bien avant ce terme.
Et là où ça devient intéressant, c'est si vous lisez la garantie jusqu'au bout. Parce qu'il y a souvent une phrase en petits caractères sur les conditions d'installation. Une batterie domestique, ça se met dans un endroit tempéré.
Un garage non chauffé, ce n'est tout simplement pas un volume tempéré. Et ça peut faire toute la différence entre une batterie qui tient ses années de garantie, et une batterie qui ne tient pas son septième hiver.
## Ce qu'une batterie ne résout pas
Non, ça ne fait pas « plus de solaire ». Si votre batterie est pleine, le surplus est injecté sur le réseau.
Oui, ça peut vous permettre de consommer votre propre énergie et donc de réduire vos prélèvements sur le réseau, à condition que votre installation soit dimensionnée pour ça. Ce bénéfice peut être optimisé si vous consommez vraiment dans les heures qui suivent, par exemple avec un ballon d'eau chaude piloté.
Quant à la sécurisation en cas de coupure : la plupart des batteries domestiques ne sont pas faites pour alimenter la maison en mode isolé. Il faut un matériel spécifique, plus cher, et il faut que votre système soit installé pour ça. Beaucoup d'installations solaires ne le sont pas, parce que ce n'est pas une attente qui était historiquement forte et que cela complexifie beaucoup l'installation.
Enfin, une batterie, c'est un équipement qui se dégrade, il faut le remplacer au bout de quelques années, ça prend de la place, il y a des contraintes de sécurité au niveau de son installation.
En résumé : ce n'est pas une mauvaise idée, mais c'est une pièce en plus dans votre système qui a ses avantages, ses limites, et son coût. Il faut voir ça dans le cadre d'une vision globale de votre installation, et pas comme un achat isolé.
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# Dimensionner une installation en autoconsommation
URL : https://citilience.fr/guides/dimensionner-autoconsommation/
Mise à jour : 18/09/2026
Pourquoi la surface de toit n'est pas la bonne question, ce que veut vraiment dire un taux d'autoconsommation, et comment vérifier un devis en quelques minutes.
## Dimensionner sur une consommation, pas sur une surface de toit
La question n'est pas combien vous avez de place sur votre toit, mais quelle est votre consommation électrique.
On a en tête que pour le solaire, il faut beaucoup de surface pour capter les rayons du soleil. Donc d'abord mesurer la place sur la toiture, et puis aller voir le marché.
Mais en fait, c'est beaucoup plus intéressant.
Prenons deux ménages, A et B. Les deux consomment 10 000 kWh par an.
Le ménage A consomme surtout le soir quand il rentre à la maison. Le ménage B consomme surtout en journée, avec un système de maison connectée et un garage pour sa voiture électrique.
Est-ce qu'ils ont besoin de la même puissance installée ?
Non.
Le ménage B produit de l'énergie en même temps qu'il en consomme.
Le chiffre décisif n'est donc pas votre consommation annuelle en kWh qui figure sur votre facture d'électricité.
Mais votre courbe de charge horaire.
## Taux d'autoconsommation et taux d'autoproduction
Deux définitions :
- taux d'autoconsommation : part de la production solaire consommée sur place ;
- taux d'autoproduction : part de la consommation électrique couverte par le soleil.
Les deux ratios varient en sens opposé lorsque la puissance installée augmente. Et chercher à maximiser le taux d'autoconsommation revient à sous-dimensionner l'installation.
Une installation résidentielle standard, sans pilotage ni stockage, consomme sur place une part minoritaire de ce qu'elle produit. Le reste est injecté sur le réseau, où il vaut généralement moins qu'en consommation directe.
## La taille réelle des installations posées aujourd'hui
À quoi ressemble un projet type en France ?
Le gestionnaire de réseau publie des données chaque trimestre et on peut en déduire la tendance.
En 2019, une installation neuve en vente de surplus atteignait 3,74 kilowatts-crête en moyenne. Au deuxième trimestre 2026, elle atteint 4,94.
Deux raisons à cela :
- des modules plus puissants à surface égale ;
- l'électrification des usages du logement. Une maison avec une pompe à chaleur et une voiture électrique nécessite une installation plus importante.
À l'inverse, le segment sans injection est tiré vers le bas par les kits de faible puissance, sa moyenne étant tombée de 2,70 kilowatts-crête fin 2021 à 1,85 fin 2024.
Une installation autour de 5 kWc représente une douzaine de modules et l'ossature qui va avec.
C'est le poste où la compatibilité entre le module, le rail et le crochet de toiture compte
davantage que la marque du panneau.
## Orientation et inclinaison : ce qui compte et ce qui est surestimé
« Avec le solaire, il faut viser plein sud, nulle autre orientation n'est rentable. » Mais est-ouest, c'est forcément à jeter ?
C'est moins performant au cumul. Mais cela répartit la production sur toute la journée. Soit l'inverse d'une toiture plein sud, qui produit un pic à midi.
Et en autoconsommation, qu'est-ce qui vaut le plus ? Produire beaucoup au moment où on en a moins besoin, ou produire un peu tout le temps ?
L'argument d'une meilleure valorisation avec une toiture plein sud est pertinent. Mais il ne faut pas oublier l'effet d'étalement d'une toiture est-ouest, qui améliore l'autoconsommation en alignant mieux production et consommation.
Une ombre portée, par contre, est souvent sous-estimée. Son effet n'est pas proportionnel à la surface qu'elle recouvre. Il agit comme une chaîne, où le maillon le plus faible détermine la performance. Un centimètre d'ombre sur un module peut le mettre quasi à l'arrêt, et réduire la production de toute la chaîne de modules qui lui sont connectés.
Moralité ? Évitez les ombres, préférez plein sud, mais n'écartez pas l'est-ouest sans réfléchir à votre profil de consommation.
## Vérifier un devis en quatre minutes
Voici ce que vous pouvez vérifier tout seul, sans être expert en solaire.
**La puissance annoncée.** Elle se mesure en kWc. Elle doit être égale au nombre de panneaux multiplié par la puissance d'un panneau. Cette information est normalement indiquée même si ce n'est pas toujours dans la même ligne du devis. Si ça ne colle pas, c'est un très mauvais signe.
Exemple : 12 panneaux de 420 W donnent une puissance de 5 kWc.
**La production d'énergie annuelle prévue.** Une installation de 1 kWc produit, en France, entre 900 et 1 400 kWh par an. Ce chiffre dépend de la qualité de l'équipement, de l'orientation du toit, des ombrages éventuels mais aussi de la région.
Si on reprend l'exemple au-dessus, une installation de 5 kWc devrait produire entre 4 500 et 7 000 kWh par an. Si on vous annonce 12 000 kWh, méfiez-vous, c'est une promesse difficile à tenir.
Pourquoi c'est important ? On vous vend du solaire pour faire des économies. Si la production d'électricité est exagérée dans le devis, la rentabilité que l'on vous présente sera fausse.
Méfiance donc, vérifiez ces deux points. Une fois que c'est fait, vous pouvez vous concentrer sur d'autres aspects du devis : le prix, la durée de garantie, la réputation de l'entreprise.
Pour aller plus loin que ces deux contrôles de tête, l'outil [Vérifier un devis photovoltaïque](/outils/verifier-un-devis-photovoltaique/) recalcule la production depuis les données météo de votre département, le taux d'autoconsommation par simulation heure par heure, et le temps de retour au tarif de rachat en vigueur. Chaque écart y est signalé avec sa source datée.
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# Mesurer avant de produire
URL : https://citilience.fr/guides/mesurer-avant-de-produire/
Mise à jour : 18/09/2026
Pourquoi le total annuel de la facture ne suffit pas à décider, ce qu'un mois de mesure révèle, et pourquoi piloter vaut souvent mieux que surdimensionner.
## La facture annuelle ne dit presque rien d'utile
Le total annuel de consommation électrique d'un foyer est inutilisable pour décider si on doit installer du solaire.
Pourquoi ? Parce que ce chiffre est une somme. Une somme de toute l'énergie qu'on a consommée, à toutes heures du jour et de la nuit.
Imaginons deux foyers, qui consomment exactement la même quantité d'énergie en un an.
Le foyer A consomme surtout la nuit, pour chauffer la maison avec une pompe à chaleur. Le foyer B consomme surtout le jour, pour faire tourner la machine à laver et faire fonctionner son bureau à domicile.
Ce sont deux exemples extrêmes, mais imaginables. Avec le solaire, chaque kilowattheure consommé la nuit est à bénéfice économique quasi nul, il faudra l'acheter au réseau. Par contre, chaque kilowattheure consommé en journée peut être en grande partie autoproduit.
Résultat : ces deux foyers, qui ont la même consommation annuelle, ont des besoins très différents. Le calcul de retour sur investissement d'une installation solaire va donner des résultats complètement différents.
Ce que ne nous dit pas la donnée de consommation annuelle ? La répartition dans la journée. C'est là qu'est la question.
## Mesurer un mois avant d'acheter quoi que ce soit
« Les panneaux, ça ne sert à rien, on consomme la nuit. » Faites un mois de mesure, et on en reparle.
Pour un mois de mesure vous aurez la réponse à au moins trois questions qu'aucune estimation ne vous donnera.
Quelle est la consommation de fond, permanente, de mon logement ? Quels sont les appareils qui la génèrent ? Dans quelles plages horaires je consomme le plus, et combien ?
Cette consommation de fond peut être due à des appareils en veille, à l'éclairage, à la ventilation, ou à des équipements électroménagers qui fonctionnent en continu. Elle est souvent produite par des appareils que l'on ne s'attend pas à voir.
Et la troisième question, même si on la connaît théoriquement, la réponse est très souvent décalée par rapport à ce que pensent les gens.
Finalement, c'est la consommation de fond, présente en permanence, qui est la part la plus facilement couverte par des panneaux. On se dit « je consomme la nuit », mais en fait on consomme surtout des appareils qui tournent en permanence, à une puissance modérée.
Un compteur posé sur l'arrivée générale donne la courbe de charge, et plus tard l'écart entre
production et consommation. C'est la même donnée qui sert à décider avant l'achat et à vérifier
après l'installation.
## Ce qu'on découvre presque toujours
Trois constats reviennent lorsqu'on suit la consommation d'un logement pendant un mois.
La maison consomme en permanence plus que ce que les occupants imaginaient. Quelques appareils sont responsables de l'essentiel des pointes. Et certaines consommations pourraient être déplacées dans la journée sans impact sur le confort.
C'est ce dernier point qui est intéressant. Si vous avez une installation solaire, déplacer une consommation vers une heure de production n'a aucun impact sur la production totale. En revanche, cela augmente la part de son autoconsommation, ce qui est beaucoup plus rentable.
## Piloter plutôt que surdimensionner
On installe des panneaux solaires, on regarde la consommation avec plein de beaux outils. Mais souvent, on ne va pas plus loin que cette étape : apprendre à décaler les usages vers les heures de production.
C'est pourtant souvent le levier le plus efficace, et de loin.
D'abord, parce qu'il ne nécessite pas d'investir dans de la puissance supplémentaire. Or, du kilowatt-crête, c'est souvent cher. En plus, ajouter de la puissance implique de la gérer.
Ensuite, parce que beaucoup d'usages sont naturellement déplaçables. Ils stockent de l'énergie sous une autre forme. Prenons l'eau chaude sanitaire : le ballon peut chauffer quand il y a du solaire, et cette chaleur est utilisée plus tard. Ou la voiture électrique, qui se recharge quand la production est là.
Bien sûr, il y a des limites. De l'énergie stockée, c'est souvent de l'énergie perdue, même si c'est à petite échelle. Et certains usages sont critiques ou liés à des impératifs horaires. Mais décaler ce qui peut l'être, ça change souvent la donne.
Sauf qu'il y a une condition : il faut savoir quand la production dépasse la consommation.
Et beaucoup se contentent de mesurer la consommation, ou un pan de celle-ci. Pour piloter un appareil décalable, il faut savoir mesurer l'excédent. C'est une autre donnée, qui nécessite une autre approche.
## Mesurer reste utile après l'installation
La vraie question à laquelle la mesure doit permettre de répondre, ce n'est pas « est-ce que j'achète », mais « ai-je bien ce que j'ai acheté ».
Une installation annoncée à 10 kilowatts peut en produire 6. Un tiers en moins. Ça arrive.
Une chaîne de modules hors service, un ombrage qui apparaît avec la pousse d'un arbre. Sans mesure, ça passe souvent inaperçu. Pendant des mois.
C'est très tentant de se dire à la fin de l'année « tiens, l'électricité a baissé un peu moins que prévu ». Mais une baisse progressive, c'est beaucoup plus dur à repérer qu'une panne franche.
Et c'est précisément ce qu'un relevé continu va mettre en lumière.
La mesure ne sert pas seulement à capter notre attention au moment de se décider. Elle est là pour nous dire, chaque jour, si tout fonctionne comme il se doit.
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# Déroulé pédagogique minuté
URL : https://citilience.fr/formation/deroule-pedagogique/
Mise à jour : 19/09/2026
Le minutage séquence par séquence des trois jours : objectifs opérationnels, modalités, supports et évaluations, heure par heure, de l'accueil à la clôture.
**Horaires type :** 8h30–12h00 / 13h00–16h30 (3 h 30 le matin, 3 h 30 l'après-midi).
Pauses de 15 min à 10h15 et 14h45.
Légende des modalités : **E** exposé interactif · **D** démonstration · **TP** travaux pratiques ·
**EC** étude de cas · **Q** quiz/évaluation · **REX** retour d'expérience
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## JOUR 1 — Conseiller son client sur les plans techniques et financiers
### Matin (3 h 30)
| Horaire | Durée | Séquence | Modalité | Objectif opérationnel | Support |
|---|---|---|---|---|---|
| 8h30 | 30 min | Accueil, tour de table, présentation du parcours et de l'examen officiel, règles de sécurité du plateau | E | Situer l'enjeu de la qualification | Slides 1-8 |
| 9h00 | 20 min | **Questionnaire de positionnement** (10 questions) + correction collective | Q | Mesurer les acquis d'entrée | `07` § 1 |
| 9h20 | 55 min | **Séq. 1.1 — Le marché du photovoltaïque** : filière, chiffres clés, segments (résidentiel, tertiaire, agricole, sol), acteurs, modèles économiques (vente totale, surplus, autoconsommation totale), dérives commerciales et fraudes. **Chiffres réels et sourcés : voir module `13`** | E + REX | Situer son offre sur le marché | `02` § 1 · `13` § 4-6 |
| 10h15 | 15 min | *Pause* | | | |
| 10h30 | 60 min | **Séq. 1.2 — Les types d'implantation** : surimposition, intégration au bâti (IAB), ombrière, brise-soleil, toiture-terrasse, bac acier, façade. Conséquences sur l'étanchéité, l'assurance, la garantie décennale | E + D | Choisir un type d'implantation argumenté | `02` § 2 |
| 11h30 | 30 min | **TP 1 — Diagnostic photo** : 8 photos de chantiers, identifier le type d'implantation, les non-conformités et les risques | TP | Développer l'œil du diagnostic | `05` TP 1 |
### Après-midi (3 h 30)
| Horaire | Durée | Séquence | Modalité | Objectif opérationnel | Support |
|---|---|---|---|---|---|
| 13h00 | 70 min | **Séq. 1.3 — Aspects administratifs et démarches** : urbanisme (DP, PC, ABF, PLU, sites classés), Consuel, convention de raccordement Enedis, CACSI / attestation de conformité, déclaration préalable de travaux, RT/RE 2020, ERP | E | Séquencer un dossier administratif complet | `02` § 3 · `12` § 1-4 |
| 14h10 | 35 min | **Séq. 1.4 — Le raccordement au réseau** : injection réseau, S21 vs S23, comptage, puissance de raccordement, délais, coûts, procédure OA Solaire, contrats EDF OA et fournisseurs alternatifs | E | Décrire la chaîne de raccordement | `02` § 4 |
| 14h45 | 15 min | *Pause* | | | |
| 15h00 | 45 min | **Séq. 1.5 — Incitations financières et fiscalité** : prime à l'autoconsommation, tarifs d'achat (grille CRE), TVA réduite, exonération d'IR, éco-PTZ, aides locales, obligation RGE, prêt, LOA — pièges et argumentaire honnête | E | Bâtir un plan de financement | `02` § 5 |
| 15h45 | 35 min | **EC 1 — Chiffrage économique** : maison individuelle 3 kWc en autoconsommation avec surplus — calcul du taux d'autoconsommation, du gain annuel, du temps de retour, du TRI | EC | Calculer une rentabilité crédible | `05` EC 1 |
| 16h20 | 10 min | **Quiz flash J1** (8 questions) + annonce J2 | Q | Consolider | `06` § quiz J1 |
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## JOUR 2 — Concevoir et dimensionner une installation
### Matin (3 h 30)
| Horaire | Durée | Séquence | Modalité | Objectif opérationnel | Support |
|---|---|---|---|---|---|
| 8h30 | 15 min | Reprise J1, questions/réponses | E | Ancrage | — |
| 8h45 | 60 min | **Séq. 2.1 — Le gisement solaire** : rayonnement direct/diffus/réfléchi, irradiation kWh/m²/an, masque solaire, azimut, inclinaison, coefficient de correction, albédo, ombrages proches et lointains | E + D | Caractériser le gisement d'un site | `03` § 1 |
| 9h45 | 30 min | **TP 2 — Relevé de site** : mesurer azimut et inclinaison sur le plateau, tracer le masque solaire, relever les obstacles | TP | Réaliser un relevé exploitable | `05` TP 2 |
| 10h15 | 15 min | *Pause* | | | |
| 10h30 | 75 min | **Séq. 2.2 — Technologie photovoltaïque, les modules** : effet photovoltaïque, cellules mono/poly/couches minces, PERC, TOPCon, hétérojonction, bifacial, structure d'un module, verre-verre vs verre-film, boîte de jonction, diodes bypass, plaque signalétique, STC/NOCT, coefficients de température, dégradation, garanties produit et performance, normes IEC 61215/61730, résistance mécanique, classe II, tenue au feu (Broof T3) | E + D | Lire et comparer des fiches techniques modules | `03` § 2 |
| 11h45 | 15 min | Synthèse matin + quiz flash | Q | Consolider | — |
### Après-midi (3 h 30)
| Horaire | Durée | Séquence | Modalité | Objectif opérationnel | Support |
|---|---|---|---|---|---|
| 13h00 | 60 min | **Séq. 2.3 — Les systèmes** : onduleur de chaîne, onduleur multi-MPPT, micro-onduleurs, optimiseurs, hybride et stockage, rendement européen, plage MPPT, ratio DC/AC, découplage réseau VFR 2019, protections intégrées | E + D | Choisir une architecture système | `03` § 3 |
| 14h00 | 45 min | **Séq. 2.4 — Dimensionnement des chaînes** : calcul de la tension max à −10 °C, de la tension min à +70 °C, du courant, nombre de modules par chaîne, nombre de chaînes par MPPT, section et chute de tension DC, calibres et protections | E + TP | Dimensionner une chaîne sans erreur | `03` § 4 |
| 14h45 | 15 min | *Pause* | | | |
| 15h00 | 40 min | **TP 3 — Dimensionnement de chaîne** : 3 cas à traiter (onduleur/module imposés), vérification des bornes de tension et de courant | TP | Valider un couplage module/onduleur | `05` TP 3 |
| 15h40 | 40 min | **Séq. 2.5 + TP 4 — Estimation du productible** : formule E = Pc × Hi × Pr, performance ratio, pertes détaillées (température, câblage, mismatch, salissure, onduleur, ombrage), usage de **PVGIS**, calepinage et surface disponible, contraintes de charge (neige, vent, Eurocodes) | E + TP | Produire une estimation défendable | `03` § 5 · `05` TP 4 |
| 16h20 | 10 min | Quiz flash J2 + annonce J3 (tenue de chantier et EPI) | Q | Consolider | — |
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## JOUR 3 — Mise en œuvre, intégration au bâti, mise en service et maintenance
### Matin (3 h 30) — priorité au plateau technique
| Horaire | Durée | Séquence | Modalité | Objectif opérationnel | Support |
|---|---|---|---|---|---|
| 8h30 | 40 min | **Séq. 3.1 — Sécurité et EPI** : risques de chute, obligations employeur, protections collectives puis individuelles, harnais/longe/ancrage, échafaudage, échelle de toit, plan de prévention, PPSPS, coactivité, risques amiante et plomb, arrimage des charges, météo | E + D | Se mettre en sécurité en toiture | `04` § 1 |
| 9h10 | 30 min | **Séq. 3.2 — Risques électriques PV** : présence de tension DC dès l'éclairement, arc DC, cheminement des câbles, mise à la terre et liaison équipotentielle, parafoudre, coupure d'urgence, consignes pompiers, protection des biens et des personnes, IP/IK, boucles d'induction | E | Prévenir les risques électriques | `04` § 2 |
| 9h40 | 20 min | Habillage, contrôle des EPI, briefing plateau | D | Appliquer la procédure | — |
| 10h00 | 15 min | *Pause* | | | |
| 10h15 | 105 min | **TP 5 — Pose en surimposition sur plateau** (par binômes, rotation) : implantation, repérage des chevrons, pose des crochets sans percer l'écran hors règle de l'art, réglage des rails, pose des modules, clames, cheminement et fixation des câbles, sertissage MC4, passe-toit étanche, contrôles Voc/Isc/polarité | TP + D | Mettre en œuvre selon la notice | `05` TP 5 |
### Après-midi (3 h 30)
| Horaire | Durée | Séquence | Modalité | Objectif opérationnel | Support |
|---|---|---|---|---|---|
| 13h00 | 45 min | **Séq. 3.3 — Intégration au bâti et étanchéité** : rôle de la couverture, ventilation de la sous-face, écrans de sous-toiture (HPV, R1/R2/R3, classement W1, pose avec ou sans lame d'air, recouvrements), condensation, remontées d'eau, capillarité, effets du vent, pente minimale, zones climatiques | E + D | Garantir l'étanchéité de l'ouvrage | `04` § 3 |
| 13h45 | 40 min | **Séq. 3.4 + TP 6 — Avis Technique et DTA** : ce qu'est un ATec/DTA/ATE, où le trouver (CSTB Évaluations), lire le domaine d'emploi, les conditions de pose, les limites de pente et de zone, l'incidence sur l'assurance décennale | E + TP | Trouver et lire un avis technique | `04` § 4 · `05` TP 6 |
| 14h25 | 20 min | **TP 7 — Points singuliers** : traitement de la rive, du faîtage, de la noue, de la cheminée, du châssis de toit, du recouvrement bas, de la chatière — sur maquette | TP | Traiter les points singuliers | `05` TP 7 |
| 14h45 | 15 min | *Pause* | | | |
| 15h00 | 30 min | **Séq. 3.5 — Mise en service et réception** : essais avant mise sous tension, contrôle d'isolement, mesure de Voc/Isc par chaîne, contrôle de l'étanchéité, thermographie, dossier d'ouvrage exécuté (DOE), notice utilisateur, attestation Consuel, procès-verbal de réception, formation du client | E + D | Mettre en service et livrer | `04` § 5 |
| 15h30 | 30 min | **Séq. 3.6 — Maintenance préventive** : plan de maintenance annuel, points clefs (fixations, connecteurs, câbles, étanchéité, échauffements, salissure, végétation, onduleur, monitoring), maintenance corrective, garanties, contrat de maintenance, traçabilité, recyclage (Soren/DEEE) | E + EC | Planifier la maintenance | `04` § 6 |
| 16h00 | 30 min | **QCM officiel** (30 questions, seuil 24/30) puis enquête de satisfaction et clôture | Q | Valider la formation | `06` |
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## Matrice objectifs / séquences / évaluation
| Objectif référentiel | Séquences | Preuve d'atteinte ||---|---|---|
| Conseiller son client sur les plans techniques et financiers | 1.1 · 1.2 · 1.3 · 1.4 · 1.5 | EC 1 (chiffrage), TP 1 (diagnostic), **TP A1 et TP A2 (dossier administratif)**, **TP 13 (fiche départementale de marché)**, QCM parties Marché/Administratif/Financier |
| Concevoir et dimensionner une installation | 2.1 · 2.2 · 2.3 · 2.4 · 2.5 | TP 2, TP 3, TP 4, QCM parties Technologie/Dimensionnement |
| Organiser les points clefs de la mise en œuvre et de la mise en service | 3.1 · 3.2 · 3.3 · 3.4 · 3.5 | TP 5 (grille pratique), TP 6, TP 7, QCM parties Sécurité/Bâti |
| Planifier la maintenance | 3.6 | EC 3 (plan de maintenance), QCM partie Maintenance |
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## Module BONUS — Couvertures en tuiles béton (45 à 60 min)
Support : [`11-bonus-tuiles-beton.md`](/formation/bonus-tuiles-beton/)
**Trois modalités d'insertion possibles**, au choix du formateur selon le profil du groupe :
| Option | Quand | Comment |
|---|---|---|
| **A — Séquence dédiée** (recommandée si le groupe travaille majoritairement sur pavillonnaire) | J3, 13h45, à la place ou en complément de la séq. 3.4 | Exposé 30 min + TP bonus 25 min. Décaler d'autant les séquences suivantes ou raccourcir la séq. 3.6 à 20 min |
| **B — Atelier tournant** | J3, pendant le TP 5 (10h15-12h00) | Un poste « diagnostic tuile béton » dans la rotation des binômes, 20 min par groupe |
| **C — Approfondissement J1** | J1, dans la séq. 1.2 (types d'implantation) | Traiter le volet identification / poids / pente en 20 min, reporter le TP bonus en J3 |
**Objectifs opérationnels du bonus**
- Distinguer une couverture béton d'une terre cuite sur indices objectifs ;
- Situer le référentiel applicable (**NF DTU 40.24 / 40.25**) et consulter le tableau de pentes ;
- Évaluer la charge totale et décider d'une vérification de structure ;
- Exploiter le **pureau variable** sans descendre sous le recouvrement minimal ;
- Choisir entre **crochet spécifique béton** et **tuile de remplacement** ;
- Appliquer les mesures de prévention **silice** à la découpe ;
- Formuler un avis GO / GO sous conditions / NO GO argumenté.
**Évaluation** : fiche de diagnostic du TP bonus + quiz flash de 8 questions (§ 11 du support).
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## Module ADMINISTRATIF — Monter un dossier complet (90 à 120 min)
Support : [`12-administratif-dossier-type.md`](/formation/dossier-administratif-type/)
Ce module prolonge les séquences **1.3** et **1.4** en les faisant travailler sur un **dossier réel
complet et anonymisé** (cas d'école « Sainte-Hélène » : 1,7 kWc, micro-onduleur/chargeur avec
batterie LFP, autoconsommation totale sans injection, autoinstallation).
**Trois modalités d'insertion possibles**
| Option | Quand | Comment |
|---|---|---|
| **A — Extension de l'après-midi J1** (recommandée) | J1, 13h00-15h00, en fusionnant les séq. 1.3 et 1.4 | Exposé § 1-13 en 60 min, **TP A1** 45 min, **TP A2** 25 min. Reporter l'EC 1 en ouverture de J2 (15 min de reprise) ou raccourcir la séq. 1.1 à 40 min |
| **B — Atelier « dossier sur table »** | J1, 15h45-16h30 puis J3 en fin de journée | TP A1 en J1 (les pièces restent sur les tables), TP A2 en J3 avant le QCM — utile pour ancrer par répétition espacée |
| **C — Séquence courte** (groupe déjà expérimenté en administratif) | J1, dans la séq. 1.3, 30 min | Décryptage des écrans du portail (§ 5) + TP A2 seul (§ 16), en laissant les § 7-11 en lecture autonome |
**Objectifs opérationnels du module**
- Identifier le bon **CERFA** d'attestation de conformité selon la présence d'un stockage ;
- Renseigner un **dossier technique SC 144** sans laisser de partie déclenchée vierge ;
- Distinguer **kWc / kVA / kWh** dans les champs du portail du gestionnaire de réseau ;
- Justifier le **cas de raccordement AC** (§ 551.7 NF C 15-100-1) et le **SLT côté batterie** ;
- Lire un **certificat EN 50549-1** et en tirer les bornes de dimensionnement ;
- Produire un **schéma unifilaire** complet (12 éléments) ;
- Réaliser un **contrôle de cohérence inter-pièces** et rédiger une demande de complément.
**Évaluation** : SC 144 renseigné + schéma tracé (TP A1, grille des 12 éléments) ·
relevé d'incohérences classées (TP A2, 6/10 minimum, écarts 2-3-10 obligatoires) ·
QCM flash de 10 questions (§ 17 du support).
**Moyens supplémentaires requis** : jeu de pièces du dossier réel **anonymisé** (1 par binôme),
exemplaires **vierges** du SC 144 C2-2, accès au portail du GRD en démonstration projetée,
copies des CERFA 13703 / 15523*01 / 15524*01 pour comparaison.
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## Module DONNÉES DE MARCHÉ — L'autoconsommation en chiffres réels (45 à 60 min)
Support : [`13-autoconsommation-open-data-enedis.md`](/formation/autoconsommation-open-data-enedis/)
Ce module **remplit le trou laissé par le repère `[À ACTUALISER]` de la séquence 1.1.3** : il
fournit les chiffres réels du marché de l'autoconsommation résidentielle, tirés de l'**Open Data
d'Enedis** (`opendata.enedis.fr`, Licence Ouverte v2.0, mise à jour trimestrielle), et surtout
**la méthode pour aller les chercher soi-même** avant chaque rendez-vous client.
**Trois modalités d'insertion possibles**
| Option | Quand | Comment |
|---|---|---|
| **A — Extension de la séq. 1.1** (recommandée) | J1, 9h20-10h15 puis 10h30-11h00 | Séq. 1.1 resserrée à 40 min sur la filière et les modèles, puis exposé § 4-9 du support `13` en 25 min et **TP 13** en 25 min. Décaler le TP 1 (diagnostic photo) de 25 min ou le reporter en J3 |
| **B — Ouverture de l'après-midi financier** | J1, 15h00, en tête de la séq. 1.5 | Exposé § 5-7 en 20 min pour montrer l'**élasticité du marché aux tarifs d'achat**, puis enchaîner sur les incitations financières. Variante courte du TP 13 (§ 12, 10 min, sans poste informatique) |
| **C — Devoir de veille** | J1 en exposé de 20 min, TP en autonomie | Exposé § 3, § 6 et § 11 (vocabulaire, retournement, pièges), le TP 13 étant réalisé par le stagiaire sur son propre département après la formation, avec la fiche de veille du § 10.3 |
**Objectifs opérationnels du module**
- Traduire les trois **types d'injection** Enedis en modèles économiques de la séq. 1.1 ;
- Situer le résidentiel dans le parc PV (**93 % des installations, 19 % de la puissance**) ;
- Dater et expliquer les **trois ruptures** du marché (2017, 2021, T3 2024) ;
- **Distinguer stock et flux** — et comprendre qu'un parc qui croît peut masquer un marché qui recule ;
- Repérer les deux signaux faibles : **hausse de la puissance posée** et **décollage du stockage** ;
- **Requêter l'Open Data Enedis** (interface web ou API `/explore/v2.1/`) pour actualiser un chiffre ;
- Éviter les **six pièges de lecture** (périmètre, stock/flux, kVA/kWc, puissance/production,
pourcentage sans effectif, dernier trimestre pris pour une tendance).
**Évaluation** : fiche départementale du TP 13 (grille de 6 critères, § 12) ·
quiz flash de 10 questions (§ 13 du support).
**Moyens supplémentaires requis** : **Wi-Fi effectif sur tous les postes** (le TP se fait en ligne),
1 poste pour 2 stagiaires, les trois graphiques de `/img/formation/` à jour, et la
**fiche du département de la session préparée par le formateur avant l'arrivée du groupe**.
> ⚠️ **Ce module est le plus périssable du kit.** Tous ses chiffres sont datés du **T2 2026**.
> Le § 16 du support donne la checklist d'actualisation à exécuter avant chaque session.
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## Impact des deux modules complémentaires sur le volume horaire
| Configuration | Volume | Remarque |
|---|---|---|
| Parcours de base | **21 h** | Conforme au cahier des charges de l'arrêté du 6 octobre 2021 |
| + module administratif (option A) | 21 h, **EC 1 reportée en J2** | Arbitrage à assumer : plus d'administratif, moins de temps de chiffrage |
| + module bonus tuiles béton (option B) | 21 h, **en atelier tournant** | Sans impact horaire |
| + module données de marché (option A) | 21 h, **séq. 1.1 resserrée, TP 1 décalé** | Arbitrage : chiffres de marché sourcés contre 25 min de diagnostic photo |
| + module données de marché (option B ou C) | 21 h | Variante courte du TP 13, ou TP en autonomie après la session |
| + les trois en séquences dédiées | **≈ 24 h** | Nécessite une **4ᵉ demi-journée** ou une session « 3 jours renforcée » à vendre comme telle |
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# Jour 1 — Conseiller son client
URL : https://citilience.fr/formation/jour-1-conseil-client/
Mise à jour : 19/09/2026
Marché du photovoltaïque, choix d'implantation, démarches administratives et incitations financières : le contenu complet de la première journée de formation.
> Objectif du jour : à l'issue de J1, le stagiaire sait mener un premier rendez-vous client,
> qualifier un projet, annoncer les démarches administratives et présenter un plan de
> financement sincère.
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## Séquence 1.1 — Le marché du photovoltaïque (55 min)
### 1.1.1 La filière et ses segments
| Segment | Puissance type | Modèle dominant | Interlocuteur |
|---|---|---|---|
| Résidentiel individuel | 3 à 9 kWc | Autoconsommation avec vente du surplus | Particulier |
| Résidentiel collectif / copropriété | 9 à 100 kWc | Autoconsommation collective | Syndic, ASL |
| Tertiaire, commerce, industrie | 36 à 500 kWc | Autoconsommation, tiers-investissement | Directeur technique, exploitant |
| Agricole (bâtiments d'élevage, hangars) | 100 à 500 kWc et + | Vente totale ou surplus, location de toiture | Exploitant, groupement |
| Ombrières de parking | 100 kWc à plusieurs MWc | Vente ou autoconsommation | Collectivité, enseigne |
| Centrale au sol | > 500 kWc | Appel d'offres CRE, PPA | Développeur |
Ce module cible principalement le **résidentiel et le petit tertiaire en toiture**,
c'est-à-dire le segment où le couvreur est légitime et où les aides publiques sont conditionnées au RGE.
### 1.1.2 Les trois modèles économiques à savoir expliquer
1. **Vente en totalité** — toute la production est injectée et vendue au tarif d'achat.
Deux compteurs (ou un compteur bidirectionnel). Aucun impact sur la facture de consommation.
2. **Autoconsommation avec vente du surplus** — modèle majoritaire en résidentiel.
Le client consomme d'abord sa production, le surplus est injecté et vendu.
Bénéficie de la **prime à l'autoconsommation**.
3. **Autoconsommation totale** — aucune injection (ou injection gratuite déclarée).
Convention d'autoconsommation sans injection. Pas de prime dans certains cas selon le régime en vigueur.
À cela s'ajoutent l'**autoconsommation collective** (périmètre géographique défini, personne morale
organisatrice) et le **stockage** (batterie, pilotage de charges, ballon ECS, borne de recharge).
### 1.1.3 Chiffres de cadrage `[À ACTUALISER]`
Le formateur projette en séance les données de l'année en cours issues de :
- **Panorama de l'électricité renouvelable** (SER / Enedis / RTE / ORE) — puissance raccordée, file d'attente ;
- **Bilan électrique RTE** — production PV annuelle, part dans le mix ;
- **Open Data Enedis** — nombre d'installations en autoconsommation par département ;
- **CRE** — délibérations trimestrielles sur les tarifs S21.
Ordre de grandeur à retenir sans se tromper : le résidentiel représente une **part très majoritaire
en nombre d'installations** mais une **part minoritaire en puissance installée**.
> 📊 **Chiffres réels, sourcés et méthode de mise à jour : voir [`13-autoconsommation-open-data-enedis.md`](/formation/autoconsommation-open-data-enedis/).**
> Ce support fournit les séries Enedis Open Data 2010→2026 (parc, flux trimestriels, stockage,
> déclinaison départementale), la **procédure pour aller chercher soi-même les chiffres à jour**,
> et un TP de 25 min « mon département en cinq minutes ».
>
> Repères au **T2 2026**, réseau Enedis, parc PV ≤ 36 kVA : **1 242 435 installations**, dont
> **71,9 % en autoconsommation** ; le résidentiel pèse **93 % des installations mais 19 % de la
> puissance** ; et surtout — **le marché a reculé de 56 % depuis son pic du T3 2024**,
> alors que le parc, lui, continue de croître.
### 1.1.4 Dérives commerciales : ce que le stagiaire doit savoir dénoncer
- Promesse d'« autofinancement » ou de « facture à zéro ».
- Productible surévalué (Pr de 0,90 ou plus, ombrage ignoré, orientation nord assumée).
- Prix au Wc anormalement élevé (démarchage, financement adossé, LOA opaque).
- Confusion volontaire entre **puissance crête** et **production**.
- Absence de mention RGE, sous-traitance non déclarée, attestation d'assurance non fournie.
- Vente de « panneaux aérovoltaïques » présentés comme un système de chauffage complet.
**Argumentaire de référence à tenir devant le client :**
> « Je vous donne une production estimée avec un ratio de performance réaliste, je vous chiffre
> votre taux d'autoconsommation sur la base de vos consommations réelles, et je vous remets le
> détail des aides avec leur date de validité. »
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## Séquence 1.2 — Les types d'implantation (60 min)
### 1.2.1 Panorama des solutions
| Solution | Principe | Étanchéité assurée par | Cadre technique |
|---|---|---|---|
| **Surimposition** | Modules posés au-dessus de la couverture conservée, sur rails et crochets | La couverture existante, inchangée | NF DTU de la couverture + règles professionnelles + notice du fabricant du système de fixation |
| **Intégration en toiture (IAB)** | Le procédé PV remplace tout ou partie de la couverture | Le procédé PV lui-même | **Avis Technique / DTA obligatoire** (CSTB, Groupe Spécialisé n° 21) |
| **Toiture-terrasse lestée** | Bacs lestés posés sur l'étanchéité, sans percement | Le complexe d'étanchéité existant | NF DTU série 43 + ATec/ATEx du système, note de calcul de charge et de lest |
| **Bac acier** | Fixation sur les nervures par pinces spécifiques ou pontets | Le bac acier | Notice fabricant, NF DTU 40.35, tenue à l'arrachement des fixations |
| **Ombrière / carport** | Structure indépendante | Sans objet (ou couverture propre) | Eurocodes, permis de construire selon surface |
| **Brise-soleil, garde-corps, façade** | Composant d'enveloppe | Selon le procédé | ATec/ATEx, sécurité verre (chute de fragments) |
### 1.2.2 Surimposition : ce qui est validé et ce qui est interdit
**Validé**
- Couverture **en bon état**, restant à durée de vie compatible avec 25 ans d'exploitation.
- Fixation **dans l'élément porteur** (chevron, panne, voligeage selon le système) et non dans le liteau seul.
- Respect de l'**entraxe maximal** défini par la notice du fabricant, en fonction des charges de neige et de vent.
- Conservation d'une **lame d'air ventilée** entre le module et la couverture (limite l'échauffement,
gain de productible, évacuation de l'humidité).
- Traitement du **passage de câbles** par un passe-toit ou une tuile chatière étanche dédiée.
- Recouvrement/relevé de l'**écran de sous-toiture** intact.
**Interdit ou fautif**
- Percer l'écran de sous-toiture sans traitement d'étanchéité.
- Poser sur une couverture non conforme au NF DTU (pente insuffisante, recouvrement insuffisant).
- Fixer dans le liteau ou dans le voligeage dégradé.
- Déformer une tuile pour laisser passer le crochet sans meulage propre ni tuile adaptée.
- Poser sur une charpente non vérifiée alors que la surcharge dépasse la réserve de calcul
(ordre de grandeur : **15 à 25 kg/m²** pour l'ensemble modules + structure).
- Créer une retenue de neige ou un obstacle à l'écoulement en bas de rampant.
### 1.2.3 Intégration en toiture : conséquences lourdes
Le procédé devient un **élément de couverture**. Il engage donc :
- la **garantie décennale** de l'entreprise sur l'étanchéité ;
- l'exigence d'un **Avis Technique ou DTA en cours de validité** (ou, à défaut, ATEx / ETN acceptée par l'assureur) ;
- le respect **strict** du domaine d'emploi : pente mini/maxi, zone de vent, altitude, longueur de rampant,
type de support, sens de pose, accessoires imposés ;
- la mise en œuvre des accessoires du procédé **et d'eux seuls** (pas de mélange de marques).
> **Point clef à faire dire aux stagiaires :** en intégration, la question n'est plus
> « est-ce que ça produit ? » mais « est-ce que ça reste étanche 30 ans ? ».
### 1.2.4 Effet du choix d'implantation sur l'assurance
- Vérifier que l'**attestation d'assurance décennale** mentionne explicitement l'activité
« installation de panneaux photovoltaïques » (et pas seulement « couverture »).
- Un procédé **hors ATec / hors domaine d'emploi** peut entraîner un refus de garantie :
c'est le motif de sinistre le plus courant sur la filière.
- Conserver au dossier : ATec/DTA, notice de pose, note de calcul, photos de chantier datées.
---
## Séquence 1.3 — Aspects administratifs et démarches (70 min)
> 📎 **Approfondissement disponible.** Le module [`12-administratif-dossier-type.md`](/formation/dossier-administratif-type/) reprend cette
> séquence sur un **dossier réel complet** (portail du GRD écran par écran, CERFA 15524*01,
> dossier technique SC 144 C2-2, schéma unifilaire, certificat EN 50549-1), avec deux TP
> et un contrôle de cohérence inter-pièces. À utiliser dès que le groupe compte des candidats
> au rôle de **référent technique**.
### 1.3.1 Chronologie d'un dossier résidentiel (à mémoriser dans l'ordre)
```
1. Visite technique + relevé de consommations → devis
2. Déclaration préalable de travaux (mairie) → non-opposition
3. Demande de raccordement (Enedis, portail) → proposition de raccordement
4. (le cas échéant) demande de contrat d'achat → OA Solaire
5. Travaux + attestation de conformité (Consuel) → visa Consuel
6. Mise en service par le gestionnaire de réseau → PDL actif
7. Contrat d'achat / prime : versement → exploitation
```
### 1.3.2 Urbanisme
| Cas | Formalité | Délai d'instruction indicatif |
|---|---|---|
| PV en toiture sur bâtiment existant (modification de l'aspect extérieur) | **Déclaration préalable (DP)** — CERFA 13703 | 1 mois |
| Bâtiment en secteur protégé, site patrimonial remarquable, abords de monument | DP avec **avis de l'ABF** | 2 mois |
| Installation intégrée à une construction neuve | **Permis de construire** du bâtiment | 2 à 3 mois |
| Ombrière / structure créant de l'emprise au sol | DP ou PC selon surface et hauteur | 1 à 3 mois |
Points à contrôler dans le **PLU** avant de s'engager : teinte imposée, obligation de pose
parallèle au plan de toiture, interdiction en covisibilité, prescriptions sur les matériaux.
**Affichage sur le terrain** obligatoire pendant toute la durée des travaux ; délai de recours des tiers.
### 1.3.3 Raccordement
- Demande dématérialisée auprès du **gestionnaire de réseau de distribution** (Enedis ou ELD).
- Pièces types : plan de situation, plan de masse, DP obtenue, fiche de collecte,
attestation du matériel (conformité **VFR 2019** pour la protection de découplage), mandat si tiers.
- Réponse : **proposition de raccordement** (convention et devis) selon le cas
(raccordement en injection, autoconsommation avec injection, autoconsommation sans injection).
- Le raccordement modifie éventuellement le **branchement** (NF C 14-100) : disjoncteur,
coffret, comptage. Le **point de livraison** délimite le domaine du GRD et celui du client.
### 1.3.4 Consuel
- L'**attestation de conformité** est obligatoire avant mise en service.
- Formulaire spécifique à la **production d'électricité raccordée au réseau**
(imprimé dit « violet » — vérifier la version en cours).
- Le Consuel peut déclencher un **contrôle sur site**. Motifs de refus fréquents :
absence de sectionneur DC accessible, étiquetage manquant, mise à la terre incomplète,
section de câble AC insuffisante, absence de protection différentielle adaptée,
matériel non conforme à la norme produit.
### 1.3.5 Autres obligations à ne pas oublier
- **Devis conforme** au code de la consommation : détail des prestations, marques et références,
puissance crête, production estimée avec méthode, délais, mentions RGE et assurance,
**droit de rétractation de 14 jours** en cas de démarchage à domicile.
- **Information du SDIS** et signalétique pompiers pour les bâtiments concernés ; ERP : avis de la commission de sécurité.
- **Copropriété** : accord de l'assemblée générale, résolution, quote-part de toiture.
- **Locataire / bailleur** : autorisation écrite du propriétaire.
- **Amiante / plomb** : repérage avant travaux obligatoire sur bâti ancien ; sous-section 4 si intervention sur amiante.
- **Éco-organisme** : reprise et recyclage des modules en fin de vie (filière DEEE, **Soren**).
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## Séquence 1.4 — Le raccordement et l'obligation d'achat (35 min)
### 1.4.1 Le cadre S21 `[À ACTUALISER]`
L'**arrêté du 6 octobre 2021** fixe les conditions d'achat de l'électricité produite par les
installations **sur bâtiment, hangar ou ombrière** de puissance **≤ 500 kWc** (dispositif dit **S21**,
guichet ouvert). Les tarifs et le montant de la prime sont **révisés chaque trimestre par la CRE**.
Deux familles de contrats :
- **Vente en totalité** — tarif d'achat sur toute la production, par tranche de puissance.
- **Vente du surplus + prime à l'autoconsommation** — tarif surplus plus faible, mais prime versée
(en une fois ou en plusieurs annuités selon la tranche).
Conditions d'éligibilité à retenir : installation **sur bâtiment**, modules implantés selon
le critère général d'implantation défini en annexe de l'arrêté (typiquement **parallèles au plan de
toiture** ou remplaçant des éléments de couverture), respect des délais entre demande de
raccordement et mise en service, une seule installation par point de livraison selon le cas.
> **Consigne formateur :** projeter la **grille tarifaire du trimestre en cours** (délibération CRE)
> et faire relever aux stagiaires les tranches de puissance et le tarif applicable au cas de l'EC 1.
### 1.4.2 Comptage et architectures
| Modèle | Comptage | Convention |
|---|---|---|
| Vente totale | Compteur de production dédié | Convention de raccordement + contrat d'achat |
| Surplus | Compteur bidirectionnel (Linky) mesurant soutirage et injection | Convention + contrat d'achat surplus |
| Autoconsommation totale | Compteur existant, injection nulle déclarée | Convention d'autoconsommation sans injection |
### 1.4.3 Points de vigilance techniques imposés par le réseau
- **Protection de découplage** conforme à la norme en vigueur (référentiel VFR 2019) : l'onduleur
doit se déconnecter en cas de coupure réseau — protection anti-îlotage.
- **Limitation de puissance** éventuelle au point d'injection (bridage) et réglage documenté.
- **Puissance de raccordement** ≠ puissance crête : c'est la puissance déclarée en injection.
- Franchissement du seuil des **36 kVA** : changement de régime, coûts et délais nettement supérieurs.
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## Séquence 1.5 — Incitations financières et fiscalité (45 min)
### 1.5.1 Les leviers `[À ACTUALISER]`
| Levier | Bénéficiaire | Condition clef |
|---|---|---|
| **Prime à l'autoconsommation** | Particulier, pro | Vente du surplus, installateur **qualifié RGE**, puissance ≤ 100 kWc |
| **Tarif d'achat garanti 20 ans** | Particulier, pro | Contrat OA, respect S21 |
| **TVA à taux réduit** | Logement achevé depuis plus de 2 ans | Puissance et critères fixés par la réglementation fiscale en vigueur — vérifier le taux et le plafond de puissance applicables à la date du devis |
| **Exonération d'impôt sur le revenu** des recettes de vente | Particulier | Puissance ≤ 3 kWc, nombre de points de livraison limité, usage non professionnel |
| **Éco-PTZ** | Particulier | Travaux éligibles réalisés par une entreprise **RGE** |
| **Aides locales** (région, département, EPCI) | Variable | Cumul à vérifier au cas par cas |
> ⚠️ **Règle absolue à enseigner :** un devis n'annonce **jamais** un montant d'aide sans indiquer
> le trimestre de référence et la mention « sous réserve de l'arrêté tarifaire applicable à la
> date de la demande complète de raccordement ».
### 1.5.2 Le lien aides / RGE — pourquoi cette formation existe
Le **décret n° 2014-812** conditionne l'accès des clients à certaines aides à la détention par
l'entreprise d'un **signe de qualité** (RGE). Pour le photovoltaïque, c'est l'appellation
**RGE** délivrée par l'**organisme national de qualification**. L'obtention suppose notamment :
- un **référent technique** formé (c'est l'objet du présent module pour la compétence Bât) ;
- des **assurances** à jour couvrant l'activité ;
- la fourniture de **références de chantiers** ;
- un **audit de réalisation** périodique ;
- le respect des **règles de l'art** et de la charte qualité.
### 1.5.3 Construire un plan de financement honnête
Les cinq nombres à produire pour le client :
1. **Coût total TTC** (matériel, pose, échafaudage, raccordement, Consuel, démarches).
2. **Production annuelle estimée** en kWh (avec la méthode et le Pr retenu).
3. **Taux d'autoconsommation** estimé à partir du profil de consommation réel (relevé Linky).
4. **Gain annuel** = (kWh autoconsommés × prix d'achat évité) + (kWh injectés × tarif surplus).
5. **Temps de retour** = (coût total − prime) / gain annuel, en signalant les hypothèses
(évolution du prix de l'électricité, remplacement de l'onduleur vers 12–15 ans, dégradation
des modules ≈ 0,4 à 0,55 %/an, frais de maintenance et d'assurance).
### 1.5.4 Erreurs de chiffrage les plus fréquentes
- Valoriser **toute** la production au prix d'achat du kWh (au lieu de distinguer autoconsommé / injecté).
- Oublier le **remplacement de l'onduleur**.
- Retenir un **taux d'autoconsommation** de 70 % sans pilotage ni stockage sur un profil de journée creuse.
- Ignorer les coûts d'accès : échafaudage, reprise de couverture, renforcement de charpente.
- Annoncer un TRI sans préciser l'hypothèse d'inflation du prix de l'électricité.
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## Synthèse J1 — les 10 messages à retenir
1. Le photovoltaïque en toiture engage d'abord la **couverture**, ensuite l'électricité.
2. **Surimposition** = la couverture reste l'ouvrage d'étanchéité. **Intégration** = le PV devient la couverture.
3. Pas d'intégration sans **Avis Technique / DTA en cours de validité** et respect du domaine d'emploi.
4. La **déclaration préalable** précède les travaux ; la demande de raccordement structure le calendrier.
5. Le **Consuel** est un passage obligé et un révélateur des défauts de conception électrique.
6. Les aides dépendent du **RGE**, donc de la qualification, donc du référent formé.
7. Les tarifs et primes sont **trimestriels** : jamais de promesse figée dans un devis.
8. Une estimation de productible se défend par sa **méthode**, pas par son résultat.
9. L'assurance décennale doit **nommer** l'activité photovoltaïque.
10. Le professionnalisme commercial est le premier facteur de survie de l'entreprise sur ce marché.
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# Jour 2 — Conception et dimensionnement
URL : https://citilience.fr/formation/jour-2-conception-dimensionnement/
Mise à jour : 19/09/2026
Technologie des modules, gisement solaire, dimensionnement des chaînes et estimation du productible : le contenu complet de la deuxième journée de formation.
> Objectif du jour : à l'issue de J2, le stagiaire sait caractériser le gisement solaire d'un site,
> choisir des composants cohérents, dimensionner les chaînes et produire une estimation de
> productible défendable.
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## Séquence 2.1 — Le gisement solaire (60 min)
### 2.1.1 Les composantes du rayonnement
| Composante | Définition | Ordre de grandeur en France |
|---|---|---|
| **Direct** | Rayonnement reçu en ligne droite du soleil | 40 à 60 % de l'irradiation annuelle |
| **Diffus** | Rayonnement dispersé par l'atmosphère et les nuages | 40 à 60 % (davantage au nord) |
| **Réfléchi (albédo)** | Réfléchi par le sol et les surfaces environnantes | Faible en toiture inclinée, significatif en bifacial |
**Irradiation globale annuelle sur plan horizontal** en France métropolitaine :
de l'ordre de **1 000 à 1 300 kWh/m²/an** au nord et à l'est, **1 300 à 1 500 kWh/m²/an**
dans le sud-ouest et le sud-est, jusqu'à **1 800 kWh/m²/an** et plus en outre-mer.
Sur un plan **incliné à 30° orienté sud**, on gagne typiquement **10 à 15 %** par rapport à l'horizontale.
Vocabulaire à ne pas confondre :
- **Irradiance** : puissance instantanée reçue, en **W/m²** (1 000 W/m² aux conditions STC).
- **Irradiation** : énergie cumulée sur une période, en **kWh/m²**. C'est le *Hi* des formules.
- **Heures équivalentes** : `Hi` exprimée en h correspond à la durée d'un ensoleillement à 1 000 W/m².
### 2.1.2 Orientation et inclinaison
Convention d'**azimut** : 0° = sud, négatif vers l'est, positif vers l'ouest
(certains outils utilisent 180° = sud — toujours vérifier la convention de l'outil).
Coefficients de correction indicatifs par rapport à l'optimum (sud, 30°) :
| Inclinaison ↓ / Azimut → | Est (−90°) | SE (−45°) | Sud (0°) | SO (+45°) | Ouest (+90°) |
|---|---|---|---|---|---|
| 0° (horizontal) | 0,93 | 0,93 | 0,93 | 0,93 | 0,93 |
| 15° | 0,90 | 0,96 | 0,99 | 0,96 | 0,90 |
| 30° | 0,85 | 0,96 | **1,00** | 0,96 | 0,85 |
| 45° | 0,80 | 0,93 | 0,98 | 0,93 | 0,80 |
| 60° | 0,73 | 0,87 | 0,91 | 0,87 | 0,73 |
| 90° (vertical) | 0,55 | 0,66 | 0,70 | 0,66 | 0,55 |
> Valeurs pédagogiques d'ordre de grandeur, à confronter systématiquement au calcul PVGIS du site réel.
> Message clef : entre sud-est et sud-ouest à 30°, la perte reste **inférieure à 5 %** — inutile
> de dégrader la couverture pour « aller chercher le sud ».
Enseignements pratiques :
- Une orientation **est-ouest** en toiture-terrasse permet une densité de modules supérieure
et un profil de production plus étalé, souvent meilleur pour l'autoconsommation.
- Une inclinaison faible augmente la **salissure** et réduit l'auto-nettoyage (< 10° : prévoir un nettoyage).
- Une inclinaison forte améliore la tenue en hiver et l'évacuation de la neige.
### 2.1.3 Ombrages et masques
**Masque lointain** : relief, immeubles, ligne d'arbres — se relève en azimut/hauteur angulaire
et se trace sur un **diagramme solaire** (course du soleil au solstice d'hiver, aux équinoxes, au solstice d'été).
**Masque proche** : cheminée, antenne, châssis de toit, superstructure, module voisin.
C'est le plus destructeur car il crée un **ombrage partiel de cellule**.
Mécanisme à faire comprendre :
- Les cellules d'un module sont en **série** : la cellule la plus ombrée impose le courant.
- Les **diodes bypass** (typiquement 3 par module, une par sous-chaîne) court-circuitent la
sous-chaîne ombrée pour éviter le point chaud, au prix de la perte de sa production.
- Dans une **chaîne** de modules en série, un module fortement ombré pénalise **toute la chaîne**.
- Conséquences de conception : regrouper les modules de même exposition sur un même MPPT,
poser les modules en **paysage** ou **portrait** selon le sens de l'ombre portée,
envisager **optimiseurs ou micro-onduleurs** en cas d'ombrage inévitable.
**Règle d'espacement entre rangées** (toiture-terrasse) : distance entre rangées
`d = h / tan(α)` avec `h` la hauteur du haut de rangée et `α` la hauteur solaire de référence
(souvent prise autour de 15 à 20° au solstice d'hiver pour la France métropolitaine).
### 2.1.4 Effet de la température
La puissance d'un module **diminue quand sa température augmente**.
- Coefficient de puissance typique : **−0,30 à −0,45 %/°C** (silicium cristallin),
meilleur sur les technologies récentes (hétérojonction, TOPCon).
- Température de cellule en fonctionnement estivale en toiture : **50 à 75 °C** selon la ventilation.
- Perte annuelle liée à la température en France : ordre de **4 à 8 %** de l'énergie.
- **Conséquence bâti majeure :** une pose **intégrée non ventilée** échauffe davantage les modules
qu'une **surimposition avec lame d'air** — écart de productible couramment **2 à 5 %**.
C'est un argument technique à connaître pour conseiller le client.
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## Séquence 2.2 — Technologie photovoltaïque : les modules (75 min)
### 2.2.1 De la cellule au champ
```
Cellule (≈ 0,5 à 0,7 V) → Module (série de cellules) → Chaîne / string (modules en série)
→ Champ / générateur PV (chaînes en parallèle) → Onduleur → Réseau
```
Rappel physique : jonction PN dopée, absorption d'un photon, création d'une paire électron-trou,
séparation par le champ interne, collecte par les contacts. Le courant est **proportionnel à
l'irradiance** ; la tension dépend surtout de la **température**.
### 2.2.2 Familles technologiques
| Technologie | Rendement module courant | Caractéristiques | Usage |
|---|---|---|---|
| Silicium **monocristallin** (PERC, TOPCon, HJT) | 20 à 23 % | Meilleur rendement, uniforme, noir | Standard du marché |
| Silicium **polycristallin** | 16 à 18 % | Aspect bleuté, en recul | Parc existant |
| **Couches minces** (CIGS, CdTe, a-Si) | 10 à 16 % | Bon comportement au diffus et à la chaleur, souple possible | Support léger, membrane |
| **Bifacial** | 20 à 23 % + gain arrière 5 à 15 % | Nécessite un albédo et une lame d'air | Sol, ombrière, terrasse |
| **Tuiles / ardoises solaires** | 12 à 18 % | Intégration esthétique, coût élevé | Secteur protégé, ABF |
### 2.2.3 Anatomie d'un module et vocabulaire de chantier
- **Verre trempé** face avant (3,2 mm) — traitement antireflet.
- **Encapsulant** EVA ou POE.
- **Cellules** interconnectées par busbars ; variantes *half-cut* (demi-cellules, meilleure tolérance à l'ombre),
*shingle*, *multi-busbar*.
- **Face arrière** : backsheet polymère (verre-film) ou second verre (**verre-verre**, meilleure durabilité,
souvent requis en intégration et pour le bifacial).
- **Cadre aluminium** — c'est lui qui reçoit les **clames** et la **mise à la terre** ;
respecter impérativement les **zones de fixation autorisées** par le fabricant.
- **Boîte de jonction** avec **diodes bypass** et câbles + connecteurs.
- **Plaque signalétique** : à savoir lire par cœur.
### 2.2.4 Lire une fiche technique — les 12 grandeurs utiles
| Symbole | Nom | Usage en dimensionnement |
|---|---|---|
| `Pmpp` | Puissance crête (STC) | Puissance du champ, productible |
| `Umpp` / `Vmpp` | Tension au point de puissance max | Plage MPPT de l'onduleur |
| `Impp` | Courant au point de puissance max | Courant de chaîne |
| `Uoc` / `Voc` | Tension à vide | **Tension max de chaîne** (dimensionnement à froid) |
| `Isc` | Courant de court-circuit | Calibrage des protections et des câbles |
| `β` (Uoc) | Coefficient de température de Uoc (%/°C, négatif) | Tension max à −10 °C |
| `γ` (Pmpp) | Coefficient de température de puissance | Pertes thermiques |
| `NOCT` | Température nominale de cellule | Estimation en conditions réelles |
| `Umax système` | Tension système admissible (1 000 ou 1 500 V) | Limite absolue de chaîne |
| `Icalibre fusible` | Courant max de protection série | Choix des fusibles DC |
| Charge méca. | Charge admissible neige/vent (Pa) | Vérification Eurocodes |
| Classe / normes | **IEC 61215** (performance), **IEC 61730** (sécurité), classe II (double isolation), **Broof(t3)** (feu) | Conformité |
Conditions de référence :
- **STC** : 1 000 W/m², 25 °C de cellule, AM 1,5 — c'est la base de la puissance crête.
- **NOCT / NMOT** : 800 W/m², 20 °C ambiant, 1 m/s de vent — plus proche du réel.
### 2.2.5 Garanties et vieillissement
- **Garantie produit** : 10 à 25 ans selon fabricant.
- **Garantie de performance** : typiquement ≥ 80–92 % de la puissance à 25 ou 30 ans,
avec une dégradation annoncée de **0,4 à 0,55 %/an** (0,25 %/an sur les gammes premium).
- Modes de défaillance à connaître : **point chaud** (hot spot), **PID** (dégradation induite par
la tension), **délamination**, **snail trails**, corrosion de la boîte de jonction,
micro-fissures dues à une pose ou un transport brutal, casse du verre.
- **Manutention** : ne jamais porter un module par ses câbles, ne jamais marcher dessus,
ne pas poser à plat sur les cadres sans cale, transport sur chant.
### 2.2.6 Traçabilité
Relever et archiver au DOE : marque, modèle, **numéros de série** de chaque module et leur
position sur le calepinage. Indispensable pour toute réclamation en garantie et pour la maintenance.
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## Séquence 2.3 — Les systèmes : onduleurs et architectures (60 min)
### 2.3.1 Rôle de l'onduleur
1. Convertir le courant **continu** des modules en courant **alternatif** compatible réseau.
2. Rechercher en permanence le **point de puissance maximale** (MPPT).
3. Assurer la **protection de découplage** (anti-îlotage) : arrêt en cas d'absence de réseau.
4. Surveiller l'isolement du champ DC, mesurer, communiquer, journaliser.
### 2.3.2 Les quatre architectures
| Architecture | Principe | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| **Onduleur de chaîne (string)** | 1 onduleur pour 1 à 4 chaînes | Coût, rendement, simplicité, maintenance centralisée | Sensible à l'ombrage, un seul point de panne |
| **Onduleur multi-MPPT** | Plusieurs entrées indépendantes | Gère 2 ou 3 orientations de toiture | Contraintes de répartition des chaînes |
| **Micro-onduleurs** | 1 onduleur par module (ou par 2 modules) | Tolérance à l'ombrage, sécurité (pas de haute tension DC en toiture), suivi module par module | Coût, nombre d'équipements en toiture, accès pour maintenance |
| **Optimiseurs + onduleur** | MPPT déporté par module, onduleur central | Ombrage, monitoring, arrêt sécurisé | Coût, dépendance à un écosystème propriétaire |
**Critère bâti :** en surimposition sur toiture d'habitation avec cheminée ou masque,
les micro-onduleurs ou optimiseurs sont souvent le bon choix. Ils imposent en revanche
un **accès de maintenance** à la toiture — à anticiper dans le devis (échafaudage).
### 2.3.3 Caractéristiques à comparer
| Grandeur | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|
| Puissance AC nominale | Base du ratio DC/AC |
| Puissance DC max admissible | Ne jamais dépasser |
| **Plage de tension MPPT** | La tension de chaîne doit rester dedans du plus froid au plus chaud |
| **Tension DC max absolue** | Limite de sécurité : dépassement = destruction |
| **Courant max par entrée** et courant de court-circuit max | Nombre de chaînes en parallèle |
| Nombre de MPPT | Nombre d'orientations gérables |
| **Rendement européen (η euro)** | 96 à 98,5 % — plus représentatif que le rendement max |
| Monophasé / triphasé | Équilibrage des phases obligatoire au-delà de 6 kVA en pratique courante |
| Protections intégrées | Sectionneur DC, surveillance d'isolement, parafoudre intégré ou non |
| Indice de protection | IP65 minimum si pose extérieure ; préférer l'intérieur ventilé et hors gel |
| Conformité réseau | Attestation **VFR 2019** exigée par le gestionnaire de réseau |
| Garantie | 5 à 12 ans, extension possible ; **prévoir le remplacement à 12-15 ans** |
### 2.3.4 Le ratio DC/AC (dimensionnement de l'onduleur)
`Ratio = Puissance crête du champ (Wc) / Puissance nominale AC de l'onduleur (W)`
- Pratique courante : **1,0 à 1,2**, jusqu'à 1,3 pour un champ mal orienté ou très ombragé.
- Un ratio > 1 est volontaire : l'onduleur écrête quelques heures par an (perte faible)
mais travaille plus souvent dans sa zone de bon rendement.
- Un ratio trop faible (< 0,9) fait travailler l'onduleur à charge partielle : mauvais rendement, surcoût.
### 2.3.5 Stockage et pilotage (notions)
- **Batterie** (lithium-fer-phosphate majoritairement) : couplage DC ou AC, dimensionnement
selon la consommation nocturne, contraintes de local, ventilation, sécurité incendie.
- **Pilotage de charges** : routeur solaire vers ballon ECS, pompe à chaleur, borne de recharge —
souvent bien plus rentable qu'une batterie pour augmenter le taux d'autoconsommation.
- Retenir : le stockage se **justifie par un calcul**, pas par un argument commercial.
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## Séquence 2.4 — Dimensionnement des chaînes (45 min)
> Référence de calcul : **guide UTE C 15-712-1** (installations photovoltaïques raccordées au réseau)
> en complément de la **NF C 15-100**. Les valeurs de température ci-dessous sont les valeurs
> usuelles retenues pour la France métropolitaine ; les adapter selon le site et le guide.
### 2.4.1 Les quatre vérifications obligatoires
**① Tension maximale de chaîne (cas le plus froid : −10 °C, champ à vide)**
```
Uoc(-10°C) = Uoc(STC) × [ 1 + β × (−10 − 25) ] avec β en /°C (négatif)
Uchaîne max = N × Uoc(-10°C)
```
Approximation de terrain admise pour le silicium cristallin : `Uoc(−10 °C) ≈ 1,15 × Uoc(STC)`.
Contraintes à respecter **simultanément** :
- `Uchaîne max ≤ Umax système des modules` (1 000 V ou 1 500 V) ;
- `Uchaîne max ≤ UDC max absolue de l'onduleur` ;
- en pratique on garde une marge de sécurité de quelques pourcents.
**② Tension minimale de chaîne (cas le plus chaud : cellule à +70 °C, au point MPP)**
```
Umpp(70°C) = Umpp(STC) × [ 1 + γU × (70 − 25) ]
Uchaîne min = N × Umpp(70°C) ≥ Umppt min de l'onduleur
```
Si la tension minimale tombe sous la plage MPPT, l'onduleur décroche aux heures les plus chaudes :
perte de production silencieuse, très difficile à diagnostiquer après coup.
**③ Courant**
```
I chaîne = Impp du module (les modules en série ont le même courant)
I entrée MPPT = nombre de chaînes en parallèle × Impp ≤ I max entrée onduleur
I dimensionnement des câbles et protections = 1,25 × Isc(STC)
```
**④ Chute de tension et section des câbles**
```
ΔU (V) = 2 × ρ × L × I / S
```
avec `ρ` la résistivité (cuivre ≈ 0,023 Ω·mm²/m à chaud), `L` la longueur simple en m,
`I` le courant en A, `S` la section en mm².
Objectifs : **ΔU ≤ 3 %** côté DC (viser **≤ 1 %** pour la partie chaîne), **ΔU ≤ 3 %** côté AC
jusqu'au point de livraison. Section minimale usuelle des câbles solaires : **4 mm²** (parfois 6 mm²).
### 2.4.2 Choix des câbles et de la connectique
- Câble **solaire** double isolation, résistant UV et ozone, classe II, plage −40 à +90 (+120) °C,
souvent référencé « H1Z2Z2-K ».
- **Connecteurs de même marque et même série** aux deux extrémités — le mélange de marques
est une cause classique d'échauffement et d'arc.
- **Sertissage** avec la pince du fabricant, contrôle par traction, marquage de polarité.
- **Cheminement** : chemins de câbles ou colliers résistants UV, jamais de câble en appui sur
une arête vive ni en contact avec la couverture chaude, pas de boucle inutile
(limiter la **surface de boucle** pour réduire les surtensions induites par la foudre).
- **Rayon de courbure** respecté, câbles non tendus, réserve de longueur pour dilatation.
### 2.4.3 Appareillage DC et AC
| Fonction | Élément | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Sectionnement DC | **Interrupteur-sectionneur DC** dimensionné en tension continue | Obligatoire, accessible, en aval du champ, à côté de l'onduleur ; **jamais** ouvrir un connecteur en charge |
| Protection contre les surintensités DC | Fusibles gPV si nécessaire selon le nombre de chaînes | Calibre selon le fabricant du module |
| Protection contre la foudre | **Parafoudre DC et AC** selon le critère du guide UTE C 15-712-1 (niveau kéraunique, longueur des liaisons, présence de paratonnerre) | Type et emplacement ; liaison courte à la terre |
| Protection AC | Disjoncteur dédié + **différentiel 30 mA type A ou B** selon la technologie d'onduleur | Suivre la préconisation du constructeur |
| Coupure d'urgence | Dispositif accessible et signalé | Exigence pompiers/SDIS |
| Mise à la terre | Liaison équipotentielle des masses métalliques (cadres, rails, structure) | Conducteur ≥ 6 mm² cuivre en pratique courante ; continuité mesurée et consignée |
| Repérage | Étiquetage « ATTENTION — présence de deux sources de tension », schéma unifilaire à demeure | Contrôlé par le Consuel |
### 2.4.4 Méthode pas à pas (à faire noter dans le livret)
```
1. Relever : site, orientation, inclinaison, surface utile, masques, charges climatiques
2. Choisir le module → noter Pmpp, Uoc, Umpp, Impp, Isc, β, Umax système
3. Calepiner → nombre de modules possible, N par rangée, découpage en chaînes homogènes
4. Choisir l'onduleur → P AC, plage MPPT, UDC max, I max, nb de MPPT
5. Vérifier ① Umax à −10 °C ② Umin à +70 °C ③ courants ④ chutes de tension
6. Définir protections DC / AC, parafoudre, terre, coupure d'urgence
7. Estimer le productible et le taux d'autoconsommation
8. Rédiger : schéma unifilaire, calepinage, note de calcul, devis
```
---
## Séquence 2.5 — Estimation du productible (40 min)
### 2.5.1 La formule de référence
```
E (kWh/an) = Pc (kWc) × Hi (kWh/m²/an) × Pr
```
- `Pc` : puissance crête installée ;
- `Hi` : irradiation annuelle **dans le plan des modules** (et non à l'horizontale) ;
- `Pr` : **ratio de performance** (performance ratio), sans unité.
### 2.5.2 Décomposition du ratio de performance
| Poste de perte | Ordre de grandeur | Levier de réduction |
|---|---|---|
| Température des modules | 4 à 8 % | Ventiler la sous-face, préférer la surimposition |
| Rendement onduleur | 2 à 4 % | η euro élevé, ratio DC/AC cohérent |
| Câblage DC + AC | 1 à 3 % | Sections suffisantes, longueurs courtes |
| Mismatch entre modules | 1 à 3 % | Modules de même lot, chaînes homogènes |
| Salissure, poussière, pollen | 1 à 4 % | Inclinaison ≥ 10°, nettoyage |
| Ombrages | 0 à 20 % + | Calepinage, optimiseurs, élagage |
| Neige, indisponibilité, écrêtage | 0 à 3 % | Selon site |
| Faible irradiance, spectre, angle | 1 à 3 % | Technologie |
**Valeurs de Pr à retenir :**
- **0,80 à 0,85** : installation bien conçue, ventilée, sans ombre — hypothèse haute défendable.
- **0,75 à 0,80** : cas courant en résidentiel, intégration peu ventilée, léger ombrage.
- **< 0,75** : site contraint, ombrages, orientation dégradée.
- **> 0,85** : à ne pas annoncer en toiture résidentielle sans justification chiffrée.
Corollaire commercial : en France métropolitaine, un **productible spécifique** de
**900 à 1 300 kWh/kWc/an** est réaliste selon la région et l'exposition.
Toute annonce au-delà de 1 400 kWh/kWc/an en métropole doit être justifiée.
### 2.5.3 Calcul avec PVGIS (démonstration en direct)
1. Ouvrir **PVGIS** (Commission européenne, JRC) et localiser le site à l'adresse.
2. Choisir la base de données de rayonnement, la technologie (silicium cristallin),
la puissance crête, le mode de montage (**« intégré dans le bâti »** ou **« libre / ventilé »** —
ce choix modélise l'échauffement, c'est là que se voit l'effet du type d'implantation),
l'inclinaison et l'azimut.
3. Renseigner les **pertes système** (valeur par défaut 14 % ; l'affiner selon les postes du § 2.5.2).
4. Lire l'énergie annuelle, la production mensuelle, la variabilité interannuelle.
5. Ajouter l'**horizon** (masque lointain) automatique ou saisi.
6. Exporter le rapport PDF et **le joindre au devis** : c'est la preuve de méthode.
### 2.5.4 Calepinage et surface
- Surface d'un module courant : **≈ 1,7 à 2,2 m²** pour **≈ 400 à 500 Wc** →
ordre de grandeur : **1 kWc ≈ 4 à 5 m²** de toiture.
- Contraintes de calepinage : retrait en rive et en faîtage imposé par la notice ou l'ATec,
passage des câbles, châssis de toit, cheminée, chatières, zone de dégagement pompiers,
accès de maintenance, esthétique (alignement, symétrie, teinte des cadres).
- Vérifier la **longueur de rampant** et le nombre de rangées possibles, l'entraxe des chevrons
réel (mesuré, pas supposé), la présence de fermettes industrielles.
### 2.5.5 Charges climatiques et charpente
- Référentiel : **Eurocode 1** — NF EN 1991-1-3 (**neige**) et NF EN 1991-1-4 (**vent**),
avec leurs annexes nationales : zone de neige, altitude, zone de vent, catégorie de terrain,
effets de bord et de coin (dépressions accrues en rive et en angle).
- Surcharge apportée par une surimposition : **≈ 15 à 25 kg/m²** (modules + rails + fixations).
- Vérifications à faire : état et section des chevrons/pannes, entraxe des fixations conforme
à la note de calcul du fabricant, présence de désordres (flèche, insectes, humidité),
tenue à l'**arrachement** en zone de vent élevée, retenue de neige et charge en bas de rampant.
- En cas de doute : **note de calcul par un bureau d'études structure**. C'est un coût à intégrer au devis,
pas une option à supprimer.
---
## Synthèse J2 — les 10 messages à retenir
1. `E = Pc × Hi × Pr` — et le débat porte toujours sur le **Pr**.
2. `Hi` se prend **dans le plan des modules**, jamais à l'horizontale.
3. Entre SE et SO à 30°, la perte est faible : ne pas sacrifier la couverture pour le plein sud.
4. Un **ombrage partiel** pénalise toute la chaîne : regrouper par exposition, ou optimiser.
5. La **chaleur fait perdre de la puissance** : la lame d'air ventilée est un gain mesurable.
6. Dimensionner une chaîne = 4 vérifications : **Umax à −10 °C, Umin à +70 °C, courants, chutes de tension**.
7. `Uoc(−10 °C) ≈ 1,15 × Uoc(STC)` pour le cristallin — le calcul à froid est le plus dangereux à oublier.
8. Le **ratio DC/AC** se situe entre 1,0 et 1,2 dans la grande majorité des cas.
9. `1 kWc ≈ 4 à 5 m²` de toiture — pour convertir vite une surface utile en puissance.
10. Charges de neige et de vent selon **Eurocodes** : la charpente se vérifie, elle ne se suppose pas.
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# Jour 3 — Mise en œuvre, sécurité et maintenance
URL : https://citilience.fr/formation/jour-3-mise-en-oeuvre-securite-maintenance/
Mise à jour : 19/09/2026
Travail en hauteur, intégration au bâti et étanchéité, points singuliers, partie électrique, mise en service et maintenance : le contenu de la troisième journée.
> Objectif du jour : à l'issue de J3, le stagiaire sait se mettre en sécurité en toiture,
> mettre en œuvre un système PV en respectant l'étanchéité et la notice/l'avis technique,
> traiter les points singuliers, mettre en service et planifier la maintenance.
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## Séquence 3.1 — Sécurité et EPI (40 min)
### 3.1.1 Le risque dominant : la chute de hauteur
Le travail en toiture est le premier facteur d'accidents graves et mortels de la filière.
La règle juridique est hiérarchisée (code du travail, art. R. 4323-58 et suivants) :
```
1. SUPPRIMER le risque → travailler au sol quand c'est possible (préassemblage, sertissage au sol)
2. PROTECTION COLLECTIVE → échafaudage, garde-corps, plateforme, filet, nacelle
3. PROTECTION INDIVIDUELLE → harnais + longe + ancrage, en dernier recours seulement
```
Erreur culturelle à corriger : le harnais **n'est pas** la solution normale, c'est la solution
de dernier recours quand la protection collective est démontrée impossible.
### 3.1.2 Les protections collectives
| Moyen | Usage | Points de contrôle |
|---|---|---|
| **Échafaudage de pied** | Accès et protection en rive basse | Montage par personne compétente, plancher complet, garde-corps, plinthe, vérification journalière, examen d'adéquation |
| **Garde-corps de rive** (potelets sur chevrons) | Rampant | Fixation dans l'élément porteur, hauteur ≥ 1 m, lisse + sous-lisse + plinthe |
| **PIRL / plateforme individuelle roulante** | Petites hauteurs | Sol stable, pas de déplacement en charge |
| **Nacelle (PEMP)** | Accès ponctuel, façade | CACES R486, vérification périodique |
| **Filet de sécurité** | Sous toiture ou en périphérie | Montage par entreprise spécialisée |
| **Échelle de toit / crochets de couvreur** | Circulation sur rampant | Jamais comme protection anti-chute, uniquement circulation |
L'échelle simple est un **moyen d'accès**, pas un poste de travail.
### 3.1.3 Les EPI antichute et leur contrôle
| EPI | Norme | Contrôle avant chaque usage |
|---|---|---|
| Harnais antichute | **EN 361** | Sangles non coupées ni brûlées, coutures intactes, boucles fonctionnelles, date de fabrication |
| Longe avec absorbeur d'énergie | **EN 355** | Absorbeur non déchiré, témoin non déclenché |
| Antichute à rappel automatique | **EN 360** | Rappel franc, blocage effectif |
| Antichute mobile sur support d'assurage | **EN 353-1/-2** | Compatibilité avec la corde du fabricant |
| Connecteurs / mousquetons | **EN 362** | Verrouillage automatique, pas de jeu, pas de déformation |
| Point d'ancrage | **EN 795** | Résistance justifiée, fixé dans la structure, position **au-dessus** de l'opérateur |
| Casque avec jugulaire | **EN 397 / EN 12492** | Jugulaire obligatoire en hauteur, coque non fissurée, date |
| Chaussures | **EN ISO 20345** | Semelle antidérapante, non usée |
Points techniques à faire calculer par les stagiaires :
- **Tirant d'air** nécessaire = longueur de longe + déploiement de l'absorbeur (jusqu'à ≈ 1,75 m)
+ taille de l'opérateur + marge de sécurité (≈ 1 m). Sans tirant d'air suffisant, le système est inopérant.
- **Effet pendulaire** : un ancrage latéral transforme la chute en balancier — se déplacer sous son ancrage.
- **Suspension traumatique** : après une chute, la victime doit être décrochée en quelques minutes.
D'où l'interdiction du **travail isolé** et l'obligation d'une procédure de secours écrite.
- Un EPI ayant **subi une chute est mis au rebut**.
- **Vérification périodique annuelle** documentée des EPI (registre), et durée de vie fabricant.
### 3.1.4 Organisation du chantier
- **Plan de prévention** (coactivité, entreprise extérieure), **PPSPS** si coordination SPS.
- Balisage au sol de la **zone de chute d'objets**, interdiction de stationnement sous la zone.
- **Levage et arrimage** des modules : monte-matériaux, sangles, jamais de main à main sur échelle.
- **Météo** : arrêt en cas de **vent > 50 km/h** (un module fait office de voile),
toiture humide, gelée, givre ou neige, orage. Le module se comporte comme une **aile** :
ne jamais le lâcher, ne jamais le porter à plat au-dessus de la tête par vent.
- Circulation en toiture : jamais sur les modules, jamais sur les rails, pas sur les tuiles
sans échelle de toit ou platelage ; attention aux **plaques translucides** et aux
couvertures **fibres-ciment** (risque d'effondrement et **amiante** sur bâti ancien).
- **Amiante / plomb** : repérage avant travaux obligatoire, formation sous-section 4 si intervention.
- Trousse de secours, moyen d'alerte, sauveteur secouriste du travail sur le chantier.
### 3.1.5 Rappel employeur
- **Aptitude médicale** au travail en hauteur, formation et autorisation.
- **Document unique** d'évaluation des risques mis à jour pour l'activité PV.
- Accueil sécurité des nouveaux, des intérimaires et des apprentis.
- Fourniture, entretien et remplacement des EPI **à la charge de l'employeur**.
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## Séquence 3.2 — Risques électriques du photovoltaïque (30 min)
### 3.2.1 Ce qui rend le PV différent
| Spécificité | Conséquence |
|---|---|
| Un module produit **dès qu'il est éclairé** | Impossible de « couper » le générateur : il n'y a pas d'interrupteur côté cellule |
| Tension **continue** élevée (jusqu'à 1 000 V) | L'arc DC ne s'auto-éteint pas comme en alternatif : il s'entretient |
| Le champ reste sous tension **après** ouverture du sectionneur | Le câblage entre modules et sectionneur reste dangereux |
| Générateur à **courant limité** | Un défaut peut ne pas faire fondre un fusible tout en chauffant durablement |
| Deux sources de tension (PV et réseau) | Étiquetage obligatoire, consignation à double détente |
### 3.2.2 Règles d'or de chantier
1. **Ne jamais déconnecter un connecteur DC en charge** : ouvrir d'abord le sectionneur DC,
vérifier l'absence de courant, puis manipuler. Le débrochage en charge crée un arc destructeur.
2. **Recouvrir les modules** (bâche opaque) ou travailler modules non connectés pour les
interventions sur le câblage, quand c'est possible.
3. **Contrôler la polarité** avant tout raccordement à l'onduleur — une inversion détruit l'appareil.
4. **Mesurer Voc et Isc chaîne par chaîne** avant mise sous tension, et comparer aux valeurs calculées.
5. **EPI électriques** : gants isolants adaptés à la tension DC, écran facial pour les manœuvres,
outils isolés, tapis isolant si nécessaire.
6. **Habilitation électrique** : la manipulation du champ DC et le raccordement relèvent
d'une **habilitation** (opérations sur installations photovoltaïques, symboles BP/BR/B1V
selon la nature des opérations, référentiel **NF C 18-510**). Cette formation
**ne la délivre pas**.
### 3.2.3 Protection des biens et des personnes
**Mise à la terre et équipotentialité**
- Liaison équipotentielle de toutes les **masses métalliques** : cadres de modules, rails, structure porteuse.
- Conducteur de protection continu, **section ≥ 6 mm² cuivre** en pratique courante,
cosses et rondelles à dents pour percer l'anodisation, produit anti-corrosion sur les liaisons.
- **Continuité mesurée** à l'ohmmètre et consignée au procès-verbal.
- Attention à la **corrosion galvanique** : proscrire les couples acier/aluminium/cuivre en contact direct
en présence d'humidité (rondelles et pièces d'isolement).
**Foudre et surtensions**
- Réduire la **surface des boucles** de câblage (aller et retour côtés à côtés).
- **Parafoudre DC** en amont de l'onduleur et **parafoudre AC**, selon le critère du
guide **UTE C 15-712-1** (niveau kéraunique du site, longueur des liaisons DC, présence
d'un paratonnerre sur le bâtiment).
- Si le bâtiment est équipé d'un **paratonnerre** : respecter les distances de séparation
ou réaliser une liaison équipotentielle étudiée. Ne jamais poser un champ PV en zone
de capture sans étude.
**Incendie**
- Causes récurrentes : **connecteur mal serti ou de marques mélangées**, borne desserrée,
câble pincé sous un rail, arc DC entretenu, module en point chaud.
- Classement de tenue au feu du système en toiture : **Broof(t3)** pour la propagation de feu extérieur.
- **Signalétique pompiers** en façade et au tableau : présence d'une installation PV,
emplacement du sectionneur DC et de la coupure d'urgence, schéma unifilaire.
- Consigne pompiers : le champ reste sous tension ; l'attaque du feu se fait selon des distances
et des techniques spécifiques. Le **plan d'intervention** doit être fourni au client.
### 3.2.4 Étiquetage minimum exigé
- Sur les coffrets DC, l'onduleur et le tableau AC :
**« ATTENTION — Présence de deux sources de tension : réseau de distribution et panneaux photovoltaïques »**.
- Repérage des chaînes, des polarités, du sectionneur DC, de la coupure d'urgence.
- **Schéma unifilaire** affiché à demeure près du point de livraison.
- Coordonnées de l'installateur et procédure d'arrêt d'urgence.
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## Séquence 3.3 — Intégration au bâti et étanchéité (45 min)
### 3.3.1 Le principe fondateur
Une couverture ne travaille pas comme une membrane étanche : elle fonctionne par
**recouvrement, pente et évacuation gravitaire**. Elle tolère l'eau qui passe ponctuellement,
à condition que celle-ci soit **collectée et évacuée** en sous-face (écran de sous-toiture),
et que la sous-face soit **ventilée** pour évacuer la vapeur d'eau.
Toute intervention photovoltaïque doit préserver ces trois fonctions :
```
① PENTE et RECOUVREMENT conformes au NF DTU de la couverture
② ÉCRAN DE SOUS-TOITURE continu, avec pentes et recouvrements corrects, qui évacue à l'égout
③ VENTILATION de la sous-face (entrée en égout, sortie en faîtage) maintenue
```
### 3.3.2 Les mécanismes de pénétration d'eau à connaître
| Mécanisme | Description | Parade |
|---|---|---|
| **Ruissellement** | Écoulement gravitaire normal | Pente et recouvrement |
| **Capillarité** | Remontée d'eau entre deux surfaces jointives | Jeu, rupture de capillarité, larmier |
| **Pression / dépression du vent** | Le vent pousse l'eau vers le haut sous la tuile | Recouvrement majoré en zone exposée, pente augmentée |
| **Neige poudreuse** | Passe sous les éléments et fond ensuite | Écran de sous-toiture, closoirs |
| **Retenue d'eau / barrage** | Un obstacle (rail, cadre, module) crée une accumulation | Ne pas obstruer l'écoulement, respecter le sens de pose |
| **Condensation** | Vapeur d'eau intérieure se condensant sous la couverture ou sous le module | Ventilation, écran HPV, pare-vapeur côté intérieur |
### 3.3.3 Pente minimale : la contrainte n° 1
La **pente minimale** admissible dépend, dans les NF DTU de la série 40, de trois paramètres :
- le **matériau et le modèle** de couverture (tuile à emboîtement, tuile plate, ardoise, bac acier…) ;
- la **zone climatique** (zones I, II, III) et la **situation** (protégée, normale, exposée) ;
- la **longueur de rampant**.
Conséquences pour le photovoltaïque :
- On ne « rattrape » pas une pente insuffisante en posant du PV par-dessus.
- Un procédé **intégré** possède sa propre **pente mini et maxi** définie dans son Avis Technique :
souvent de l'ordre de **quelques dizaines de pourcents** — la valeur exacte se lit dans le document,
jamais de mémoire.
- En **surimposition**, la couverture doit **déjà** être conforme à son NF DTU avant intervention.
Si elle ne l'est pas, il faut la reprendre ou refuser le chantier.
### 3.3.4 Les écrans de sous-toiture
**Référentiels :** **NF DTU 40.29** (mise en œuvre des écrans souples de sous-toiture)
et **NF EN 13859-1** (spécifications produit).
**Familles**
| Type | Perméabilité à la vapeur | Pose |
|---|---|---|
| **HPV** (hautement perméable à la vapeur, Sd faible) | Élevée | Peut être posé **au contact** de l'isolant, sans lame d'air en sous-face |
| **Non HPV** (bitumineux, films peu perméables) | Faible | Exige une **lame d'air ventilée** entre l'isolant et l'écran |
**Classements**
- Résistance à la traction et au déchirement : classes de type **R1 / R2 / R3** (R3 le plus résistant).
- Étanchéité à l'eau : classe **W1** exigée pour un usage d'écran de sous-toiture.
- Résistance aux UV limitée : ne pas laisser un écran exposé au-delà du délai fabricant
(souvent quelques semaines).
**Règles de mise en œuvre à faire restituer**
- Pose **parallèle à l'égout**, du bas vers le haut, tendu sans flèche excessive
(flèche maîtrisée entre chevrons pour créer un chemin d'eau).
- **Recouvrement** entre lés selon la pente et la notice (couramment **10 à 20 cm**, davantage à faible pente).
- Écoulement **vers l'extérieur** en égout : l'écran doit déverser dans la gouttière
ou sur une bavette, jamais dans l'isolant ou derrière la gouttière.
- Relevés et raccords soignés autour des **pénétrations** (cheminée, châssis, passe-toit,
crochet de fixation) : fourreau, manchon, bande adhésive compatible, pièce de renfort.
- **Interdiction absolue** de laisser un percement non traité : c'est le désordre PV le plus fréquent.
### 3.3.5 Ventilation de la sous-face du champ PV
- Objectif : évacuer la chaleur (gain de productible) et l'humidité (durabilité de la charpente).
- **Surimposition** : la lame d'air naturelle entre couverture et modules doit rester libre —
ne pas obturer l'entrée d'air en bas de champ ni la sortie en haut (pas de mousse pleine,
pas de bavette continue non ventilée).
- **Intégration** : la ventilation est prévue **par le procédé** (entrées et sorties d'air définies
dans l'ATec). Ne jamais improviser ni supprimer ces ouvertures.
- Maintenir les **chatières** et **closoirs ventilés** existants : si le champ PV recouvre des
chatières, prévoir leur report hors du champ.
- Prévoir des grilles **anti-volatiles** (peigne, grillage) sous les modules :
la nidification de pigeons ou de fouines est une cause classique de dégradation de câblage.
### 3.3.6 La fixation : où et comment
| Support | Fixation type | Interdits |
|---|---|---|
| **Charpente traditionnelle** (chevrons) | Crochet ou équerre vissé **dans le chevron**, vis à filetage total de longueur suffisante | Fixation dans le liteau seul, dans le voligeage dégradé |
| **Fermettes industrielles** | Fixation dans les arbalétriers ou renforts, entraxe réel mesuré | Percement d'un élément de fermette hors préconisation (affaiblissement) |
| **Volige / support continu** | Équerre ou platine sur voligeage sain avec renfort | Vis courtes, absence de contre-latte |
| **Bac acier** | Pince sur nervure ou pontet + vis étanche | Perçage sans joint d'étanchéité, vis inadaptées |
| **Toiture-terrasse** | Système lesté (note de calcul) ou plots collés/soudés sous ATec | Percement de l'étanchéité sans procédé qualifié |
Règles communes :
- **Compter et mesurer** le nombre de points de fixation exigé par la note de calcul du fabricant
(fonction de la zone de vent, de l'altitude, de la charge de neige, de la position en rive/angle).
- **Retrait des bords** de toiture imposé (zones de dépression accrue) : lire la notice.
- Tuile **meulée proprement** au passage du crochet, jeu suffisant pour éviter le point dur
(une tuile en appui sur un crochet casse au premier gel ou à la première circulation).
- **Dilatation** : respecter les jeux entre rails et entre modules, ne pas brider les cadres.
- **Couples de serrage** des clames et des boulons conformes à la notice
(un cadre écrasé casse le verre ; un serrage insuffisant lâche au vent).
- **Compatibilité des matériaux** : inox / aluminium / acier galvanisé, pas de contact direct
cuivre-aluminium, attention aux couvertures en zinc.
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## Séquence 3.4 — Avis Technique, DTA et documents d'évaluation (40 min)
### 3.4.1 Cartographie des documents
| Document | Émetteur | Ce qu'il atteste | Quand il est requis |
|---|---|---|---|
| **NF DTU** | AFNOR / commissions | Règles de l'art d'une technique **traditionnelle** | Couverture support, écrans de sous-toiture |
| **Avis Technique (ATec)** | **CSTB**, Groupe Spécialisé **n° 21** (procédés photovoltaïques) | Aptitude à l'emploi d'un procédé **non traditionnel** | **Intégration en toiture** |
| **Document Technique d'Application (DTA)** | CSTB | Même portée que l'ATec, sur demande d'un industriel pour un produit sous marquage CE | Idem |
| **ATEx** (Appréciation Technique d'Expérimentation) | CSTB | Avis sur une technique innovante, à durée et périmètre limités | Procédé non couvert par un ATec |
| **Enquête de Technique Nouvelle (ETN)** | Assureurs | Acceptabilité assurantielle d'une technique non courante | Quand ni ATec ni ATEx |
| **Recommandations / règles professionnelles** | Organisations professionnelles, CSTB | Bonnes pratiques d'une famille de procédés (ex. surimposition) | Surimposition |
| **Notice de pose fabricant** | Industriel | Modalités précises et note de calcul | **Toujours** |
**Message clef :** *technique courante* = assurée sans réserve. Sortir du domaine d'emploi
d'un ATec, c'est basculer en **technique non courante** et risquer un refus de garantie décennale.
### 3.4.2 Où trouver un avis technique
- Site **CSTB Évaluations** (base des Avis Techniques et DTA) : recherche par nom de procédé,
par industriel ou par famille. Vérifier :
- le **numéro** et la **famille** (Groupe Spécialisé 21) ;
- la **date de validité** (un ATec périmé ne protège plus) ;
- la **liste des composants** couverts (modules autorisés, accessoires, versions).
- Le fabricant doit fournir l'ATec **et** la notice de pose à jour ; les conserver au DOE.
### 3.4.3 Lire un avis technique — les 10 rubriques à vérifier
1. **Titulaire et désignation commerciale** du procédé — correspond-il exactement au produit livré ?
2. **Famille de procédé** : intégré, surimposé, membrane, ombrière, verrière.
3. **Domaine d'emploi accepté** :
- **pentes mini et maxi** ;
- **zones de vent / neige** et **altitude limite** ;
- **longueur et largeur de rampant** maximales ;
- nature du **support** (charpente, entraxes, volige, bac) ;
- **type de local** sous-jacent (chauffé, humide, agricole) et exigences hygrothermiques.
4. **Modules autorisés** : dimensions, poids, technologie, marques référencées.
5. **Composants et accessoires** imposés : profilés, closoirs, bavettes, joints, écran,
quincaillerie — pas de substitution.
6. **Prescriptions de mise en œuvre** : ordre de pose, sens, jeux, couples de serrage,
traitement des rives et du faîtage, ventilation, mise à la terre.
7. **Traitement des points singuliers** : rives, noue, arêtier, pénétrations, châssis, cheminée.
8. **Prescriptions de sécurité** : accès, circulation, dispositifs antichute.
9. **Entretien et maintenance** prescrits, y compris périodicité et accès.
10. **Conclusions / appréciation** : durabilité, remarques du Groupe Spécialisé, réserves.
> **TP 6** (voir [`05-travaux-pratiques.md`](/formation/travaux-pratiques/)) fait rechercher et exploiter un avis technique réel en séance.
### 3.4.4 Traiter les points singuliers
| Point singulier | Traitement attendu |
|---|---|
| **Rive latérale** | Bande de rive ou profilé du procédé, recouvrement de l'écran relevé, fixation renforcée (zone de dépression), pas d'aspiration sous les modules |
| **Faîtage** | Closoir ventilé conservé, sortie d'air libre, faîtière fixée mécaniquement, jonction avec le haut du champ étanche et ventilée |
| **Égout / bas de champ** | Bavette ou profilé de recouvrement qui déverse **au-dessus** de la couverture, pas de retenue d'eau, entrée d'air ménagée, grille anti-volatiles |
| **Noue** | Distance de retrait au fond de noue, aucune fixation dans la noue, section d'écoulement conservée (attention aux débits concentrés) |
| **Arêtier** | Retrait, fixations adaptées, continuité de l'écran |
| **Cheminée / conduit** | Retrait minimal, ombre portée à intégrer au calepinage, solin et bande d'étanchéité, respect des distances de sécurité au conduit de fumée |
| **Châssis de toit / fenêtre** | Retrait, raccord d'étanchéité d'origine conservé, accès conservé |
| **Passage de câbles** | **Passe-toit étanche dédié** ou tuile-chatière spécifique, fourreau, goutte d'eau (câble descendant en boucle inversée), manchon collé sur l'écran |
| **Ventilations existantes (chatières)** | Reportées hors du champ, jamais obturées |
| **Ligne de vie / crochets de sécurité** | Positionnés avant le champ, accessibles après pose pour la maintenance |
| **Jonction avec un autre matériau** | Bande de solin, compatibilité galvanique, dilatation |
---
## Séquence 3.5 — Mise en service et réception (30 min)
### 3.5.1 Chronologie de la mise en service
```
① Contrôles visuels (mécanique, étanchéité, câblage) — champ NON connecté à l'onduleur
② Mesures DC chaîne par chaîne (polarité, Voc, Isc, Riso) — sectionneur DC OUVERT
③ Connexion des chaînes, fermeture du sectionneur DC
④ Mise sous tension AC, démarrage de l'onduleur, contrôle du découplage
⑤ Mesures de production, contrôle des paramètres réseau et du bridage éventuel
⑥ Étiquetage, schéma unifilaire, thermographie
⑦ Attestation de conformité Consuel → mise en service par le gestionnaire de réseau
⑧ DOE, notice utilisateur, formation du client, procès-verbal de réception
```
### 3.5.2 Contrôles visuels avant mise sous tension
**Volet bâti / étanchéité**
- Nombre, position et serrage des **fixations** conformes à la note de calcul.
- Tuiles remises en place, aucune tuile cassée, fissurée ou en appui forcé sur un crochet.
- **Écran de sous-toiture** intact, percements traités, écoulement en égout vérifié.
- **Ventilation** libre en haut et en bas de champ, chatières fonctionnelles.
- Points singuliers traités (rive, faîtage, noue, pénétrations), solins en place.
- Gouttières et descentes dégagées, pas de retenue d'eau.
- **Test à l'eau** de la zone (arrosage du rampant) et inspection en sous-face si comble accessible.
**Volet électrique**
- Câbles fixés, non pincés, sans contact avec arête vive ni couverture chaude, rayon de courbure respecté.
- Connecteurs de **même marque et même série**, sertis à la pince du fabricant, verrouillés.
- Aucun câble en attente sur le rampant, aucun connecteur au contact de l'eau stagnante.
- **Liaison équipotentielle** de tous les cadres et rails, cosses correctes.
- Coffrets fermés, presse-étoupes serrés, IP respecté, **étiquetage** en place.
- Serrage des bornes contrôlé à la clé dynamométrique quand spécifié.
### 3.5.3 Mesures et valeurs attendues
| Mesure | Appareil | Critère d'acceptation |
|---|---|---|
| **Polarité** de chaque chaîne | Multimètre DC | Signe conforme au repérage — une inversion détruit l'onduleur |
| **Uoc** de chaque chaîne | Multimètre / testeur PV | Cohérente avec `N × Uoc` corrigée de la température ; **écart entre chaînes identiques ≤ ≈ 5 %** |
| **Isc** ou courant en fonctionnement | Pince ampèremétrique DC / testeur | Cohérent avec l'irradiance mesurée ; écart entre chaînes identiques faible |
| **Résistance d'isolement** (Riso) | Contrôleur d'isolement, tension d'essai selon le guide UTE C 15-712-1 | Valeur ≥ seuil du guide (ordre de grandeur : plusieurs **MΩ**) — champ / terre |
| **Continuité de la liaison équipotentielle** | Ohmmètre / micro-ohmmètre | Résistance très faible, continuité de tous les cadres |
| **Irradiance** au moment des mesures | Solarimètre | À consigner : sans elle, les mesures ne sont pas interprétables |
| **Température** des modules | Sonde de contact / IR | À consigner pour corriger les valeurs |
| **Thermographie** du champ, des coffrets et des connexions | Caméra IR | Aucun **point chaud** anormal ; écart entre modules identiques faible |
| **Tension et fréquence réseau**, découplage | Onduleur / analyseur | Déconnexion effective à l'ouverture du disjoncteur AC |
**Sécurité pendant les mesures :** ouvrir le sectionneur DC avant toute manipulation de connecteur,
porter les EPI, ne jamais mesurer Isc par court-circuit improvisé sur un connecteur.
### 3.5.4 Documents à remettre — le DOE
1. **Schéma unifilaire** DC et AC, avec calibres et sections.
2. **Calepinage** coté et repérage des chaînes avec les **numéros de série** des modules.
3. **Note de calcul** de dimensionnement (chaînes, chutes de tension, protections) et de fixation
(charges de neige et de vent, entraxes, nombre de points).
4. **Fiches techniques** modules, onduleur, structure, câbles, protections.
5. **Avis Technique / DTA** ou notice de pose du système, avec preuve de validité.
6. **Procès-verbal de mesures** de mise en service (§ 3.5.3), avec irradiance et température.
7. **Attestation de conformité Consuel** visée.
8. **Convention de raccordement** et contrat d'achat le cas échéant.
9. **Notice d'utilisation et de maintenance** en français, plan de maintenance préventive.
10. **Consignes de sécurité et plan d'intervention pompiers**, emplacement des coupures.
11. **Attestations d'assurance** décennale et RC pro de l'entreprise.
12. **Procès-verbal de réception** signé, avec ou sans réserves, et date de départ des garanties.
### 3.5.5 Formation du client à la remise des clés
Points à expliquer et à faire répéter au client :
- Comment lire sa **production** (portail de monitoring, écran onduleur) et repérer une anomalie.
- Où sont le **sectionneur DC**, le **disjoncteur AC** et la **coupure d'urgence**.
- Ce qu'il ne doit **jamais** faire : monter sur les modules, ouvrir un coffret, débrocher un connecteur,
nettoyer au karcher, poser une antenne créant de l'ombre.
- La conduite à tenir en cas de **panne** (relever le code défaut, appeler l'installateur)
et en cas d'**incendie** (ne pas arroser, prévenir les pompiers de la présence de PV).
- Le **plan de maintenance** et son coût.
- Les **garanties** : produit, performance, onduleur, décennale — et leurs dates.
---
## Séquence 3.6 — Planifier la maintenance préventive (30 min)
### 3.6.1 Pourquoi la maintenance conditionne la rentabilité
Une installation non surveillée perd sa production **sans que personne ne le voie** :
un onduleur en défaut depuis trois mois, une chaîne déconnectée, un ombrage nouveau (arbre qui pousse),
des modules salis. Le manque à gagner dépasse largement le coût d'un contrat de maintenance.
C'est aussi le seul moyen de tenir les **obligations d'entretien** figurant dans l'Avis Technique,
sans lesquelles la garantie peut être contestée.
### 3.6.2 Plan de maintenance préventive type
| Périodicité | Opération | Depuis où |
|---|---|---|
| **Mensuel** | Relevé de production, comparaison à la référence attendue et à la météo, alertes du monitoring | À distance |
| **Semestriel** | Contrôle visuel depuis le sol (jumelles), vérification de l'absence d'ombrage nouveau, état de la gouttière | Sol |
| **Annuel** | Inspection complète : voir liste § 3.6.3 | Toiture, avec EPI et moyens d'accès |
| **Annuel** | Nettoyage si nécessaire (site poussiéreux, pollen, agricole, faible pente) | Toiture |
| **Tous les 2 à 4 ans** | Thermographie du champ et des coffrets, contrôle d'isolement, courbe I-V si suspicion | Toiture |
| **À 12–15 ans** | Remplacement prévisionnel de l'onduleur | Local technique |
| **Après tout événement** | Grêle, tempête, foudre, neige exceptionnelle, travaux sur la toiture | Toiture |
### 3.6.3 Check-list de la visite annuelle — les points clefs
**Bâti et étanchéité (cœur de la compétence Bât)**
- [ ] Fixations : desserrage, corrosion, jeu, déformation des rails
- [ ] Tuiles au contact des crochets : fissures, casse, déplacement
- [ ] Étanchéité des pénétrations et du passe-toit, état des solins et bavettes
- [ ] Écran de sous-toiture visible en égout : déchirure, écoulement correct
- [ ] Ventilation basse et haute : obstruction, nid, feuilles, mousse
- [ ] Gouttières, descentes, noues : encombrement, débordement
- [ ] Traces d'infiltration en sous-face (comble) : auréoles, moisissure, bois humide
- [ ] Végétation : branche nouvelle, mousse, lichen sur les modules
**Modules**
- [ ] Verre : casse, impact, fissure, délamination, bulle
- [ ] Traces de brûlure, décoloration, snail trails, cellules foncées
- [ ] Cadres : déformation, corrosion, mise à la terre en place
- [ ] Salissure : dépôt uniforme ou en bas de module (bande de salissure)
**Électrique**
- [ ] Câbles : gainage, pincement, contact avec la couverture, colliers UV cassés, câble pendant
- [ ] Connecteurs : oxydation, échauffement (thermographie), verrouillage
- [ ] Coffrets DC/AC : IP, présence d'eau, insectes, échauffement des bornes
- [ ] Parafoudre : voyant de fin de vie
- [ ] Onduleur : ventilation, poussière, codes défaut, journal d'événements, firmware
- [ ] Continuité de la liaison équipotentielle
- [ ] Étiquetage et schéma toujours lisibles
**Documentaire**
- [ ] Comparaison production réelle / production attendue, par chaîne si possible
- [ ] Mise à jour du carnet de maintenance et du rapport de visite avec photos datées
- [ ] Rappel des échéances de garanties
### 3.6.4 Diagnostic des baisses de production — arbre de décision
```
Production nulle
├─ Onduleur éteint ? → disjoncteur AC, tension réseau, code défaut
└─ Onduleur en défaut ? → défaut d'isolement (humidité, câble blessé), sur/sous-tension réseau
Production partielle (une chaîne manquante)
├─ Fusible / connecteur ? → mesure Voc chaîne par chaîne, thermographie des connexions
└─ Module en défaut ? → courbe I-V, module à Voc anormale
Production en baisse progressive
├─ Salissure, végétation → nettoyage, élagage
├─ Ombrage nouveau → relevé de masque
└─ Vieillissement / PID → thermographie, comparaison au productible de référence
Production correcte mais facture élevée
└─ Taux d'autoconsommation faible → pilotage de charges, décalage des usages, stockage à étudier
```
### 3.6.5 Nettoyage : ce qui est autorisé
- Eau **déminéralisée ou claire**, faible pression, brosse douce à manche télescopique.
- **Interdits** : nettoyeur haute pression, produits abrasifs ou solvants, eau froide sur module
chaud (choc thermique), montée sur les modules, nettoyage en pleine journée ensoleillée.
- Intervenir **tôt le matin** ou par temps couvert, modules froids.
- Rappeler que sur une toiture inclinée ≥ 15° en zone non polluée, la pluie suffit dans la plupart des cas :
le nettoyage systématique annuel est souvent une prestation commerciale peu justifiée.
### 3.6.6 Contrat de maintenance et fin de vie
**Contrat de maintenance** — contenu minimal à proposer : périodicité, contenu de la visite,
mesures réalisées, délai d'intervention en cas de panne, exclusions, prix, accès (échafaudage
à la charge de qui ?), monitoring et reporting, gestion des garanties constructeur.
**Fin de vie** — les modules et onduleurs relèvent de la filière **DEEE** :
éco-organisme **Soren** pour les panneaux photovoltaïques. Points de collecte, enlèvement sur chantier
au-delà d'un certain volume, **traçabilité** obligatoire. L'écocontribution est incluse à l'achat :
la reprise doit donc figurer dans le devis de remplacement, jamais en supplément caché.
---
## Synthèse J3 — les 12 messages à retenir
1. Protection **collective d'abord** ; le harnais est un dernier recours, et il exige un **tirant d'air**.
2. Vent > 50 km/h, toiture humide ou givrée : **on arrête**. Un module est une voile.
3. Un module **produit dès qu'il est éclairé** : jamais de débrochage DC en charge.
4. Une couverture fonctionne par **pente, recouvrement et ventilation** — le PV ne doit rien casser de ces trois fonctions.
5. **Aucun percement d'écran de sous-toiture** sans traitement d'étanchéité.
6. Fixation **dans l'élément porteur**, jamais dans le liteau ; entraxes et nombre de points selon la note de calcul.
7. En intégration : **Avis Technique / DTA valide** et **domaine d'emploi respecté**, sinon technique non courante.
8. Les **points singuliers** (rive, faîtage, égout, noue, pénétrations) font la qualité de l'ouvrage.
9. Mise en service = **mesures consignées** : polarité, Uoc, Isc, isolement, continuité, avec irradiance et température.
10. **Étiquetage et schéma unifilaire** à demeure : deux sources de tension.
11. Le **DOE** protège l'entreprise autant qu'il informe le client.
12. La **maintenance préventive annuelle** est ce qui transforme une pose réussie en installation rentable.
---
# Travaux pratiques et études de cas
URL : https://citilience.fr/formation/travaux-pratiques/
Mise à jour : 19/09/2026
Neuf travaux pratiques et études de cas de la formation : énoncé stagiaire, critères d'évaluation et corrigé formateur pour chacun d'entre eux.
> Chaque TP comporte : un **énoncé stagiaire** (à photocopier), les **critères d'évaluation**
> et le **corrigé formateur**. Les TP tracés sur grille alimentent l'« évaluation de la pratique
> mise en œuvre en formation » exigée par le référentiel.
Index :
| Réf. | Titre | Jour | Durée | Modalité |
|---|---|---|---|---|
| TP 1 | Diagnostic photo de chantiers | J1 | 30 min | Groupes de 3 |
| EC 1 | Chiffrage économique d'une installation résidentielle | J1 | 35 min | Binômes |
| TP 2 | Relevé de site : azimut, inclinaison, masque solaire | J2 | 30 min | Binômes |
| TP 3 | Dimensionnement de chaînes (3 cas) | J2 | 40 min | Individuel |
| TP 4 | Estimation du productible avec PVGIS | J2 | 25 min | Binômes sur poste |
| TP 5 | Pose en surimposition sur plateau technique | J3 | 105 min | Binômes, rotation |
| TP 6 | Recherche et lecture d'un Avis Technique | J3 | 30 min | Binômes sur poste |
| TP 7 | Traitement des points singuliers sur maquette | J3 | 20 min | Groupes de 3 |
| EC 2 | Analyse d'un devis client non conforme | J1 ou J3 | 20 min | Collectif |
| EC 3 | Rédaction d'un plan de maintenance | J3 | 20 min | Binômes |
---
## TP 1 — Diagnostic photo de chantiers (J1, 30 min)
### Énoncé stagiaire
Le formateur projette **8 photographies** de chantiers photovoltaïques.
Pour chacune, en groupe de 3, remplissez le tableau :
| Photo | Type d'implantation | Anomalie(s) constatée(s) | Risque encouru | Ce qu'il fallait faire |
|---|---|---|---|---|
| 1 à 8 | | | | |
Temps : 20 min de travail, 10 min de restitution collective.
### Banque de situations à photographier (à constituer par le formateur)
| # | Situation à montrer | Anomalies attendues |
|---|---|---|
| 1 | Surimposition propre, bien ventilée, câbles rangés | Aucune — **cas de référence**, à faire identifier comme conforme |
| 2 | Crochet fixé dans le liteau | Fixation hors élément porteur → arrachement au vent |
| 3 | Câble traversant la couverture par un trou non traité | Percement d'écran non traité → infiltration |
| 4 | Modules posés jusqu'à la rive sans retrait | Zone de dépression du vent → arrachement |
| 5 | Tuile en appui forcé sur un crochet, tuile fissurée | Casse au gel, infiltration |
| 6 | Câbles pendants au contact de la couverture, colliers plastique non UV | Abrasion, arc DC, incendie |
| 7 | Bas de champ obturé par une bavette continue | Ventilation supprimée → surchauffe et condensation |
| 8 | Connecteurs de marques différentes assemblés | Échauffement, arc DC |
| 9 (option) | Chatières recouvertes par le champ | Ventilation de sous-toiture supprimée |
| 10 (option) | Absence d'étiquetage sur le coffret | Refus Consuel, danger pour les secours |
### Corrigé synthétique et critères
Critères d'évaluation (voir grille `07`) :
- identifie correctement le type d'implantation : **6 photos sur 8** minimum ;
- identifie au moins **une anomalie majeure** par photo concernée ;
- relie l'anomalie à un **risque** (infiltration, arrachement, incendie, perte de production) ;
- propose une **solution conforme** aux règles de l'art.
---
## EC 1 — Chiffrage économique d'une installation résidentielle (J1, 35 min)
### Énoncé stagiaire
**Le client :** maison individuelle près de Nantes, achevée en 2005, toiture tuiles à emboîtement,
pente 35 %, rampant orienté **sud-ouest (azimut +40°)**, aucun ombrage significatif.
**Consommation :** 5 800 kWh/an. Prix d'achat du kWh TTC : **0,25 €/kWh** `[À ACTUALISER]`.
Profil : couple, deux enfants, présence en journée le mercredi et le week-end,
ballon d'eau chaude électrique **non piloté**.
**Le projet :** 8 modules de **425 Wc**, onduleur monophasé 3 kW, pose en **surimposition**.
Coût total TTC installé, échafaudage et démarches inclus : **7 900 €**.
**Hypothèses à utiliser :** irradiation dans le plan des modules `Hi = 1 250 kWh/m²/an`,
ratio de performance `Pr = 0,80`. Tarif d'achat du surplus : **0,04 €/kWh** `[À ACTUALISER]`.
Prime à l'autoconsommation : **80 €/kWc** `[À ACTUALISER]`.
**Questions**
1. Calculez la puissance crête `Pc` installée.
2. Calculez la production annuelle estimée `E`.
3. Calculez le productible spécifique en kWh/kWc/an. Est-il cohérent pour la région ?
4. Le taux d'autoconsommation retenu est de **35 %** sans pilotage. Calculez les kWh
autoconsommés et les kWh injectés.
5. Calculez le gain annuel total.
6. Calculez le montant de la prime, puis le **temps de retour brut**.
7. Le client demande si mettre le ballon d'eau chaude sur un **routeur solaire** (+900 €)
est intéressant, sachant que cela porterait le taux d'autoconsommation à **60 %**.
Répondez par un calcul.
8. Citez trois postes de coût futurs à annoncer au client.
### Corrigé formateur
**1. Puissance crête**
```
Pc = 8 × 425 = 3 400 Wc = 3,4 kWc
```
**2. Production annuelle**
```
E = Pc × Hi × Pr = 3,4 × 1 250 × 0,80 = 3 400 kWh/an
```
**3. Productible spécifique**
```
3 400 / 3,4 = 1 000 kWh/kWc/an
```
Cohérent pour la région nantaise avec une orientation sud-ouest et un Pr de 0,80.
Une annonce à 1 300 kWh/kWc/an sur ce site serait un signal de survente.
**4. Répartition**
```
Autoconsommés = 3 400 × 0,35 = 1 190 kWh/an
Injectés = 3 400 − 1 190 = 2 210 kWh/an
```
**5. Gain annuel**
```
Économie sur la facture = 1 190 × 0,25 = 297,50 €
Vente du surplus = 2 210 × 0,04 = 88,40 €
Gain annuel total ≈ 386 €/an
```
**6. Prime et temps de retour**
```
Prime = 3,4 × 80 = 272 €
Coût net = 7 900 − 272 = 7 628 €
Temps de retour brut = 7 628 / 386 ≈ 19,8 ans
```
**Commentaire à faire passer aux stagiaires :** ce résultat est **médiocre**, et c'est le point
pédagogique de l'exercice. Le projet est mal équilibré parce que le **taux d'autoconsommation
est trop faible** : 65 % de la production est vendue à 0,04 € alors qu'elle vaudrait 0,25 €
en autoconsommation. Le réflexe professionnel n'est pas de gonfler les hypothèses,
c'est de **retravailler le projet**.
**7. Routeur solaire sur le ballon ECS**
```
Nouveaux autoconsommés = 3 400 × 0,60 = 2 040 kWh (+ 850 kWh)
Nouveaux injectés = 1 360 kWh (− 850 kWh)
Nouveau gain = 2 040 × 0,25 + 1 360 × 0,04 = 510,00 + 54,40 = 564,40 €/an
Gain supplémentaire = 564,40 − 386 ≈ 178 €/an
Retour sur les 900 € du routeur = 900 / 178 ≈ 5 ans
Temps de retour global = (7 900 + 900 − 272) / 564 ≈ 15,1 ans
```
**Conclusion :** oui, le routeur est pertinent — il se rentabilise en ~5 ans et fait gagner
près de 5 ans sur le temps de retour global. Message clef : **sur ce marché, le levier
principal n'est pas le nombre de panneaux, c'est le taux d'autoconsommation.**
**8. Coûts futurs à annoncer**
- Remplacement de l'**onduleur** vers 12 à 15 ans (ordre de 1 000 à 1 800 € `[À ACTUALISER]`).
- **Maintenance préventive** annuelle et accès (échafaudage ou nacelle si besoin).
- Extension de **garantie**, assurance habitation à mettre à jour, éventuel nettoyage.
- À signaler également : **dégradation** des modules ≈ 0,4 à 0,55 %/an,
et le fait que le prix de l'électricité est une hypothèse, pas une certitude.
### Variante formateur (groupe rapide)
Refaire l'exercice avec un client **tertiaire** consommant en journée
(taux d'autoconsommation 80 %) : le temps de retour tombe sous 10 ans.
Faire conclure que le PV est d'abord une affaire de **profil de consommation**.
---
## TP 2 — Relevé de site (J2, 30 min)
### Énoncé stagiaire
Sur le plateau technique (ou la toiture pédagogique), par binômes, réalisez le relevé complet
du rampant qui vous est attribué et remplissez la fiche ci-dessous.
**Fiche de relevé de site**
| Rubrique | Valeur relevée | Instrument utilisé |
|---|---|---|
| Azimut du rampant (convention 0° = sud) | | Boussole / application |
| Inclinaison (° et %) | | Inclinomètre / niveau |
| Longueur de rampant (m) | | Télémètre / mètre |
| Largeur disponible (m) | | Télémètre / mètre |
| Surface utile après retraits (m²) | | Calcul |
| Type de couverture et modèle | | Observation |
| Entraxe réel des chevrons (cm) | | Mètre |
| Type d'écran de sous-toiture | | Observation en égout |
| Obstacles en toiture (nature, position, hauteur) | | Croquis |
| Masque lointain (azimut / hauteur angulaire) | | Relevé + diagramme |
| Accès chantier et moyen d'accès envisagé | | Observation |
| Emplacement pressenti de l'onduleur et du cheminement | | Croquis |
**Livrables**
1. La fiche complétée.
2. Un **croquis coté** du rampant avec le calepinage proposé et les retraits.
3. Le **tracé du masque** sur le diagramme solaire fourni.
4. Une estimation de la **puissance installable** (règle 1 kWc ≈ 4 à 5 m²).
### Critères d'évaluation
- Toutes les rubriques renseignées, unités correctes.
- Inclinaison exprimée **en degrés ET en pourcents** (conversion maîtrisée : 100 % = 45°).
- Entraxe des chevrons **mesuré** et non supposé.
- Retraits de rive et de faîtage pris en compte dans la surface utile.
- Croquis lisible, coté, orienté (indication du nord).
- Estimation de puissance cohérente avec la surface utile.
### Corrigé — points de vigilance formateur
- Faire remarquer les **erreurs de boussole** dues aux masses métalliques de la toiture
(rails, gouttière zinc) : prendre l'azimut à distance ou sur plan cadastral.
- Rappeler la conversion pente : `pente (%) = tan(angle) × 100`.
Repères : 30° ≈ 58 %, 35° ≈ 70 %, 45° = 100 %.
- Vérifier que les stagiaires n'oublient pas la **hauteur de l'obstacle par rapport au plan des modules**
(une cheminée de 1 m projette une ombre longue en hiver).
---
## TP 3 — Dimensionnement de chaînes (J2, 40 min)
### Données communes
**Module M1**
| Grandeur | Valeur |
|---|---|
| Pmpp | 425 Wc |
| Umpp | 32,0 V |
| Impp | 13,3 A |
| Uoc | 38,5 V |
| Isc | 14,0 A |
| Coef. temp. Uoc (β) | −0,25 %/°C |
| Coef. temp. Pmpp | −0,34 %/°C |
| Umax système | 1 000 V |
| Dimensions | 1,72 m × 1,13 m |
**Onduleur A** (monophasé) : P AC 5 000 W · P DC max 7 500 W · plage MPPT **130–800 V** ·
UDC max **1 000 V** · I max par MPPT **13 A** · 2 MPPT · η euro 97,5 %
**Onduleur B** (triphasé) : P AC 10 000 W · P DC max 15 000 W · plage MPPT **200–800 V** ·
UDC max **1 100 V** · I max par MPPT **26 A** · 2 MPPT · η euro 98,0 %
**Hypothèses de calcul :** température de cellule minimale **−10 °C**, maximale **+70 °C**.
Approximation autorisée : coefficient de température de Umpp identique à celui de Uoc.
### Énoncé stagiaire
**Cas 1 — Maison individuelle.** Un seul rampant, on souhaite installer **12 modules M1**
avec l'**onduleur A** sur une seule chaîne.
1. Calculez `Uoc(−10 °C)` d'un module, puis la tension max de la chaîne. Est-ce acceptable ?
2. Calculez `Umpp(+70 °C)` d'un module, puis la tension min de la chaîne. Est-elle dans la plage MPPT ?
3. Vérifiez le courant d'entrée.
4. Calculez le ratio DC/AC. Conclusion ?
**Cas 2 — Deux orientations.** Toiture en deux versants : **8 modules** au sud-est et
**8 modules** au sud-ouest, **onduleur A**.
5. Proposez l'architecture de raccordement et justifiez-la.
6. Vérifiez les tensions min et max pour une chaîne de 8 modules. Que constatez-vous ?
7. Quelle solution proposez-vous ?
**Cas 3 — Bâtiment agricole.** **48 modules M1** au sud, inclinaison 20°, **onduleur B**.
8. Proposez un découpage en chaînes respectant toutes les contraintes.
9. Vérifiez tensions et courants.
10. Calculez le ratio DC/AC.
11. Le local technique est à **35 m** du champ. Calculez la chute de tension DC d'une chaîne
avec du câble **4 mm²** cuivre (ρ = 0,023 Ω·mm²/m). Est-elle acceptable ?
Si non, quelle section retenir ?
### Corrigé formateur
**Cas 1**
*1. Tension max à froid*
```
Uoc(−10 °C) = 38,5 × [1 + (−0,0025) × (−10 − 25)]
= 38,5 × [1 + (−0,0025 × −35)]
= 38,5 × 1,0875 = 41,87 V
U chaîne max = 12 × 41,87 = 502,4 V
```
502 V ≤ **800 V** (haut de plage MPPT) et ≤ **1 000 V** (UDC max onduleur et Umax système). ✅
*(Contrôle par l'approximation de terrain : 12 × 1,15 × 38,5 = 531 V — même conclusion.)*
*2. Tension min à chaud*
```
Umpp(+70 °C) = 32,0 × [1 + (−0,0025) × (70 − 25)]
= 32,0 × [1 − 0,1125] = 28,4 V
U chaîne min = 12 × 28,4 = 340,8 V
```
340,8 V ≥ **130 V** (bas de plage MPPT). ✅ Marge confortable.
*3. Courant*
```
I chaîne = Impp = 13,3 A > I max MPPT = 13 A ⚠️
```
**Le courant dépasse légèrement la limite du MPPT.** Deux lectures possibles, à discuter en séance :
- soit l'onduleur admet un léger dépassement documenté par le constructeur
(à vérifier **dans sa fiche technique**, pas au feeling) ;
- soit il faut retenir un onduleur avec un `I max` supérieur, ou un module à courant plus faible.
**C'est le piège volontaire du cas 1** : les stagiaires vérifient souvent les tensions
et oublient le courant. Pour le calibrage des câbles et protections, on retiendra par ailleurs
`1,25 × Isc = 1,25 × 14,0 = 17,5 A`.
*4. Ratio DC/AC*
```
Pc = 12 × 425 = 5 100 Wc ; Ratio = 5 100 / 5 000 = 1,02
```
Cohérent (plage usuelle 1,0 à 1,2). ✅
**Cas 2**
*5. Architecture* — une chaîne de 8 modules par versant, **une chaîne par MPPT**
(MPPT 1 = sud-est, MPPT 2 = sud-ouest). Ne **jamais** mettre en série ou en parallèle sur un même
MPPT deux groupes d'orientation différente : le MPPT ne pourrait optimiser que l'un des deux,
et les écarts de courant/tension généreraient des pertes de mismatch importantes.
*6. Vérification pour 8 modules*
```
U max = 8 × 41,87 = 335,0 V ≤ 800 V ✅
U min = 8 × 28,4 = 227,2 V ≥ 130 V ✅
I = 13,3 A ⚠️ même remarque que le cas 1
Pc = 16 × 425 = 6 800 Wc ; ratio = 6 800/5 000 = 1,36 ⚠️ élevé
```
Le fonctionnement est possible, mais le **ratio DC/AC de 1,36** est trop élevé pour un champ
bien exposé : écrêtage significatif en milieu de journée.
*7. Solution* — deux options défendables :
- passer à un onduleur de puissance AC supérieure (≈ 6 kVA) pour ramener le ratio vers 1,1 ;
- conserver l'onduleur si les deux versants sont **est-ouest** (production étalée, pointes décalées) :
dans ce cas un ratio élevé se justifie techniquement.
Faire formuler la règle : **un ratio DC/AC ne se juge pas dans l'absolu, mais au regard du profil
de production du champ.**
**Cas 3**
*8. Découpage* — nombre maximal de modules par chaîne (contrainte de tension à froid) :
```
N max = 1 100 / 41,87 = 26,3 → 26 modules (limite onduleur)
mais Umax système module = 1 000 V → N max = 1 000 / 41,87 = 23,8 → 23 modules
```
La contrainte la plus faible s'impose : **23 modules maximum** par chaîne.
Découpage retenu : **4 chaînes de 12 modules**, soit 2 chaînes en parallèle sur chacun des 2 MPPT.
*(24 modules par MPPT, 48 au total.)*
*9. Vérifications*
```
U max = 12 × 41,87 = 502,4 V ≤ 800 V et ≤ 1 000 V ✅
U min = 12 × 28,4 = 340,8 V ≥ 200 V ✅
I par MPPT = 2 × 13,3 = 26,6 A vs I max 26 A ⚠️ limite dépassée
```
→ Conclusion à faire émerger : passer à **3 chaînes de 8 modules par MPPT** ne résout pas
le courant (3 × 13,3 = 39,9 A, pire). La bonne réponse est de **répartir sur 2 onduleurs B**
(2 chaînes de 12 par onduleur, 13,3 A par MPPT), ou de choisir un onduleur à `I max` supérieur.
Fixer la règle : **on ne met jamais en parallèle plus de chaînes que ce que l'entrée admet.**
*10. Ratio DC/AC* (hypothèse : 48 modules sur 2 onduleurs B)
```
Pc total = 48 × 425 = 20 400 Wc ; P AC = 2 × 10 000 = 20 000 W ; ratio = 1,02 ✅
```
*11. Chute de tension DC*
```
ΔU = 2 × ρ × L × I / S = 2 × 0,023 × 35 × 13,3 / 4 = 5,35 V
ΔU % = 5,35 / 340,8 (tension min de fonctionnement) = 1,57 %
ou 5,35 / 384 (Umpp STC de la chaîne = 12 × 32) = 1,39 %
```
Sous la limite de **3 %** : acceptable au sens du guide, mais **au-dessus de l'objectif de 1 %**
recherché sur la partie chaîne. Avec 4 chaînes, la perte cumulée devient sensible.
En **6 mm²** :
```
ΔU = 2 × 0,023 × 35 × 13,3 / 6 = 3,57 V → ≈ 0,93 % de 384 V ✅
```
**Réponse professionnelle : retenir 6 mm².** Le surcoût du câble est très inférieur
à la production perdue sur 25 ans.
### Critères d'évaluation TP 3
- Applique la formule de correction de température **avec le bon signe** (le piège classique).
- Vérifie les **quatre** contraintes (Umax, Umin, courant, chute de tension) sans en oublier.
- Distingue `Umax système du module` et `UDC max de l'onduleur`, retient la plus contraignante.
- Ne mélange pas des orientations différentes sur un même MPPT.
- Sait conclure et **proposer une correction** quand une contrainte n'est pas respectée.
---
## TP 4 — Estimation du productible avec PVGIS (J2, 25 min)
### Énoncé stagiaire
Sur poste informatique, par binômes, à partir du relevé du **TP 2** (ou du cas de l'**EC 1**) :
1. Localisez le site sur **PVGIS**.
2. Renseignez : technologie *silicium cristallin*, puissance crête du projet,
**inclinaison** et **azimut** relevés.
3. Faites deux calculs successifs en changeant le **type de montage** :
d'abord **« intégré dans le bâti »**, puis **« libre / ventilé »**.
Relevez les deux productions annuelles.
4. Ajustez les **pertes système** : partez de la valeur par défaut, puis saisissez une valeur
justifiée à partir du tableau des postes de perte (support `03` § 2.5.2).
5. Activez la prise en compte de l'**horizon**.
6. Relevez la production **mensuelle** et identifiez le mois le plus faible et le mois le plus fort.
7. Exportez le rapport et calculez le **productible spécifique** (kWh/kWc/an).
8. Comparez au calcul manuel `E = Pc × Hi × Pr`. Expliquez l'écart.
### Corrigé et exploitation formateur
**Résultats attendus (dépendent du site)**
- Écart entre montage *intégré* et *ventilé* : typiquement **2 à 5 %** en faveur du ventilé.
→ C'est **la** démonstration chiffrée de l'intérêt de la surimposition ventilée,
et un argument technique à réemployer devant un client.
- Rapport entre le mois le plus fort (juin/juillet) et le mois le plus faible (décembre) :
souvent un **facteur 4 à 6** en métropole. → Explique pourquoi l'autoconsommation
d'hiver reste limitée et pourquoi « facture à zéro » est un mensonge.
- Productible spécifique cohérent : **900 à 1 300 kWh/kWc/an** en métropole.
**Explication de l'écart avec le calcul manuel**
PVGIS applique un modèle horaire (température, irradiance réelle, angle d'incidence, spectre),
tandis que `E = Pc × Hi × Pr` est une méthode forfaitaire. Les deux doivent converger
à **± 5 à 10 %**. Un écart plus grand signale une erreur de saisie :
azimut dans la mauvaise convention, inclinaison confondue avec une pente en %,
ou `Hi` pris à l'horizontale au lieu du plan des modules.
**Livrable à conserver au dossier stagiaire :** le rapport PDF PVGIS + une note de 5 lignes
justifiant le `Pr` retenu. C'est exactement ce qui doit accompagner un devis client.
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## TP 5 — Pose en surimposition sur plateau technique (J3, 105 min)
> **TP central de la compétence « intégration au bâti ».** C'est lui qui alimente
> principalement l'« évaluation de la pratique mise en œuvre en formation ».
> Organisation en **binômes**, par **rotation sur 3 postes** de 35 min, ou en pose complète
> par binôme si le plateau comporte plusieurs rampants.
### Organisation en 3 postes
| Poste | Objet | Durée |
|---|---|---|
| **A** | Sécurité, accès, implantation et fixation (crochets, rails) | 35 min |
| **B** | Pose des modules, clames, mise à la terre | 35 min |
| **C** | Câblage : cheminement, sertissage MC4, passe-toit, mesures DC | 35 min |
Un stagiaire **opère**, l'autre **contrôle avec la notice en main** puis on inverse.
Le contrôleur est évalué autant que l'opérateur : lire une notice et oser arrêter
son collègue fait partie de la compétence.
### Énoncé stagiaire
**Contexte.** Vous devez poser un champ de 4 modules en surimposition sur le rampant qui vous
est attribué. La **notice du fabricant du système de fixation** vous est remise.
Zone climatique et situation du site sont affichées sur le poste.
**Consignes**
1. Avant toute montée : contrôlez vos EPI, l'accès, et remplissez la **fiche de sécurité** ci-dessous.
2. Lisez la notice et **relevez** : entraxe maximal des fixations, nombre de points pour
la zone affichée, retraits de rive et de faîtage, couples de serrage, jeux de dilatation.
3. Implantez le champ au cordeau : tracez la position des crochets **en fonction des chevrons réels**.
4. Posez les crochets, réglez les rails, posez les modules, clamez, réalisez la liaison équipotentielle.
5. Câblez : cheminement fixé, sertissage, passe-toit étanche, repérage des polarités.
6. Mesurez `Uoc` et la polarité de la chaîne, consignez l'irradiance et la température.
7. Réalisez l'**autocontrôle** avec la check-list de fin de TP, puis appelez le formateur.
**Fiche de sécurité à remplir avant montée**
| Point | Conforme | Observation |
|---|---|---|
| Aptitude / autorisation, pas de travail isolé | ☐ | |
| Protection collective en place (échafaudage, garde-corps) | ☐ | |
| Harnais : sangles, coutures, boucles, date | ☐ | |
| Longe + absorbeur : témoin non déclenché | ☐ | |
| Point d'ancrage : conforme, **au-dessus** de l'opérateur | ☐ | |
| **Tirant d'air** calculé et suffisant : ______ m | ☐ | |
| Risque d'effet pendulaire évalué | ☐ | |
| Casque à jugulaire, chaussures antidérapantes, gants | ☐ | |
| Zone au sol balisée (chute d'objets) | ☐ | |
| Météo : vent ______ km/h, toiture sèche | ☐ | |
| Moyen d'alerte et procédure de secours connus | ☐ | |
| Sectionneur DC ouvert / modules non connectés | ☐ | |
### Check-list d'autocontrôle de fin de TP (remise aux stagiaires)
**Fixation**
- [ ] Nombre de points de fixation conforme à la notice pour la zone affichée
- [ ] Fixations **dans l'élément porteur**, repéré et mesuré (pas dans le liteau)
- [ ] Entraxe respecté, retraits de rive et de faîtage respectés
- [ ] Vis de longueur adaptée, serrées sans écrasement du bois
- [ ] Aucun point dur : la tuile au-dessus du crochet repose libre
- [ ] Tuiles meulées proprement le cas échéant, aucune tuile fissurée
**Étanchéité et ventilation**
- [ ] Écran de sous-toiture intact, tout percement traité (manchon, bande compatible)
- [ ] Passe-toit étanche posé selon notice, câble descendant en **boucle inversée** (goutte d'eau)
- [ ] Lame d'air libre en bas et en haut de champ
- [ ] Chatières et closoirs ventilés fonctionnels, non recouverts
- [ ] Aucun obstacle à l'écoulement de l'eau créé en bas de champ
**Mécanique modules**
- [ ] Clames posées dans les **zones de fixation autorisées** par le fabricant du module
- [ ] Couples de serrage respectés (clé dynamométrique si spécifiée)
- [ ] Jeux de dilatation entre modules et en bout de rail respectés
- [ ] Modules alignés, cadres non déformés, verre sans impact
**Électrique**
- [ ] Liaison équipotentielle de tous les cadres et rails, cosse à dents, continuité vérifiée
- [ ] Sertissage MC4 avec la pince du fabricant, connecteurs de **même marque**, test en traction
- [ ] Câbles fixés par colliers **UV**, hors contact avec la couverture et les arêtes vives
- [ ] Rayon de courbure respecté, pas de câble tendu ni pendant, boucle de câblage minimisée
- [ ] Polarités repérées et vérifiées **avant** tout raccordement
- [ ] `Uoc` mesurée : ______ V — cohérente avec le calcul ? ______
- [ ] Irradiance : ______ W/m² · Température module : ______ °C
### Corrigé et pièges volontaires à installer par le formateur
Le formateur **prépare le poste avec des pièges** et observe si les binômes les détectent :
| Piège installé | Détection attendue |
|---|---|
| Notice fournie pour une **autre zone de vent** que celle affichée | Le binôme réclame la bonne donnée ou recalcule le nombre de points |
| Un **liteau** placé de façon tentante à l'endroit du crochet | Le binôme repère le chevron et refuse la fixation dans le liteau |
| Deux connecteurs MC4 de **marques différentes** dans la caisse | Le binôme les écarte |
| Colliers de serrage **non UV** (blancs) mêlés aux noirs | Le binôme choisit les UV |
| Une **tuile fissurée** déjà en place sous le futur champ | Le binôme la remplace avant de poser |
| Un module avec une **étiquette de zone de clamage** différente | Le binôme lit l'étiquette et adapte |
| Bavette continue proposée en bas de champ | Le binôme refuse l'obturation de la lame d'air |
| Aucun manchon d'étanchéité fourni pour le passe-toit | Le binôme le réclame au lieu d'improviser |
### Grille d'évaluation TP 5 (report sur la grille de synthèse `07`)
| # | Critère observable | Poids | A | NA |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Fiche de sécurité complète, tirant d'air calculé juste | ⚠️ **éliminatoire** | ☐ | ☐ |
| 2 | Protection collective utilisée avant l'individuelle | ⚠️ **éliminatoire** | ☐ | ☐ |
| 3 | Notice lue et données relevées avant de commencer | 3 | ☐ | ☐ |
| 4 | Fixation dans l'élément porteur, entraxe et nombre de points conformes | 3 | ☐ | ☐ |
| 5 | Retraits de rive et de faîtage respectés | 2 | ☐ | ☐ |
| 6 | Aucun point dur, aucune tuile cassée en fin de TP | 3 | ☐ | ☐ |
| 7 | Écran de sous-toiture préservé, percements traités | 3 | ☐ | ☐ |
| 8 | Lame d'air et ventilation préservées | 2 | ☐ | ☐ |
| 9 | Passe-toit étanche correctement mis en œuvre | 2 | ☐ | ☐ |
| 10 | Clamage en zone autorisée, couples respectés, jeux de dilatation | 2 | ☐ | ☐ |
| 11 | Liaison équipotentielle complète et continuité vérifiée | 2 | ☐ | ☐ |
| 12 | Sertissage correct, connecteurs homogènes, câblage propre et fixé | 2 | ☐ | ☐ |
| 13 | Polarité et `Uoc` mesurées et interprétées avec irradiance/température | 2 | ☐ | ☐ |
| 14 | Autocontrôle réalisé sérieusement avant appel du formateur | 2 | ☐ | ☐ |
| 15 | Pièges détectés (au moins 4 sur 8) | 2 | ☐ | ☐ |
| 16 | Rôle de contrôleur tenu activement (a arrêté ou corrigé son binôme) | 2 | ☐ | ☐ |
**Seuil de validation :** les deux critères **éliminatoires** acquis, et **≥ 70 %** des points
sur les critères 3 à 16. En cas de non-acquis, remédiation immédiate sur poste puis nouvelle observation.
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## TP 6 — Recherche et lecture d'un Avis Technique (J3, 30 min)
> TP explicitement demandé par le référentiel : *« Travaux pratiques : savoir trouver et lire un avis technique. »*
### Énoncé stagiaire
Sur poste informatique, par binômes.
**Partie 1 — Trouver (10 min)**
1. Rendez-vous sur le site **CSTB Évaluations** (base des Avis Techniques et DTA).
2. Recherchez un **procédé photovoltaïque intégré en toiture** (Groupe Spécialisé **n° 21**).
3. Notez : le **numéro** de l'Avis Technique, le **titulaire**, la **désignation commerciale**,
la **date de fin de validité**.
4. Le document est-il **en cours de validité** ? Que faites-vous s'il est périmé ?
**Partie 2 — Lire (15 min)** — remplissez la fiche d'extraction :
| Rubrique à extraire | Valeur trouvée dans le document |
|---|---|
| Famille de procédé (intégré, surimposé, membrane…) | |
| **Pente minimale** admise | |
| **Pente maximale** admise | |
| **Zones de vent** / **zones de neige** admises | |
| **Altitude limite** | |
| Longueur / largeur de **rampant** maximale | |
| Nature du **support** admis (charpente, entraxes, volige, bac) | |
| Type de **local sous-jacent** admis (chauffé, humide, agricole) | |
| **Modules** autorisés (marques, dimensions, poids) | |
| **Accessoires imposés** (closoirs, bavettes, profils, écran) | |
| Dispositions de **ventilation** prévues | |
| Traitement des **points singuliers** prévu (rives, faîtage, noue, pénétrations) | |
| Prescriptions de **mise à la terre** | |
| Prescriptions d'**entretien / maintenance** et périodicité | |
| **Réserves** ou remarques du Groupe Spécialisé | |
**Partie 3 — Décider (5 min)**
Le formateur vous remet une **fiche chantier** (site, pente, zone, altitude, support, local).
Le procédé que vous avez étudié est-il utilisable sur ce chantier ?
Répondez par **OUI / NON**, en citant **la ligne du document** qui fonde votre réponse.
### Fiches chantier à distribuer (une par binôme)
| Fiche | Site | Pente | Zone vent / neige | Altitude | Support | Local |
|---|---|---|---|---|---|---|
| **C1** | Bretagne, bord de mer | 40 % | vent élevé / neige faible | 20 m | chevrons 60 cm | logement chauffé |
| **C2** | Alpes | 60 % | vent moyen / neige forte | **1 350 m** | chevrons 45 cm | logement chauffé |
| **C3** | Beauce | **18 %** | vent moyen / neige moyenne | 130 m | fermettes 60 cm | logement chauffé |
| **C4** | Sud-Ouest | 35 % | vent moyen / neige faible | 90 m | volige | **bâtiment d'élevage** |
| **C5** | Région lyonnaise | 30 % | vent faible / neige moyenne | 200 m | chevrons **90 cm** | logement chauffé |
### Corrigé — logique de décision attendue
Les réponses dépendent de l'Avis Technique réellement consulté, mais **le raisonnement attendu
est toujours le même** et c'est lui qui est évalué :
| Fiche | Motif de refus le plus probable | Compétence testée |
|---|---|---|
| **C1** | Zone de vent élevée en bord de mer : vérifier la zone admise **et** la corrosion en atmosphère saline | Lire la limite de zone de vent |
| **C2** | **Altitude 1 350 m** : la plupart des ATec limitent l'altitude (souvent 900 ou 1 000 m) | Repérer la limite d'altitude, souvent oubliée |
| **C3** | **Pente 18 %** : très généralement sous la pente mini du procédé | Repérer la pente mini |
| **C4** | **Local d'élevage** : ambiance agressive et forte hygrométrie, souvent exclue ou soumise à conditions | Repérer la limite de type de local |
| **C5** | **Entraxe 90 cm** : hors du domaine si l'ATec impose un entraxe max (souvent 60 ou 70 cm) | Repérer la limite de support |
**Message à faire formuler :** un Avis Technique ne se lit pas pour se rassurer,
il se lit **pour chercher ce qui interdit le chantier**. Et sortir du domaine d'emploi,
c'est basculer en technique non courante — donc hors garantie décennale classique.
### Critères d'évaluation TP 6
- Trouve seul un ATec sur la base du CSTB et vérifie sa **date de validité**.
- Extrait au moins **12 rubriques sur 15** de la fiche.
- Distingue une limite **de procédé** (ATec) d'une limite **de couverture** (NF DTU).
- Fonde sa décision sur une **citation** du document, et non sur une impression.
- Conclut par un NON argumenté quand le chantier sort du domaine d'emploi.
---
## TP 7 — Traitement des points singuliers sur maquette (J3, 20 min)
### Énoncé stagiaire
Par groupes de 3, sur les maquettes de toiture (ou à partir des planches photo).
Six situations vous sont présentées. Pour chacune : **décrivez la solution conforme**,
puis **réalisez-la** sur la maquette quand le matériel le permet.
| Situation | Ce que vous devez produire |
|---|---|
| **S1** — Sortie de câbles du champ vers le comble | Solution étanche complète, du module au comble |
| **S2** — Champ arrivant à 30 cm d'une **cheminée** | Retrait, étanchéité, et incidence sur le calepinage |
| **S3** — Champ recouvrant **2 chatières** de ventilation | Solution de report de la ventilation |
| **S4** — Bas de champ au-dessus de l'**égout** et de la gouttière | Traitement du recouvrement et de l'entrée d'air |
| **S5** — **Rive latérale** en zone de vent élevée | Fixations et bande de rive |
| **S6** — Champ à proximité d'une **noue** | Retrait et règles de fixation |
### Corrigé formateur
**S1 — Sortie de câbles**
- **Passe-toit étanche dédié** (ou tuile-chatière spécifique du fabricant), jamais un trou percé.
- Manchon collé/serti sur l'**écran de sous-toiture** avec bande adhésive compatible.
- Câble descendant en **boucle inversée** sous le passe-toit : la goutte d'eau tombe avant l'entrée.
- Fourreau de protection, câble non tendu, réserve de longueur.
- Repérage des polarités des deux côtés de la traversée.
- ❌ À proscrire : mastic seul, passage entre deux tuiles, percement de l'écran sans traitement.
**S2 — Cheminée**
- **Retrait** conforme à la notice/ATec (et jamais de fixation dans le solin).
- Solin et **bande d'étanchéité** de la cheminée conservés et non recouverts par un rail.
- Respect des **distances de sécurité au conduit de fumée** (matériaux combustibles, câbles).
- Intégrer l'**ombre portée** au calepinage : une cheminée de 1 m projette une ombre longue
en hiver → soit on décale le champ, soit on isole les modules concernés sur un MPPT dédié
ou avec optimiseurs.
- Prévoir l'accès ultérieur pour le **ramonage**.
**S3 — Chatières recouvertes**
- La ventilation de sous-toiture **ne se supprime jamais**.
- Solution : **report des chatières hors du champ** (au-dessus, en dessous ou latéralement),
en nombre au moins équivalent, en respectant la section de ventilation requise.
- Vérifier la continuité entrée (égout) → sortie (faîtage) après pose.
- ❌ À proscrire : obturer, ou « compter sur la lame d'air sous les modules » pour compenser.
**S4 — Bas de champ / égout**
- Profilé ou **bavette de recouvrement** du système qui déverse **au-dessus** de la couverture,
jamais derrière la gouttière ni dans l'isolant.
- **Aucune retenue d'eau** : pas de rail formant barrage, pas de bavette continue non ventilée.
- **Entrée d'air ménagée** pour la lame d'air, avec **grille anti-volatiles** (peigne, grillage).
- Vérifier que l'**écran de sous-toiture** déverse bien dans la gouttière.
- Attention à la **neige** : en zone de neige, prévoir des **arrêts de neige** sous le champ —
la surface lisse des modules libère la neige en paquets.
**S5 — Rive latérale, vent élevé**
- Les rives et les angles subissent les **dépressions les plus fortes** (Eurocode 1-4) :
**retrait imposé** et **densification des fixations** selon la note de calcul.
- Bande de rive ou profilé du procédé, **fixé mécaniquement**, recouvrement de l'écran relevé.
- Aucune prise d'air sous les modules en rive : c'est là que commence l'arrachement.
- Vérifier la fixation des **tuiles de rive** elles-mêmes (souvent à refixer après passage).
**S6 — Noue**
- **Retrait** au fond de noue selon la notice/ATec.
- **Aucune fixation** dans la noue ni dans ses relevés.
- Conserver la **section d'écoulement** : la noue concentre les débits de deux versants,
et un champ PV accélère le ruissellement (surface lisse) → risque de débordement.
- Nettoyage et accès de maintenance à préserver.
### Critères d'évaluation TP 7
- Cite le **retrait** comme réponse de base dans 4 situations sur 6.
- N'obture **jamais** une ventilation.
- Ne crée **jamais** de retenue d'eau.
- Propose une solution **avec les accessoires du procédé**, pas une improvisation au mastic.
- Anticipe l'**ombre portée** et la **maintenance** (ramonage, nettoyage de noue).
- Évoque les **arrêts de neige** en zone concernée.
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## EC 2 — Analyse d'un devis client non conforme (20 min, collectif)
### Énoncé stagiaire
Le formateur distribue le devis reconstitué ci-dessous, remis à un particulier par une société
de démarchage. **Relevez toutes les anomalies** et rédigez les 5 questions que vous poseriez.
> **DEVIS N° 2026-0412 — « Centrale solaire clé en main »**
> Maison individuelle, Amiens (80). Bâtiment achevé en 1998.
> — *Kit solaire 9 panneaux « haute performance » 500 W = **4 500 W** de puissance*
> — *Production garantie : **6 300 kWh/an***
> — *Économies annoncées : **1 575 €/an** — « facture d'électricité annulée »*
> — *Pose en intégration totale à la toiture (existante en tuiles terre cuite, pente 22 %)*
> — *Onduleur central 3 000 W*
> — *Prix : **21 900 € TTC** — financement 180 € / mois sur 15 ans*
> — *« Prime de l'État de 2 000 € déduite, revente EDF garantie 20 ans »*
> — *Mention : « Entreprise partenaire RGE »*
> — *Signature immédiate obligatoire pour bénéficier de l'offre*
### Corrigé — les 12 anomalies attendues
| # | Anomalie | Pourquoi c'est fautif |
|---|---|---|
| 1 | **Production de 6 300 kWh** pour 4,5 kWc = **1 400 kWh/kWc/an** | Impossible à Amiens : on attend plutôt 950 à 1 050 kWh/kWc/an. Le productible est surévalué de ~35 % |
| 2 | **« Facture annulée »** | Aucune installation sans stockage n'annule une facture : production nulle la nuit, faible en hiver (facteur 4 à 6 entre décembre et juillet) |
| 3 | **Économies de 1 575 €** = toute la production valorisée à 0,25 €/kWh | Confond production et autoconsommation. Le surplus est vendu ~0,04 €/kWh |
| 4 | **Intégration** sur une couverture existante à **pente 22 %** | Pente très probablement sous la pente mini du procédé ; et l'intégration exige un **ATec valide** non mentionné |
| 5 | Aucune mention d'**Avis Technique / DTA** ni de référence de procédé | Impossible de vérifier le domaine d'emploi → risque de refus de décennale |
| 6 | **Ratio DC/AC = 4 500 / 3 000 = 1,5** | Écrêtage massif : on paie 4,5 kWc pour en exploiter une partie |
| 7 | **« Puissance 4 500 W »** au lieu de **4,5 kWc** | Confusion entretenue entre puissance crête et puissance/production |
| 8 | **« Prime de l'État de 2 000 € »** | Sans commune mesure avec la prime à l'autoconsommation réelle, et déduite sans indiquer le trimestre de référence ni les conditions |
| 9 | **« Revente EDF garantie 20 ans »** sans tarif ni régime | Le tarif dépend de l'arrêté applicable à la date de demande complète de raccordement |
| 10 | **« Entreprise partenaire RGE »** | Formule trompeuse : c'est **l'entreprise qui réalise** les travaux qui doit être qualifiée, pas un « partenaire ». À exiger : attestation RGE **nominative** en cours de validité |
| 11 | **Prix : 21 900 € pour 4,5 kWc ≈ 4 870 €/kWc** | Très au-dessus du marché. Coût total du crédit non affiché (180 € × 180 mois = 32 400 €) |
| 12 | **« Signature immédiate obligatoire »** | Pratique commerciale agressive. En démarchage à domicile, le client dispose d'un **droit de rétractation de 14 jours** : y renoncer est illégal |
**Anomalies complémentaires à valoriser si citées :** absence de marque et de référence des
modules et de l'onduleur, pas de méthode de calcul du productible, pas de mention de la
déclaration préalable ni du Consuel, pas d'attestation d'assurance décennale, aucun relevé
de consommation du client, pas de mention du remplacement de l'onduleur, pas d'étude d'ombrage.
### Les 5 questions à poser (corrigé)
1. Quelle est la **référence exacte** du procédé d'intégration et son **numéro d'Avis Technique** en cours de validité ?
2. Sur quelle **méthode** repose l'estimation de 6 300 kWh/an — pouvez-vous me remettre le rapport PVGIS ou l'étude, avec le ratio de performance retenu ?
3. Quel est mon **taux d'autoconsommation** estimé, calculé sur mes consommations réelles, et quelle est la part vendue en surplus et à quel tarif ?
4. Pouvez-vous me fournir votre **attestation RGE nominative** et votre **attestation d'assurance décennale** mentionnant l'activité photovoltaïque ?
5. Quel est le **coût total du crédit**, et qu'en est-il de mon **droit de rétractation de 14 jours** ?
---
## EC 3 — Rédaction d'un plan de maintenance (20 min, binômes)
### Énoncé stagiaire
Vous venez de livrer l'installation de l'**EC 1** (3,4 kWc, surimposition, tuiles,
maison individuelle, pente 35 %, accès nécessitant un échafaudage).
Rédigez le **plan de maintenance préventive** à annexer au DOE.
**Trame à compléter**
| Périodicité | Opérations | Réalisé par | Depuis | Durée | Coût indicatif |
|---|---|---|---|---|---|
| Mensuelle | | | | | |
| Semestrielle | | | | | |
| Annuelle | | | | | |
| Tous les 2 à 4 ans | | | | | |
| Ponctuelle (événement) | | | | | |
| À 12-15 ans | | | | | |
Puis répondez :
1. Quels sont les **3 postes de contrôle bâti** que vous ne pouvez pas déléguer au client ?
2. Que prévoyez-vous pour l'**accès** en toiture, et qui le paie ?
3. Quels **indicateurs** permettent de détecter une dérive sans monter sur le toit ?
4. Quelles **obligations d'entretien** issues de la notice/ATec devez-vous reporter au plan ?
### Corrigé formateur
| Périodicité | Opérations | Par | Depuis | Coût indicatif `[À ACTUALISER]` |
|---|---|---|---|---|
| **Mensuelle** | Relevé de production sur le portail, comparaison au productible attendu du mois, lecture des alarmes | Client (ou installateur à distance) | À distance | Inclus / abonnement monitoring |
| **Semestrielle** | Contrôle visuel depuis le sol (jumelles) : modules, gouttière, végétation, absence d'ombrage nouveau | Client | Sol | 0 € |
| **Annuelle** | Visite complète : check-list bâti + modules + électrique (support `04` § 3.6.3), rapport photo daté | Installateur | Toiture, EPI | 150 à 350 € hors accès |
| **2 à 4 ans** | Thermographie du champ et des coffrets, contrôle d'isolement, continuité de terre, courbe I-V si suspicion | Installateur | Toiture | 200 à 400 € |
| **Ponctuelle** | Après grêle, tempête, foudre, neige exceptionnelle, ou tout travaux sur la toiture | Installateur | Toiture | Sur devis |
| **12-15 ans** | Remplacement prévisionnel de l'onduleur, contrôle général des serrages et connecteurs | Installateur | Local + toiture | 1 000 à 1 800 € |
**1. Les 3 postes de contrôle bâti non délégables**
- **État des fixations et des tuiles** au contact des crochets (desserrage, fissures, point dur) ;
- **Étanchéité des pénétrations** (passe-toit, solins) et **intégrité de l'écran de sous-toiture** vue en égout ;
- **Ventilation de la lame d'air** (obstruction, nidification) et libre écoulement en bas de champ.
À quoi s'ajoute l'inspection en **sous-face du comble** à la recherche d'auréoles :
c'est le signal d'alerte le plus précoce d'une infiltration.
**2. Accès en toiture**
Échafaudage ou nacelle nécessaire → à **chiffrer explicitement** dans le contrat de maintenance
et à annoncer au client dès le devis initial. Le point à ne pas laisser flou :
**qui paie l'accès** lors d'une intervention sous garantie. La réponse honnête est
de l'inclure dans le contrat, ou de prévoir une visite annuelle mutualisant l'accès
avec l'entretien de couverture.
**3. Indicateurs de dérive à distance**
- **Production mensuelle** comparée au productible de référence et corrigée de l'ensoleillement du mois ;
- **Ratio de performance** recalculé si l'installation dispose d'un capteur d'irradiance ;
- comparaison **entre chaînes** ou **entre modules** (micro-onduleurs / optimiseurs) : une divergence
révèle un module ou une connexion en défaut ;
- **journal d'événements de l'onduleur** : défauts d'isolement récurrents = eau dans le DC ;
- courbe de production journalière : un **décrochage à midi** signale un écrêtage ou une surchauffe,
un **creux régulier** signale un ombrage.
**4. Obligations d'entretien issues de la notice / de l'ATec**
Tout Avis Technique comporte une rubrique **entretien** dont le non-respect est opposable :
périodicité de vérification des fixations et des accessoires d'étanchéité, nettoyage des
dispositifs de ventilation, contrôle des serrages, conditions de circulation en toiture.
Ces obligations doivent être **recopiées telles quelles** dans le plan de maintenance
remis au client, et leur exécution **tracée** — sinon la garantie du procédé peut être contestée.
### Critères d'évaluation EC 3
- Distingue ce qui est **à distance**, **depuis le sol** et **en toiture**.
- Place les 3 contrôles bâti non délégables.
- Traite explicitement la question de l'**accès** et de son coût.
- Reporte les obligations d'entretien de l'**ATec / notice**.
- Prévoit le **remplacement de l'onduleur** et la traçabilité (carnet de maintenance).
- Propose des indicateurs **mesurables**, pas des intentions.
---
# QCM d'entraînement
URL : https://citilience.fr/formation/qcm-entrainement/
Mise à jour : 19/09/2026
Deux QCM blancs de trente questions au format de l'examen officiel, seuil de réussite 24 sur 30, avec corrigés commentés question par question.
> **Format de l'examen réel :** 30 questions · **seuil de réussite 24/30** (soit 80 %) ·
> attestation de réussite transmise par l'organisme de qualification.
>
> Ce fichier contient **2 QCM blancs de 30 questions** avec corrigés commentés,
> plus les **quiz flash** de fin de demi-journée. Les QCM blancs respectent la répartition
> thématique du référentiel.
### Répartition thématique des 30 questions
| Domaine | Nb de questions | Support |
|---|---|---|
| Marché, implantations, conseil client | 4 | `02` § 1-2 |
| Administratif, raccordement, aides | 5 | `02` § 3-5 |
| Technologie PV (modules, systèmes) | 5 | `03` § 2-3 |
| Gisement solaire et productible | 4 | `03` § 1 et § 5 |
| Dimensionnement et électricité | 4 | `03` § 4 |
| Sécurité (chute, risque électrique) | 4 | `04` § 1-2 |
| Intégration au bâti, étanchéité, ATec | 3 | `04` § 3-4 |
| Mise en service et maintenance | 1 | `04` § 5-6 |
**Consignes de passation :** 45 min, sans document (l'examen réel peut autoriser certains
documents — vérifier les modalités en vigueur auprès de l'organisme de qualification). Une seule réponse
attendue sauf mention « plusieurs réponses ».
---
## QCM BLANC N° 1
### Marché, implantations, conseil client
**1.** En surimposition, l'étanchéité de la toiture est assurée par :
- **A.** les modules photovoltaïques
- **B.** la couverture existante, conservée
- **C.** les rails de fixation
- **D.** le mastic d'étanchéité appliqué sous les crochets
**2.** Un procédé photovoltaïque **intégré en toiture** nécessite obligatoirement :
- **A.** une simple notice de pose du fabricant
- **B.** un Avis Technique ou un DTA en cours de validité
- **C.** l'accord verbal de l'assureur
- **D.** un permis de construire dans tous les cas
**3.** Le modèle économique majoritaire en résidentiel aujourd'hui est :
- **A.** la vente en totalité
- **B.** l'autoconsommation totale sans injection
- **C.** l'autoconsommation avec vente du surplus
- **D.** l'autoconsommation collective
**4.** L'attestation d'assurance décennale de l'entreprise doit :
- **A.** mentionner uniquement l'activité « couverture »
- **B.** mentionner explicitement l'activité d'installation de panneaux photovoltaïques
- **C.** être fournie seulement en cas de sinistre
- **D.** être remplacée par la garantie du fabricant des modules
### Administratif, raccordement, aides
**5.** Pour installer des panneaux en toiture sur une maison existante, la formalité d'urbanisme
usuelle est :
- **A.** aucune formalité
- **B.** une déclaration préalable de travaux
- **C.** un permis de construire
- **D.** une simple information de la mairie par courrier
**6.** L'attestation de conformité **Consuel** doit être obtenue :
- **A.** après la mise en service par le gestionnaire de réseau
- **B.** avant la mise en service de l'installation
- **C.** uniquement pour les installations de plus de 36 kVA
- **D.** dans l'année qui suit la mise en service
**7.** La **prime à l'autoconsommation** est conditionnée notamment à :
- **A.** une puissance supérieure à 100 kWc
- **B.** la réalisation des travaux par une entreprise qualifiée RGE
- **C.** une pose obligatoirement en intégration au bâti
- **D.** l'absence de tout stockage
**8.** Le texte qui définit les cahiers des charges des formations relatives à l'installation
d'équipements photovoltaïques est :
- **A.** le décret n° 2014-812
- **B.** l'arrêté du 6 octobre 2021
- **C.** la norme NF C 15-100
- **D.** le guide UTE C 15-712-1
**9.** Les tarifs d'achat et le montant de la prime à l'autoconsommation sont :
- **A.** fixés définitivement pour 20 ans par la loi
- **B.** révisés chaque trimestre
- **C.** négociés librement avec le fournisseur
- **D.** identiques dans toute l'Union européenne
### Technologie PV
**10.** Les conditions **STC** correspondent à :
- **A.** 800 W/m², 20 °C ambiant, vent 1 m/s
- **B.** 1 000 W/m², 25 °C de cellule, AM 1,5
- **C.** 1 000 W/m², 25 °C ambiant, AM 1,0
- **D.** 500 W/m², 25 °C de cellule, AM 1,5
**11.** Le rôle des **diodes bypass** dans un module est de :
- **A.** augmenter la tension du module
- **B.** court-circuiter une sous-chaîne ombrée pour éviter le point chaud
- **C.** protéger contre la foudre
- **D.** convertir le courant continu en alternatif
**12.** Quand la température d'un module cristallin augmente, sa puissance :
- **A.** augmente d'environ 0,4 %/°C
- **B.** diminue d'environ 0,3 à 0,45 %/°C
- **C.** reste constante
- **D.** diminue d'environ 3 %/°C
**13.** La fonction de **protection de découplage** de l'onduleur sert à :
- **A.** limiter la puissance injectée
- **B.** déconnecter l'installation en cas de coupure du réseau
- **C.** protéger les modules contre la grêle
- **D.** réduire la tension continue
**14.** Sur une toiture comportant deux versants d'orientations différentes, la bonne pratique est :
- **A.** mettre toutes les chaînes en parallèle sur un seul MPPT
- **B.** mettre tous les modules en série sur une seule chaîne
- **C.** affecter chaque orientation à un MPPT distinct
- **D.** n'équiper qu'un seul versant
### Gisement solaire et productible
**15.** La formule d'estimation du productible annuel est :
- **A.** E = Pc × Hi × Pr
- **B.** E = Pc / (Hi × Pr)
- **C.** E = Hi × Pr / Pc
- **D.** E = Pc + Hi + Pr
**16.** Dans cette formule, `Hi` désigne l'irradiation :
- **A.** sur plan horizontal
- **B.** dans le plan des modules
- **C.** à midi solaire uniquement
- **D.** en été seulement
**17.** Un ratio de performance (`Pr`) réaliste pour une installation résidentielle
bien conçue en toiture se situe autour de :
- **A.** 0,50 à 0,60
- **B.** 0,65 à 0,70
- **C.** 0,75 à 0,85
- **D.** 0,95 à 1,00
**18.** En France métropolitaine, un productible spécifique annoncé de **1 500 kWh/kWc/an** est :
- **A.** normal partout
- **B.** normal dans le sud
- **C.** anormalement élevé et doit alerter
- **D.** impossible à calculer
### Dimensionnement et électricité
**19.** Le calcul de la **tension maximale** d'une chaîne se fait à la température de cellule de :
- **A.** +70 °C
- **B.** +25 °C
- **C.** −10 °C
- **D.** 0 °C
**20.** Pour un module cristallin, l'approximation courante de la tension à vide à −10 °C est :
- **A.** Uoc(−10 °C) ≈ 0,85 × Uoc(STC)
- **B.** Uoc(−10 °C) ≈ 1,15 × Uoc(STC)
- **C.** Uoc(−10 °C) ≈ 1,50 × Uoc(STC)
- **D.** Uoc(−10 °C) = Uoc(STC)
**21.** Si la tension d'une chaîne descend **sous la plage MPPT** de l'onduleur par forte chaleur :
- **A.** l'onduleur produit davantage
- **B.** l'onduleur décroche et la production est perdue
- **C.** l'onduleur est détruit
- **D.** il n'y a aucune conséquence
**22.** La chute de tension admissible côté continu est généralement limitée à :
- **A.** 1 %
- **B.** 3 %
- **C.** 10 %
- **D.** 15 %
### Sécurité
**23.** Face au risque de chute de hauteur, l'ordre de priorité réglementaire est :
- **A.** protection individuelle, puis collective, puis suppression du risque
- **B.** suppression du risque, puis protection collective, puis protection individuelle
- **C.** protection collective, puis suppression du risque, puis individuelle
- **D.** au choix de l'opérateur
**24.** Un module photovoltaïque produit de l'électricité :
- **A.** uniquement quand l'onduleur fonctionne
- **B.** dès qu'il est éclairé
- **C.** seulement s'il est connecté au réseau
- **D.** uniquement en été
**25.** Avant de débrocher un connecteur DC, il faut :
- **A.** débrocher directement, il n'y a pas de danger
- **B.** ouvrir le sectionneur DC et s'assurer de l'absence de courant
- **C.** couper uniquement le disjoncteur AC
- **D.** attendre la nuit dans tous les cas
**26.** L'étiquetage obligatoire sur les coffrets d'une installation PV signale :
- **A.** la puissance crête installée
- **B.** la présence de deux sources de tension
- **C.** le nom de l'installateur seulement
- **D.** la date de mise en service
### Intégration au bâti et étanchéité
**27.** Un percement de l'**écran de sous-toiture** pour le passage d'un câble doit être :
- **A.** laissé tel quel, l'écran est secondaire
- **B.** traité par un manchon ou une pièce d'étanchéité compatible
- **C.** simplement rebouché au mastic silicone
- **D.** évité en faisant passer le câble entre deux tuiles
**28.** La fixation d'un crochet de surimposition doit se faire :
- **A.** dans le liteau
- **B.** dans l'élément porteur (chevron, panne)
- **C.** dans la tuile elle-même
- **D.** dans l'écran de sous-toiture
**29.** Poser un procédé intégré **hors de son domaine d'emploi** défini par l'Avis Technique :
- **A.** est sans conséquence si la pose est soignée
- **B.** fait basculer l'ouvrage en technique non courante, avec risque de refus de garantie
- **C.** est autorisé si le client donne son accord écrit
- **D.** ne concerne que les bâtiments publics
### Maintenance
**30.** Lors de la visite de maintenance annuelle d'une installation en surimposition,
parmi ces points, lequel relève spécifiquement de la compétence « intégration au bâti » ?
- **A.** la mise à jour du firmware de l'onduleur
- **B.** l'état des fixations, des tuiles au contact des crochets et de la ventilation de la lame d'air
- **C.** la lecture du compteur de production
- **D.** la vérification du contrat d'achat
---
### Corrigé commenté — QCM blanc n° 1
| Q | Rép. | Commentaire |
|---|---|---|
| 1 | **B** | En surimposition la couverture reste l'ouvrage d'étanchéité : elle doit donc être conforme à son NF DTU **avant** la pose. Le mastic n'est jamais une solution d'étanchéité de couverture |
| 2 | **B** | Le procédé devient élément de couverture → ATec/DTA valide obligatoire (CSTB, GS n° 21). À défaut : ATEx ou ETN |
| 3 | **C** | L'autoconsommation avec vente du surplus domine le résidentiel et ouvre droit à la prime |
| 4 | **B** | Une attestation limitée à « couverture » n'engage pas l'assureur sur le PV. Motif de refus de garantie fréquent |
| 5 | **B** | Déclaration préalable (CERFA 13703), instruction ~1 mois, 2 mois avec avis de l'ABF |
| 6 | **B** | Le visa Consuel conditionne la mise en service par le gestionnaire de réseau |
| 7 | **B** | Le décret n° 2014-812 conditionne les aides à un signe de qualité : **RGE**. C'est la raison d'être de cette formation |
| 8 | **B** | L'arrêté du 6/10/2021 définit les cahiers des charges des formations ; le décret 2014-812 définit les signes de qualité |
| 9 | **B** | Révision trimestrielle par la CRE → ne jamais figer un montant d'aide dans un devis sans date de référence |
| 10 | **B** | STC = 1 000 W/m², 25 °C **de cellule**, AM 1,5. La réponse A décrit les conditions NOCT/NMOT |
| 11 | **B** | La diode bypass contourne la sous-chaîne ombrée : elle évite le point chaud mais on perd la production de cette sous-chaîne |
| 12 | **B** | Coefficient de puissance de −0,30 à −0,45 %/°C → d'où l'intérêt de la lame d'air ventilée |
| 13 | **B** | Anti-îlotage : sécurité des intervenants du réseau. Conformité VFR 2019 exigée par le GRD |
| 14 | **C** | Un MPPT ne peut optimiser qu'un seul point de fonctionnement : mélanger deux orientations génère des pertes de mismatch |
| 15 | **A** | `E = Pc × Hi × Pr` |
| 16 | **B** | Prendre `Hi` à l'horizontale est l'erreur classique : elle sous-estime de 10 à 15 % à 30° sud |
| 17 | **C** | 0,75 à 0,85. Au-delà de 0,85 en toiture résidentielle, il faut une justification chiffrée |
| 18 | **C** | En métropole on attend 900 à 1 300 kWh/kWc/an. 1 500 est un signal de survente |
| 19 | **C** | La tension maximale se calcule **à froid** (−10 °C) : c'est le cas dimensionnant pour la limite haute |
| 20 | **B** | ≈ 1,15 × Uoc(STC) pour le silicium cristallin (β ≈ −0,25 à −0,30 %/°C sur 35 °C d'écart) |
| 21 | **B** | Décrochage aux heures les plus chaudes : perte silencieuse, très difficile à diagnostiquer après coup. D'où la vérification à +70 °C |
| 22 | **B** | 3 % admissible, avec un objectif de ≤ 1 % sur la partie chaîne |
| 23 | **B** | Suppression → collective → individuelle. Le harnais est un **dernier recours**, et il exige un tirant d'air suffisant |
| 24 | **B** | Il n'existe pas d'interrupteur côté cellule : le champ est sous tension dès l'éclairement, même onduleur à l'arrêt |
| 25 | **B** | Le débrochage en charge crée un **arc DC** qui ne s'auto-éteint pas. Couper l'AC ne suffit pas |
| 26 | **B** | « Présence de deux sources de tension : réseau et panneaux photovoltaïques ». Contrôlé par le Consuel, vital pour les secours |
| 27 | **B** | Manchon ou pièce d'étanchéité compatible + passe-toit dédié. Le percement non traité est le désordre PV le plus fréquent |
| 28 | **B** | Dans l'élément porteur. Le liteau seul n'est admis que si la notice du système l'autorise explicitement |
| 29 | **B** | Sortie du domaine d'emploi = technique non courante = risque de refus de garantie décennale. L'accord du client n'y change rien |
| 30 | **B** | Fixations, tuiles au contact des crochets, ventilation de la lame d'air : c'est le cœur de la compétence Bât |
#### Grille de notation
| Score | Interprétation |
|---|---|
| **24 à 30** | Seuil de réussite atteint ✅ |
| 20 à 23 | Proche du seuil — reprendre les domaines en échec avant l'examen |
| < 20 | Reprise nécessaire des supports `02` à `04` et des synthèses de fin de jour |
#### Analyse par domaine (à remplir par le stagiaire)
| Domaine | Questions | Score | / |
|---|---|---|---|
| Marché, implantations, conseil | 1-4 | | 4 |
| Administratif, raccordement, aides | 5-9 | | 5 |
| Technologie PV | 10-14 | | 5 |
| Gisement et productible | 15-18 | | 4 |
| Dimensionnement et électricité | 19-22 | | 4 |
| Sécurité | 23-26 | | 4 |
| Intégration au bâti | 27-29 | | 3 |
| Maintenance | 30 | | 1 |
| **TOTAL** | | | **30** |
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## QCM BLANC N° 2 — niveau examen renforcé
> Même répartition thématique, **niveau plus exigeant** : questions de calcul,
> mises en situation et questions à réponses multiples. À passer en fin de J3
> avant le QCM officiel, ou en révision.
>
> **Calculatrice autorisée.** Questions signalées « **QRM** » : plusieurs réponses justes,
> toutes attendues pour valider le point.
### Marché, implantations, conseil client
**1.** Un client possède une toiture-terrasse avec étanchéité bitumineuse en bon état.
La solution à privilégier est :
- **A.** percer l'étanchéité pour ancrer des plots béton
- **B.** un système lesté avec note de calcul de charge et de lest
- **C.** coller les modules directement sur la membrane
- **D.** une intégration au bâti remplaçant l'étanchéité
**2. QRM** — Quels éléments doivent figurer dans un devis photovoltaïque sérieux ?
- **A.** la puissance crête en kWc
- **B.** la marque et la référence des modules et de l'onduleur
- **C.** la production estimée avec la méthode de calcul
- **D.** la mention de la qualification RGE de l'entreprise réalisant les travaux
- **E.** la garantie que la facture d'électricité sera annulée
**3.** Un concurrent annonce pour la même toiture un productible supérieur de 30 % au vôtre.
L'attitude professionnelle est de :
- **A.** aligner votre estimation pour ne pas perdre le chantier
- **B.** expliquer votre méthode de calcul et demander la sienne
- **C.** baisser votre prix
- **D.** ajouter deux modules pour compenser
**4.** Sur une couverture en fin de vie (30 ans, tuiles qui farinent), la recommandation est :
- **A.** poser le PV, la couverture tiendra bien 25 ans de plus
- **B.** poser en intégration pour supprimer le problème de couverture
- **C.** proposer un scénario de réfection de couverture avant PV, chiffré, et laisser le client décider
- **D.** poser uniquement en partie basse du rampant
### Administratif, raccordement, aides
**5.** L'ordre chronologique correct est :
- **A.** raccordement → déclaration préalable → travaux → Consuel → mise en service
- **B.** déclaration préalable → demande de raccordement → travaux → Consuel → mise en service
- **C.** travaux → déclaration préalable → Consuel → raccordement → mise en service
- **D.** Consuel → déclaration préalable → raccordement → travaux → mise en service
**6.** En cas de démarchage à domicile, le client dispose d'un droit de rétractation de :
- **A.** 7 jours
- **B.** 14 jours
- **C.** 30 jours
- **D.** aucun droit de rétractation
**7.** Le franchissement du seuil de **36 kVA** en puissance de raccordement entraîne :
- **A.** aucun changement
- **B.** un changement de régime, avec des coûts et des délais supérieurs
- **C.** l'interdiction d'autoconsommer
- **D.** l'obligation de passer en vente totale
**8.** Le dispositif **S21** issu de l'arrêté du 6 octobre 2021 concerne les installations :
- **A.** au sol de toute puissance
- **B.** sur bâtiment, hangar ou ombrière, de puissance ≤ 500 kWc
- **C.** exclusivement de puissance ≤ 9 kWc
- **D.** uniquement en vente totale
**9. QRM** — La qualification **RGE** délivrée par l'organisme de qualification suppose notamment :
- **A.** un référent technique formé
- **B.** des attestations d'assurance à jour
- **C.** la fourniture de références de chantiers
- **D.** un audit de réalisation périodique
- **E.** un chiffre d'affaires minimal de 500 000 €
### Technologie PV
**10.** Un module verre-verre est généralement préféré en intégration parce qu'il :
- **A.** produit davantage à puissance égale
- **B.** offre une meilleure durabilité et tenue mécanique
- **C.** est plus léger
- **D.** ne chauffe pas
**11.** Les normes de référence d'un module photovoltaïque sont :
- **A.** IEC 61215 (performance) et IEC 61730 (sécurité)
- **B.** NF C 15-100 et NF C 14-100
- **C.** EN 361 et EN 355
- **D.** NF EN 490 et NF EN 491
**12.** Le **rendement européen** d'un onduleur est plus pertinent que son rendement maximal car :
- **A.** il est toujours plus élevé
- **B.** il est pondéré selon les taux de charge réellement rencontrés
- **C.** il est imposé par la réglementation française
- **D.** il tient compte de la température des modules
**13.** Un **ratio DC/AC** de 1,45 sur un champ plein sud bien exposé signifie :
- **A.** un dimensionnement optimal
- **B.** un écrêtage important en milieu de journée
- **C.** un onduleur surdimensionné
- **D.** une production accrue en hiver
**14.** Des **micro-onduleurs** sont particulièrement indiqués lorsque :
- **A.** la toiture est plein sud sans aucun ombrage
- **B.** la toiture présente des ombrages partiels inévitables
- **C.** on veut réduire au maximum le coût du matériel
- **D.** l'accès à la toiture est impossible après pose
### Gisement solaire et productible
**15.** Une pente de toiture de **100 %** correspond à un angle de :
- **A.** 30°
- **B.** 35°
- **C.** 45°
- **D.** 60°
**16.** Sur un même site, un champ orienté **sud-ouest à 30°** par rapport à un champ
**plein sud à 30°** perd environ :
- **A.** moins de 5 %
- **B.** 15 %
- **C.** 30 %
- **D.** 50 %
**17.** Un module de **425 Wc** mesure environ 1,72 × 1,13 m. Combien de m² de toiture faut-il
approximativement pour installer **6 kWc** ?
- **A.** environ 12 m²
- **B.** environ 25 à 30 m²
- **C.** environ 50 m²
- **D.** environ 80 m²
**18.** Calcul : `Pc = 6 kWc`, `Hi = 1 300 kWh/m²/an`, `Pr = 0,80`.
La production annuelle estimée est de :
- **A.** 4 160 kWh
- **B.** 6 240 kWh
- **C.** 7 800 kWh
- **D.** 9 750 kWh
### Dimensionnement et électricité
**19.** Module : `Uoc = 40 V`, `β = −0,28 %/°C`. La tension à vide à **−10 °C** est d'environ :
- **A.** 36,1 V
- **B.** 40,0 V
- **C.** 43,9 V
- **D.** 48,0 V
**20.** Avec le module de la question 19, le nombre **maximal** de modules par chaîne
pour un onduleur dont la tension DC maximale est de **1 000 V** est de :
- **A.** 20
- **B.** 22
- **C.** 25
- **D.** 27
**21.** Deux chaînes de modules `Impp = 13,5 A` sont mises en parallèle sur une entrée MPPT
dont le courant maximal admissible est de **25 A**. Cette configuration est :
- **A.** conforme
- **B.** non conforme, le courant total dépasse la limite
- **C.** conforme si les chaînes sont d'orientations différentes
- **D.** conforme en hiver seulement
**22.** Le calibrage des câbles et protections côté DC se fait sur la base de :
- **A.** Impp
- **B.** 1,25 × Isc
- **C.** 0,8 × Isc
- **D.** Uoc
### Sécurité
**23.** Le **tirant d'air** nécessaire à un système d'arrêt de chute avec longe et absorbeur
correspond approximativement à :
- **A.** la longueur de la longe uniquement
- **B.** longueur de longe + déploiement de l'absorbeur + taille de l'opérateur + marge
- **C.** la hauteur du bâtiment
- **D.** 1 m dans tous les cas
**24. QRM** — Dans quelles situations faut-il **arrêter** le travail en toiture ?
- **A.** vent supérieur à 50 km/h
- **B.** toiture humide, givrée ou enneigée
- **C.** orage
- **D.** température extérieure inférieure à 15 °C
- **E.** travailleur seul sur le chantier avec port du harnais
**25.** L'**effet pendulaire** lors d'une chute est provoqué par :
- **A.** un harnais trop serré
- **B.** un point d'ancrage situé latéralement par rapport à l'opérateur
- **C.** une longe trop courte
- **D.** un casque sans jugulaire
**26.** La découpe d'une tuile en béton nécessite une protection respiratoire de type :
- **A.** masque en tissu
- **B.** FFP1
- **C.** FFP2
- **D.** FFP3, avec découpe humide ou aspirée
### Intégration au bâti et étanchéité
**27. QRM** — Un **écran de sous-toiture HPV** correctement posé doit :
- **A.** être posé du bas vers le haut, parallèlement à l'égout
- **B.** respecter les recouvrements entre lés selon la pente
- **C.** déverser l'eau dans la gouttière ou sur une bavette en égout
- **D.** être percé librement pour le passage des câbles
- **E.** rester exposé aux UV plusieurs mois avant couverture
**28.** Pourquoi une pose **intégrée non ventilée** produit-elle généralement moins qu'une
surimposition ventilée ?
- **A.** les modules intégrés sont de moins bonne qualité
- **B.** la température des modules est plus élevée, ce qui réduit la puissance
- **C.** l'inclinaison est nécessairement moins favorable
- **D.** l'onduleur fonctionne moins bien
**29.** Dans un Avis Technique, la rubrique qui interdit le plus souvent un chantier est :
- **A.** la liste des accessoires
- **B.** le domaine d'emploi accepté (pente, zone, altitude, support, local)
- **C.** la désignation commerciale
- **D.** les conclusions du Groupe Spécialisé
### Mise en service et maintenance
**30. QRM** — Lors de la mise en service, quelles mesures doivent être consignées au
procès-verbal pour être interprétables ?
- **A.** la polarité et `Uoc` de chaque chaîne
- **B.** la résistance d'isolement du champ
- **C.** l'irradiance au moment des mesures
- **D.** la température des modules
- **E.** le prix du kWh du client
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### Corrigé commenté — QCM blanc n° 2
| Q | Rép. | Commentaire |
|---|---|---|
| 1 | **B** | Sur étanchéité en bon état, on ne perce pas : système lesté avec note de calcul (charge admissible du plancher **et** stabilité au vent). Le collage direct ne relève d'aucun référentiel courant |
| 2 | **A, B, C, D** | La réponse E est une promesse mensongère : aucune installation sans stockage n'annule une facture |
| 3 | **B** | Le professionnalisme consiste à défendre sa **méthode**. Aligner un chiffre invérifiable, c'est endosser la survente |
| 4 | **C** | Un PV garanti 25 ans sur une couverture en fin de vie programme un démontage à ses frais. L'intégration **aggrave** l'engagement décennal au lieu de le régler |
| 5 | **B** | DP → raccordement → travaux → Consuel → mise en service. La DP est exigée en pièce du dossier de raccordement |
| 6 | **B** | 14 jours en démarchage à domicile. Une clause de renonciation est illégale |
| 7 | **B** | Au-delà de 36 kVA : changement de régime de raccordement, coûts et délais nettement supérieurs. À anticiper dès le dimensionnement |
| 8 | **B** | S21 = guichet ouvert pour les installations **sur bâtiment, hangar ou ombrière** ≤ 500 kWc |
| 9 | **A, B, C, D** | Aucune condition de chiffre d'affaires. Le **référent technique formé** est précisément l'objet de ce module |
| 10 | **B** | Durabilité et tenue mécanique supérieures, meilleure résistance au PID et à l'humidité — d'où son usage en intégration et en bifacial |
| 11 | **A** | IEC 61215 / 61730. Le B concerne les installations électriques, le C les EPI antichute, le D les tuiles béton |
| 12 | **B** | Le η euro est pondéré sur une distribution réaliste de taux de charge : un onduleur passe l'essentiel de son temps à charge partielle |
| 13 | **B** | 1,45 est très au-delà de la plage usuelle 1,0–1,2 : écrêtage important sur un champ bien exposé. Acceptable seulement sur un champ est-ouest ou fortement ombragé |
| 14 | **B** | Tolérance à l'ombrage et suivi par module. Attention : ils imposent un **accès de maintenance** en toiture, à chiffrer |
| 15 | **C** | 100 % = 45° (`tan 45° = 1`). Repères : 30° ≈ 58 %, 35° ≈ 70 % |
| 16 | **A** | Moins de 5 % à 30° entre sud et sud-ouest. Ne jamais dégrader la couverture pour « aller chercher le sud » |
| 17 | **B** | `1 kWc ≈ 4 à 5 m²` → 6 kWc ≈ 24 à 30 m². Vérification : 6 000/425 ≈ 14 modules × 1,94 m² ≈ 27 m² |
| 18 | **B** | `E = 6 × 1 300 × 0,80 = 6 240 kWh/an`, soit 1 040 kWh/kWc/an — cohérent |
| 19 | **C** | `40 × [1 + (−0,0028) × (−35)] = 40 × 1,098 = 43,9 V`. Contrôle par l'approximation : 1,15 × 40 = 46 V, même ordre |
| 20 | **B** | `1 000 / 43,9 = 22,8` → **22 modules** (on arrondit toujours **à l'inférieur**). Attention à vérifier aussi la `Umax système` du module |
| 21 | **B** | `2 × 13,5 = 27 A > 25 A`. Non conforme. Et l'orientation ne change rien au courant ; par ailleurs on ne met jamais deux orientations sur un même MPPT |
| 22 | **B** | `1,25 × Isc` : le facteur couvre les dépassements d'irradiance et l'échauffement |
| 23 | **B** | Longe + déploiement de l'absorbeur (jusqu'à ≈ 1,75 m) + taille de l'opérateur + marge ≈ 1 m. Sans tirant d'air suffisant, le système est **inopérant** |
| 24 | **A, B, C, E** | Le travail isolé est interdit : après une chute, la **suspension traumatique** impose un décrochage en quelques minutes. 15 °C n'est pas un critère d'arrêt |
| 25 | **B** | Ancrage latéral = chute en balancier, avec choc contre l'obstacle. Se déplacer **sous** son ancrage |
| 26 | **D** | Silice cristalline alvéolaire (cancérogène), et le béton en produit plus que la terre cuite : FFP3 + découpe humide ou aspirée, au sol |
| 27 | **A, B, C** | D et E sont fautifs : tout percement se traite, et l'exposition UV est limitée au délai fabricant (souvent quelques semaines) |
| 28 | **B** | Températures de cellule plus élevées faute de lame d'air → perte de puissance de 0,3 à 0,45 %/°C. Écart de productible couramment 2 à 5 % (démontré au TP 4 sur PVGIS) |
| 29 | **B** | Le domaine d'emploi : pente mini/maxi, zone de vent et de neige, altitude, nature du support et entraxe, type de local. Un ATec se lit **pour chercher ce qui interdit le chantier** |
| 30 | **A, B, C, D** | Sans irradiance ni température, les valeurs mesurées ne sont pas interprétables ni comparables lors des visites ultérieures. Le prix du kWh n'a rien à faire dans un PV de mesures |
#### Barème des QRM
Une QRM n'est validée que si **toutes** les bonnes réponses sont cochées et **aucune** mauvaise.
QRM du QCM n° 2 : questions **2, 9, 24, 27, 30**.
#### Grille de notation
| Score | Interprétation |
|---|---|
| **24 à 30** | Prêt pour l'examen officiel ✅ |
| 20 à 23 | Reprendre les domaines en échec, refaire le QCM n° 1 |
| < 20 | Reprise des supports `02` à `04`, entretien individuel avec le formateur |
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## QUIZ FLASH de fin de demi-journée
> 8 questions, 10 min, correction immédiate à l'oral. Objectif : ancrage, pas notation.
### Quiz flash J1 (fin de J1)
1. Citez les **trois** modèles économiques d'exploitation d'une installation PV.
2. En surimposition, qui assure l'étanchéité ? Et en intégration ?
3. Quel document est **obligatoire** pour un procédé intégré en toiture ?
4. Quelle formalité d'urbanisme pour du PV en toiture sur une maison existante ?
5. À quoi sert le **Consuel** et quand intervient-il ?
6. À quelle condition le client bénéficie-t-il de la prime à l'autoconsommation ?
7. Pourquoi ne jamais figer un montant d'aide dans un devis ?
8. Que doit **explicitement** mentionner l'attestation d'assurance décennale ?
**Corrigé :** 1) vente totale, autoconsommation avec vente du surplus, autoconsommation totale
— 2) la couverture existante / le procédé PV lui-même — 3) un Avis Technique ou DTA en cours
de validité — 4) une déclaration préalable — 5) attestation de conformité électrique,
**avant** la mise en service — 6) travaux réalisés par une entreprise qualifiée **RGE**
— 7) tarifs et primes sont révisés **chaque trimestre** par la CRE — 8) l'activité
d'installation de panneaux photovoltaïques.
### Quiz flash J2 (fin de J2)
1. Écrivez la formule du productible et nommez chaque terme.
2. `Hi` se prend dans quel plan ?
3. Donnez une fourchette réaliste de `Pr` en résidentiel.
4. À quelle température calcule-t-on la tension **maximale** d'une chaîne ? Et la **minimale** ?
5. Quelle est l'approximation de `Uoc(−10 °C)` pour du cristallin ?
6. Citez les **quatre** vérifications d'un dimensionnement de chaîne.
7. Que se passe-t-il si la tension de chaîne descend sous la plage MPPT ?
8. Combien de m² pour 1 kWc ? Et quelle plage de ratio DC/AC ?
**Corrigé :** 1) `E = Pc × Hi × Pr` — 2) dans le plan des modules — 3) 0,75 à 0,85
— 4) −10 °C / +70 °C — 5) ≈ 1,15 × Uoc(STC) — 6) Umax à froid, Umin à chaud, courants,
chutes de tension — 7) l'onduleur décroche, production perdue — 8) 4 à 5 m² ; ratio 1,0 à 1,2.
### Quiz flash J3 (avant le QCM)
1. Quel est l'ordre de priorité face au risque de chute ?
2. Comment se calcule un tirant d'air ?
3. À partir de quel vent arrête-t-on le chantier ?
4. Quand un module produit-il de l'électricité ?
5. Que faut-il faire **avant** de débrocher un connecteur DC ?
6. Citez les **trois** fonctions d'une couverture que le PV ne doit pas compromettre.
7. Où doit-on fixer un crochet de surimposition ?
8. Citez trois points de la visite de maintenance annuelle relevant du bâti.
**Corrigé :** 1) supprimer → collective → individuelle — 2) longe + déploiement absorbeur
+ taille opérateur + marge — 3) 50 km/h — 4) dès qu'il est éclairé — 5) ouvrir le sectionneur DC
et vérifier l'absence de courant — 6) pente/recouvrement, écran de sous-toiture (évacuation),
ventilation — 7) dans l'élément porteur (chevron, panne) — 8) fixations, tuiles au contact
des crochets, étanchéité des pénétrations, ventilation de la lame d'air, écran vu en égout.
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# Grilles d'évaluation et documents de suivi
URL : https://citilience.fr/formation/evaluation-et-grilles/
Mise à jour : 19/09/2026
Positionnement d'entrée, évaluation de la pratique mise en œuvre en formation, grilles critériées par travail pratique et enquête de satisfaction stagiaire.
> Ce fichier regroupe tous les documents d'évaluation exigés par le référentiel :
> positionnement d'entrée, **évaluation de la pratique mise en œuvre en formation**,
> évaluation de l'atteinte des objectifs, attestation, et enquête de satisfaction.
>
> Rappel des modalités du référentiel : *évaluation des acquis en cours de formation ·
> évaluation finale de l'atteinte des objectifs · attestation de formation ·
> enquête de satisfaction stagiaire* — auxquelles s'ajoute le **QCM officiel (seuil 24/30)**.
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## 1. Questionnaire de positionnement (ouverture de J1, 20 min)
**Objet :** mesurer les acquis d'entrée, adapter le rythme, repérer les stagiaires
à accompagner. **Non noté**, non éliminatoire.
**Nom :** ________________ **Entreprise :** ________________ **Date :** ________
### A. Votre profil
| Question | Réponse |
|---|---|
| Métier actuel | |
| Années d'expérience en couverture | |
| Avez-vous déjà posé du photovoltaïque ? Combien de chantiers ? | |
| Type de couvertures que vous maîtrisez (tuile terre cuite, béton, ardoise, bac, zinc) | |
| Avez-vous une habilitation électrique ? Laquelle ? | |
| Avez-vous une formation travail en hauteur / port du harnais ? | |
| Votre entreprise est-elle déjà RGE ? Pour quelle mention ? | |
| Serez-vous le **référent technique** de la demande de qualification RGE ? | ☐ oui ☐ non ☐ ne sait pas |
| Votre objectif principal en venant ici | |
### B. Dix questions de connaissances
1. Qu'est-ce que la **puissance crête** d'un module ? En quelle unité s'exprime-t-elle ?
2. Différence entre **surimposition** et **intégration au bâti** ?
3. À quoi sert un **écran de sous-toiture** ?
4. Qu'est-ce qu'un **Avis Technique** ? Savez-vous où en trouver un ?
5. Un module photovoltaïque produit-il de l'électricité quand l'onduleur est à l'arrêt ?
6. Quelle formalité d'urbanisme pour poser du PV sur une maison existante ?
7. À quoi sert le **Consuel** ?
8. Que signifie **RGE** et pourquoi cela intéresse-t-il votre client ?
9. Face au risque de chute en toiture, quelle protection privilégier : collective ou individuelle ?
10. Citez un ordre de grandeur : combien de kWh produit 1 kWc en un an dans votre région ?
### C. Exploitation par le formateur
| Profil détecté | Adaptation |
|---|---|
| Couvreur expérimenté, aucune notion électrique | Renforcer J2 (séq. 2.3 et 2.4), binômer avec un profil technique |
| Électricien / technicien, peu de couverture | Renforcer J3 (séq. 3.3) et le module bonus tuiles béton, vigilance au TP 5 |
| Chargé d'affaires, pas de pratique toiture | Renforcer J1, accompagner sur le TP 5, insister sur EC 1 et EC 2 |
| A déjà posé du PV « à sa façon » | Attention aux habitudes non conformes : faire verbaliser au TP 1 |
| Futur référent technique RGE | Insister sur ATec, assurance, dossier administratif (module `12`) |
---
## 2. Évaluation de la pratique mise en œuvre en formation — grille de synthèse
> **Document central du dossier de formation.** C'est la pièce qui atteste l'évaluation
> de la pratique exigée par le référentiel. Une grille par stagiaire.
**Stagiaire :** ________________ **Session :** ________ **Formateur :** ________________
### 2.1 Report des évaluations par TP
| Réf. | Travail pratique | Objectif référentiel | Score | Seuil | Résultat |
|---|---|---|---|---|---|
| TP 1 | Diagnostic photo de chantiers | Conseiller | /8 | 6 | ☐ A ☐ NA |
| EC 1 | Chiffrage économique | Conseiller | /8 | 6 | ☐ A ☐ NA |
| EC 2 | Analyse d'un devis non conforme | Conseiller | /12 | 8 | ☐ A ☐ NA |
| TP 2 | Relevé de site | Concevoir | /6 | 4 | ☐ A ☐ NA |
| TP 3 | Dimensionnement de chaînes | Concevoir | /5 | 4 | ☐ A ☐ NA |
| TP 4 | Productible avec PVGIS | Concevoir | /5 | 4 | ☐ A ☐ NA |
| **TP 5** | **Pose en surimposition sur plateau** | **Mettre en œuvre** | /34 | 24 | ☐ A ☐ NA |
| TP 6 | Recherche et lecture d'un Avis Technique | Mettre en œuvre | /5 | 4 | ☐ A ☐ NA |
| TP 7 | Traitement des points singuliers | Mettre en œuvre | /6 | 4 | ☐ A ☐ NA |
| EC 3 | Plan de maintenance | Planifier la maintenance | /6 | 4 | ☐ A ☐ NA |
| Bonus | Diagnostic couverture tuiles béton | Mettre en œuvre | /7 | 5 | ☐ A ☐ NA |
### 2.2 Critères éliminatoires de sécurité (TP 5)
> Un « NA » sur l'un de ces critères impose une **remédiation immédiate** sur poste
> et une nouvelle observation. Aucun stagiaire ne quitte le plateau sur un NA de sécurité.
| Critère | A | NA | Remédiation effectuée le |
|---|---|---|---|
| Contrôle des EPI avant montée, fiche de sécurité complète | ☐ | ☐ | |
| **Tirant d'air** calculé correctement | ☐ | ☐ | |
| Protection **collective** utilisée avant l'individuelle | ☐ | ☐ | |
| Point d'ancrage conforme et positionné au-dessus de l'opérateur | ☐ | ☐ | |
| Sectionneur DC ouvert avant toute manipulation de connecteur | ☐ | ☐ | |
| Absence de travail isolé, moyen d'alerte connu | ☐ | ☐ | |
### 2.3 Synthèse par objectif du référentiel
| Objectif | Preuves | Acquis | Partiellement | Non acquis |
|---|---|---|---|---|
| **1. Conseiller son client sur les plans techniques et financiers** | TP 1, EC 1, EC 2, QCM domaines 1-2 | ☐ | ☐ | ☐ |
| **2. Concevoir et dimensionner une installation** | TP 2, TP 3, TP 4, QCM domaines 3-5 | ☐ | ☐ | ☐ |
| **3. Organiser les points clefs de la mise en œuvre et de la mise en service** | TP 5, TP 6, TP 7, QCM domaines 6-7 | ☐ | ☐ | ☐ |
| **4. Planifier la maintenance de l'installation PV** | EC 3, QCM domaine 8 | ☐ | ☐ | ☐ |
### 2.4 Observations qualitatives du formateur
**Points forts constatés :**
_______________________________________________________________________________
**Points de vigilance / axes de progrès :**
_______________________________________________________________________________
**Recommandations individuelles (formations complémentaires) :**
☐ Habilitation électrique photovoltaïque (NF C 18-510)
☐ Travail en hauteur / port du harnais
☐ Module **compétence électricité** (partie courants forts du photovoltaïque)
☐ Montage et vérification d'échafaudage
☐ Amiante sous-section 4
☐ Autre : ____________________
**Date :** ________ **Signature formateur :** ________ **Signature stagiaire :** ________
---
## 3. Grille d'observation détaillée TP 5 (à utiliser sur le plateau)
> Une feuille par binôme. Cocher en direct. Les critères reprennent la check-list
> d'autocontrôle remise aux stagiaires (`05` TP 5).
**Binôme :** ______________ / ______________ **Poste :** A ☐ B ☐ C ☐ **Heure :** ______
| # | Critère observable | Pts | Obtenu | Observation terrain |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Fiche de sécurité complète, tirant d'air juste | **É** | ☐ | |
| 2 | Protection collective avant individuelle | **É** | ☐ | |
| 3 | Notice lue, données relevées avant de commencer | 3 | | |
| 4 | Fixation dans l'élément porteur, entraxe et nombre de points conformes | 3 | | |
| 5 | Retraits de rive et de faîtage respectés | 2 | | |
| 6 | Aucun point dur, aucune tuile cassée en fin de TP | 3 | | |
| 7 | Écran de sous-toiture préservé, percements traités | 3 | | |
| 8 | Lame d'air et ventilation préservées | 2 | | |
| 9 | Passe-toit étanche correctement mis en œuvre | 2 | | |
| 10 | Clamage en zone autorisée, couples, jeux de dilatation | 2 | | |
| 11 | Liaison équipotentielle complète, continuité vérifiée | 2 | | |
| 12 | Sertissage correct, connecteurs homogènes, câblage fixé | 2 | | |
| 13 | Polarité et `Uoc` mesurées, irradiance et température consignées | 2 | | |
| 14 | Autocontrôle réalisé avant appel du formateur | 2 | | |
| 15 | Pièges détectés (≥ 4 sur 8) — lesquels : __________ | 2 | | |
| 16 | Rôle de contrôleur tenu activement | 2 | | |
| | **TOTAL** | **34** | | |
**É** = critère éliminatoire. **Validation :** critères 1 et 2 acquis **et** total ≥ 24/34 (70 %).
---
## 4. Évaluation de l'atteinte des objectifs (fin de J3)
### 4.1 Résultats
| Épreuve | Résultat | Seuil | Validé |
|---|---|---|---|
| QCM blanc n° 1 | /30 | 24 | ☐ |
| QCM blanc n° 2 | /30 | 24 | ☐ |
| **QCM officiel** (épreuve finale, organisme de qualification) | **/30** | **24** | ☐ |
| Évaluation de la pratique mise en œuvre (§ 2) | Objectifs 1-4 | Tous acquis | ☐ |
### 4.2 Décision
☐ **Objectifs de formation atteints** — attestation de formation délivrée,
attestation de réussite transmise par l'organisme de qualification (si ≥ 24/30).
☐ **Objectifs partiellement atteints** — attestation de formation délivrée,
QCM officiel non validé. Modalités de repassage à préciser au stagiaire.
☐ **Objectifs non atteints** — entretien individuel, préconisation de parcours.
**Commentaire :** _______________________________________________________________
---
## 5. Attestation de fin de formation (modèle)
```
ATTESTATION DE FORMATION
L'organisme ......................................................................
atteste que M./Mme .............................................................
salarié(e) / dirigeant(e) de l'entreprise .......................................
a suivi la formation :
Formation photovoltaïque raccordé au réseau
Compétence « intégration au bâti »
Parcours réglementaire — arrêté du 6 octobre 2021
Durée : 21 heures (3 jours) Modalité : présentiel
Dates : du ............ au ............
Lieu : ..........................................................
Cadre réglementaire : arrêté du 6 octobre 2021 définissant les cahiers des charges
des formations relatives à l'installation d'équipements photovoltaïques ;
décret n° 2014-812 relatif aux signes de qualité.
Objectifs de la formation :
1. Conseiller son client sur les plans techniques et financiers
2. Concevoir et dimensionner une installation
3. Organiser les points clefs de la mise en œuvre
4. Planifier la maintenance de l'installation photovoltaïque
Modalités d'évaluation : évaluation des acquis en cours de formation ;
évaluation de la pratique mise en œuvre en formation ; QCM officiel.
Résultat de l'évaluation de l'atteinte des objectifs :
☐ objectifs atteints ☐ objectifs partiellement atteints
NB : l'attestation de réussite au QCM (minimum 24/30) est transmise directement
par l'organisme de qualification. La présente attestation ne vaut pas qualification RGE :
celle-ci est délivrée à l'entreprise par l'organisme de qualification sur dossier.
Fait à .................., le ..................
Le formateur Le responsable de l'organisme
```
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## 6. Enquête de satisfaction stagiaire
**Session :** ________ **Date :** ________
*Questionnaire anonyme. Échelle : 1 = pas du tout satisfait → 4 = très satisfait.*
| # | Item | 1 | 2 | 3 | 4 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Information reçue avant la formation (objectifs, prérequis, programme) | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 2 | Adéquation du contenu avec vos attentes professionnelles | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 3 | Équilibre entre théorie et pratique | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 4 | Qualité et clarté des supports remis | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 5 | Qualité du **plateau technique** et du matériel | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 6 | Pertinence des travaux pratiques | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 7 | Pédagogie et disponibilité du formateur | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 8 | Maîtrise technique du formateur | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 9 | Préparation ressentie au QCM officiel | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 10 | Rythme et durée (3 jours) | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 11 | Conditions matérielles (salle, informatique, accueil) | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
| 12 | Utilité pour votre activité professionnelle | ☐ | ☐ | ☐ | ☐ |
**Questions ouvertes**
- Ce qui vous a été le plus utile : _______________________________________
- Ce qui manque ou mériterait d'être approfondi : ________________________
- Une séquence trop longue ou trop rapide ? _____________________________
- Recommanderiez-vous cette formation à un confrère ? ☐ oui ☐ non — pourquoi : ______
- Envisagez-vous une formation complémentaire ? Laquelle ? _______________
- Remarques libres : ____________________________________________________
*Cette enquête sert à la session elle-même. Aucun indicateur de satisfaction sectoriel n'est
repris ici : les taux affichés par les organismes proviennent de leurs propres mesures, non
publiées sous une forme vérifiable.*
---
## 7. Feuille de route formateur — traçabilité de session
| Élément | Fait | Observation |
|---|---|---|
| Vérification des **prérequis** (compétences en couverture) | ☐ | |
| **Contrôle d'identité** des participants (exigence du référentiel) | ☐ | |
| Feuilles d'émargement par demi-journée | ☐ | |
| Accueil sécurité et consignes du plateau technique | ☐ | |
| Contrôle des EPI mis à disposition (registre de vérification à jour) | ☐ | |
| Questionnaire de positionnement passé et exploité | ☐ | |
| Données conjoncturelles `[À ACTUALISER]` mises à jour avant session | ☐ | |
| Grille tarifaire CRE du trimestre en cours projetée | ☐ | |
| Avis Technique réel disponible pour le TP 6 | ☐ | |
| Grilles TP complétées pour chaque stagiaire | ☐ | |
| QCM officiel organisé selon les modalités en vigueur | ☐ | |
| Enquêtes de satisfaction collectées | ☐ | |
| Attestations de formation éditées | ☐ | |
| Transmission des résultats à l'organisme de qualification | ☐ | |
| Accompagnement PSH mis en place si besoin | ☐ | |
---
# Ressources réglementaires, normatives et documentaires
URL : https://citilience.fr/formation/ressources-reglementaires/
Mise à jour : 19/09/2026
Le corpus de référence de la formation : arrêtés, normes, DTU, avis techniques et guides, avec la procédure de veille trimestrielle des données qui bougent.
> Corpus de référence de la formation. À remettre au stagiaire et à utiliser
> comme base de la **veille trimestrielle** du formateur.
>
> ⚠️ Les **références sont citées sans numéro de version ni date de mise à jour**
> quand celles-ci évoluent. Toujours vérifier la version en vigueur avant usage
> professionnel : une norme citée de mémoire est une norme périmée.
---
## 1. Textes fondateurs de la formation et de la qualification
| Texte | Objet |
|---|---|
| **Arrêté du 6 octobre 2021** définissant les cahiers des charges des formations relatives à l'installation d'équipements photovoltaïques | Cadre de la présente formation. Définit les exigences de formation des signes de qualité |
| **Décret n° 2014-812 du 16 juillet 2014** | Définit les **signes de qualité** (RGE) conditionnant l'accès des clients aux aides |
| **Arrêté du 6 octobre 2021** relatif aux conditions d'achat de l'électricité photovoltaïque (dispositif **S21**) | Tarifs d'achat et prime à l'autoconsommation pour les installations ≤ 500 kWc sur bâtiment, hangar ou ombrière |
| **Code de l'énergie** | Obligation d'achat, autoconsommation individuelle et collective |
| **Code de l'urbanisme** | Déclaration préalable, permis de construire, secteurs protégés |
| **Code de la construction et de l'habitation** | Sécurité incendie, RE 2020 |
| **Code du travail**, art. **R. 4323-58** et suivants | Travail en hauteur : hiérarchie des protections |
| **Code de la consommation** | Devis, démarchage, droit de rétractation de 14 jours |
**Où vérifier :** Légifrance (texte consolidé), et la rubrique réglementation du
ministère chargé de la transition énergétique.
---
## 2. Qualification et référentiels professionnels
| Organisme | Rôle |
|---|---|
| **Organisme de qualification** | Délivre les qualifications **RGE** (compétences **intégration au bâti** et **électricité**), organise le QCM, transmet l'attestation de réussite (seuil 24/30) |
| **Qualibat**, **Qualifelec** | Autres organismes de qualification RGE selon les mentions |
| **CSTB** | Avis Techniques et DTA — **Groupe Spécialisé n° 21** (procédés photovoltaïques), ATEx |
| **CRE** (Commission de régulation de l'énergie) | Délibérations trimestrielles fixant les tarifs S21 et la prime |
| **Enedis** / **ELD** | Raccordement, conventions, comptage, référentiel technique |
| **Consuel** | Attestation de conformité des installations électriques |
| **AQC** (Agence Qualité Construction) | Retours d'expérience et fiches pathologies — ressource pédagogique précieuse |
| **INRS**, **OPPBTP** | Prévention des risques, fiches travail en hauteur et risque électrique PV |
| **Soren** | Éco-organisme de la filière DEEE des panneaux photovoltaïques |
| **SER**, **Enerplan** | Organisations professionnelles de la filière, données de marché |
---
## 3. Normes et documents techniques — installation électrique
| Référence | Objet |
|---|---|
| **NF C 15-100** | Installations électriques basse tension |
| **Guide UTE C 15-712-1** | **Installations photovoltaïques raccordées au réseau public de distribution** — document de référence pour le dimensionnement DC, les protections, le parafoudre, l'isolement |
| **NF C 14-100** | Installations de branchement à basse tension |
| **NF C 18-510** | Opérations sur les ouvrages et installations électriques — **habilitations** |
| **Référentiel VFR 2019** | Protection de découplage des installations de production raccordées au réseau |
| **NF EN 50549-1** | Exigences pour les installations de production raccordées à un réseau de distribution BT |
| **NF EN 62446** | Essais, documentation et maintenance des systèmes PV — procédures de mise en service |
| **IEC 61215** | Qualification de conception et homologation des modules |
| **IEC 61730** | Qualification pour la sûreté de fonctionnement des modules |
| **IEC 62109** | Sécurité des convertisseurs de puissance |
---
## 4. Normes et documents techniques — couverture et bâti
| Référence | Objet |
|---|---|
| **NF DTU 40.21** | Couverture en tuiles de **terre cuite à emboîtement** ou à glissement |
| **NF DTU 40.211** | Couverture en tuiles de terre cuite à emboîtement à relief |
| **NF DTU 40.22** | Couverture en tuiles canal de terre cuite |
| **NF DTU 40.23** | Couverture en tuiles plates de terre cuite |
| **NF DTU 40.24** | Couverture en tuiles **béton** à glissement et à emboîtement longitudinal → voir module bonus `11` |
| **NF DTU 40.25** | Couverture en tuiles **plates en béton** |
| **NF DTU 40.29** | Mise en œuvre des **écrans souples de sous-toiture** |
| **NF DTU 40.35** | Couverture en plaques nervurées issues de tôles d'acier |
| **NF DTU série 43** | Étanchéité des toitures-terrasses |
| **NF EN 13859-1** | Écrans de sous-toiture — spécifications produit |
| **NF EN 490 / NF EN 491** | Tuiles et accessoires en **béton** — spécifications et méthodes d'essai |
| **NF EN 1991-1-3** (Eurocode 1) + annexe nationale | Charges de **neige** |
| **NF EN 1991-1-4** (Eurocode 1) + annexe nationale | Actions du **vent** |
| **NF EN 1995** (Eurocode 5) | Calcul des structures **bois** — vérification de charpente |
| **Recommandations professionnelles** relatives aux systèmes PV en surimposition | Bonnes pratiques de la pose sur couverture conservée |
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## 5. Normes EPI et sécurité
| Référence | Objet |
|---|---|
| **EN 361** | Harnais d'antichute |
| **EN 355** | Absorbeurs d'énergie |
| **EN 360** | Antichutes à rappel automatique |
| **EN 353-1 / -2** | Antichutes mobiles sur support d'assurage rigide / flexible |
| **EN 362** | Connecteurs |
| **EN 795** | Dispositifs d'ancrage |
| **EN 397 / EN 12492** | Casques de protection pour l'industrie / pour l'alpinisme (jugulaire) |
| **EN ISO 20345** | Chaussures de sécurité |
| **EN 12811** | Échafaudages de service |
| **R 486** | Recommandation CNAM — plateformes élévatrices mobiles de personnel |
| Décret « **amiante** » sous-section 4 | Interventions susceptibles de générer une exposition à l'amiante |
| **Broof(t3)** | Classement de tenue au feu extérieur des couvertures |
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## 6. Outils numériques utilisés en formation
| Outil | Usage | Séquence |
|---|---|---|
| **PVGIS** (JRC, Commission européenne) | Calcul de productible, horizon, comparaison montage intégré / ventilé | TP 4 |
| **CSTB Évaluations** | Recherche d'Avis Techniques et DTA | TP 6 |
| **Portail de raccordement** du gestionnaire de réseau | Démarche de raccordement, suivi de dossier | Séq. 1.4, module `12` |
| **Consuel** | Formulaires d'attestation de conformité | Séq. 1.3 |
| **Site de la CRE** | Délibérations tarifaires trimestrielles | Séq. 1.5 |
| **Organisme de qualification** | Conditions d'obtention de la qualification RGE, charte qualité | Séq. 1.5 |
| **Cadastre solaire** de la collectivité (si disponible) | Pré-étude d'un site | Séq. 2.1 |
| **Géoportail / cadastre** | Plan de situation, plan de masse, relevé d'azimut | Séq. 1.3, TP 2 |
| **Diagramme solaire** (abaque ou application) | Tracé de masque | TP 2 |
| Logiciel de **calepinage / dimensionnement** du fabricant | Note de calcul de fixation, choix de chaînes | TP 3 |
---
## 7. Veille trimestrielle du formateur
> Toutes les données marquées **`[À ACTUALISER]`** dans les supports doivent être
> revérifiées **avant chaque session**. Procédure recommandée :
| # | À vérifier | Source | Périodicité |
|---|---|---|---|
| 1 | **Tarifs d'achat S21** et **prime à l'autoconsommation** (grille par tranche de puissance) | Délibérations **CRE** | **Chaque trimestre** |
| 2 | **Taux de TVA** applicable et plafond de puissance associé | Textes fiscaux en vigueur / BOFiP | À chaque loi de finances, et en cours d'année |
| 3 | Conditions d'**exonération d'impôt sur le revenu** des recettes de vente | Textes fiscaux | Annuelle |
| 4 | Plafonds et conditions de l'**éco-PTZ** et des aides locales | ANIL / collectivités | Semestrielle |
| 5 | **Prix moyen du kWh** TTC utilisé dans les EC | Tarifs réglementés / CRE | Chaque trimestre |
| 6 | Chiffres de **marché** (puissance raccordée, nombre d'installations) | RTE, Enedis Open Data, SER | Annuelle |
| 6 bis | **Parc et flux d'autoconsommation résidentielle** : part nationale, flux net du dernier trimestre, part du stockage, ligne du département de la session — **procédure au § 10.2 du support `13`** | **Enedis Open Data** — `opendata.enedis.fr`, jeux `historique-du-parc-des-installations-de-production-par-tranche-de-puissance-racc` et `parc-des-installations-de-production-raccordees-par-departement-historique` | **Chaque trimestre** |
| 6 ter | **Autoconsommation collective** : opérations actives, participants, puissance | **Enedis Open Data** — `autoconsommation-collective-maille-enedis` et `-maille-region` | Chaque trimestre |
| 7 | **Modalités du QCM officiel** (format, documents autorisés, seuil) | l'organisme de qualification | Avant chaque session |
| 8 | **Validité de l'Avis Technique** utilisé au TP 6 | CSTB Évaluations | Avant chaque session |
| 9 | Version en vigueur du **guide UTE C 15-712-1** et des **NF DTU** cités | AFNOR, CSTB | Annuelle |
| 10 | Ordre de grandeur du **coût de remplacement d'un onduleur** | Fournisseurs | Annuelle |
| 11 | Version des **formulaires** (CERFA urbanisme, Consuel) | Service-public, Consuel | Semestrielle |
| 12 | **Registre de vérification des EPI** du plateau technique | Organisme | **Annuelle obligatoire** |
**Traçabilité :** consigner la date de la dernière mise à jour en tête de chaque support modifié,
et cocher la ligne correspondante de la feuille de route formateur (`07` § 7).
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## 8. Ressources pédagogiques complémentaires
**Pour approfondir (à recommander aux stagiaires)**
- Fiches **pathologies du bâtiment** de l'AQC portant sur le photovoltaïque en toiture :
très utiles pour illustrer les désordres réels (infiltrations, arrachements, échauffements).
- Fiches prévention **INRS** et **OPPBTP** sur le travail en hauteur et le risque électrique PV.
- Guides pratiques des fabricants de systèmes de fixation : notices, notes de calcul,
configurateurs en ligne. Excellent matériel de TP.
- Documentation de l'organisme de qualification : charte qualité, conditions d'obtention et de maintien de la qualification RGE.
**Formations complémentaires cohérentes** (à orienter selon le profil, cf. `07` § 2.4)
| Formation | Pourquoi |
|---|---|
| **compétence électricité** | Seconde compétence de la qualification RGE |
| **Habilitation électrique** photovoltaïque (NF C 18-510) | Indispensable pour le raccordement et les interventions DC |
| **Travail en hauteur / port du harnais** | Non délivré par le présent module |
| **Montage et vérification d'échafaudage** | Autonomie sur les moyens d'accès |
| **Amiante sous-section 4** | Intervention sur bâti ancien |
| **Stockage et bornes de recharge (IRVE)** | Élargissement de l'offre autoconsommation |
*Rappel de la fiche produit : pour poursuivre un parcours de formation, prendre contact
avec un conseiller au 3936.*
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## 9. Glossaire
| Terme | Définition |
|---|---|
| **AGCP** | Appareil général de commande et de protection (disjoncteur de branchement) |
| **AM 1,5** | Masse d'air de référence des conditions STC |
| **ATec / DTA / ATEx** | Avis Technique / Document Technique d'Application / Appréciation Technique d'Expérimentation |
| **Autoconsommation** | Consommation sur place de l'électricité produite |
| **Broof(t3)** | Classement de tenue au feu extérieur d'une couverture |
| **CACSI** | Attestation de conformité de l'installation, visée par le Consuel |
| **DOE** | Dossier des ouvrages exécutés |
| **DP** | Déclaration préalable de travaux |
| **Écrêtage** | Limitation de la puissance par l'onduleur quand le champ dépasse sa capacité AC |
| **HPV** | Écran de sous-toiture hautement perméable à la vapeur d'eau |
| **IAB** | Intégration au bâti |
| **Irradiance / Irradiation** | Puissance reçue (W/m²) / énergie cumulée (kWh/m²) |
| **Isc / Uoc** | Courant de court-circuit / tension à vide |
| **kWc** | Kilowatt-crête : puissance du champ aux conditions STC |
| **LFP** | Lithium fer phosphate (chimie de batterie) |
| **Mismatch** | Pertes dues à la disparité entre modules d'une même chaîne |
| **MPPT** | Maximum Power Point Tracking — recherche du point de puissance maximale |
| **NOCT / NMOT** | Température nominale de cellule en conditions de fonctionnement |
| **OA** | Obligation d'achat |
| **PDL** | Point de livraison |
| **PID** | Potential Induced Degradation — dégradation induite par la tension |
| **Point chaud (hot spot)** | Échauffement localisé d'une cellule ombrée ou défectueuse |
| **Pr** | Performance Ratio — ratio de performance |
| **Productible spécifique** | Énergie annuelle par kWc installé (kWh/kWc/an) |
| **Pureau** | Partie visible d'une tuile, liée au recouvrement |
| **RGE** | Reconnu Garant de l'Environnement |
| **Riso** | Résistance d'isolement du champ PV |
| **S21** | Dispositif tarifaire de l'arrêté du 6/10/2021 pour les installations ≤ 500 kWc sur bâtiment |
| **STC** | Standard Test Conditions : 1 000 W/m², 25 °C de cellule, AM 1,5 |
| **Surimposition** | Pose des modules au-dessus de la couverture conservée |
| **Tirant d'air** | Hauteur libre nécessaire sous l'opérateur pour qu'un système d'arrêt de chute soit efficace |
| **VFR 2019** | Référentiel de protection de découplage exigé par le gestionnaire de réseau |
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# Plan de diaporama et notes formateur
URL : https://citilience.fr/formation/support-formateur/
Mise à jour : 19/09/2026
Le plan des cent quarante diapositives des trois jours, avec pour chaque bloc la note formateur : ce qu'il faut dire, faire dire, et les pièges à désamorcer.
> Plan de **≈ 140 diapositives** couvrant les 3 jours, avec pour chaque bloc :
> le contenu de la diapositive, la **note formateur** (ce qu'il faut dire ou faire dire)
> et le renvoi au support détaillé.
>
> Conventions : **[Q]** question à poser au groupe · **[D]** démonstration ·
> **[PB]** à écrire au paperboard · **[⚠]** message à ne pas manquer ·
> **[À ACT.]** donnée à actualiser avant la session.
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### Bloc 0 — Ouverture (diapos 1 à 8) · 30 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 1 | Titre : **Photovoltaïque raccordé au réseau — compétence intégration au bâti** · 3 jours / 21 h | Se présenter par son parcours **de chantier**, pas par son CV de formateur. Le groupe juge la légitimité technique dans les 5 premières minutes |
| 2 | Tour de table : métier, expérience couverture, expérience PV, objectif | **[Q]** « Qui a déjà posé du photovoltaïque ? » Noter les profils, ils serviront à composer les binômes du TP 5 |
| 3 | Pourquoi cette formation existe : décret **2014-812** → RGE → référent technique formé | **[⚠]** Message n° 1 : sans référent formé, pas de qualification, donc pas d'aides pour les clients, donc pas de marché |
| 4 | Le cadre : **arrêté du 6 octobre 2021** (cahiers des charges des formations) | Montrer que le programme n'est pas au choix du formateur : il est réglementaire |
| 5 | Les **4 objectifs** : conseiller · concevoir et dimensionner · organiser la mise en œuvre · planifier la maintenance | Annoncer que chaque objectif sera évalué par un TP tracé |
| 6 | L'évaluation : pratique en formation + **QCM officiel, seuil 24/30** | Dire clairement le seuil. Cela structure l'attention des 3 jours |
| 7 | Les deux compétences de la qualification RGE : **intégration au bâti** (ici) et **électricité** — et la co-traitance | **[⚠]** Cette formation ne délivre **pas** l'habilitation électrique ni le travail en hauteur |
| 8 | Règles de vie et **consignes de sécurité du plateau technique** | Annoncer dès J1 la tenue et les EPI attendus en J3. Faire noter |
**Puis :** questionnaire de positionnement (`07` § 1), 20 min, correction collective.
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## JOUR 1 — Conseiller son client
### Bloc 1.1 — Le marché (diapos 9 à 20) · 55 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 9 | Titre de séquence + objectif opérationnel | |
| 10 | La filière et ses **segments** : résidentiel, collectif, tertiaire, agricole, ombrière, sol | Situer où le couvreur est légitime : **toiture résidentielle et petit tertiaire** |
| 11 | Chiffres de cadrage **[À ACT.]** : puissance raccordée, nombre d'installations, part du résidentiel | Retenir : le résidentiel est majoritaire **en nombre**, minoritaire **en puissance** |
| 12 | Modèle 1 : **vente en totalité** — schéma | |
| 13 | Modèle 2 : **autoconsommation + vente du surplus** — schéma | **[⚠]** C'est le modèle majoritaire en résidentiel, et celui qui ouvre la prime |
| 14 | Modèle 3 : **autoconsommation totale** sans injection | Renvoyer au module `12` pour un dossier réel de ce type |
| 15 | Autoconsommation **collective**, stockage, pilotage de charges | Ne pas développer : notions |
| 16 | **[Q]** « Quel modèle pour un boulanger ? Pour un couple qui travaille ? » | Faire émerger que tout dépend du **profil de consommation**, pas de la toiture |
| 17 | Les **dérives commerciales** : 6 pratiques à connaître | **[PB]** Faire lister par le groupe avant de projeter. Ils en connaissent |
| 18 | « Facture à zéro », productible surévalué, confusion kWc/kWh | **[⚠]** Message : votre concurrent le plus dangereux n'est pas le moins cher, c'est celui qui promet n'importe quoi |
| 19 | L'argumentaire honnête : méthode, taux d'autoconsommation réel, aides datées | Faire recopier la phrase de référence du support `02` § 1.4 |
| 20 | Synthèse du bloc | |
### Bloc 1.2 — Types d'implantation (diapos 21 à 34) · 60 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 21 | Titre + le tableau des 6 solutions d'implantation | |
| 22 | **Surimposition** : schéma en coupe avec lame d'air, crochet, rail, écran | **[⚠]** LA diapo clef du J1. L'étanchéité reste assurée par la **couverture conservée** |
| 23 | **Intégration (IAB)** : schéma en coupe, le procédé **devient** la couverture | **[⚠]** La question passe de « est-ce que ça produit ? » à « est-ce que ça reste étanche 30 ans ? » |
| 24 | Toiture-terrasse lestée · bac acier · ombrière · façade | Rapide, ce n'est pas le cœur du module |
| 25 | Surimposition : ce qui est **validé** (6 points) | |
| 26 | Surimposition : ce qui est **interdit** (6 points) | **[D]** Montrer un crochet posé dans un liteau sur la maquette. L'image reste |
| 27 | Ordre de grandeur : surcharge PV **15 à 25 kg/m²** | Annonce du sujet charpente, développé en J2 |
| 28 | Intégration : les 4 conséquences lourdes (décennale, ATec, domaine d'emploi, accessoires) | |
| 29 | Technique **courante** vs **non courante** — schéma de bascule | **[⚠]** Sortir du domaine d'emploi = risque de refus de garantie. Le sinistre type de la filière |
| 30 | Assurance : l'attestation doit **nommer** l'activité photovoltaïque | **[Q]** « Qui a vérifié le libellé exact de sa décennale ? » Silence habituel |
| 31 | Ce qu'on conserve au dossier : ATec, notice, note de calcul, photos datées | |
| 32-33 | **TP 1** — consignes et planches photo | 20 min de travail en groupes de 3 |
| 34 | TP 1 — restitution et corrigé | 10 min. Insister sur la photo n° 1 : le **cas conforme** |
### Bloc 1.3 — Administratif (diapos 35 à 48) · 70 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 35 | Titre + **la chronologie en 7 étapes** | **[PB]** Faire recopier la chronologie. C'est la diapo la plus utile du J1 en exploitation |
| 36 | Urbanisme : tableau DP / PC / ABF / ombrière avec délais | |
| 37 | Ce qu'on vérifie dans le **PLU** avant de s'engager | Teinte, pose parallèle, covisibilité |
| 38 | Affichage sur le terrain, recours des tiers | |
| 39 | **Raccordement** : démarche, pièces, proposition de raccordement | |
| 40 | Les 3 architectures de comptage — schémas | |
| 41 | **Consuel** : rôle, formulaire, contrôle sur site | |
| 42 | Les 6 motifs de refus Consuel les plus fréquents | **[⚠]** Le Consuel révèle les défauts de conception électrique. Anticiper, pas subir |
| 43 | **Devis conforme** au code de la consommation : les mentions obligatoires | |
| 44 | Droit de rétractation **14 jours** en démarchage | |
| 45 | Autres obligations : SDIS, ERP, copropriété, bailleur | |
| 46 | **Amiante et plomb** : repérage avant travaux sur bâti ancien | **[⚠]** Point de sécurité, pas seulement administratif |
| 47 | Fin de vie : filière **DEEE / Soren** | |
| 48 | Synthèse : la checklist du dossier complet | Renvoyer au module `12` pour l'atelier « dossier sur table » |
### Bloc 1.4 — Raccordement et obligation d'achat (diapos 49 à 56) · 35 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 49 | Titre + le cadre **S21** (arrêté du 6/10/2021, ≤ 500 kWc sur bâtiment) | |
| 50 | **Grille tarifaire du trimestre en cours [À ACT.]** | **[D]** Projeter la délibération **CRE** du trimestre. Faire relever la tranche applicable au cas de l'EC 1 |
| 51 | Vente totale vs surplus + prime : les deux familles de contrats | |
| 52 | Conditions d'éligibilité : installation sur bâtiment, critère d'implantation, délais | |
| 53 | **Protection de découplage** (VFR 2019) et anti-îlotage | Notion : développée en J2 |
| 54 | Puissance de raccordement ≠ puissance crête · bridage | |
| 55 | Le seuil des **36 kVA** : changement de régime, coûts, délais | **[⚠]** À anticiper dès le dimensionnement |
| 56 | Synthèse du bloc | |
### Bloc 1.5 — Incitations financières (diapos 57 à 68) · 45 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 57 | Titre + tableau des 6 leviers **[À ACT.]** | |
| 58 | Prime à l'autoconsommation : conditions, dont **RGE** | |
| 59 | TVA réduite, exonération d'IR, éco-PTZ, aides locales | **[⚠]** Toujours citer le trimestre de référence et la réserve sur l'arrêté applicable |
| 60 | Le lien **aides → RGE → référent formé** — schéma en boucle | Revenir à la diapo 3 : c'est la raison d'être des 3 jours |
| 61 | Les exigences de la qualification : référent, assurances, références, audit | |
| 62 | Les **5 nombres** à produire pour le client | **[PB]** Faire recopier |
| 63 | Formule du gain annuel : autoconsommé × prix évité + injecté × tarif surplus | **[⚠]** L'erreur n° 1 du marché : valoriser toute la production au prix d'achat |
| 64 | Les 5 erreurs de chiffrage les plus fréquentes | |
| 65-66 | **EC 1** — énoncé et travail en binômes | 35 min |
| 67 | EC 1 — corrigé : temps de retour ≈ 19,8 ans | **[⚠]** Le résultat est **médiocre, et c'est voulu**. Ne pas gonfler les hypothèses : retravailler le projet |
| 68 | EC 1 — le routeur ECS : retour ≈ 5 ans, temps de retour global ≈ 15 ans | **[⚠]** Message de fin de J1 : le levier n'est pas le nombre de panneaux, c'est le **taux d'autoconsommation** |
**Puis :** quiz flash J1 (`06`), 8 questions, 10 min. Annonce du J2.
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## JOUR 2 — Concevoir et dimensionner
### Bloc 2.1 — Gisement solaire (diapos 69 à 80) · 60 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 69 | Reprise J1 : les 10 messages de la synthèse | 15 min de questions/réponses |
| 70 | Titre + les 3 composantes du rayonnement (direct, diffus, réfléchi) | Le **diffus** représente 40 à 60 % en France : on produit aussi par temps couvert |
| 71 | Carte d'irradiation de la France **[À ACT. si carte datée]** | Faire situer la région du centre de formation |
| 72 | **Irradiance (W/m²) vs irradiation (kWh/m²)** | **[⚠]** Confusion très fréquente et pénalisante au QCM |
| 73 | Convention d'**azimut** : 0° = sud, ± est/ouest | **[⚠]** Certains outils utilisent 180° = sud. Toujours vérifier la convention |
| 74 | Tableau des coefficients azimut × inclinaison | |
| 75 | **[Q]** « Sud-ouest à 30°, combien perd-on par rapport au plein sud ? » | Réponse : **moins de 5 %**. Donc on ne dégrade pas la couverture pour aller chercher le sud |
| 76 | Conversion pente : `pente (%) = tan(angle) × 100` · repères 30° ≈ 58 %, 45° = 100 % | **[PB]** Repère à connaître par cœur |
| 77 | Masque **lointain** et masque **proche** — diagramme solaire | **[D]** Tracer un masque au tableau à partir d'un relevé |
| 78 | Ombrage partiel : cellules en série, **diodes bypass**, effet sur la chaîne | **[⚠]** Un module ombré pénalise **toute la chaîne** → conséquence de calepinage |
| 79 | Espacement entre rangées : `d = h / tan(α)` | Toiture-terrasse |
| 80 | Effet de la **température** : −0,30 à −0,45 %/°C, cellule à 50-75 °C en été | **[⚠]** Charnière du module : intégration non ventilée = 2 à 5 % de perte vs surimposition |
**Puis :** TP 2 relevé de site, 30 min.
### Bloc 2.2 — Les modules (diapos 81 à 94) · 75 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 81 | Titre + la chaîne cellule → module → chaîne → champ → onduleur | |
| 82 | Effet photovoltaïque : jonction PN, paire électron-trou | Rester court. Retenir : le **courant** suit l'irradiance, la **tension** suit la température |
| 83 | Tableau des familles technologiques (mono, poly, couches minces, bifacial, tuiles solaires) | |
| 84 | Anatomie d'un module en éclaté | **[D]** Faire circuler le **module démonté** pédagogique |
| 85 | Cadre : **zones de fixation autorisées** et mise à la terre | **[⚠]** Clamer hors zone = verre cassé et garantie perdue. Reviendra au TP 5 |
| 86 | Boîte de jonction et **diodes bypass** | Ouvrir une boîte de jonction si le module démonté le permet |
| 87 | Half-cut, shingle, verre-verre vs verre-film | Verre-verre : durabilité, usage en intégration et bifacial |
| 88 | **Lire une fiche technique** : les 12 grandeurs utiles | **[D]** Distribuer 3 fiches techniques réelles et faire surligner |
| 89 | **STC** (1 000 W/m², 25 °C cellule, AM 1,5) vs **NOCT** | **[⚠]** Question quasi certaine au QCM |
| 90 | Plaque signalétique : lecture commentée | |
| 91 | Garanties produit et performance, dégradation 0,4 à 0,55 %/an | À réutiliser dans le chiffrage client |
| 92 | Modes de défaillance : point chaud, PID, délamination, micro-fissures | Photos de désordres réels (ressources AQC) |
| 93 | **Manutention** : jamais par les câbles, jamais marcher dessus, transport sur chant | **[⚠]** Les micro-fissures se paient 5 ans plus tard, invisibles à la pose |
| 94 | Traçabilité : relever les **numéros de série** et leur position | Pièce du DOE, indispensable en garantie |
**Puis :** synthèse et quiz flash de mi-journée, 15 min.
### Bloc 2.3 — Les systèmes (diapos 95 à 104) · 60 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 95 | Titre + les 4 rôles de l'onduleur | Insister sur le **découplage** : c'est une fonction de sécurité, pas de confort |
| 96 | Tableau des 4 architectures (string, multi-MPPT, micro, optimiseurs) | |
| 97 | Schémas comparés des 4 architectures | **[D]** Montrer un onduleur de chaîne **et** un micro-onduleur côte à côte |
| 98 | Critère bâti : micro/optimiseurs si ombrage, **mais accès de maintenance** | **[⚠]** Un micro-onduleur en panne à 10 ans, c'est un échafaudage. À chiffrer au devis |
| 99 | Les caractéristiques à comparer : plage MPPT, UDC max, I max, η euro | |
| 100 | **Rendement européen** vs rendement max | Pondéré sur les taux de charge réels |
| 101 | **Ratio DC/AC** : formule, plage 1,0 à 1,2, écrêtage | **[Q]** « Pourquoi accepter volontairement un ratio > 1 ? » |
| 102 | Conformité **VFR 2019**, monophasé/triphasé, IP, garantie | Prévoir le remplacement à 12-15 ans |
| 103 | Stockage et pilotage de charges : notions | **[⚠]** Le stockage se justifie par un **calcul**, pas par un argument commercial |
| 104 | Synthèse du bloc | |
### Bloc 2.4 — Dimensionnement des chaînes (diapos 105 à 114) · 45 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 105 | Titre + référence **guide UTE C 15-712-1** | |
| 106 | **Les 4 vérifications obligatoires** — schéma récapitulatif | **[PB]** La diapo la plus importante du J2. Faire recopier intégralement |
| 107 | ① Tension max à **−10 °C** : formule + approximation `≈ 1,15 × Uoc(STC)` | **[⚠]** Attention au **signe** dans la formule : c'est l'erreur n° 1 |
| 108 | Double contrainte : `Umax système` du module **et** `UDC max` de l'onduleur | On retient la **plus contraignante**. Arrondi **à l'inférieur** |
| 109 | ② Tension min à **+70 °C** ≥ bas de plage MPPT | **[⚠]** Si l'onduleur décroche à midi en août, personne ne s'en aperçoit jamais |
| 110 | ③ Courants : `Impp` par chaîne, somme par MPPT, `1,25 × Isc` pour les protections | Piège du TP 3 |
| 111 | ④ Chute de tension : `ΔU = 2ρLI/S`, objectif ≤ 3 % (viser ≤ 1 % en chaîne) | |
| 112 | Câbles solaires et **connectique** : même marque, sertissage, cheminement | **[⚠]** Connecteurs de marques mélangées = cause n° 1 d'échauffement et d'arc |
| 113 | Appareillage DC/AC : sectionneur, fusibles gPV, parafoudre, différentiel, terre, étiquetage | Tableau complet, reviendra en J3 |
| 114 | La **méthode pas à pas en 8 étapes** | **[PB]** À recopier dans le livret |
**Puis :** TP 3 dimensionnement, 40 min.
### Bloc 2.5 — Productible (diapos 115 à 122) · 40 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 115 | Titre + `E = Pc × Hi × Pr` | **[PB]** Formule à connaître par cœur |
| 116 | `Hi` **dans le plan des modules**, jamais à l'horizontale | **[⚠]** Erreur classique : sous-estimation de 10 à 15 % |
| 117 | Décomposition du **Pr** : les 8 postes de perte | Faire additionner par le groupe pour retrouver 0,80 |
| 118 | Valeurs de `Pr` : 0,80-0,85 bien conçu · 0,75-0,80 courant · > 0,85 à justifier | |
| 119 | Productible spécifique attendu : **900 à 1 300 kWh/kWc/an** en métropole | **[⚠]** Au-delà de 1 400, c'est de la survente |
| 120 | **[D] PVGIS** en direct : montage *intégré* vs *libre/ventilé* | La démonstration chiffrée de la lame d'air. Moment fort du J2 |
| 121 | Calepinage : `1 kWc ≈ 4 à 5 m²`, retraits, contraintes | |
| 122 | Charges climatiques : **Eurocodes** neige et vent, surcharge 15-25 kg/m², vérification charpente | **[⚠]** La charpente **se vérifie**, elle ne se suppose pas |
**Puis :** TP 4 PVGIS, quiz flash J2, annonce du J3 (tenue et EPI obligatoires).
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## JOUR 3 — Mise en œuvre, bâti, mise en service, maintenance
### Bloc 3.1 — Sécurité et EPI (diapos 123 à 132) · 40 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 123 | Titre + statistiques d'accidents graves en toiture **[À ACT.]** | Commencer par un cas réel. Le J3 se joue sur le sérieux des 10 premières minutes |
| 124 | La **hiérarchie réglementaire** : supprimer → collectif → individuel | **[⚠]** Le harnais est un **dernier recours**, pas la solution normale. Corriger la culture du métier |
| 125 | Travailler au sol quand c'est possible : préassemblage, sertissage | Souvent oublié : c'est pourtant la première mesure |
| 126 | Les protections **collectives** : échafaudage, garde-corps de rive, PIRL, nacelle, filet | **[⚠]** L'échelle est un **moyen d'accès**, jamais un poste de travail |
| 127 | Tableau des **EPI antichute** et de leurs normes (EN 361, 355, 360, 362, 795, 397) | **[D]** Faire circuler un harnais et une longe à absorbeur |
| 128 | Contrôle avant chaque usage : sangles, coutures, témoin d'absorbeur, dates | **[D]** Montrer un absorbeur **déclenché** : mise au rebut immédiate |
| 129 | Le **tirant d'air** : schéma coté (longe + déploiement + taille + marge) | **[PB]** Faire calculer un tirant d'air par le groupe. Question de QCM et de vie |
| 130 | **Effet pendulaire** et **suspension traumatique** → interdiction du travail isolé | **[⚠]** Après une chute, décrochage en quelques minutes. D'où la procédure de secours écrite |
| 131 | Organisation : plan de prévention, PPSPS, balisage, levage, arrimage | |
| 132 | **Météo et circulation** : vent > 50 km/h, toiture humide/givrée, plaques translucides, amiante | **[⚠]** Un module est une **voile**. Ne jamais le lâcher, ne jamais le porter à plat par vent |
### Bloc 3.2 — Risques électriques PV (diapos 133 à 140) · 30 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 133 | Titre + tableau « ce qui rend le PV différent » | |
| 134 | **Un module produit dès qu'il est éclairé** — il n'y a pas d'interrupteur côté cellule | **[⚠]** Le message de sécurité n° 1 du photovoltaïque. Faire répéter |
| 135 | L'**arc DC** ne s'auto-éteint pas — photo/vidéo d'arc sur connecteur | Marque durablement. Justifie la règle suivante |
| 136 | Les **6 règles d'or** de chantier (dont : jamais de débrochage en charge) | **[PB]** À recopier. Reviendra au TP 5 et au QCM |
| 137 | Habilitation électrique **NF C 18-510** : ce que ce module ne délivre pas | Honnêteté sur les limites de la formation |
| 138 | Mise à la terre et **liaison équipotentielle** : cadres, rails, structure, ≥ 6 mm² | **[D]** Montrer une cosse à dents et une liaison mal faite |
| 139 | Foudre et surtensions : surface de boucle, **parafoudre** DC/AC, paratonnerre | Critère du guide UTE C 15-712-1 |
| 140 | **Incendie** : causes récurrentes, Broof(t3), signalétique pompiers, plan d'intervention | **[⚠]** Le champ reste sous tension : les pompiers doivent le savoir avant d'arriver |
| 141 | **Étiquetage minimum** : « présence de deux sources de tension » + schéma unifilaire | Contrôlé par le Consuel |
**Puis :** habillage, contrôle des EPI, briefing plateau (20 min) → **TP 5** (105 min).
### Bloc 3.3 — Intégration au bâti et étanchéité (diapos 142 à 152) · 45 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 142 | Titre + **le principe fondateur** : une couverture n'est pas une membrane | **[⚠]** Diapo pivot du module. Faire reformuler par un couvreur du groupe |
| 143 | Les **3 fonctions** à préserver : pente/recouvrement · écran qui évacue · ventilation | **[PB]** Les 3 fonctions. Question de QCM et de fin de formation |
| 144 | Les 6 **mécanismes de pénétration d'eau** (ruissellement, capillarité, vent, neige, barrage, condensation) | **[Q]** « Lequel le PV aggrave-t-il le plus ? » → la retenue par barrage |
| 145 | **Pente minimale** : dépend du matériau, de la zone, de la situation, du rampant | **[⚠]** On ne rattrape **jamais** une pente insuffisante en posant du PV par-dessus |
| 146 | En surimposition, la couverture doit **déjà** être conforme à son NF DTU | Sinon : reprendre la couverture, ou refuser le chantier |
| 147 | **Écrans de sous-toiture** : HPV vs non HPV, classes R1/R2/R3, étanchéité W1 | Référentiels NF DTU 40.29 et NF EN 13859-1 |
| 148 | Mise en œuvre de l'écran : sens de pose, recouvrements, **écoulement en égout** | **[D]** Montrer sur la maquette un écran qui déverse **derrière** la gouttière : le désordre type |
| 149 | **Aucun percement non traité** : manchon, bande compatible, pièce de renfort | **[⚠]** Le désordre PV le plus fréquent, toutes couvertures confondues |
| 150 | **Ventilation de la sous-face** : lame d'air libre, chatières reportées, anti-volatiles | Rappeler le gain de productible mesuré au TP 4 |
| 151 | La **fixation** : tableau par type de support, et les interdits | **[⚠]** Dans l'**élément porteur**, jamais dans le liteau seul |
| 152 | Règles communes : nombre de points, retraits, jeu, dilatation, couples, compatibilité galvanique | Renvoi au TP 5 en cours |
**Option :** insérer ici le **module bonus tuiles béton** (`11`), 45 à 60 min.
### Bloc 3.4 — Avis Technique et points singuliers (diapos 153 à 162) · 40 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 153 | Titre + **cartographie des documents** : NF DTU · ATec · DTA · ATEx · ETN · notice | |
| 154 | Technique **courante** vs **non courante** — rappel de la diapo 29 | **[⚠]** Le fil rouge des 3 jours |
| 155 | **[D]** Recherche en direct sur **CSTB Évaluations** | Vérifier numéro, GS 21, **date de validité**, composants couverts |
| 156 | Lire un ATec : **les 10 rubriques** à vérifier | **[PB]** Liste à recopier avant le TP 6 |
| 157 | Zoom sur le **domaine d'emploi** : pente, zone, altitude, rampant, support, local | **[⚠]** Un ATec se lit **pour chercher ce qui interdit le chantier** |
| 158-159 | **TP 6** — consignes, fiche d'extraction, fiches chantier C1 à C5 | 30 min sur poste |
| 160 | TP 6 — corrigé : les 5 motifs de refus (vent, altitude, pente, local, entraxe) | Faire citer **la ligne** du document qui fonde la décision |
| 161 | Tableau des **points singuliers** et de leur traitement | |
| 162 | **TP 7** — 6 situations sur maquette (S1 à S6) | 20 min en groupes de 3, corrigé au fil |
### Bloc 3.5 — Mise en service et réception (diapos 163 à 170) · 30 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 163 | Titre + la **chronologie en 8 étapes** de la mise en service | **[PB]** À recopier |
| 164 | Contrôles visuels **bâti/étanchéité** avant mise sous tension | Y compris le **test à l'eau** et l'inspection en sous-face du comble |
| 165 | Contrôles visuels **électriques** | |
| 166 | Tableau des **mesures** et de leurs critères (polarité, Uoc, Isc, Riso, continuité) | **[⚠]** Sans **irradiance** et **température** consignées, les mesures ne valent rien |
| 167 | Sécurité pendant les mesures : sectionneur ouvert, EPI, pas de court-circuit improvisé | |
| 168 | Thermographie : exemples de points chauds | **[D]** Images IR : connecteur échauffé, module en hot spot |
| 169 | Le **DOE** : les 12 pièces | **[⚠]** Le DOE protège l'entreprise autant qu'il informe le client |
| 170 | **Formation du client** : ce qu'il doit savoir et ce qu'il ne doit jamais faire | Faire lister par le groupe les interdits client |
### Bloc 3.6 — Maintenance préventive (diapos 171 à 178) · 30 min
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 171 | Titre + pourquoi la maintenance conditionne la rentabilité | Une installation non surveillée perd sa production **sans que personne ne le voie** |
| 172 | Le **plan de maintenance type** : mensuel → annuel → 2-4 ans → 12-15 ans | |
| 173 | Check-list annuelle **bâti** (fixations, tuiles, pénétrations, écran, ventilation, gouttières) | **[⚠]** C'est le cœur de la compétence Bât. Les auréoles en sous-face = alerte précoce |
| 174 | Check-list annuelle **modules** et **électrique** | |
| 175 | **Arbre de décision** de diagnostic des baisses de production | **[PB]** Outil très utilisé en exploitation |
| 176 | **Nettoyage** : ce qui est autorisé et ce qui est interdit | **[⚠]** Pas de haute pression, pas d'eau froide sur module chaud. Et souvent la pluie suffit |
| 177 | Contrat de maintenance : contenu minimal, et la question de l'**accès** | **[Q]** « Qui paie l'échafaudage d'une intervention sous garantie ? » À trancher au contrat |
| 178 | Fin de vie : **DEEE / Soren**, traçabilité, écocontribution incluse | |
**Puis :** **QCM officiel** (30 min), enquête de satisfaction, clôture.
### Bloc de clôture (diapos 179 à 182)
| # | Contenu | Note formateur |
|---|---|---|
| 179 | Les **12 messages** de la synthèse J3 | Lecture collective à voix haute |
| 180 | Le chemin restant : dossier de qualification RGE, référent, assurances, audit | Ce que le stagiaire doit faire **en rentrant** |
| 181 | Formations complémentaires recommandées | Habilitation électrique, travail en hauteur, compétence électricité |
| 182 | Contacts, ressources, veille (`08`) et remerciements | Rappeler le 3936 pour la suite du parcours |
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### Récapitulatif du diaporama
| Bloc | Diapos | Durée | Jour |
|---|---|---|---|
| 0 — Ouverture | 1-8 | 30 min | J1 |
| 1.1 — Marché | 9-20 | 55 min | J1 |
| 1.2 — Implantations | 21-34 | 60 min | J1 |
| 1.3 — Administratif | 35-48 | 70 min | J1 |
| 1.4 — Raccordement | 49-56 | 35 min | J1 |
| 1.5 — Financier | 57-68 | 45 min | J1 |
| 2.1 — Gisement | 69-80 | 60 min | J2 |
| 2.2 — Modules | 81-94 | 75 min | J2 |
| 2.3 — Systèmes | 95-104 | 60 min | J2 |
| 2.4 — Dimensionnement | 105-114 | 45 min | J2 |
| 2.5 — Productible | 115-122 | 40 min | J2 |
| 3.1 — Sécurité | 123-132 | 40 min | J3 |
| 3.2 — Risque électrique | 133-141 | 30 min | J3 |
| 3.3 — Bâti et étanchéité | 142-152 | 45 min | J3 |
| 3.4 — ATec et points singuliers | 153-162 | 40 min | J3 |
| 3.5 — Mise en service | 163-170 | 30 min | J3 |
| 3.6 — Maintenance | 171-178 | 30 min | J3 |
| Clôture | 179-182 | — | J3 |
| **TOTAL** | **182 diapos** | | **21 h** |
### Les 8 diapositives à ne rater sous aucun prétexte
| # | Diapo | Pourquoi |
|---|---|---|
| 1 | **22-23** — coupes surimposition vs intégration | Fonde toute la compétence Bât |
| 2 | **29** — bascule technique courante / non courante | Enjeu assurantiel de la filière |
| 3 | **35** — chronologie administrative en 7 étapes | La plus réutilisée en exploitation |
| 4 | **106** — les 4 vérifications de dimensionnement | Le cœur technique du J2 |
| 5 | **124** — hiérarchie des protections antichute | Correction culturelle indispensable |
| 6 | **134** — un module produit dès qu'il est éclairé | Message de sécurité n° 1 |
| 7 | **143** — les 3 fonctions d'une couverture | Le principe fondateur du métier |
| 8 | **157** — le domaine d'emploi d'un ATec | Ce qui fait refuser un chantier |
### Conseils de conduite d'animation
- **Ne jamais lire une diapositive.** Les supports détaillés (`02` à `04`) sont remis aux stagiaires :
le temps de séance sert à faire **verbaliser**, pas à réciter.
- **Faire dire avant de montrer.** Sur les dérives commerciales (diapo 17), les interdits de pose
(diapo 26) ou les interdits client (diapo 170), le groupe connaît les réponses.
- **Trois moments forts à protéger** même si le temps manque : la comparaison PVGIS
intégré/ventilé (diapo 120), le TP 5 sur plateau, et la recherche d'ATec en direct (diapo 155).
- **Ce qu'on sacrifie en cas de retard** : les diapos 24, 82, 87, 103 (notions),
et le quiz flash de mi-J2. **Jamais** la sécurité (bloc 3.1) ni le TP 5.
- **Tenir le carnet de session** : noter les questions auxquelles on n'a pas su répondre
et y revenir le lendemain matin. C'est ce qui construit la crédibilité sur 3 jours.
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# Livret stagiaire, mémo de poche
URL : https://citilience.fr/formation/livret-stagiaire/
Mise à jour : 19/09/2026
Formules, seuils, ordres de grandeur et checklists de chantier : ce qui doit être disponible sans réfléchir, en toiture comme le jour du QCM officiel.
> À imprimer en **format réduit (A5)** et à conserver dans la caisse à outils.
> Tout ce qui doit être disponible sans réfléchir, sur le chantier comme au QCM.
---
## 1. Les formules à connaître par cœur
```
PRODUCTIBLE
E (kWh/an) = Pc (kWc) × Hi (kWh/m²/an) × Pr
Hi = irradiation DANS LE PLAN DES MODULES (jamais à l'horizontale)
Pr = 0,75 à 0,85 (> 0,85 : à justifier · < 0,75 : site contraint)
PRODUCTIBLE SPÉCIFIQUE attendu en métropole
900 à 1 300 kWh/kWc/an > 1 400 = SURVENTE
TENSION MAX DE CHAÎNE (cas froid, −10 °C, à vide)
Uoc(-10) = Uoc(STC) × [1 + β × (−10 − 25)] β en /°C, négatif
Approximation cristallin : Uoc(-10) ≈ 1,15 × Uoc(STC)
U chaîne max = N × Uoc(-10) ≤ Umax système module ET ≤ UDC max onduleur
→ on retient la contrainte la PLUS FAIBLE, et on arrondit N à l'INFÉRIEUR
TENSION MIN DE CHAÎNE (cas chaud, +70 °C, au MPP)
Umpp(70) = Umpp(STC) × [1 + γ × (70 − 25)]
U chaîne min = N × Umpp(70) ≥ bas de plage MPPT
COURANTS
I chaîne = Impp
I par MPPT = nb de chaînes en parallèle × Impp ≤ I max entrée
Câbles/protect. = 1,25 × Isc
CHUTE DE TENSION
ΔU (V) = 2 × ρ × L × I / S ρ cuivre ≈ 0,023 Ω·mm²/m
Objectif : ≤ 3 % (DC et AC) · viser ≤ 1 % sur la chaîne
Câble solaire : 4 mm² mini, souvent 6 mm²
RATIO DC/AC
Pc du champ (Wc) / P nominale AC (W) = 1,0 à 1,2 (jusqu'à 1,3 si ombragé/est-ouest)
PENTE
pente (%) = tan(angle) × 100
30° ≈ 58 % · 35° ≈ 70 % · 45° = 100 %
SURFACE
1 kWc ≈ 4 à 5 m² de toiture
```
---
## 2. Les 4 vérifications d'un dimensionnement de chaîne
```
① U max à −10 °C ≤ Umax système module ET ≤ UDC max onduleur
② U min à +70 °C ≥ bas de plage MPPT
③ Courants ≤ I max par entrée MPPT
④ Chute de tension ≤ 3 % (viser ≤ 1 % en chaîne)
```
**Aucune des quatre ne se saute.** Le courant est celle qu'on oublie le plus.
---
## 3. La méthode de conception en 8 étapes
```
1. Relever : site, azimut, inclinaison, surface utile, masques, charges climatiques
2. Choisir le module → Pmpp, Uoc, Umpp, Impp, Isc, β, Umax système
3. Calepiner → nb de modules, chaînes HOMOGÈNES par orientation
4. Choisir l'onduleur → P AC, plage MPPT, UDC max, I max, nb de MPPT
5. Vérifier ① ② ③ ④
6. Protections : sectionneur DC, fusibles, parafoudre, différentiel, terre, coupure d'urgence
7. Estimer productible ET taux d'autoconsommation
8. Produire : schéma unifilaire, calepinage, note de calcul, devis
```
---
## 4. Chronologie administrative
```
1. Visite technique + relevé de consommations → devis
2. Déclaration préalable de travaux (mairie) → non-opposition
3. Demande de raccordement (portail GRD) → proposition de raccordement
4. (si applicable) demande de contrat d'achat → OA Solaire
5. Travaux + attestation de conformité → visa CONSUEL
6. Mise en service par le gestionnaire de réseau → PDL actif
7. Contrat d'achat / prime → exploitation
```
**Seuils et délais à retenir**
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Instruction d'une déclaration préalable | ≈ 1 mois (2 mois avec ABF) |
| Droit de rétractation en démarchage | **14 jours** |
| Changement de régime de raccordement | **36 kVA** |
| Dispositif S21 (guichet ouvert, sur bâtiment) | ≤ **500 kWc** |
| Prime à l'autoconsommation | ≤ 100 kWc, entreprise **RGE** |
| Exonération d'IR des recettes de vente | ≤ **3 kWc** |
| Seuil de réussite au QCM officiel | **24/30** |
---
## 5. Les 5 nombres à donner au client
```
1. Coût total TTC (matériel, pose, échafaudage, raccordement, Consuel, démarches)
2. Production annuelle estimée en kWh + LA MÉTHODE et le Pr retenu
3. Taux d'autoconsommation estimé sur ses consommations RÉELLES
4. Gain annuel = (kWh autoconsommés × prix évité) + (kWh injectés × tarif surplus)
5. Temps de retour = (coût − prime) / gain annuel + les hypothèses
```
**Ne jamais** valoriser toute la production au prix d'achat du kWh.
**Toujours** annoncer le remplacement de l'onduleur (12-15 ans) et la dégradation (0,4-0,55 %/an).
**Toujours** dater les aides : *« sous réserve de l'arrêté applicable à la date de la demande complète de raccordement »*.
---
## 6. Sécurité — le non négociable
```
HIÉRARCHIE 1. SUPPRIMER (travailler au sol)
2. PROTECTION COLLECTIVE (échafaudage, garde-corps)
3. PROTECTION INDIVIDUELLE (harnais) ← DERNIER RECOURS
TIRANT D'AIR longe + déploiement absorbeur (≈1,75 m) + taille opérateur + marge (≈1 m)
ANCRAGE AU-DESSUS de l'opérateur · se déplacer SOUS son ancrage (effet pendulaire)
EPI CHUTÉ → REBUT immédiat
TRAVAIL ISOLÉ → INTERDIT (suspension traumatique : décrochage en quelques minutes)
ON ARRÊTE SI vent > 50 km/h · toiture humide, givrée, enneigée · orage
CIRCULATION échelle de toit ou platelage · jamais sur les modules ni les rails
bas de pureau AU-DESSUS du liteau
MODULE c'est une VOILE : ne jamais lâcher, ne jamais porter à plat par vent
DÉCOUPE TUILE FFP3 + découpe humide ou aspirée + au sol (silice cristalline)
BÂTI ANCIEN repérage AMIANTE / PLOMB avant travaux
```
## 7. Sécurité électrique PV
```
⚠ UN MODULE PRODUIT DÈS QU'IL EST ÉCLAIRÉ — il n'y a pas d'interrupteur côté cellule
⚠ L'ARC DC NE S'AUTO-ÉTEINT PAS
1. JAMAIS de débrochage de connecteur DC en charge
→ ouvrir le sectionneur DC, vérifier l'absence de courant, puis manipuler
2. Recouvrir les modules (bâche opaque) pour travailler sur le câblage
3. Contrôler la POLARITÉ avant tout raccordement à l'onduleur
4. Mesurer Uoc et Isc chaîne par chaîne AVANT mise sous tension
5. EPI électriques : gants isolants DC, écran facial, outils isolés
6. Habilitation NF C 18-510 requise (NON délivrée par cette formation)
TERRE liaison équipotentielle de tous les cadres et rails · ≥ 6 mm² Cu
cosses à dents (percer l'anodisation) · continuité MESURÉE et consignée
FOUDRE minimiser la surface de boucle · parafoudre DC et AC selon UTE C 15-712-1
ÉTIQUETAGE « ATTENTION — présence de deux sources de tension » + schéma unifilaire à demeure
```
---
## 8. Bâti — les 3 fonctions à ne jamais casser
```
① PENTE et RECOUVREMENT conformes au NF DTU de la couverture
② ÉCRAN DE SOUS-TOITURE continu, qui ÉVACUE À L'ÉGOUT (gouttière ou bavette)
③ VENTILATION de la sous-face : entrée en égout → sortie en faîtage
```
**Les interdits absolus**
```
✗ Percer l'écran de sous-toiture sans traitement (manchon, bande compatible)
✗ Fixer dans le liteau seul (sauf si la notice l'autorise explicitement)
✗ Poser sur une couverture non conforme à son NF DTU
✗ Obturer une ventilation ou une chatière
✗ Créer une retenue d'eau ou un barrage en bas de champ
✗ Clamer hors des zones de fixation autorisées par le fabricant du module
✗ Mélanger les marques de connecteurs MC4
✗ Sortir du domaine d'emploi d'un Avis Technique
```
**Ordres de grandeur de charge**
| Élément | kg/m² |
|---|---|
| Tuile **béton** grand moule | 42 à 50 |
| Tuile terre cuite grand moule | 38 à 45 |
| Tuile terre cuite plate petit moule | 60 à 75 |
| Ardoise naturelle | 25 à 35 |
| Bac acier | 6 à 12 |
| **Surimposition PV** (modules + rails + fixations) | **+ 15 à 25** |
---
## 9. Avis Technique — les 6 limites qui font refuser un chantier
```
Un ATec se lit POUR CHERCHER CE QUI INTERDIT LE CHANTIER.
1. PENTE mini et maxi
2. ZONE de vent / de neige
3. ALTITUDE limite ← la plus souvent oubliée
4. LONGUEUR / LARGEUR de rampant
5. SUPPORT admis et ENTRAXE maxi
6. TYPE DE LOCAL sous-jacent (chauffé, humide, agricole)
+ vérifier la DATE DE VALIDITÉ et les COMPOSANTS couverts
Où : base des Avis Techniques et DTA du CSTB — Groupe Spécialisé n° 21
Hors domaine d'emploi = TECHNIQUE NON COURANTE = risque de refus de décennale
```
---
## 10. Mise en service — les mesures à consigner
| Mesure | Critère |
|---|---|
| **Polarité** de chaque chaîne | Conforme au repérage (une inversion détruit l'onduleur) |
| **Uoc** par chaîne | Cohérente avec `N × Uoc` corrigée · écart entre chaînes identiques ≤ ≈ 5 % |
| **Isc** ou courant en service | Cohérent avec l'irradiance |
| **Riso** (isolement) | ≥ seuil du guide UTE C 15-712-1 (plusieurs MΩ) |
| **Continuité** de la liaison équipotentielle | Très faible résistance, tous les cadres |
| **Irradiance** (W/m²) | **À consigner** — sinon les mesures ne valent rien |
| **Température** module (°C) | **À consigner** |
| **Thermographie** | Aucun point chaud anormal |
| **Découplage** | Déconnexion effective à l'ouverture du disjoncteur AC |
**DOE — les 12 pièces :** schéma unifilaire · calepinage + n° de série · notes de calcul
(chaînes **et** fixation) · fiches techniques · ATec ou notice · PV de mesures ·
attestation Consuel · convention de raccordement · notice utilisateur + plan de maintenance ·
consignes de sécurité et plan pompiers · attestations d'assurance · PV de réception.
---
## 11. Maintenance — les points bâti à contrôler chaque année
```
[ ] Fixations : desserrage, corrosion, jeu, déformation des rails
[ ] Tuiles au contact des crochets : fissures, casse, point dur
[ ] Étanchéité des pénétrations, passe-toit, solins, bavettes
[ ] Écran de sous-toiture vu en égout : déchirure, écoulement correct
[ ] Ventilation basse et haute : obstruction, nid, feuilles, mousse
[ ] Gouttières, descentes, noues : encombrement
[ ] Traces d'infiltration en sous-face du comble : auréoles ← ALERTE PRÉCOCE
[ ] Végétation : branche nouvelle, mousse sur les modules
```
**Diagnostic rapide d'une baisse de production**
```
Production NULLE → disjoncteur AC · tension réseau · code défaut onduleur
défaut d'isolement (eau dans le DC)
Une CHAÎNE manquante → Uoc chaîne par chaîne · fusible · connecteur (thermographie)
Baisse PROGRESSIVE → salissure · végétation · ombrage nouveau · PID
Production OK mais
facture élevée → taux d'autoconsommation faible → pilotage de charges
```
**Nettoyage :** eau claire ou déminéralisée, faible pression, brosse douce, modules **froids**
(tôt le matin ou temps couvert). **Interdits :** haute pression, abrasifs, solvants,
eau froide sur module chaud, monter sur les modules.
---
## 12. Les 15 messages à emporter
1. Le PV en toiture engage d'abord la **couverture**, ensuite l'électricité.
2. **Surimposition** = la couverture reste l'ouvrage d'étanchéité. **Intégration** = le PV devient la couverture.
3. Pas d'intégration sans **Avis Technique valide** et **domaine d'emploi respecté**.
4. Aucun **percement d'écran de sous-toiture** sans traitement d'étanchéité.
5. Fixation **dans l'élément porteur**, jamais dans le liteau seul.
6. La **charpente se vérifie**, elle ne se suppose pas — surtout sur couverture béton et fermettes.
7. `E = Pc × Hi × Pr` — et `Hi` se prend **dans le plan des modules**.
8. Une estimation de productible se défend par sa **méthode**, pas par son résultat.
9. Quatre vérifications de chaîne : **Umax à −10 °C, Umin à +70 °C, courants, chutes de tension**.
10. Un **module produit dès qu'il est éclairé** : jamais de débrochage DC en charge.
11. Protection **collective d'abord** ; le harnais exige un **tirant d'air**.
12. Vent > 50 km/h ou toiture humide : **on arrête**.
13. Les aides dépendent du **RGE**, donc de la qualification, donc du **référent formé** — c'est vous.
14. Le levier de rentabilité n'est pas le nombre de panneaux, c'est le **taux d'autoconsommation**.
15. Le **DOE** et la **maintenance préventive** protègent l'entreprise autant que le client.
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## 13. Mes contacts et références
| | |
|---|---|
| Organisme de formation | |
| Formateur | |
| Session du | au |
| Résultat QCM officiel | /30 |
| N° de dossier RGE de mon entreprise | |
| Mon assurance décennale — activité PV mentionnée ? | ☐ oui ☐ à vérifier |
| Prochaine formation envisagée | |
---
# Bonus : photovoltaïque sur couverture en tuiles béton
URL : https://citilience.fr/formation/bonus-tuiles-beton/
Mise à jour : 19/09/2026
Module complémentaire sur les couvertures en tuiles béton : farinage, crochets spécifiques, découpe sous aspiration, et pourquoi ce support se traite à part.
> Module complémentaire de 45 à 60 min, à insérer en J3 après la séquence 3.3 (étanchéité)
> ou à traiter en atelier tournant pendant le TP 5.
>
> **Pourquoi ce bonus ?** La tuile béton représente une part importante du parc résidentiel
> construit depuis les années 1970 (pavillonnaire, lotissements, fermettes industrielles).
> Elle se comporte **différemment de la terre cuite** sur trois points qui touchent directement
> le photovoltaïque : le **poids**, la **géométrie du relief**, et le **pureau variable**.
> Un couvreur habitué à la terre cuite qui applique ses réflexes sur du béton casse des tuiles
> et crée des points durs.
---
## 1. Identifier la couverture : béton ou terre cuite ?
| Indice | Tuile **béton** | Tuile **terre cuite** |
|---|---|---|
| Aspect de la tranche | Grain de mortier visible, gris dans la masse sous l'engobe | Argile cuite homogène, teinte franche jusqu'au cœur |
| Son au choc | Mat, sourd | Clair, sonore (« tinte ») |
| Arêtes | Vives, régulières, moule net, souvent chanfrein marqué | Légères déformations de cuisson, tolérances plus larges |
| Surface vieillie | Perte de teinte, mousse et lichen fréquents, aspect délavé | Patine, mousse aussi, mais teinte stable |
| Efflorescences | **Voile blanc de laitance** fréquent sur tuile neuve | Non |
| Sous-face | Nervures de renfort, marquage moulé fabricant | Marquage souvent estampé |
| Poids unitaire | Sensiblement plus lourd à format égal | Plus léger |
**Réflexe de visite technique :** soulever une tuile, photographier le **marquage en sous-face**
(fabricant + modèle). C'est ce marquage qui permettra de retrouver la notice, la tuile
de rechange, et de vérifier la compatibilité avec le procédé PV envisagé.
---
## 2. Référentiels applicables
| Famille | Référentiel |
|---|---|
| Tuiles en béton **à glissement et à emboîtement longitudinal** (grand moule, petit moule) | **NF DTU 40.24** |
| Tuiles **plates** en béton | **NF DTU 40.25** |
| Écran souple de sous-toiture | **NF DTU 40.29** · produit **NF EN 13859-1** |
| Produit tuile béton | **NF EN 490** (spécifications) · **NF EN 491** (méthodes d'essai) |
| Charges climatiques | **NF EN 1991-1-3** (neige) · **NF EN 1991-1-4** (vent) + annexes nationales |
| Procédé PV intégré | **Avis Technique / DTA** — CSTB, Groupe Spécialisé n° 21 |
> ⚠️ Ne pas transposer les tableaux de pente du **NF DTU 40.21** (terre cuite à emboîtement)
> à une couverture béton. Les documents sont distincts et les valeurs diffèrent.
---
## 3. Le poids : la contrainte n° 1 sur tuile béton
Ordres de grandeur de la **charge permanente de couverture** (couverture + liteaunage) :
| Couverture | Charge indicative |
|---|---|
| Tuile **béton** grand moule (≈ 10 tuiles/m²) | **≈ 42 à 50 kg/m²** |
| Tuile **béton plate** (petit format, plus d'unités/m²) | **≈ 45 à 55 kg/m²** |
| Tuile terre cuite grand moule | ≈ 38 à 45 kg/m² |
| Tuile terre cuite plate petit moule | ≈ 60 à 75 kg/m² |
| Ardoise naturelle | ≈ 25 à 35 kg/m² |
| Bac acier | ≈ 6 à 12 kg/m² |
| **Surimposition PV** (modules + rails + fixations) | **+ 15 à 25 kg/m²** |
**Conséquence directe :** sur une couverture béton, la charpente est **déjà chargée haut**.
L'ajout de 15 à 25 kg/m² de PV consomme la réserve résiduelle, surtout sur
**fermettes industrielles** (sections faibles, entraxe 60 cm, dimensionnées au plus juste).
Règle de conduite à faire adopter :
```
Couverture béton + fermettes industrielles + zone de neige ≥ II → VÉRIFICATION STRUCTURE
→ soit note de calcul du bureau d'études (à chiffrer au devis)
→ soit refus du chantier en l'état
```
Ne jamais compenser par « on met plus de crochets » : multiplier les points de fixation
répartit la charge mais **ne l'allège pas** et n'augmente pas la capacité de la fermette.
---
## 4. Le pureau variable : le grand avantage du béton
La plupart des tuiles béton grand moule sont **à glissement** : l'emboîtement est longitudinal
(sur les côtés) mais le **recouvrement en tête est variable**. On peut donc **faire coulisser**
la tuile vers le haut ou vers le bas dans une plage donnée.
**Ce que cela permet en photovoltaïque :**
- Ajuster le **positionnement du crochet** en hauteur sans démonter des rangs entiers.
- Rattraper un décalage entre l'entraxe des liteaux et la position souhaitée du rail.
- Reposer proprement la tuile au-dessus du crochet en jouant sur le glissement,
ce qui évite le point dur et le meulage excessif.
**Ce que cela ne permet pas :**
- Descendre sous le **recouvrement minimal** du modèle (couramment de l'ordre de
**75 à 110 mm** selon le modèle, la pente et la zone — **valeur à lire dans la notice
fabricant et le NF DTU 40.24**, jamais de mémoire).
- Créer un pureau irrégulier visible en façade (défaut d'aspect, et contestable en réception).
**Vigilance :** en jouant sur le glissement, on peut se retrouver **sous le recouvrement mini**
en bas de champ. C'est le désordre discret typique du chantier PV sur tuile béton :
la ligne de tuiles juste sous les modules est « tirée » pour libérer le crochet,
le recouvrement tombe à 50 mm, et l'eau passe au premier vent de sud-ouest.
---
## 5. Pentes minimales
La pente minimale admissible en tuiles béton dépend de **trois paramètres croisés** :
la **zone climatique** (I, II, III), la **situation** (protégée, normale, exposée)
et la **longueur de rampant**. Elle dépend aussi du **modèle** de tuile.
Ordres de grandeur pédagogiques pour tuile béton grand moule à glissement :
| | Site protégé | Site normal | Site exposé |
|---|---|---|---|
| **Zone I** | pente la plus faible admise | + | ++ |
| **Zone II** | + | ++ | +++ |
| **Zone III** | ++ | +++ | pente la plus forte exigée |
Les valeurs réelles se situent couramment dans une fourchette allant d'environ **22–25 %**
(cas les plus favorables, rampant court) à **45 % et plus** (zone III, site exposé, rampant long).
> **Consigne formateur :** projeter le **tableau des pentes du NF DTU 40.24** et le tableau
> du fabricant du modèle présent sur le plateau, puis faire déterminer la pente mini
> pour trois situations tirées au sort. L'objectif n'est pas de retenir des chiffres,
> c'est d'acquérir le **réflexe de consulter le tableau**.
**Application photovoltaïque :**
- Une pente **juste au minimum** est un signal d'alerte : la marge de sécurité est nulle,
et la pose PV va aggraver les conditions locales (turbulences, retenue, circulation).
- On ne pose **jamais** de PV pour « améliorer » une couverture sous-pentée : il faut reprendre la couverture.
- Pour un procédé **intégré**, c'est la pente mini/maxi de l'**Avis Technique** qui s'applique,
et elle peut être plus contraignante que celle du NF DTU.
---
## 6. Fixation sur tuile béton : ce qui change
### 6.1 Le crochet doit être spécifique
Les crochets « tuile béton » diffèrent des crochets terre cuite par :
- une **base plus large** et un **décrochement plus profond**, pour franchir le relief moulé
et l'épaisseur de la tuile ;
- une **hauteur de réglage** plus importante (réglage vertical par lumière oblongue) ;
- parfois une **platine d'appui** sur le liteau ou sur le chevron, avec vis à filetage total.
Erreurs de terrain courantes :
- utiliser un crochet terre cuite « qui rentre quand même » → point dur, tuile fissurée au premier gel ;
- forcer la tuile au-dessus du crochet → contrainte permanente, casse à la première circulation ;
- retourner ou entailler le crochet pour l'adapter → sort du domaine de la notice
et de la note de calcul, donc de l'assurance.
### 6.2 Où visser
```
✅ Dans le CHEVRON ou l'ARBALÉTRIER (élément porteur), vis à filetage total, longueur adaptée
✅ Sur PLATINE d'appui répartissant la charge, quand la notice le prévoit
⚠️ Dans le LITEAU : uniquement si la notice du système l'autorise explicitement
ET si la section du liteau et sa fixation le permettent
❌ Dans un liteau seul non prévu, dans un voligeage dégradé, dans une contre-latte
```
Sur couverture béton, l'entraxe des liteaux suit le **pureau** de la tuile, qui est
souvent différent de l'entraxe idéal des rails. C'est précisément pour cela qu'on utilise
le **glissement** de la tuile plutôt que de déplacer le liteau — et qu'on **mesure**
l'entraxe réel des chevrons au lieu de le supposer.
### 6.3 Alternative : la tuile de remplacement
Certains systèmes proposent une **tuile métallique de remplacement** (aluminium, plomb,
acier laqué) reproduisant la géométrie de la tuile béton et intégrant le point de fixation.
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Pas de meulage, pas de point dur | Compatibilité limitée à certains modèles de tuile |
| Étanchéité assurée par une pièce conçue pour | Aspect visible en rive de champ |
| Reprise de charge propre sur le porteur | Coût unitaire supérieur |
| Solution recommandée sur tuile béton **vieillie ou fragile** | Doit figurer dans la notice ou l'ATec du procédé |
Sur une couverture béton de plus de 25–30 ans, cette solution est souvent la plus sûre.
### 6.4 Le meulage : un risque santé spécifique
Découper une tuile béton produit une **poussière de silice cristalline alvéolaire** —
agent classé cancérogène, et le béton en génère davantage que la terre cuite.
Mesures obligatoires :
- **découpe humide** (disque diamant + arrosage) ou outil avec **aspiration à la source** ;
- **masque FFP3** (pas FFP1), lunettes fermées, gants, protection auditive ;
- découpe **au sol**, hors zone de travail, jamais en toiture au-dessus des collègues ;
- pas de découpe à sec en local fermé ; balisage de la zone ;
- nettoyage des chutes et des poussières (pas de soufflette).
Ce point relève du **document unique** de l'entreprise et se rappelle au briefing sécurité.
---
## 7. Circuler sur une couverture en tuiles béton
- La tuile béton **casse net et sans prévenir** quand elle a vieilli (carbonatation,
cycles gel/dégel, mousse retenant l'humidité).
- Poser le pied **sur le bas de pureau, au-dessus du liteau**, jamais au milieu de la portée
ni sur le recouvrement d'emboîtement.
- Utiliser **échelle de toit** ou **platelage réparti** dès que la circulation est répétée
(et elle l'est toujours sur un chantier PV : montée des modules, réglage, câblage).
- Prévoir **10 à 15 % de tuiles de rechange** du même modèle sur le chantier.
Sur un modèle arrêté, sourcer les tuiles **avant** de commencer, ou refuser le chantier :
une tuile béton introuvable rend la reprise impossible et l'aspect définitivement hétérogène.
- Attention aux tuiles **fixées mécaniquement** (crochets, vis, clips) en zone de vent :
les repérer avant de les soulever, et **les refixer** à l'identique après passage du câblage.
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## 8. Pathologies propres à la tuile béton
| Pathologie | Cause | Incidence sur un projet PV |
|---|---|---|
| **Carbonatation / farinage** | Vieillissement du mortier, surface qui pulvérule sous le doigt | Tuile fragile → privilégier la tuile de remplacement, prévoir de la casse |
| **Perte de l'engobe / décoloration** | UV, pluies acides | Esthétique : le champ PV va masquer une zone qui restera plus « neuve » → prévenir le client |
| **Gel / éclatement** | Eau piégée + cycles gel-dégel, aggravé par un point dur de crochet | Fissuration différée, découverte l'hiver suivant la pose |
| **Mousse et lichen épais** | Faible pente, exposition nord, environnement boisé | Retient l'eau, accélère la dégradation, gêne le glissement de la tuile ; nettoyer **avant** la pose |
| **Efflorescences (voile blanc)** | Laitance sur tuile récente | Cosmétique, disparaît ; ne pas confondre avec une infiltration |
| **Casse par circulation** | Marche au mauvais endroit | Le risque majeur du chantier PV sur béton |
| **Déformation du support** | Fluage de la charpente sous charge permanente élevée | Plans de toiture non plans → rails à régler, difficultés d'alignement des modules |
| **Modèle arrêté / introuvable** | Fabricant disparu, gamme abandonnée | Bloquant : pas de tuile de rechange = pas de reprise possible |
**Conclusion à faire formuler par les stagiaires :** sur une couverture béton de plus de
25–30 ans qui farine, la question honnête à poser au client n'est pas « où pose-t-on les panneaux ? »
mais **« ne faut-il pas refaire la couverture d'abord ? »**. Poser un PV garanti 25 ans
sur une couverture en fin de vie, c'est programmer un démontage complet à 10 ans, à ses frais.
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## 9. Argumentaire client spécifique tuile béton
Quatre messages à savoir tenir en visite technique :
1. **« Je dois identifier votre modèle de tuile. »**
→ photo du marquage en sous-face, recherche de disponibilité des tuiles de rechange.
2. **« Votre couverture est plus lourde qu'une terre cuite, je dois vérifier la charpente. »**
→ annonce d'un éventuel coût de note de calcul, plutôt qu'une mauvaise surprise en cours de chantier.
3. **« Je vais utiliser des crochets prévus pour la tuile béton, ou des tuiles de remplacement. »**
→ justifie le prix face à un concurrent qui pose au plus vite avec du matériel générique.
4. **« Compte tenu de l'âge et de l'état de votre couverture, voici les deux scénarios. »**
→ scénario A : PV seul, avec réserve sur la durée de vie de la couverture ;
scénario B : réfection de couverture + PV, plus cher mais cohérent sur 25 ans.
Chiffrer les deux et laisser le client décider.
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## 10. TP BONUS — Diagnostic d'une couverture en tuiles béton (25 min)
### Énoncé stagiaire
Sur le rampant tuiles béton du plateau (ou à partir du dossier photo fourni), par binômes :
**Fiche de diagnostic**
| Rubrique | Constat | Conclusion pour le projet PV |
|---|---|---|
| Nature de la tuile (béton / terre cuite) et **indices retenus** | | |
| Fabricant et modèle (marquage sous-face) | | |
| Tuiles de rechange disponibles ? | | |
| Nombre de tuiles au m² et charge estimée (kg/m²) | | |
| Pente mesurée (° et %) | | |
| Zone climatique et situation du site | | |
| Pente mini exigée (tableau NF DTU 40.24 + notice) | | |
| **Recouvrement en tête mesuré** vs recouvrement mini | | |
| Type de charpente (traditionnelle / fermettes), entraxe mesuré | | |
| État général : farinage, mousse, casse, gel, flèche | | |
| Type d'écran de sous-toiture (observé en égout) | | |
| Solution de fixation retenue et **justification** | | |
| Vérification structure nécessaire ? | | |
| **Avis final : GO / GO sous conditions / NO GO** | | |
### Corrigé — les 6 réflexes attendus
1. **Identifier le matériau** avec au moins deux indices (son + tranche + marquage).
2. **Mesurer** le recouvrement en tête réel et le comparer au mini du modèle
(et non se contenter d'un « ça a l'air bon »).
3. **Mesurer** l'entraxe des chevrons, pas des liteaux.
4. **Additionner** la charge de couverture et la surcharge PV, et conclure sur la structure.
5. **Choisir** entre crochet spécifique béton et tuile de remplacement, **avec une justification**
liée à l'état de la tuile et à l'âge de la couverture.
6. **Oser le NO GO** ou le GO sous conditions : sur une couverture qui farine et dont le modèle
est introuvable, l'avis professionnel est de refuser ou de conditionner à une réfection.
### Critères d'évaluation (à reporter sur la grille pratique)
| Critère | Acquis | Non acquis |
|---|---|---|
| Distingue béton et terre cuite avec des indices objectifs | ☐ | ☐ |
| Consulte le tableau de pentes au lieu de citer un chiffre de mémoire | ☐ | ☐ |
| Mesure recouvrement et entraxe réels | ☐ | ☐ |
| Estime la charge totale et conclut sur la structure | ☐ | ☐ |
| Choisit une solution de fixation conforme et la justifie | ☐ | ☐ |
| Formule un avis clair, y compris négatif quand c'est justifié | ☐ | ☐ |
| Cite les mesures de prévention silice pour la découpe | ☐ | ☐ |
---
## 11. Quiz flash bonus — 8 questions
**1.** À format égal, une couverture en tuiles béton est plus légère qu'une terre cuite.
☐ Vrai ☐ Faux
**2.** Le NF DTU applicable aux tuiles béton à glissement et emboîtement longitudinal est :
☐ NF DTU 40.21 ☐ NF DTU 40.24 ☐ NF DTU 40.25 ☐ NF DTU 40.29
**3.** Le « pureau variable » d'une tuile béton à glissement permet de :
☐ réduire librement le recouvrement ☐ ajuster la position de la tuile dans une plage donnée
☐ augmenter la pente ☐ supprimer l'écran de sous-toiture
**4.** La pente minimale d'une couverture en tuiles béton dépend de (plusieurs réponses) :
☐ la zone climatique ☐ la situation du site ☐ la longueur de rampant
☐ la couleur de la tuile ☐ le modèle de tuile
**5.** Sur une couverture béton portée par des fermettes industrielles en zone de neige II,
avant de poser 20 kg/m² de PV, il faut :
☐ ajouter des crochets ☐ faire vérifier la structure ☐ réduire le nombre de modules de moitié
☐ rien de particulier
**6.** Pour découper une tuile béton, l'EPI respiratoire minimal est :
☐ un masque en tissu ☐ un FFP1 ☐ un FFP2 ☐ un **FFP3** avec découpe humide ou aspirée
**7.** On peut utiliser un crochet conçu pour tuile terre cuite sur une tuile béton s'il « rentre ».
☐ Vrai ☐ Faux
**8.** Sur une couverture béton de 30 ans qui farine et dont le modèle n'est plus fabriqué,
l'attitude professionnelle est :
☐ poser quand même en annonçant le risque au client
☐ poser avec des tuiles d'un autre modèle
☐ conditionner le projet à une réfection de couverture, ou refuser
☐ poser en intégration pour supprimer le problème
### Corrigé
| Q | Réponse | Justification |
|---|---|---|
| 1 | **Faux** | Le béton est plus lourd à format égal (≈ 42–50 kg/m² contre ≈ 38–45) |
| 2 | **NF DTU 40.24** | Le 40.21 concerne la terre cuite à emboîtement, le 40.25 les tuiles plates béton, le 40.29 les écrans |
| 3 | **Ajuster la position dans une plage donnée** | Le recouvrement **minimal** reste impératif |
| 4 | **Zone climatique, situation, longueur de rampant, modèle** | La couleur n'intervient pas |
| 5 | **Faire vérifier la structure** | Multiplier les fixations ne réduit pas la charge totale |
| 6 | **FFP3 + découpe humide ou aspirée** | Silice cristalline alvéolaire, agent cancérogène |
| 7 | **Faux** | Point dur, tuile fissurée, et sortie du domaine de la notice → perte de garantie |
| 8 | **Conditionner à une réfection, ou refuser** | Un PV garanti 25 ans ne se pose pas sur une couverture en fin de vie ; l'intégration ne règle rien, elle aggrave l'engagement décennal |
---
## 12. Mémo de poche — tuile béton
```
IDENTIFIER son mat + tranche grise + marquage sous-face → PHOTO
RÉFÉRENTIEL NF DTU 40.24 (glissement/emboîtement) · 40.25 (plate) · EN 490/491
POIDS béton ≈ 42-50 kg/m² + PV 15-25 kg/m² → vérifier la charpente
FERMETTES industrielles + neige zone II+ → NOTE DE CALCUL obligatoire
PENTE tableau croisé zone × situation × longueur de rampant → JAMAIS de mémoire
PUREAU variable = liberté de réglage, MAIS recouvrement mini intangible
FIXATION dans le CHEVRON · crochet SPÉCIFIQUE béton · ou tuile de remplacement
VIEILLE TUILE farinage / gel / modèle arrêté → tuile de remplacement ou NO GO
DÉCOUPE humide ou aspirée + FFP3 + au sol (silice cristalline)
CIRCULATION bas de pureau au-dessus du liteau · échelle de toit · 10-15 % de rechange
```
---
# Module administratif : un dossier type de A à Z
URL : https://citilience.fr/formation/dossier-administratif-type/
Mise à jour : 19/09/2026
Un dossier réel déroulé pièce par pièce : déclaration préalable, demande de raccordement, dossier technique, schéma unifilaire, attestation de conformité.
> Module de **90 à 120 min**, à insérer en **J1** en prolongement des séquences 1.3 et 1.4,
> ou à traiter en atelier « dossier sur table » avec les pièces réelles.
>
> **Pourquoi ce module ?** Le référentiel demande au stagiaire de *conseiller son client sur
> les plans techniques et financiers*. Or, en exploitation, ce n'est presque jamais la technique
> qui bloque un chantier : c'est une **pièce manquante**, une **incohérence entre deux documents**,
> ou une **case mal cochée**. Ce module travaille donc sur un **dossier réel complet**,
> pièce par pièce, jusqu'à la chasse aux incohérences.
---
## 1. Le dossier support du module (cas d'école « Sainte-Hélène »)
Ce module s'appuie sur un dossier **authentique**, déposé en **septembre 2026** en Gironde.
Les pièces sont fournies au formateur dans le répertoire de session (voir § 14).
| Élément | Valeur au dossier |
|---|---|
| Localisation | Commune de Sainte-Hélène (33), lat. 44,968 / long. −0,888 |
| Type de bâtiment | Maison individuelle **existante** |
| Champ PV | **4 modules Jolywood HD108N 425 W** = **1,7 kWc**, ≈ **8 m²** |
| Implantation | **Surimposition** sur couverture tuiles, kit de fixation ETN KS-Tile |
| Électronique | **EcoFlow STREAM Ultra X** — micro-onduleur/chargeur intégré, **4 entrées MPPT** |
| Stockage | Batterie **LFP**, déclarée **3,7 kWh** au portail / **3,84 kWh** au schéma (cf. § 12) |
| Régime d'exploitation | **Autoconsommation totale, sans injection** (anti-injection par mesure au tableau) |
| Raccordement | Monophasé 230 V, **PDL 1616 67•• •••• 03**, compteur Linky, AGCP 60 A / abonnement 8 kVA |
| Attestation de conformité | **CERFA 15524*01** (production **avec** stockage), n° AC 606260000233••, émise le 16/09/2026 |
| Dossier technique joint | **SC 144 C2-2** (juillet 2025) — installations à **micro-onduleurs** |
| Maître d'œuvre déclaré | **Particulier — autoinstallation** (point pédagogique majeur, cf. § 13.6) |
> **Consigne formateur.** Distribuer les pièces **anonymisées** (nom, adresse, téléphone, e-mail,
> PDL complet, n° client masqués). Annoncer d'entrée que ce dossier n'est **pas un modèle à copier** :
> il contient des choix discutables et des incohérences, qui sont précisément le matériau du TP A2.
---
## 2. Qui délivre quoi : la carte des interlocuteurs
| Acteur | Ce qu'il délivre | Ce qu'il ne délivre **pas** |
|---|---|---|
| **Mairie** (service urbanisme) | Non-opposition à **déclaration préalable** (CERFA 13703), ou permis de construire | Aucune validation technique ni électrique |
| **ABF** (architecte des bâtiments de France) | Avis en secteur protégé / abords de monument | — |
| **GRD — Enedis ou ELD** | Convention et **raccordement**, **PDL**, mise en service, comptage | Aucune conformité de l'installation intérieure |
| **CONSUEL** | **Visa** de l'attestation de conformité (obligatoire avant mise en service) | Aucun avis sur le rendement, ni sur l'étanchéité, ni sur l'urbanisme |
| **EDF OA / fournisseur alternatif** | Contrat d'achat, versement de la **prime** le cas échéant | — |
| **Assureur** | Attestation **décennale** nommant l'activité PV | — |
| **Organisme de qualification** | Qualification **RGE**, conditionnant l'accès des clients aux aides | — |
| **Soren** (éco-organisme DEEE) | Filière de reprise des modules en fin de vie | — |
**Message à faire passer :** ces guichets sont **indépendants**. Un visa Consuel ne rattrape pas
une déclaration préalable oubliée ; une non-opposition d'urbanisme ne vaut pas conformité électrique.
Chacun peut bloquer la mise en service **seul**.
---
## 3. Le chemin critique, dans l'ordre
```
J-60 ─ Visite technique, relevé de consommations (Linky), choix d'implantation
└─ livrable : devis conforme + estimation de productible justifiée
J-50 ─ DÉCLARATION PRÉALABLE en mairie (CERFA 13703) [1 mois, 2 mois si ABF]
└─ verrou : pas de travaux avant non-opposition + affichage sur le terrain
J-45 ─ DEMANDE DE RACCORDEMENT sur le portail du GRD [délai variable]
└─ définit le régime (injection / surplus / sans injection) et la date de référence
└─ pour la vente : demande de contrat d'achat (OA Solaire)
J-10 ─ Commande de l'attestation de conformité auprès du CONSUEL
└─ le formulaire porte une DATE LIMITE DE DÉPÔT (12 mois dans le cas d'école)
J0 ── TRAVAUX : pose, câblage, essais, mesures Voc/Isc/isolement
J+2 ── DÉPÔT CONSUEL : attestation CERFA + dossier technique SC 144 + schéma unifilaire
└─ risque : contrôle sur site par sondage
J+X ── VISA CONSUEL → transmission au GRD → MISE EN SERVICE (PDL actif)
J+X ── Contrat d'achat effectif, versement de la prime, remise du DOE au client
```
**Les trois dates qui structurent tout un dossier :**
1. la **date de référence** déclarée (dépôt de PC, DP, signature de marché ou accusé de commande) —
c'est elle qui fixe le **référentiel technique** et souvent le **tarif** applicable ;
2. la **date de la demande complète de raccordement** — celle qui verrouille la grille tarifaire ;
3. la **date limite de dépôt de l'attestation Consuel** — au-delà, le formulaire est perdu et doit
être racheté (dans le cas d'école : formulaire émis le 16/09/2026, à déposer avant le 16/09/2027).
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## 4. Quatre régimes de raccordement, quatre dossiers différents
| Régime | Comptage | Contrat | Prime autoconso. | Pièces spécifiques |
|---|---|---|---|---|
| **Injection totale** | Compteur de production dédié | Contrat d'achat (tarif total) | Non | Convention de raccordement, contrat OA |
| **Autoconsommation avec vente du surplus** | Linky bidirectionnel | Contrat d'achat surplus | **Oui** (si RGE et conditions remplies) | Convention + contrat OA surplus |
| **Autoconsommation totale sans injection** | Compteur existant | Aucun contrat d'achat | Non | **Convention d'autoconsommation sans injection (CACSI)** + description du dispositif anti-injection |
| **Kit « plug & play » ≤ 800 W** | Compteur existant | Aucun | Non | Déclaration simplifiée, **dispense d'attestation Consuel** sous conditions (cf. § 13.1) |
Le cas d'école relève du **troisième régime** : la puissance de raccordement demandée est
saisie à **0 kVA** et la limitation d'injection est assurée par la **mesure au tableau**
(compteur communicant du fabricant pilotant l'onduleur).
> **Piège classique.** « Sans injection » ne veut pas dire « sans démarche ».
> Le GRD doit être informé de la présence d'un moyen de production sur le point de livraison :
> l'installation modifie le comportement du réseau et l'exploitation du branchement.
> Poser une production sans convention, c'est une installation **non déclarée**, non assurable en cas de sinistre.
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## 5. Décrypter la demande de raccordement, champ par champ
Le portail du GRD demande **quatre puissances différentes** sur le même écran. C'est là que se
concentre l'essentiel des erreurs de saisie, y compris chez des professionnels installés.
### 5.1 Écran « Caractéristiques de l'installation de production »
| Champ | Ce qui est attendu | Unité | Cas d'école | Piège |
|---|---|---|---|---|
| **Puissance installée de production** | Puissance **AC maximale** que le système peut délivrer au réseau (somme des onduleurs / du dispositif) | **kVA** | **1,2** | Ce n'est pas la puissance crête des modules |
| **Puissance de raccordement demandée** | Puissance maximale **injectée** au point de livraison | **kVA** | **0** (champ grisé) | `0` = engagement de non-injection, à tenir techniquement |
| **Type de raccordement** | Monophasé / triphasé | — | **Monophasé** | Au-delà de 6 kVA de production, le monophasé devient contraint |
| **Puissance crête** | Somme des puissances STC des modules | **kWc** | **1,7** | Seule grandeur exprimée en kWc de tout l'écran |
| **Surface totale des panneaux** | Surface hors-tout du champ | m² | **8** | Doit rester cohérente avec le plan de masse et la DP |
| **Autres demandes en cours** (consommation / production) | Existence d'une autre demande à la même adresse | Oui/Non | **Non / Non** | Deux demandes concurrentes provoquent un rejet ou un regroupement de dossier |
**Exercice de lecture à faire en séance :** faire calculer le rapport
`puissance crête / puissance installée` = 1,7 kWc / 1,2 kVA ≈ **1,4**.
C'est un **ratio DC/AC** assumé (surdimensionnement du champ par rapport à l'onduleur),
choix normal en autoconsommation avec stockage — mais qui doit être expliqué au client,
car il implique un **écrêtage** aux heures de forte production.
### 5.2 Écran « Stockage d'énergie »
| Champ | Cas d'école | Ce que le GRD en fait |
|---|---|---|
| Existence d'un stockage | **Oui** | Déclenche le volet stockage de la convention et **impose le CERFA 15524*01** au Consuel |
| Type de stockage | **Batterie** | — |
| **Puissance max installée en charge** | **1,2 kVA** | Dimensionne le soutirage maximal possible du branchement |
| **Puissance max installée en décharge** | **1,2 kVA** | C'est la puissance de production réellement disponible côté réseau |
| **Énergie stockable** | **3,7 kWh** | Doit correspondre à la fiche produit (cf. incohérence relevée au § 12) |
| Nombre de groupes de stockage | **1** | Un « groupe » = un ensemble sous une même enveloppe |
### 5.3 Écran « Protection de découplage »
Trois cases, une seule réponse possible :
1. **Intégrée aux onduleurs conformes NF EN 50549-1** → c'est le cas d'école, et le cas de
99 % du résidentiel. **Conséquence documentaire : il faut joindre le certificat de conformité
EN 50549-1 du matériel, traduit en français** (cf. § 11).
2. **Assurée par un relais externe conforme NF EN 50549-1** → architecture des installations
de puissance supérieure ; le relais devient un organe à tester et à documenter.
3. **Assurée par une protection de type B1** → protection de découplage de type réseau,
hors périmètre résidentiel.
> **À faire dire aux stagiaires :** à quoi sert le découplage ?
> À garantir qu'en cas de coupure réseau, la production **s'arrête** —
> protection des intervenants du GRD contre l'**îlotage**. Ce n'est pas une option de confort.
### 5.4 Écran « Conformité de l'installation »
Deux options exclusives sur le portail :
- **« Je joins une attestation de conformité visée par CONSUEL »** → voie normale,
celle du cas d'école ;
- **« Je certifie avoir installé un appareil de production non associé à un dispositif de stockage,
fabriqué, assemblé et testé en usine (kit plug & play) »**, sous trois conditions cumulatives
rappelées par le portail : raccordement **sur une prise standard conforme NF C 15-100**
sans modification de l'installation intérieure, dispense d'attestation fondée sur
l'**article D342-19 du code de l'énergie**, et dispositif de découplage **NF EN 50549-1**
si la puissance installée dépasse **800 W** (sinon, application de l'**arrêté du 9 juin 2020**).
**Conséquence directe sur le cas d'école :** la présence d'une **batterie** ferme définitivement
la porte de la voie plug & play. Le Consuel devient obligatoire.
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## 6. Le triptyque Consuel : trois pièces, jamais une seule
Un dépôt Consuel recevable pour une installation de production comporte **toujours** :
| # | Pièce | Référence dans le cas d'école | Rôle |
|---|---|---|---|
| 1 | **Attestation de conformité** (formulaire payant, nominatif) | **CERFA 15524*01** / imprimé **SC 122A-1** | L'engagement de l'installateur sur la sécurité |
| 2 | **Dossier technique** de la famille **SC 144** | **SC 144 C2-2** (juillet 2025) | La description normative de l'architecture |
| 3 | **Schéma de principe / unifilaire** du système PV | Schéma A4 signé | La preuve que l'architecture déclarée existe |
### 6.1 Choisir le bon CERFA
| Situation | Formulaire |
|---|---|
| Installation de production **sans** stockage | **CERFA 15523*01** |
| Installation de production **avec** dispositif de stockage de l'énergie électrique | **CERFA 15524*01** ← cas d'école |
| Installation de **consommation** (logement) | Formulaires classiques (jaune / bleu / gris selon le cas) |
Base réglementaire imprimée sur le formulaire lui-même : **code de l'énergie, articles D342-18 à D342-21**.
Mention également imprimée : l'établissement d'une attestation faisant état de **faits matériels inexacts**
est passible des sanctions de l'**article 441-7 du code pénal**. À lire à voix haute en séance.
### 6.2 Les cases qui font recaler un dossier
Relevé sur le CERFA du cas d'école, dans l'ordre du formulaire :
- **Type de production** : une seule case, **un formulaire par type de production**
(ici : *photovoltaïque + batteries*).
- **Bâtiment** : neuf / existant / sans bâtiment → *existant*.
Ce choix doit être cohérent avec l'urbanisme déclaré et, en aval, avec le taux de TVA.
- **Installation rénovée** (y compris **augmentation de puissance**) → si oui, nombre de générateurs.
- **Puissance installée en kVA** — pas en kWc. Erreur de saisie la plus fréquente du formulaire.
- **Tension côté alternatif** ≤ 1000 V / > 1000 V.
- **Raccordement au réseau DP** (point de livraison dédié à la production) oui/non →
**si non, le dossier SC 144 doit être joint**.
- **Mise en service demandée au GRD** oui/non + **référence du point de livraison**.
- **Autres intervenants en électricité** sur l'installation de production : oui/non, avec coordonnées.
Case oubliée systématiquement en cas de sous-traitance ou de co-activité.
- **Latitude / longitude** du site : désormais demandées, à relever proprement
(44,968158 / −0,888453 dans le cas d'école).
### 6.3 Ce que le visa ne couvre pas
Le Consuel vise la **sécurité électrique**. Il ne dit rien de :
l'étanchéité, la tenue mécanique de la fixation, l'urbanisme, la performance annoncée,
le respect d'un Avis Technique, la qualité de la mise à la terre au-delà des points contrôlés.
**Le visa n'exonère donc en rien de la garantie décennale.**
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## 7. Décryptage du dossier technique SC 144 C2-2
Le SC 144 est une **famille** de dossiers techniques : le bon exemplaire dépend de l'architecture.
| Déclinaison rencontrée | Domaine |
|---|---|
| **SC 144 C2-2** (juillet 2025) | Installations réalisées **exclusivement avec micro-onduleurs**, avec ou sans ensemble de stockage à micro-onduleur/chargeur **couplé en AC** ← cas d'école |
| **SC 144 E** | À fournir en complément pour les **« autres cas de raccordement »** (cas 4 du § 8) |
| **SC 143** | À fournir lorsque le branchement est **à puissance surveillée** |
Règle imprimée sur le formulaire : **un dossier technique par générateur différent**.
Deux champs PV de technologies ou d'architectures différentes = deux SC 144.
### 7.1 Cadre A — l'identité du système
| Rubrique | Contenu | Cas d'école |
|---|---|---|
| **(A1)** Installation de production | Raccordée au réseau **par l'installation de consommation** (autoconsommation) / par un **point de livraison dédié** / **non raccordée** (autonome) | Par l'installation de consommation |
| Position du champ PV | Toiture / sol | **Toiture** |
| Présence d'un stockage par batterie | Oui → **partie 4 obligatoire** | **Oui** |
| Fonctionnement en mode autonome (circuits secourus) | Oui → **partie 5 obligatoire** | **Non** |
| Autres sources d'alimentation AC | Oui → **partie 6 obligatoire** | **Non** |
| **(A2)** Modification / ajout de batterie | Oui → **partie 1 obligatoire** | **Non** |
| **(A3)** **Date de référence** | Dépôt de PC · **Déclaration préalable** · Signature de marché · Accusé de réception de commande | **Déclaration préalable**, 17/09/2026 |
> **Point pédagogique n° 1 du module.** Le formulaire s'auto-branche : chaque « oui » ouvre une partie
> supplémentaire à remplir. Un dossier incomplet n'est pas un dossier « allégé », c'est un dossier
> **contradictoire** — le Consuel voit immédiatement qu'une partie déclenchée est restée vierge.
### 7.2 Partie 2 — caractéristiques du générateur PV
| Ligne | Ce que le formulaire exige | Cas d'école |
|---|---|---|
| **(1) Modules PV** | Déclaration de conformité à la série **NF EN 61730** (sécurité des modules) | Signée |
| **Iscmax générateur PV** | Courant de court-circuit **majoré** selon l'aide au remplissage | **17,16 A** |
| **Uocmax** | Tension à vide **corrigée en température basse** | **46 Vdc** |
| **(2) Câble DC** | Section + tension assignée + température admissible sur l'âme (90 °C / ≥ 120 °C) | Section déclarée **6 mm²**, 1500 Vdc, **≥ 120 °C** |
| **(3) Micro-onduleurs** | Nombre d'unités **identiques**, mono/triphasé, marque et modèle, conformité **NF EN 62109** | **1**, monophasé, EcoFlow STREAM Ultra X |
| **Système de découplage** | **Intégré** → *joindre le certificat EN 50549 traduit en français* / **externe** | Intégré |
**À faire recalculer par les stagiaires** (excellent lien avec le J2) :
```
Module Jolywood HD108N 425 W — Isc STC ≈ 13,73 A
Iscmax déclaré = 13,73 × 1,25 = 17,16 A ✔ cohérent avec le formulaire
Uocmax déclaré = Voc STC × coefficient de basse température ≈ 46 Vdc
```
Puis confronter aux **limites du matériel** lues sur le certificat (§ 11) :
```
Uocmax 46 V ≤ Max PV Input Voltage 60 V ✔
Iscmax 17,16 A ≤ Max Isc PV 20 A ✔
Impp module ≈ 13 A ≤ Max PV Input Current 14 A ✔ mais sans marge confortable
```
C'est **exactement** le raisonnement de compatibilité module/onduleur du J2, mais transposé
dans un formulaire administratif : la conception se **prouve** par écrit.
### 7.3 Partie 3 — raccordement côté AC
- **(4a) Branchement** : **puissance limitée** (résidentiel courant) ou **puissance surveillée**
→ dans ce second cas, **fournir en plus un SC 143**.
- **(4b)** En autoconsommation, l'installateur s'engage à avoir respecté le **§ 551.7 de la NF C 15-100-1**
(raccordement d'une source de production à une installation existante).
- **Tableau de raccordement** : **principal** ou **divisionnaire**.
- Puis le choix, capital, entre **quatre cas de mise en œuvre** (§ 8).
### 7.4 Parties 4 à 6 — stockage, mode autonome, autres sources
| Partie | Déclenchée par | Contenu clef |
|---|---|---|
| **4** | Présence d'un stockage | Référence de l'ensemble micro-onduleur/chargeur + batterie, conformité **NF EN 62109**, certificat **EN 50549** du découplage, **schéma des liaisons à la terre** côté DC batterie (§ 9), tension DC batterie, chimie et conformité **NF EN 62619**, énergie unitaire, nombre de sous-ensembles sous une même enveloppe, **local batterie ou hors local batterie**, seuil **15 kWh** |
| **5** | Réalimentation de circuits en mode autonome (backup) | Engagement sur le fonctionnement du découplage **dans toutes les configurations**, et SLT du mode autonome (**TN-S**, ou TT uniquement pour une installation non raccordée) avec gestion du neutre (conjoncteur de neutre) |
| **6** | Autre source AC (groupe électrogène…) | Interrupteur-sectionneur : Un et In |
Cas d'école : partie 4 remplie (batterie **LFP**, tension DC **51,2 V**, **hors local batterie**,
capacité **≤ 15 kWh**, conformité aux **§ 14.6.2.4 de la XP C 15-712-3**), parties 5 et 6 non déclenchées.
> **Point pédagogique n° 2.** « Hors local batterie » n'est pas un détail de rangement :
> ce choix renvoie à des dispositions constructives précises de la **XP C 15-712-3**
> (§ 14.6.2.3 en local dédié, § 14.6.2.4 hors local) et au **seuil de 15 kWh** au-delà duquel
> les exigences changent. Une batterie posée « dans la buanderie parce qu'il y avait de la place »
> est un sujet de conformité, pas d'ergonomie.
---
## 8. Les quatre cas de raccordement au tableau (§ 551.7 NF C 15-100-1)
C'est **la** question technique la plus discriminante du SC 144 — et la moins bien comprise.
| Cas | Principe | Quand le retenir | Ce qu'il engage |
|---|---|---|---|
| **Cas 1** | Dispositif de protection amont de l'installation de consommation, **en dehors** du tableau de consommation (In ≤ Ir AGCP) | Tableau existant saturé, coffret ajouté à côté | Coffret supplémentaire à protéger et repérer |
| **Cas 2** | Même principe, mais le dispositif est **dans** le tableau de consommation | Tableau avec réserve de modules | Solution la plus lisible pour un contrôleur |
| **Cas 3** | **Sans** dispositif de protection complémentaire en amont des circuits de consommation | Ajout de production modeste sur tableau récent | **Le signataire confirme que le tableau, ses liaisons, ses borniers et ses appareillages supportent les effets thermiques d'une surintensité tenant compte de `Ir + Igénérateur`** ← cas d'école |
| **Cas 4** | Autres cas de raccordement | Architectures atypiques | **Schéma électrique détaillé obligatoire + partie 2 du SC 144 E** |
> **Piège majeur.** Le **cas 3** est celui que l'on cocher par défaut parce qu'il ne demande aucun
> matériel supplémentaire. Or il transforme l'installateur en **garant du comportement thermique
> du tableau existant**, bornier compris. Sur un tableau ancien, non repéré, à borniers surchargés,
> cocher le cas 3 est une prise de risque, pas une simplification. Le réflexe professionnel est
> le **cas 2** dès qu'il y a un doute sur le tableau.
---
## 9. Le schéma des liaisons à la terre côté batterie
Le SC 144 C2-2 impose de choisir selon une seule question : **le convertisseur assure-t-il une
séparation galvanique entre AC et DC ?**
| Situation | SLT imposé | Surveillance exigée | Référence |
|---|---|---|---|
| Micro-onduleur/chargeur **avec** isolation galvanique AC/DC (y compris batterie en TBT ≤ 120 V) | **Schéma IT** | **Contrôle d'isolement DC intégré** à l'onduleur, ou **CPI externe** conforme **NF EN 61557-8** | NF C 15-100-1 partie 4-41 |
| Micro-onduleur/chargeur **sans** isolation galvanique AC/DC | **Schéma TT** par mise à la terre du neutre côté AC | Protection différentielle adaptée | NF C 15-100-1 partie 4-41 + **XP C 15-712-3 § 7.3.2.3** |
Cas d'école : convertisseur **isolé** (le certificat produit indique explicitement
*Inverter Isolation : Isolated*, *Topology : Transformer*) → **schéma IT** avec
**contrôle d'isolement intégré** coché. La cohérence entre la fiche produit et la case cochée
est ici **vérifiable en séance** : c'est un excellent exercice de lecture croisée.
---
## 10. Le schéma unifilaire : anatomie d'une pièce sous-estimée
### 10.1 Les douze éléments que le schéma doit montrer
1. Le **réseau** et sa nature (monophasé 230 V / triphasé 400 V, fréquence).
2. Le **comptage** et le **PDL**.
3. L'**AGCP** (disjoncteur de branchement) : calibre, sensibilité différentielle, abonnement souscrit.
4. Le **tableau de répartition** et le dispositif différentiel (30 mA, **type A** ou F selon les charges).
5. Le **circuit dédié production** : calibre du disjoncteur, section, longueur.
6. L'**étiquetage** et le repérage (« Solaire », présence de production).
7. Le **point de raccordement AC** effectif (prise dédiée, bornier, coffret).
8. L'**onduleur / le dispositif de conversion** : puissance AC, norme de découplage, IP, emplacement.
9. Le **stockage** : chimie, énergie, puissances de charge/décharge, emplacement.
10. Le **champ PV** : nombre et référence des modules, puissance crête, architecture MPPT,
sections et longueurs DC, connectique, cheminement.
11. Le **régime de neutre** et la **prise de terre** (valeur mesurée).
12. Le **mode d'exploitation** (injection, surplus, sans injection) et le **cas de raccordement** retenu.
### 10.2 Le schéma du cas d'école, relu à voix haute
```
Réseau Enedis monophasé 230 V / 50 Hz
└── Compteur Linky (PDL 1616 67•• •••• 03)
└── AGCP : différentiel 500 mA sélectif, calibre 60 A, abonnement 8 kVA
└── Tableau de répartition existant
├── Interrupteur différentiel 30 mA type A
├── Disjoncteur divisionnaire 16 A dédié production/stockage
└── Étiquetage « Solaire » sur le disjoncteur et la prise
└── Prise 2P+T 16 A dédiée (usage exclusif), câble 3G2,5 mm²
└── EcoFlow STREAM Ultra X
├── onduleur/chargeur 0,8 kW réseau — NF EN 50549-1
├── batterie LFP 3,84 kWh — IP65
└── anti-injection par mesure au tableau
└── Champ PV : 4 × Jolywood HD108N 425 W = 1,7 kWc
├── 4 entrées MPPT indépendantes (1 module / entrée)
├── câbles DC 4 mm², MC4, 3 m, sous gaine
└── surimposition tuiles, kit ETN KS-Tile
Régime de neutre TT — prise de terre existante < 100 Ω
Autoconsommation totale sans injection — cas 3 (sans interposition de protection en amont)
```
### 10.3 Audit critique du schéma — ce qu'un formateur doit exiger de plus
| Constat | Appréciation | Ce qu'on demanderait à un professionnel |
|---|---|---|
| Un module par entrée MPPT, **pas de mise en parallèle DC** | **Bon point** : pas de courant de défaut cumulé, pas de fusible DC nécessaire | Le mentionner explicitement (« pas de mise en parallèle ») comme c'est fait ici |
| Raccordement AC **sur prise 2P+T dédiée** | Acceptable pour un ensemble certifié conçu pour, mais c'est la limite haute de l'exercice | Bornier ou coffret dédié dès que la puissance ou la pérennité l'exigent |
| **Étiquetage** mentionné | **Bon point**, trop souvent absent | Ajouter l'étiquette « présence de production » à l'AGCP et au tableau, et le schéma affiché à proximité |
| Section DC : **4 mm² au schéma / 6 mm² au SC 144** | **Incohérence** (cf. § 12) | Une seule valeur, celle réellement posée |
| Longueur DC 3 m, gaine | Correct | Ajouter le calcul de **chute de tension DC** au dossier |
| Prise de terre « < 100 Ω » | Valeur **plafond**, pas une mesure | Porter la **valeur mesurée** et la date de mesure |
| Absence de **sectionneur DC** identifié | Cohérent avec l'architecture (chaque module en direct sur son MPPT, connecteurs MC4 débrochables) | Documenter la **procédure de consignation** dans le DOE, et la remettre au client |
| Absence de **parafoudre** | À justifier selon l'exposition du site et le niveau kéraunique | Note d'analyse du risque foudre au dossier |
> **Consigne formateur.** Faire produire à chaque binôme la **version corrigée** du schéma
> sur paperboard : c'est le livrable le plus formateur du module.
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## 11. Lire un certificat de conformité EN 50549-1
Pièce exigée dès que la protection de découplage est **intégrée** au convertisseur, et
**à fournir traduite en langue française** (exigence imprimée sur le SC 144).
### 11.1 Les huit points de contrôle
| # | À vérifier | Sur le certificat du cas d'école |
|---|---|---|
| 1 | **Norme visée** : EN 50549-**1** (raccordement au réseau **BT**) et non -2 (HTA) | EN 50549-1: 2019 ✔ |
| 2 | **Type d'installation de production** couvert (type A / B) | *generating plants type B*, réseau BT ✔ |
| 3 | **Modèle exact** installé, figurant dans la liste ou l'annexe | 6 références listées, dont celle posée ✔ |
| 4 | **Date de validité** couvrant la date de dépôt du dossier | émis le 15/04/2025, expire le **14/04/2028** ✔ |
| 5 | **Organisme certificateur** et n° de certificat | SGS, **PCS-25-1066** ✔ |
| 6 | **Laboratoire d'essai** et n° de rapport | SGS-CSTC Suzhou, rapport SUEE2503000071•• ✔ |
| 7 | **Accréditation** revendiquée | ISO/IEC 17065:2012 ✔ |
| 8 | **Renvoi au règlement européen** RfG | Règlement (UE) **2016/631**, annexe H de l'EN 50549-1 ✔ |
### 11.2 Ce que l'annexe technique permet de vérifier
L'annexe du certificat donne les **caractéristiques assignées** qui doivent encadrer toute la conception :
| Grandeur | Valeur certifiée | Utilisation en conception |
|---|---|---|
| Max. PV Input Voltage | **60 V** | Borne haute pour l'`Uocmax` déclarée au SC 144 (46 V) |
| Operation Voltage Range | **15 – 60 V** | Vérifier que le module reste dans la plage MPPT à chaud comme à froid |
| Max. PV Input Current | **14 A** | À comparer à l'`Impp` du module |
| Max. Isc PV | **20 A** | Borne haute pour l'`Iscmax` déclarée (17,16 A) |
| Number of MPP trackers | **4** (modèle 2000 W) / 3 | Justifie l'architecture « 1 module par entrée » |
| Rated Output Power | **800 W** (ou 600 W selon modèle) | Puissance AC réellement injectable |
| Rated Output Current | **3,48 A** | Cohérence avec le calibre du disjoncteur dédié |
| Battery Rated Voltage / Capacity | **19,2 V** / **1,92 kWh** par unité | Base du calcul de l'énergie stockable déclarée |
| Ingress protection | **IP65** | Autorise (ou non) l'implantation retenue |
| Protective class / Isolation | **Class I**, *Isolated*, *Transformer* | **Détermine le SLT batterie IT ou TT** (§ 9) |
| Température de fonctionnement | −20 à +55 °C, **déclassement au-delà de 35 °C** | Argument à donner au client sur l'emplacement |
> **Point pédagogique n° 3.** Un certificat n'est pas un tampon décoratif : c'est le
> **document qui fixe les bornes de dimensionnement** et qui, dans le cas d'école, valide
> à la fois la partie 2 du SC 144 (bornes DC), la partie 4 (isolation galvanique)
> et la déclaration de découplage sur le portail du GRD.
---
## 12. Contrôle de cohérence inter-pièces — le tableau qui sauve les dossiers
Les mêmes grandeurs sont saisies **quatre fois** dans quatre documents différents.
Un contrôleur compare, et c'est la première chose qu'il fait.
| Grandeur | Portail GRD | SC 144 | Schéma unifilaire | Fiche produit / certificat | Verdict |
|---|---|---|---|---|---|
| Puissance crête | **1,7 kWc** | 4 modules × 425 W | **1,7 kWc** | — | ✔ cohérent |
| Puissance installée de production | **1,2 kVA** | — | onduleur 0,8 kW / décharge 1,2 kVA | **800 W** de sortie assignée | ⚠ à expliciter |
| Énergie stockable | **3,7 kWh** | **3,84 kWh** | **3,84 kWh** | 1,92 kWh × 2 = 3,84 kWh | ✘ **incohérence** |
| Tension DC batterie | — | **51,2 V** | — | **19,2 V** assignés par unité | ✘ **à justifier** |
| Section câble DC | — | **6 mm²** | **4 mm²** | — | ✘ **incohérence** |
| Découplage | intégré NF EN 50549-1 | intégré, certificat joint | NF EN 50549-1 | EN 50549-1:2019, type B | ✔ cohérent |
| Régime | 0 kVA d'injection | autoconsommation | sans injection, anti-injection par mesure | — | ✔ cohérent |
| Isolation galvanique / SLT | — | **schéma IT**, contrôle intégré | régime TT côté AC | *Isolated / Transformer* | ✔ cohérent |
| Date de référence | date de demande | **DP du 17/09/2026** | date de signature | — | ✔ à condition que la DP existe |
### 12.1 Les trois écarts, expliqués
- **3,7 vs 3,84 kWh.** Écart typique entre la **capacité brute** (2 × 1,92 kWh) et une valeur
**utile / commerciale** arrondie. Ce n'est pas une faute grave, mais il faut **une seule valeur**
dans tout le dossier, et c'est la **capacité nominale du produit** qui doit être déclarée.
- **51,2 V vs 19,2 V.** 51,2 V est la tension nominale d'un pack **16S LiFePO₄**, 19,2 V celle d'un
pack **6S**. Les deux ne peuvent pas décrire le même matériel : soit la référence déclarée n'est
pas celle du certificat, soit la tension a été recopiée d'une autre fiche. **À trancher avant dépôt**,
car cette valeur conditionne le raisonnement TBT (≤ 120 V) et le choix du SLT.
- **4 vs 6 mm².** Une valeur est celle réellement posée, l'autre est une valeur « de sécurité »
recopiée. Le contrôleur retiendra **la plus défavorable** et demandera la justification
de la chute de tension.
> **Message central du module.** Un dossier administratif n'est pas une formalité de fin de chantier :
> c'est la **mise par écrit de la conception**. Les incohérences de dossier sont des
> **incohérences de conception** qui n'ont pas encore été détectées.
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## 13. Cas particuliers à connaître
### 13.1 Kits « plug & play » ≤ 800 W
- Cadre invoqué par les portails : **article D342-19 du code de l'énergie** (dispense d'attestation
de conformité pour un appareil de production **fabriqué, assemblé et testé en usine**,
raccordé sur une **prise conforme NF C 15-100**, sans modification de l'installation intérieure)
et **arrêté du 9 juin 2020** pour les appareils de puissance installée **< 800 W**.
- **Dès qu'il y a un dispositif de stockage associé**, la voie simplifiée tombe : Consuel obligatoire.
- La déclaration au GRD reste **obligatoire** dans tous les cas.
- Argument commercial à savoir tenir : un kit de balcon n'est pas une installation photovoltaïque
au sens des aides — **ni prime, ni contrat d'achat, ni éligibilité RGE**.
### 13.2 Autoconsommation totale sans injection
- Convention spécifique (**CACSI**), **puissance de raccordement demandée = 0 kVA**.
- Le dispositif d'**anti-injection** (mesure au tableau, régulation de l'onduleur) doit être
**décrit dans le dossier** et **réglé**, avec le paramétrage tracé au DOE.
- Ne dispense **pas** du Consuel, ni de l'urbanisme.
- Conséquence économique à annoncer au client : **le surplus est perdu**. C'est un choix,
qui doit être justifié (refus de contrat, simplicité, absence de comptage adapté).
### 13.3 Copropriété, locataire, bailleur
- Copropriété : résolution d'**assemblée générale**, désignation de la partie de toiture concernée,
incidence sur les parties communes, assurance de l'immeuble.
- Locataire : **autorisation écrite du propriétaire**, sort de l'installation en fin de bail.
- Bailleur social / SCI : mandat de représentation à joindre à la demande de raccordement.
### 13.4 Bâtiments particuliers
| Situation | Formalité supplémentaire |
|---|---|
| **ERP** | Avis de la commission de sécurité, information du **SDIS**, signalétique pompiers |
| **Bâtiment agricole** | Vérification de la destination du bâtiment, régime des aides spécifiques |
| **Bâtiment neuf** | L'installation entre dans le calcul **RE 2020** et dans le **permis de construire** |
| **Secteur protégé / ABF** | Avis conforme, prescriptions de teinte et d'implantation |
| **Zone desservie par une ELD** | Procédure et portail propres au gestionnaire local, délais différents |
### 13.5 Amiante, plomb, sécurité
Repérage **avant travaux** obligatoire sur bâti ancien ; intervention sur matériaux amiantés =
**sous-section 4** avec mode opératoire. Le repérage est une **pièce du dossier**, pas une option.
### 13.6 Autoinstallation vs entreprise qualifiée — le REX du cas d'école
Le SC 144 du cas d'école porte la mention **« Particulier — autoinstallation »**.
C'est une configuration légale, et un excellent contrepoint pédagogique :
| Conséquence | Autoinstallation | Entreprise qualifiée RGE |
|---|---|---|
| Attestation Consuel | Possible, signée par le particulier | Signée par l'entreprise |
| **Prime à l'autoconsommation** | **Non éligible** (pose par un professionnel qualifié exigée) | Éligible |
| **TVA à taux réduit** | Non (pas de facture de travaux) | Oui selon conditions en vigueur |
| **Garantie décennale** | **Aucune** — le particulier est son propre constructeur | Couverture décennale nommant l'activité PV |
| Recours en cas de sinistre toiture | Contre lui-même | Assureur de l'entreprise |
| Revente du bien | Le dossier technique devient une pièce à produire | Idem, avec attestations professionnelles |
> **À faire dire aux stagiaires :** face à un client qui annonce « je peux le faire moi-même
> pour moitié prix », la réponse professionnelle ne porte pas sur le prix, mais sur les
> **quatre lignes du tableau ci-dessus** : prime, TVA, décennale, valeur du bien.
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## 14. Bibliothèque de pièces du cas d'école
Pièces à préparer par le formateur avant la session (source : dossier réel, **à anonymiser**) :
| Fichier source | Nature | Ce qu'il sert à démontrer |
|---|---|---|
| `consuel.pdf` | **CERFA 15524*01** renseigné et signé électroniquement | Attestation de conformité production **avec stockage**, date limite de dépôt, n° AC |
| `SC-144C2_2.pdf` | **SC 144 C2-2 vierge** (juillet 2025) | Support d'exercice : le faire remplir par les binômes |
| `dossier-technique-sc144.pdf` | **SC 144 C2-2 renseigné** (manuscrit) | Corrigé de référence + support de la chasse aux incohérences |
| `schema-electrique.pdf` | **Schéma unifilaire** signé | Anatomie du schéma, audit critique |
| `certificat-conformité-ecoflow.pdf` | **Certificat SGS EN 50549-1** + annexe des caractéristiques | Lecture d'un certificat, bornes de dimensionnement |
| Captures du portail GRD (2) | Écrans **production**, **stockage**, **découplage**, **conformité** | Décryptage champ par champ |
**Anonymisation minimale exigée** (RGPD) : masquer nom, adresse précise, téléphone, e-mail,
n° client, n° d'attestation et **au moins 8 chiffres du PDL**. Conserver en clair les données
utiles à la pédagogie : commune, coordonnées approximatives, puissances, références matériel, dates.
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## 15. TP A1 — Monter le dossier complet (45 min)
### Énoncé stagiaire
> Vous reprenez le chantier suivant : maison individuelle **existante**, commune de Sainte-Hélène (33),
> **4 modules de 425 Wc** en surimposition sur tuiles, **un** micro-onduleur/chargeur avec batterie
> **LFP** posée en buanderie, exploitation en **autoconsommation totale sans injection**,
> tableau existant récent, branchement monophasé 8 kVA.
>
> Travail demandé, par binôme :
> 1. Établir la **liste ordonnée** des démarches, avec l'organisme destinataire et le délai.
> 2. Indiquer quel **CERFA d'attestation de conformité** doit être commandé, et pourquoi.
> 3. Renseigner le **SC 144 C2-2 vierge** : cadre A, partie 2, partie 3, partie 4.
> 4. Justifier le **cas de raccordement AC** retenu (cas 1 à 4).
> 5. Justifier le **schéma des liaisons à la terre** côté batterie.
> 6. Lister les **pièces à joindre** au dépôt Consuel et à la demande de raccordement.
> 7. Tracer le **schéma unifilaire** au propre sur paperboard.
### Corrigé formateur
**1. Démarches, dans l'ordre** — DP en mairie (CERFA 13703, 1 mois) → demande de raccordement
sur le portail du GRD (convention d'autoconsommation sans injection) → commande de l'attestation
Consuel → travaux et essais → dépôt Consuel (attestation + SC 144 + schéma) → visa →
mise en service par le GRD → remise du DOE au client.
Aucune demande de contrat d'achat (pas d'injection), aucune demande de prime.
**2. CERFA 15524*01** — présence d'un **dispositif de stockage**. Le 15523*01 serait un dossier
non conforme, à refaire (formulaire payant, perdu).
**3. SC 144 C2-2** — points attendus :
- (A1) raccordée au réseau **par l'installation de consommation** ; champ **en toiture** ;
stockage **oui** → partie 4 ; mode autonome **non** ; autres sources AC **non** ;
- (A2) modification **non** (installation neuve) ; (A3) date de référence = **déclaration préalable** ;
- partie 2 : conformité **NF EN 61730** des modules, `Iscmax = Isc STC × 1,25`,
`Uocmax` corrigée en basse température, section et température admissible du câble DC,
**1** micro-onduleur monophasé, marque/modèle, conformité **NF EN 62109**,
découplage **intégré → certificat EN 50549 traduit à joindre** ;
- partie 3 : branchement à **puissance limitée**, raccordement au tableau **principal**,
engagement **§ 551.7 NF C 15-100-1** ;
- partie 4 : référence de l'ensemble, conformité **NF EN 62619**, tension DC, énergie unitaire,
nombre de sous-ensembles, **hors local batterie** avec capacité **≤ 15 kWh** (§ 14.6.2.4 XP C 15-712-3).
**4. Cas de raccordement** — le **cas 2** est la réponse attendue d'un professionnel
(protection dédiée **dans** le tableau, In ≤ Ir AGCP) : elle est vérifiable et n'engage pas
le signataire sur le comportement thermique de tout le tableau. Accepter le **cas 3**
uniquement si le binôme énonce explicitement l'engagement `Ir + Igénérateur` et justifie
l'état du tableau. **Refuser** le cas 4 (architecture standard) et le cas 1 (aucune raison ici).
**5. SLT batterie** — convertisseur **isolé** (fiche produit : *Isolated / Transformer*)
→ **schéma IT** avec **contrôle d'isolement DC intégré** à l'onduleur, ou CPI externe
**NF EN 61557-8**. Un binôme qui coche « schéma TT côté DC » n'a pas lu la fiche produit.
**6. Pièces à joindre**
- Consuel : attestation **15524*01** + **SC 144 C2-2** + **schéma unifilaire** +
**certificat EN 50549-1 traduit** ;
- GRD : formulaire de demande, plan de situation, plan de masse, photo/plan de toiture,
**DP obtenue**, fiche produit du dispositif, mandat si l'installateur agit pour le client ;
- au dossier client (DOE) : notices, garanties, procédure de consignation, paramétrage
anti-injection, mesure de la prise de terre, photos de chantier datées.
**7. Schéma** — grille de correction : les **12 éléments** du § 10.1. Un schéma acceptable
contient au minimum PDL, AGCP, différentiel 30 mA, protection dédiée, point de raccordement AC,
convertisseur avec norme de découplage, stockage, champ PV avec architecture MPPT, sections,
régime de neutre, mode d'exploitation. **Un schéma sans sections ni calibres est refusé.**
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## 16. TP A2 — Chasse aux incohérences (25 min)
### Énoncé stagiaire
> On vous remet le **dossier réel** tel qu'il a été déposé : attestation, SC 144 renseigné,
> schéma unifilaire, certificat produit, captures du portail.
> **Vous êtes le contrôleur.** Relevez tous les écarts entre les pièces, classez-les en
> *bloquant* / *à justifier* / *cosmétique*, et rédigez la demande de complément en 10 lignes.
### Corrigé formateur — écarts à trouver
| # | Écart | Classement | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Énergie stockable **3,7 kWh** (portail) vs **3,84 kWh** (SC 144 et schéma) | À justifier | Capacité utile vs nominale ; une seule valeur doit circuler |
| 2 | Tension DC batterie **51,2 V** (SC 144) vs **19,2 V** assignés (certificat) | **Bloquant** | Décrit deux matériels différents ; conditionne le raisonnement TBT et le SLT |
| 3 | Section DC **6 mm²** (SC 144) vs **4 mm²** (schéma) | **Bloquant** | Le contrôleur retient la valeur la plus défavorable et demande la chute de tension |
| 4 | Puissance installée **1,2 kVA** (portail) vs sortie assignée **800 W** (certificat) | À justifier | Décharge batterie ≠ puissance PV ; expliciter la grandeur déclarée |
| 5 | Prise de terre notée **« < 100 Ω »** sans valeur mesurée | À justifier | Un plafond n'est pas une mesure ; exiger la valeur et la date |
| 6 | **Cas 3** coché sans justification de l'état du tableau | À justifier | Engagement sur les effets thermiques `Ir + Igénérateur` |
| 7 | Téléphone de l'interlocuteur technique non renseigné sur le SC 144 | Cosmétique | Ralentit l'instruction en cas de question |
| 8 | Anti-injection annoncé sans **paramétrage documenté** | À justifier | Le réglage doit être tracé et vérifiable |
| 9 | Aucune analyse du **risque foudre** / parafoudre | À justifier | Selon exposition du site et longueur des liaisons |
| 10 | Certificat produit **en anglais** au dossier | **Bloquant** | Le SC 144 exige une **traduction en langue française** |
**Barème indicatif :** 6 écarts sur 10 = acquis ; les écarts **2, 3 et 10** doivent impérativement
figurer dans la copie. Un binôme qui rend « dossier conforme » n'a pas fait de lecture croisée.
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## 17. QCM flash administratif (10 questions)
1. La puissance saisie sur l'attestation de conformité s'exprime en : **a)** kWc **b)** kVA **c)** kWh
2. Une installation en autoconsommation **totale sans injection** nécessite-t-elle une démarche auprès du GRD ? **a)** non **b)** oui
3. Le CERFA à utiliser pour une production **avec batterie** est : **a)** 15523*01 **b)** 15524*01 **c)** 13703
4. Le dossier technique **SC 143** est exigé quand : **a)** le branchement est à puissance surveillée **b)** il y a une batterie **c)** le champ est au sol
5. Si le découplage est **intégré** à l'onduleur, il faut joindre : **a)** rien **b)** le certificat EN 50549 traduit en français **c)** un rapport d'essai du chantier
6. Le **cas 3** du § 551.7 engage l'installateur sur : **a)** l'étanchéité **b)** la tenue thermique du tableau existant **c)** le rendement
7. Un convertisseur **sans** séparation galvanique AC/DC impose côté batterie : **a)** un schéma IT **b)** un schéma TT **c)** un schéma TN-C
8. La **date de référence** du SC 144 peut être : **a)** la date de fin de chantier **b)** la date de la déclaration préalable **c)** la date du visa Consuel
9. Un kit plug & play de 750 W **avec batterie** est-il dispensé d'attestation Consuel ? **a)** oui **b)** non
10. Le visa Consuel garantit : **a)** la sécurité électrique **b)** l'étanchéité de la toiture **c)** la production annuelle
**Corrigé :** 1-b · 2-b · 3-b · 4-a · 5-b · 6-b · 7-b · 8-b · 9-b · 10-a.
**Commentaires à donner en correction :** les questions 1, 6 et 9 sont les trois pièges
récurrents. La 1 parce que kWc et kVA cohabitent sur les mêmes écrans ; la 6 parce que
le cas 3 paraît être la solution « sans travaux » ; la 9 parce que la présence d'un stockage
fait basculer tout le régime documentaire.
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## 18. Checklists opérationnelles
### 18.1 Avant travaux — le dossier ne démarre pas sans
- [ ] Devis signé, conforme au code de la consommation, mentions RGE et assurance
- [ ] Estimation de productible **avec sa méthode** et son `Pr`
- [ ] **Non-opposition à DP** (ou PC) + affichage sur le terrain
- [ ] Autorisation du propriétaire / résolution d'AG si nécessaire
- [ ] Demande de raccordement déposée, régime choisi et **puissances cohérentes**
- [ ] Repérage amiante / plomb si bâti ancien
- [ ] Attestation d'assurance **décennale nommant l'activité PV**
- [ ] Notice de pose du procédé de fixation, ATec/DTA si intégration
- [ ] Attestation Consuel **commandée**, date limite de dépôt notée à l'agenda
### 18.2 Avant dépôt Consuel
- [ ] Attestation : **bon CERFA**, toutes les cases obligatoires, PDL, coordonnées GPS, signature
- [ ] **SC 144** de la bonne déclinaison, toutes les parties déclenchées effectivement remplies
- [ ] **Schéma unifilaire** portant les 12 éléments du § 10.1, daté et signé
- [ ] **Certificat EN 50549-1 traduit en français**, modèle exact, validité en cours
- [ ] Cohérence croisée des puissances, tensions, sections, capacités (tableau du § 12)
- [ ] Mesures réalisées et consignées : Voc/Isc par entrée, isolement, prise de terre
- [ ] Étiquetage en place et photographié
### 18.3 À la mise en service et à la remise du client
- [ ] Visa Consuel transmis au GRD, mise en service confirmée, PDL actif
- [ ] Paramétrage anti-injection ou de bridage **tracé**
- [ ] **DOE** : notices, schémas, garanties, procédure de consignation, plan de maintenance
- [ ] Formation du client : arrêt d'urgence, lecture du monitoring, ce qu'il ne doit pas toucher
- [ ] Consignes pompiers / signalétique si applicable
- [ ] Information sur la **filière de reprise Soren** en fin de vie
- [ ] Contrat d'achat et versement de la prime suivis jusqu'à leur terme
### 18.4 Motifs de rejet ou de retard les plus fréquents
| Motif | Où il se joue |
|---|---|
| Puissance en kWc là où le formulaire attend des kVA | Attestation, portail |
| Partie déclenchée laissée vierge (stockage, mode autonome) | SC 144 |
| Certificat de découplage absent ou non traduit | SC 144 / dépôt Consuel |
| Schéma sans sections, sans calibres, non signé | Dépôt Consuel |
| Incohérence de capacité, de tension ou de section entre pièces | Contrôle croisé |
| Travaux commencés avant non-opposition à DP | Urbanisme, contrôle mairie |
| Deux demandes de raccordement concurrentes sur la même adresse | Portail GRD |
| Attestation déposée après sa **date limite** | Consuel |
| Sous-traitance non déclarée (« autres intervenants » = non) | Attestation |
| Absence de sectionnement / consignation documentée | Contrôle sur site |
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## 19. Les 12 messages à retenir du module administratif
1. Quatre guichets **indépendants** : mairie, GRD, Consuel, acheteur. Chacun bloque seul.
2. Trois dates commandent le dossier : **date de référence**, **demande complète de raccordement**,
**date limite de dépôt de l'attestation**.
3. **kWc ≠ kVA ≠ kWh**. Le portail et l'attestation demandent des **kVA**.
4. Une puissance de raccordement à **0 kVA** est un engagement technique de non-injection.
5. Présence d'une **batterie** = CERFA **15524*01** + partie 4 du SC 144 + fin de la voie plug & play.
6. Un « oui » dans le cadre A du SC 144 **ouvre une partie** à remplir intégralement.
7. Découplage **intégré** = **certificat EN 50549-1 traduit en français** à joindre.
8. Le certificat produit **fixe les bornes de dimensionnement** : Uocmax, Iscmax, Impp, isolation.
9. **Isolation galvanique → schéma IT** avec contrôle d'isolement ; **sans isolation → schéma TT**.
10. Le **cas 3** du § 551.7 est un engagement sur le tableau existant, pas un raccourci.
11. Le **schéma unifilaire** est une pièce technique : 12 éléments, sections et calibres compris.
12. Les incohérences de dossier sont des **incohérences de conception** non détectées :
le tableau de contrôle croisé du § 12 est le dernier filet avant le contrôleur.
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> **Rappels de rattachement au parcours.** Le détail de l'**urbanisme** (DP, PC, ABF, PLU, affichage,
> recours des tiers) est traité en [`02-jour1-conseil-client.md`](/formation/jour-1-conseil-client/) § 1.3.2 ; les **régimes tarifaires
> et la prime** en § 1.5 ; la **mise en service et le DOE** en [`04-jour3-mise-en-oeuvre-securite-maintenance.md`](/formation/jour-3-mise-en-oeuvre-securite-maintenance/) § 3.5.
> Ce module ne les répète pas : il les met en dossier.
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# L'autoconsommation résidentielle en chiffres réels
URL : https://citilience.fr/formation/autoconsommation-open-data-enedis/
Mise à jour : 19/09/2026
Construire un argumentaire client sincère à partir des données ouvertes du gestionnaire de réseau : séries 2010-2026, retournement de marché, pièges de lecture.
## Lire l'Open Data Enedis pour construire un argumentaire client sincère
> **Module complémentaire de 45 à 60 min**, à insérer en J1 dans la séquence 1.1 (marché) ou en
> ouverture de la séquence 1.5 (incitations financières).
>
> **Pourquoi ce chapitre ?** La séquence 1.1 du support `02` renvoie à des « chiffres de cadrage
> `[À ACTUALISER]` » sans les fournir. Ce module comble ce vide avec une **source primaire,
> gratuite, requêtable et actualisée tous les trimestres** : l'Open Data d'Enedis.
> Le stagiaire n'apprend pas seulement des chiffres — il apprend à **aller les chercher lui-même**
> avant chaque rendez-vous client, ce qui est la seule façon de tenir un discours de marché à jour.
>
> **Bénéfice pédagogique direct :** un installateur qui sait dire *« sur mon département,
> 76 % du parc résidentiel est en autoconsommation, la puissance moyenne posée est de 4,9 kWc,
> et une installation neuve sur cinq embarque une batterie »* est crédible.
> Celui qui dit *« le solaire, c'est rentable »* ne l'est pas.
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## 1. Objectifs opérationnels du module
À l'issue de ce module, le stagiaire est capable de :
1. **Nommer et situer** les trois régimes d'injection tels qu'Enedis les enregistre, et faire le
lien avec les trois modèles économiques de la séquence 1.1 ;
2. **Décrire l'évolution** du parc résidentiel depuis 2010 et **datter les points de bascule**
(2017, 2021, 2024) en les rattachant aux décisions tarifaires ;
3. **Interpréter un retournement de marché** à partir des flux trimestriels, et non du seul stock ;
4. **Situer son département et sa région** par rapport à la moyenne nationale ;
5. **Requêter lui-même** l'Open Data Enedis (interface web ou API) pour actualiser un chiffre ;
6. **Repérer les six pièges de lecture** de ces données et ne pas les répéter devant un client.
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## 2. La source : ce qu'est l'Open Data Enedis, ce qu'il n'est pas
### 2.1 Portail et licence
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Portail | **`opendata.enedis.fr`** — l'ancienne adresse `data.enedis.fr` redirige désormais vers celle-ci |
| Licence | **Licence Ouverte / Open Licence v2.0** (Etalab) — réutilisation libre, y compris commerciale, avec mention de la source |
| Producteur | Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution |
| Fréquence de mise à jour | **trimestrielle** pour les jeux « parc de production » et « autoconsommation collective » |
| Format | Web (tableaux, cartes, graphiques), export CSV / JSON / Excel, **API REST Explore v2.1** |
| Coût | gratuit, sans compte ni clé d'API pour les volumes de consultation |
### 2.2 Les quatre jeux de données utiles à ce module
| Identifiant du jeu de données | Contenu | Maille |
|---|---|---|
| `historique-du-parc-des-installations-de-production-par-tranche-de-puissance-racc` | **Le jeu central.** Parc cumulé fin de trimestre depuis T1 2010 : nombre d'installations et puissance, croisés par filière × tranche de puissance × **type d'injection** × présence de stockage | National |
| `parc-des-installations-de-production-raccordees-par-departement-historique` | Les mêmes croisements, déclinés par **département et région** | Département |
| `autoconsommation-collective-maille-enedis` | Opérations d'**autoconsommation collective** actives : nombre d'opérations, participants, producteurs, consommateurs, puissance | National |
| `autoconsommation-collective-maille-region` | Idem par **région** | Région |
Les deux premiers jeux étaient à jour du **T2 2026** (données publiées le 17 juillet 2026) au moment
de la rédaction de ce support. **Le formateur revérifie systématiquement le dernier trimestre
disponible avant la session** — la procédure est donnée au § 9.
### 2.3 ⚠️ Périmètre : Enedis n'est pas la France
C'est **le** piège de départ, et il faut le poser avant tout chiffre.
- Enedis exploite **environ 95 % du réseau public de distribution** français ;
- Sont donc **absents** de ces données : la **Corse**, les **zones non interconnectées** (Guadeloupe,
Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) et le territoire des **entreprises locales de
distribution** (ELD) — Strasbourg, Metz, Grenoble, Bordeaux partiellement, et environ
150 autres régies.
- Les données Enedis sont donc **un plancher**, pas un total national. Pour un total France
entière, il faut consolider avec le **registre national des installations de production**
(SDES / ORE) ou le **Panorama de l'électricité renouvelable**.
> **Formulation à tenir devant un client :** « d'après les données du gestionnaire de réseau,
> qui couvre 95 % du territoire, … ». Jamais « en France, il y a exactement … ».
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## 3. Vocabulaire Enedis : traduire les trois régimes d'injection
Le jeu de données ne parle pas de « modèles économiques » mais de **types d'injection**.
La correspondance est la clef de lecture de tout ce chapitre.
| Libellé Enedis (`type_injection`) | Modèle économique de la séq. 1.1 | Ce que voit le réseau | Contrat type |
|---|---|---|---|
| **Injection totale** | Vente en totalité | Toute la production est injectée, aucun soutirage compensé | Contrat d'achat (S06 à S21 selon l'époque), obligation d'achat |
| **Injection du surplus** | Autoconsommation avec vente du surplus | Soutirage **et** injection sur le même point de livraison | Contrat d'achat de surplus + **prime à l'autoconsommation** |
| **Autoconsommation sans injection** | Autoconsommation totale | Aucune injection déclarée (ou injection gratuite) | **Convention d'autoconsommation sans injection** — CACSI |
**Dans ce chapitre, « autoconsommation » = `Injection du surplus` + `Autoconsommation sans injection`.**
C'est la définition retenue par Enedis lui-même et celle qu'il faut employer en séance.
### Le périmètre « particulier » : la tranche `]0 ; 36]`
Le champ `tranche` découpe le parc en cinq classes de puissance de raccordement.
La tranche **`a-]0;36]`** — soit **puissance de raccordement ≤ 36 kVA** — correspond au domaine
du **branchement basse tension monophasé ou triphasé de type domestique**.
C'est le proxy du **particulier** et du très petit tertiaire, et c'est celui utilisé partout ci-dessous.
> ⚠️ Ne pas confondre **kVA de raccordement** (le champ `tranche`) et **kWc de puissance crête**
> (le champ `puissance_mw`). Une installation de 9 kWc peut être raccordée en 12 kVA.
> Le point est traité au § 8, piège n° 3, et rejoint le § 6 du module administratif (`12`).
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## 4. Le cadrage : où se situe le résidentiel dans le parc PV ?
**Parc photovoltaïque total raccordé au réseau Enedis, fin T2 2026 :**
| Tranche de puissance de raccordement | Installations | Part | Puissance | Part |
|---|---|---|---|---|
| **`]0 ; 36]` kVA — le résidentiel** | **1 242 435** | **93,4 %** | **5 785 MW** | **18,8 %** |
| `]36 ; 100]` kVA | 43 207 | 3,2 % | 3 680 MW | 11,9 % |
| `]100 ; 250]` kVA | 39 642 | 3,0 % | 7 793 MW | 25,3 % |
| `]250 ; 500]` kVA | 1 444 | 0,1 % | 550 MW | 1,8 % |
| `> 500` kVA | 3 099 | 0,2 % | 12 998 MW | 42,2 % |
| **Total PV Enedis** | **1 329 827** | 100 % | **30 806 MW** | 100 % |
**Ce tableau valide et chiffre l'affirmation du § 1.1.3 du support `02` :** le résidentiel
représente **93 installations sur 100** mais **moins de 19 % de la puissance installée**.
**Et l'autoconsommation, toutes tranches confondues :** **905 348 installations** pour **6 055 MW**,
dont **892 994 installations (98,6 %) dans la seule tranche ≤ 36 kVA**.
Autrement dit : **l'autoconsommation en France, c'est d'abord et massivement du résidentiel.**
Le stagiaire qui sort de cette formation travaille sur le cœur du marché de l'autoconsommation.
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## 5. L'évolution 2010 → 2026 : trois ruptures à savoir raconter
Parc PV ≤ 36 kVA raccordé au réseau Enedis par type d'injection, 2010-2026
### 5.1 La série longue (parc cumulé, fin de trimestre)
| Fin de période | Parc PV ≤ 36 kVA | Injection totale | Injection du surplus | Autoconso sans injection | **Autoconsommation** | **Part** | MW autoconso |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2010 T4 | 141 294 | 140 656 | 638 | 0 | 638 | **0,5 %** | 2 |
| 2012 T4 | 253 707 | 252 870 | 837 | 0 | 837 | **0,3 %** | 2 |
| 2014 T4 | 308 027 | 306 354 | 1 673 | 0 | 1 673 | **0,5 %** | 6 |
| 2015 T4 | 323 285 | 320 051 | 3 234 | 0 | 3 234 | **1,0 %** | 11 |
| 2016 T4 | 340 235 | 331 949 | 6 511 | 1 775 | 8 286 | **2,4 %** | 28 |
| 2017 T4 | 360 302 | 340 428 | 13 579 | 6 295 | 19 874 | **5,5 %** | 67 |
| 2018 T4 | 385 265 | 346 128 | 28 506 | 10 631 | 39 137 | **10,2 %** | 133 |
| 2019 T4 | 413 038 | 347 987 | 52 003 | 13 048 | 65 051 | **15,7 %** | 226 |
| 2020 T4 | 443 283 | 348 015 | 78 717 | 16 551 | 95 268 | **21,5 %** | 343 |
| 2021 T4 | 497 467 | 350 409 | 125 355 | 21 703 | 147 058 | **29,6 %** | 560 |
| 2022 T4 | 588 761 | 351 156 | 198 227 | 39 378 | 237 605 | **40,4 %** | 920 |
| 2023 T4 | 786 111 | 350 945 | 364 797 | 70 369 | 435 166 | **55,4 %** | 1 746 |
| 2024 T4 | 1 021 704 | 350 916 | 562 194 | 108 594 | 670 788 | **65,7 %** | 2 793 |
| 2025 T4 | 1 189 445 | 351 084 | 703 333 | 135 028 | 838 361 | **70,5 %** | 3 673 |
| **2026 T2** | **1 242 435** | **349 441** | **747 967** | **145 027** | **892 994** | **71,9 %** | **3 984** |
*Source : Enedis Open Data, `historique-du-parc-des-installations-de-production-par-tranche-de-puissance-racc`,
filtres `type_production = Photovoltaïque` et `tranche = a-]0;36]`.*
### 5.2 Rupture n° 1 — 2010-2015 : le monde de la vente totale
Pendant cinq ans, l'autoconsommation **n'existe pas** : moins de 1 % du parc.
Le tarif d'achat en **intégration au bâti** est si élevé (jusqu'à 60 c€/kWh en 2010) que vendre
100 % de sa production est la seule option rationnelle. C'est l'époque des **bulles spéculatives**,
du moratoire de décembre 2010, et de l'obligation d'intégration au bâti qui a produit une
génération de toitures dont les malfaçons d'étanchéité nourrissent encore les sinistres décennaux
(à rapprocher de la séquence 3.3 du support `04`).
**Trace durable dans les données :** le parc en injection totale ≤ 36 kVA se **fige autour de
348 000 à 351 000 installations à partir de 2019** et ne bouge plus. Ce sont les contrats
d'obligation d'achat de 20 ans signés entre 2006 et 2011.
**Depuis T1 2026, ce stock recule pour la première fois** (−822 puis −821 installations sur les
deux derniers trimestres).
> **Enjeu commercial à venir, à annoncer aux stagiaires :** les premiers contrats de 20 ans
> arrivent à échéance à partir de **2030**. Environ **350 000 installations résidentielles**
> devront alors choisir entre un nouveau contrat de vente, un basculement en autoconsommation
> (avec dépose/repose ou reconfiguration du comptage) ou une rénovation complète.
> **C'est un gisement de chantiers identifiable dès aujourd'hui dans l'Open Data.**
### 5.3 Rupture n° 2 — 2016-2021 : l'installation du modèle
- **2016** : apparition de la première ligne `Autoconsommation sans injection` dans les données
(8 installations au T1 2016). Le régime existe désormais administrativement.
- **2017** : l'arrêté tarifaire dit **« S17 »** crée la **prime à l'autoconsommation** et un tarif
d'achat de surplus. Effet immédiat : la part d'autoconsommation passe de **2,4 % à 5,5 %** en un an,
puis **10,2 %** fin 2018.
- **2021** : le franchissement des **30 %**. La bascule est symboliquement acquise.
### 5.4 Rupture n° 3 — 2022-2024 : l'emballement, puis le retournement
La crise énergétique de 2022 fait exploser le marché. **La part d'autoconsommation passe de
40 % à 66 % en deux ans**, et le parc en autoconsommation est **multiplié par 9,4 entre fin 2020
et le T2 2026** (95 268 → 892 994 installations), **par 22,8 depuis fin 2018**.
**Mais le stock cache le retournement.** C'est l'objet du § 6.
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## 6. Le retournement de 2025-2026 : lire les flux, pas le stock
**C'est le point le plus important de ce module pour un chef d'entreprise.**
Le parc en autoconsommation continue de croître, donc les graphiques de stock montent toujours.
Pourtant **le marché s'est contracté de plus de moitié en sept trimestres**.
Flux nets trimestriels et pénétration du stockage, PV ≤ 36 kVA
### 6.1 Raccordements nets par trimestre, parc en autoconsommation ≤ 36 kVA
| Trimestre | Injection du surplus | Autoconso sans injection | **Total net** | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| 2023 T3 | +52 337 | +8 224 | **+60 561** | — |
| 2023 T4 | +45 218 | +5 861 | **+51 079** | |
| 2024 T1 | +43 840 | +10 536 | **+54 376** | |
| 2024 T2 | +49 027 | +11 497 | **+60 524** | |
| **2024 T3** | +52 702 | +9 366 | **+62 068** | **← pic historique** |
| 2024 T4 | +51 828 | +6 826 | **+58 654** | −5 % |
| 2025 T1 | +43 292 | +7 224 | **+50 516** | −19 % vs pic |
| 2025 T2 | +39 288 | +7 854 | **+47 142** | −24 % |
| 2025 T3 | +30 718 | +6 972 | **+37 690** | **−39 %** |
| 2025 T4 | +27 841 | +4 384 | **+32 225** | **−48 %** |
| 2026 T1 | +22 687 | +4 746 | **+27 433** | **−56 %** |
| **2026 T2** | +21 947 | +5 253 | **+27 200** | **−56 %** |
### 6.2 Ce que le formateur doit faire dire aux stagiaires
1. **Le pic est daté : T3 2024.** Sept trimestres de baisse consécutive ensuite.
2. **La baisse est de −56 %**, elle porte **presque entièrement sur l'injection du surplus**
(−58 % : 52 702 → 21 947), c'est-à-dire sur le segment sensible au **tarif d'achat de surplus
et à la prime à l'autoconsommation**, tous deux fortement révisés à la baisse sur la période.
3. **L'autoconsommation sans injection résiste** (−44 % seulement, et remontée au T2 2026).
Ce segment est **moins dépendant des aides** — voir § 7.
4. **Le plancher semble atteint** : T1 et T2 2026 sont quasi identiques (+27 433 puis +27 200).
5. **Conséquence business directe** : une entreprise qui a bâti sa structure de coûts sur le rythme
de 2024 est aujourd'hui en surcapacité. C'est **le premier facteur de faillite du secteur**,
ce qui rejoint la conclusion n° 10 de la séquence 1.1 du support `02`.
> **Argument à ne pas tenir devant un client :** « le marché explose ». C'est faux depuis 2025.
> **Argument juste :** « le marché s'est assaini, les acteurs opportunistes se retirent,
> et la qualification RGE devient un critère de sélection ».
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## 7. Deux signaux faibles à connaître avant ses concurrents
### 7.1 La puissance moyenne posée monte — sauf dans un segment
Puissance moyenne par installation selon le type d'injection
| Fin d'année | Injection du surplus | Autoconso sans injection | Injection totale |
|---|---|---|---|
| 2010 | 2,36 kWc | — | 3,31 kWc |
| 2016 | 3,66 kWc | 2,21 kWc | 4,29 kWc |
| 2019 | 3,74 kWc | 2,39 kWc | 4,49 kWc |
| 2021 | 4,00 kWc | **2,70 kWc** | 4,65 kWc |
| 2022 | 4,19 kWc | 2,28 kWc | 4,75 kWc |
| 2023 | 4,42 kWc | 1,91 kWc | 4,84 kWc |
| 2024 | 4,61 kWc | **1,85 kWc** | 4,93 kWc |
| 2025 | 4,85 kWc | 1,95 kWc | 5,07 kWc |
| **2026 T2** | **4,94 kWc** | **1,99 kWc** | **5,15 kWc** |
**Lecture n° 1 — le projet type grossit.** Une installation neuve en vente de surplus tourne
aujourd'hui autour de **5 kWc**, contre 3,7 kWc il y a sept ans. Effets combinés : modules
plus puissants (de 250 Wc à 450-500 Wc par module à surface quasi constante), électrification
des usages (pompe à chaleur, véhicule électrique, ballon thermodynamique), et raisonnement client
qui passe du « je teste » au « je couvre mes besoins ».
**Conséquence pour le couvreur : plus de modules, plus d'emprise en toiture, plus de fixations,
et une vérification de charpente qui n'est plus optionnelle** (voir `11` § 3).
**Lecture n° 2 — le segment sans injection se dédouble.** La puissance moyenne du parc sans
injection **culmine à 2,70 kWc fin 2021 puis chute à 1,85 kWc fin 2024**. Une moyenne de parc
cumulé ne baisse que si les entrants sont beaucoup plus petits que le stock : c'est la signature
statistique de l'arrivée massive des **kits solaires « plug & play »** de 400 Wc à 1,6 kWc,
posés au sol, sur balcon ou en autoinstallation, déclarés en autoconsommation sans injection.
> **Position professionnelle à faire adopter en séance.** Ces kits ne sont pas le marché du
> stagiaire, et il ne doit pas s'y opposer maladroitement. Il doit savoir dire :
> « ce type de kit fonctionne, il ne demande pas de qualification RGE parce qu'il **n'ouvre droit
> à aucune aide**, il ne pose ni question d'étanchéité de toiture ni d'engagement décennal.
> Ce que je vends, c'est une installation en toiture, garantie, éligible aux aides,
> et dimensionnée sur votre consommation réelle. Ce n'est pas le même produit. »
### 7.2 Le stockage décolle — brutalement, à partir de 2025
Le champ `stockage_existence` du même jeu de données permet d'isoler les installations
équipées d'un dispositif de stockage.
| Fin de période | Parc ≤ 36 kVA avec stockage | Part du parc | Dont surplus | Dont sans injection | **Part du flux net trimestriel** |
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 T4 | 6 046 | 1,46 % | | | ≈ 5 % |
| 2021 T4 | 8 203 | 1,65 % | | | ≈ 1 % |
| 2023 T4 | 11 757 | 1,50 % | | | ≈ 2 % |
| 2024 T4 | 15 790 | 1,55 % | 12 222 | 3 541 | **2 %** |
| 2025 T4 | 25 978 | 2,18 % | 21 141 | 4 809 | **14 %** |
| 2026 T1 | 30 902 | 2,54 % | 25 462 | 5 410 | **18 %** |
| **2026 T2** | **35 956** | **2,89 %** | **29 884** | **6 038** | **19 %** |
**Le chiffre à retenir : la part du stockage dans les raccordements nets d'un trimestre est passée
de 2 % fin 2024 à 19 % au T2 2026.** Le parc avec batterie a **plus que doublé en dix-huit mois**
(15 790 → 35 956), alors que le marché global reculait de moitié.
**Interprétation à donner en séance.** Les deux mouvements sont liés, pas contradictoires :
quand le tarif d'achat de surplus baisse, la valeur du kWh injecté s'effondre, et **stocker devient
plus rentable que vendre**. Le stockage n'est plus un gadget de passionné, c'est la réponse
économique rationnelle à la baisse des tarifs d'achat.
> **Conséquences directes pour la formation :**
> - Le **dimensionnement** change : ratio DC/AC, onduleur hybride, couplage DC ou AC (`03` § 3) ;
> - Le **dossier administratif** change : CERFA d'attestation de conformité différent en présence
> d'un stockage, régime de neutre côté batterie, § 551.7 de la NF C 15-100-1
> (c'est exactement le cas d'école du module `12`, à 1,7 kWc avec batterie LFP) ;
> - La **sécurité incendie** change : local batterie, consignes pompiers, coupure d'urgence (`04` § 2) ;
> - La **maintenance** change : suivi de l'état de santé (SoH), cycles, garantie constructeur (`04` § 6).
>
> Le module `12` n'est donc pas un cas exotique : **il décrit la configuration vers laquelle
> le marché converge.**
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## 8. La géographie : situer son territoire
**Part de l'autoconsommation dans le parc PV ≤ 36 kVA par région, fin T2 2026**
| Région | Installations en autoconso | Part du parc régional | Parc total ≤ 36 kVA | Puissance autoconso |
|---|---|---|---|---|
| Occitanie | 165 882 | **75,7 %** | 219 184 | 728 MW |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 161 217 | 73,0 % | 220 983 | 774 MW |
| Nouvelle-Aquitaine | 132 470 | 74,4 % | 178 079 | 584 MW |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 83 969 | 72,3 % | 116 066 | 376 MW |
| Bourgogne-Franche-Comté | 49 449 | 73,2 % | 67 546 | 229 MW |
| Hauts-de-France | 47 041 | 72,7 % | 64 736 | 193 MW |
| Centre-Val de Loire | 29 765 | 71,3 % | 41 734 | 125 MW |
| Île-de-France | 30 045 | 70,0 % | 42 929 | 114 MW |
| Grand-Est | 56 539 | 69,7 % | 81 122 | 265 MW |
| Normandie | 29 810 | 69,2 % | 43 093 | 128 MW |
| Bretagne | 42 917 | 68,8 % | 62 385 | 186 MW |
| **Pays de la Loire** | 63 890 | **61,1 %** | 104 578 | 280 MW |
| **Total Enedis** | **892 994** | **71,9 %** | **1 242 435** | **3 984 MW** |
**Départements aux extrêmes**
| Part la plus élevée | | Part la plus faible | |
|---|---|---|---|
| Pyrénées-Orientales | **82,4 %** | Mayenne | 56,1 % |
| Haute-Garonne | 79,6 % | Sarthe | 56,2 % |
| Aube | 78,2 % | Maine-et-Loire | 60,8 % |
| Lot · Dordogne | 77,4 % | Vendée | 61,6 % |
| Gironde | 77,3 % | Orne | 63,2 % |
**Volumes les plus importants** (nombre d'installations en autoconsommation) :
Haute-Garonne 35 101 · Gironde 34 366 · Hérault 28 765 · Isère 27 501 ·
Bouches-du-Rhône 26 988 · Gard 24 644 · Var 24 378 · Rhône 21 594.
### Comment lire cette carte sans dire de bêtise
1. **La part d'autoconsommation ne mesure pas l'ensoleillement.** L'Île-de-France (70,0 %) est
au-dessus de la Bretagne (68,8 %) et des Pays de la Loire (61,1 %). Ce n'est pas un indicateur
de gisement solaire, mais un **indicateur d'ancienneté du parc**.
2. **Les Pays de la Loire sont en bas du classement parce qu'ils étaient en haut il y a quinze ans.**
La Vendée, la Sarthe, la Mayenne et le Maine-et-Loire ont connu un boom précoce de la
**vente totale** en toiture agricole et pavillonnaire entre 2006 et 2011. Ce stock ancien pèse
encore dans le dénominateur. **Traduction commerciale : c'est là que le gisement de
renouvellement de contrat post-2030 est le plus dense.**
3. **Paris est un artefact.** 212 installations sur tout le département, dont 43,4 % en
autoconsommation : l'échantillon est trop petit pour être commenté. **Ne jamais citer un
pourcentage sans son effectif.**
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## 9. L'autoconsommation collective : petit en volume, ×45 en cinq ans
Jeux `autoconsommation-collective-maille-enedis` et `-maille-region`.
| Trimestre | Opérations actives | Participants | dont producteurs | dont consommateurs | Puissance de production |
|---|---|---|---|---|---|
| 2021 T1 | 50 | 676 | 87 | 589 | 2,1 MVA |
| 2022 T4 | 149 | 2 010 | 280 | 1 730 | 8,3 MVA |
| 2023 T4 | 305 | 4 369 | 584 | 3 785 | 22,7 MVA |
| 2024 T4 | 698 | 8 342 | 1 110 | 7 232 | 73,6 MVA |
| 2025 T4 | 1 625 | 17 995 | 2 418 | 15 577 | 235,3 MVA |
| **2026 T2** | **2 276** | **25 497** | **3 379** | **22 118** | **382,3 MVA** |
**Lecture.** ×45 sur le nombre d'opérations et **×179 sur la puissance** depuis le T1 2021.
La croissance est **restée forte en 2025-2026 alors que l'individuel reculait** : +40 % d'opérations
sur les seuls deux derniers trimestres. Opération moyenne au T2 2026 : **168 kVA** et
**11,2 participants** (dont 9,7 consommateurs pour 1,5 producteur).
**Mais l'échelle reste modeste** : 2 276 opérations et 382 MVA, à comparer aux 892 994 installations
et 3 984 MW de l'autoconsommation individuelle résidentielle. **L'autoconsommation collective
représente environ 0,25 % des opérations et 9,6 % de la puissance d'autoconsommation résidentielle.**
> **Position à tenir.** L'autoconsommation collective est un marché **de niche à forte croissance**,
> dont les interlocuteurs sont des **syndics, bailleurs sociaux, collectivités et ASL** — pas des
> particuliers. Elle exige une **personne morale organisatrice (PMO)** et un périmètre géographique
> réglementé. Un artisan intégration au bâti peut y intervenir **en sous-traitance de pose**, rarement
> comme porteur de projet. À positionner ainsi dans la séq. 1.1.1 du support `02`.
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## 10. Aller chercher les chiffres soi-même (démonstration projetée, 10 min)
**C'est la compétence la plus durable de ce module.** Les chiffres de ce support seront périmés ;
la méthode ne le sera pas.
### 10.1 Voie n° 1 — l'interface web, sans compétence technique
1. Aller sur **`opendata.enedis.fr`** ;
2. Rechercher **`parc des installations de production raccordées par département`** ;
3. Ouvrir l'onglet **Tableau** ou **Analyse** ;
4. Appliquer les filtres, dans cet ordre :
- `type_production` = **Photovoltaïque**
- `tranche` = **a-]0;36]**
- `fin_de_trimestre` = **le trimestre le plus récent**
- `nom_departement` = **son département**
5. Grouper par `type_injection` et lire `nombre_installations` et `puissance_mw` ;
6. Exporter en CSV pour l'archiver avec la date de consultation.
### 10.2 Voie n° 2 — l'API, pour un chiffre reproductible
L'API **Explore v2.1** est publique, sans clé. Structure d'une requête :
```
https://opendata.enedis.fr/api/explore/v2.1/catalog/datasets//records
?where=
&group_by=
&select=
&limit=100
```
**Exemple reproductible — le chiffre national d'autoconsommation résidentielle :**
```
https://opendata.enedis.fr/api/explore/v2.1/catalog/datasets/
historique-du-parc-des-installations-de-production-par-tranche-de-puissance-racc/records
?where=type_production%3D%27Photovolta%C3%AFque%27%20AND%20tranche%3D%27a-%5D0%3B36%5D%27
&group_by=annee%2Ctrimestre%2Ctype_injection
&select=sum(nombre_installations)%20as%20nb%2C%20sum(puissance_mw)%20as%20mw
&order_by=annee%2Ctrimestre&limit=100
```
Soit, en clair :
`where = type_production='Photovoltaïque' AND tranche='a-]0;36]'` ·
`group_by = annee,trimestre,type_injection` ·
`select = sum(nombre_installations) as nb, sum(puissance_mw) as mw`.
Le résultat est du JSON, directement exploitable dans un tableur ou un script.
> **Note technique pour le formateur.** L'ancien domaine **`data.enedis.fr` redirige vers
> `opendata.enedis.fr`** depuis la refonte du portail, et l'ancienne couche de compatibilité
> d'API ne répond plus sur toutes les routes (message *« Cette couche de compatibilité pour la
> version d'API précédente ne supporte pas cette requête »*). **Toujours utiliser le nouveau
> domaine et la route `/api/explore/v2.1/`.** Un lien enregistré avant 2026 dans un support ancien
> est probablement mort : c'est un point à vérifier avant la session.
### 10.3 Fiche de veille à distribuer aux stagiaires
| Quoi | Où | Quand |
|---|---|---|
| Parc PV et autoconsommation, national et départemental | `opendata.enedis.fr` | **chaque trimestre** |
| Autoconsommation collective | `opendata.enedis.fr` | chaque trimestre |
| Tarifs d'achat et prime à l'autoconsommation (S21 et successeurs) | délibérations **CRE** | **chaque trimestre** |
| Production PV nationale et mix électrique | **Bilan électrique RTE** | annuel |
| Registre national des installations de production (France entière, ELD et ZNI incluses) | **ORE / SDES** | semestriel |
| File d'attente de raccordement | Open Data Enedis, jeu `historique-file-dattente-des-demandes-de-raccordement-de-production` | trimestriel |
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## 11. Les six pièges de lecture
| # | Piège | Ce qui est faux | Formulation juste |
|---|---|---|---|
| **1** | **Confondre le périmètre** | « En France, il y a 1,24 million d'installations PV résidentielles » | « Sur le réseau Enedis, soit ~95 % du territoire hors Corse, ZNI et ELD, … ». Le chiffre France entière est **supérieur** |
| **2** | **Lire le stock au lieu du flux** | « Le marché est en pleine croissance, le parc augmente » | Le **parc** croît, le **marché** recule de 56 % depuis le T3 2024. Le stock est un cumul, il ne peut quasiment pas baisser |
| **3** | **Confondre kVA et kWc** | « Tranche ≤ 36 kVA, donc installations ≤ 36 kWc » | `tranche` = **puissance de raccordement en kVA** ; `puissance_mw` = **puissance crête**. Les deux sont différentes et distinctes du kWh (voir `12` § 6) |
| **4** | **Confondre puissance et production** | « 3 984 MW d'autoconsommation, donc 3 984 MWh » | Un MW est une puissance crête en STC. La production dépend du gisement, de l'orientation et du Pr (`03` § 5) |
| **5** | **Citer un pourcentage sans son effectif** | « À Paris, seulement 43 % du parc est en autoconsommation » | 212 installations au total : l'échantillon n'est pas commentable |
| **6** | **Prendre un dernier trimestre pour une tendance** | « L'autoconsommation sans injection est repartie, +19 % au T2 2026 » | Les données sont **révisées** d'un trimestre à l'autre et le dernier point est le moins stable. Raisonner sur **quatre trimestres glissants** |
> **Piège n° 2 bis, spécifique au commercial.** Un « −56 % de raccordements » ne se dit pas
> devant un client. Ce qui se dit : « le marché a été très spéculatif en 2023-2024, beaucoup
> d'acteurs sont partis, et vous avez aujourd'hui intérêt à choisir une entreprise qui sera encore
> là dans dix ans pour la maintenance ». **La donnée sert l'argumentaire, elle ne le remplace pas.**
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## 12. TP 13 — « Mon département en cinq minutes » (25 min)
**Modalité :** binômes, 1 poste informatique pour 2, accès Wi-Fi.
**Livrable :** une fiche recto à conserver dans le classeur commercial.
### Énoncé
1. Sur `opendata.enedis.fr`, ouvrir le jeu
`parc-des-installations-de-production-raccordees-par-departement-historique`.
2. Filtrer sur **son propre département**, `type_production = Photovoltaïque`,
`tranche = a-]0;36]`, **dernier trimestre disponible**.
3. Renseigner la fiche :
| Ligne | Valeur | Source du chiffre |
|---|---|---|
| Département et trimestre de référence | | |
| Parc PV ≤ 36 kVA total (installations) | | `nombre_installations`, toutes injections |
| dont **injection totale** | | |
| dont **injection du surplus** | | |
| dont **autoconsommation sans injection** | | |
| **Part de l'autoconsommation** (%) | | (surplus + sans inj.) / total |
| Écart à la moyenne Enedis (71,9 %) | + ou − … points | |
| Puissance moyenne du parc en surplus (kWc) | | `puissance_mw` × 1000 / `nombre_installations` |
| Nombre d'installations en **injection totale** | | ← gisement de renouvellement post-2030 |
4. Comparer avec le **département voisin** et **formuler une hypothèse d'explication**
(ancienneté du parc ? boom agricole ancien ? densité urbaine ? tissu d'installateurs ?).
5. Rédiger en **trois phrases maximum** l'accroche que l'on utilisera en rendez-vous client.
### Corrigé formateur — critères d'acceptation
| Critère | Attendu |
|---|---|
| Les filtres sont les bons | `type_production`, `tranche`, `fin_de_trimestre` tous les trois appliqués |
| Le calcul de la part est juste | surplus **+** sans injection au numérateur — l'oubli du second est l'erreur la plus fréquente |
| Le trimestre est cité | Un chiffre sans date de référence est invalide |
| Le périmètre est énoncé | La mention « réseau Enedis » ou « hors ELD/ZNI » figure sur la fiche |
| L'hypothèse est plausible et prudente | Formulée comme hypothèse, pas comme fait |
| Les trois phrases sont utilisables | Pas de « le marché explose », pas de promesse de rentabilité, pas de pourcentage sans effectif |
**Exemple de livrable attendu (Haute-Garonne, T2 2026) :**
> « Sur le réseau Enedis en Haute-Garonne, au deuxième trimestre 2026, 44 077 installations
> photovoltaïques de moins de 36 kVA sont raccordées, dont 35 101 en autoconsommation — soit
> 79,6 %, nettement au-dessus de la moyenne nationale de 71,9 %. La puissance moyenne posée
> approche 5 kWc, et une installation neuve sur cinq est aujourd'hui livrée avec une batterie.
> Ici, l'autoconsommation n'est pas une nouveauté : c'est le standard. »
### Variante courte (10 min, sans poste informatique)
Le formateur projette le tableau régional du § 8 et demande à chaque stagiaire de :
situer sa région, dire si elle est au-dessus ou en-dessous de 71,9 %, et **proposer une explication**.
Puis correction collective avec le piège n° 1 de la géographie (§ 8, point 1).
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## 13. Quiz flash — 10 questions
**1.** Dans les données Enedis, « injection du surplus » correspond au modèle économique :
☐ vente totale ☐ autoconsommation avec vente du surplus ☐ autoconsommation totale
**2.** L'Open Data Enedis couvre :
☐ toute la France ☐ ~95 % du réseau de distribution, hors Corse, ZNI et ELD ☐ la seule métropole
**3.** Fin du T2 2026, la part de l'autoconsommation dans le parc PV ≤ 36 kVA du réseau Enedis est
d'environ : ☐ 45 % ☐ 60 % ☐ **72 %** ☐ 90 %
**4.** Le résidentiel (≤ 36 kVA) représente dans le parc PV Enedis :
☐ 93 % des installations et 19 % de la puissance
☐ 19 % des installations et 93 % de la puissance
☐ 93 % des installations et 93 % de la puissance
**5.** Entre le T3 2024 et le T2 2026, le nombre de **raccordements nets par trimestre** en
autoconsommation résidentielle a : ☐ augmenté de 56 % ☐ stagné ☐ **baissé de 56 %**
**6.** Le parc en **injection totale** ≤ 36 kVA est figé autour de 350 000 installations depuis 2019
parce que : ☐ Enedis a arrêté de les compter ☐ ce sont les contrats d'obligation d'achat de 20 ans
signés vers 2006-2011, qui ne bougent plus ☐ la vente totale est interdite
**7.** La part des installations **avec stockage** dans les raccordements nets trimestriels est passée
de 2 % fin 2024 à : ☐ 4 % ☐ 9 % ☐ **19 %** ☐ 40 %
**8.** La puissance moyenne du parc en « autoconsommation sans injection » a **baissé** de 2,70 kWc
(2021) à moins de 2 kWc. L'explication la plus probable est :
☐ les modules sont moins puissants ☐ l'arrivée massive de petits kits « plug & play »
☐ une erreur d'Enedis ☐ les clients brident leurs installations
**9.** Le champ `tranche = a-]0;36]` désigne :
☐ une puissance crête ≤ 36 kWc ☐ une **puissance de raccordement ≤ 36 kVA**
☐ une production ≤ 36 MWh/an
**10.** Un client vous dit : « j'ai lu que le solaire explose en France ». La réponse professionnelle est :
☐ « oui, c'est le moment d'acheter »
☐ « le parc continue de grossir, mais le nombre de nouveaux raccordements a été divisé par deux
depuis fin 2024 ; le marché s'assainit »
☐ « non, c'est fini »
### Corrigé commenté
| Q | Réponse | Justification |
|---|---|---|
| 1 | **Autoconsommation avec vente du surplus** | Soutirage et injection sur le même point de livraison ; ouvre droit à la prime |
| 2 | **~95 %, hors Corse, ZNI et ELD** | Les chiffres Enedis sont un **plancher**, pas un total France |
| 3 | **72 %** | 892 994 / 1 242 435 = 71,9 % au T2 2026 |
| 4 | **93 % des installations, 19 % de la puissance** | 1 242 435 / 1 329 827 et 5 785 / 30 806 MW |
| 5 | **Baissé de 56 %** | +62 068 au T3 2024 → +27 200 au T2 2026. Le **stock** monte, le **flux** baisse |
| 6 | **Contrats d'obligation d'achat de 20 ans** | Échéances à partir de 2030 : gisement de renouvellement à anticiper |
| 7 | **19 %** | 5 054 installations avec batterie sur +27 200 nets au T2 2026 |
| 8 | **Petits kits « plug & play »** | Une moyenne de parc cumulé ne recule que si les entrants sont plus petits que le stock |
| 9 | **Puissance de raccordement ≤ 36 kVA** | kVA ≠ kWc ≠ kWh — piège récurrent du QCM officiel et du portail GRD (`12` § 6) |
| 10 | **« Le parc grossit, les raccordements ont été divisés par deux, le marché s'assainit »** | Sincérité + argument de pérennité de l'entreprise, qui sert la vente |
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## 14. Mémo de poche — autoconsommation résidentielle en chiffres
```
SOURCE opendata.enedis.fr · Licence Ouverte v2.0 · MAJ TRIMESTRIELLE · API /explore/v2.1/
PÉRIMÈTRE ~95 % du réseau · HORS Corse, ZNI (DOM), ELD → chiffre PLANCHER, jamais « la France »
FILTRES type_production=Photovoltaïque · tranche=a-]0;36] · dernier fin_de_trimestre
AUTOCONSO = « Injection du surplus » + « Autoconsommation sans injection »
PARC T2 2026 (≤ 36 kVA) 1 242 435 installations · 5 785 MW
dont autoconsommation 892 994 (71,9 %) · 3 984 MW
dont injection totale 349 441 → contrats 20 ans, échéances dès 2030
POIDS DU RÉSIDENTIEL 93 % des installations · 19 % de la puissance PV Enedis
TRAJECTOIRE 2015 : 1 % · 2018 : 10 % · 2021 : 30 % · 2023 : 55 % · 2026 : 72 %
× 9,4 depuis fin 2020 · × 22,8 depuis fin 2018
BASCULES 2017 arrêté S17 (prime) · 2021 seuil 30 % · T3 2024 PIC DU MARCHÉ
MARCHÉ PIC T3 2024 = +62 068 nets/trimestre → T2 2026 = +27 200 ( −56 % )
⚠ LE STOCK MONTE, LE FLUX BAISSE. Toujours regarder le FLUX.
PROJET TYPE surplus 4,94 kWc · sans injection 1,99 kWc (kits plug & play) · vente totale 5,15 kWc
STOCKAGE 35 956 installations (2,9 % du parc) · 19 % des raccordements du trimestre
(2 % fin 2024) → onduleur hybride, CERFA spécifique, SLT batterie, consignes pompiers
ACC 2 276 opérations · 25 497 participants · 382 MVA · × 45 depuis 2021 · niche en croissance
TERRITOIRE moyenne 71,9 % · Occitanie 75,7 % · Pays de la Loire 61,1 % (parc ancien vente totale)
haut : Pyrénées-Orientales 82,4 % · bas : Mayenne 56,1 % · Paris = 212 installs, NON COMMENTABLE
6 PIÈGES 1 périmètre · 2 stock≠flux · 3 kVA≠kWc · 4 puissance≠production
5 % sans effectif · 6 dernier trimestre ≠ tendance
```
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## 15. Rattachement au reste du parcours
| Support | Lien |
|---|---|
| `02` § 1.1.2 | Les trois modèles économiques — ce chapitre les **chiffre** |
| `02` § 1.1.3 | « Chiffres de cadrage `[À ACTUALISER]` » — ce chapitre **fournit la source et la méthode** |
| `02` § 1.1.4 | Dérives commerciales — le § 11 ajoute les **dérives d'usage de la donnée** |
| `02` § 1.5 | Incitations financières — le § 6 montre l'**élasticité du marché aux tarifs** |
| `03` § 3 | Systèmes — le § 7.2 justifie l'importance croissante de l'**onduleur hybride** |
| `04` § 2 et § 6 | Risques électriques et maintenance — conséquences du **stockage** |
| `11` § 3 | Charge en toiture — le § 7.1 montre que le **projet type grossit** |
| `12` | Dossier administratif avec batterie — le § 7.2 montre que ce cas devient **la norme** |
| `08` | Ressources réglementaires — le § 10.3 complète la **fiche de veille trimestrielle** |
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## 16. Note d'actualisation pour le formateur `[À ACTUALISER]`
**Tous les chiffres de ce chapitre sont datés du T2 2026** (données Enedis publiées le
17 juillet 2026, consultées en septembre 2026).
**Avant chaque session**, exécuter la procédure du § 10.2 et mettre à jour :
- [ ] le **dernier trimestre disponible** (§ 5.1, § 6.1, § 8) ;
- [ ] la **part nationale d'autoconsommation** (71,9 % au T2 2026) ;
- [ ] le **flux net du dernier trimestre** et l'écart au pic du T3 2024 (§ 6.1) ;
- [ ] la **part du stockage** dans le flux (19 % au T2 2026) — c'est l'indicateur qui bouge le plus vite ;
- [ ] les **puissances moyennes** (§ 7.1) ;
- [ ] la **ligne du département de la session** (§ 8), à préparer avant l'arrivée des stagiaires ;
- [ ] les **chiffres de l'autoconsommation collective** (§ 9) ;
- [ ] la **régénération des trois graphiques** de `/img/formation/` si le support est projeté.
**Régénération automatique des graphiques :**
```
python3 scripts/generer-graphiques-enedis.py
```
Le script interroge directement l'API Enedis, recalcule les trois figures avec le dernier trimestre
publié et les réécrit dans `/img/formation/`. Il ne demande **aucune clé d'API**, seulement `matplotlib`.
Les annotations chiffrées des graphiques sont en dur dans le script : **les ajuster en même temps que
le texte du support.**
> **Deux points de vigilance méthodologique.**
> 1. Les données Enedis sont **révisées** : le dernier trimestre publié peut évoluer lors de la
> publication suivante, et certains libellés de région ont changé de casse entre deux millésimes.
> Ne jamais bâtir un raisonnement sur le seul dernier point.
> 2. Le portail a **changé de domaine** (`data.enedis.fr` → `opendata.enedis.fr`) et l'ancienne
> couche d'API n'est plus complètement fonctionnelle. Vérifier les liens avant la session.
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