Formation photovoltaïque
Travaux pratiques et études de cas
Neuf travaux pratiques et études de cas de la formation : énoncé stagiaire, critères d'évaluation et corrigé formateur pour chacun d'entre eux.
Module 5 sur 13 du kit de formationphotovoltaïque raccordé au réseau — durée annoncée : 9 TP. Publié sous licence ouverte, réutilisable et modifiable.Télécharger le kit complet.
Chaque TP comporte : un énoncé stagiaire (à photocopier), les critères d’évaluation et le corrigé formateur. Les TP tracés sur grille alimentent l’« évaluation de la pratique mise en œuvre en formation » exigée par le référentiel.
Index :
| Réf. | Titre | Jour | Durée | Modalité |
|---|---|---|---|---|
| TP 1 | Diagnostic photo de chantiers | J1 | 30 min | Groupes de 3 |
| EC 1 | Chiffrage économique d’une installation résidentielle | J1 | 35 min | Binômes |
| TP 2 | Relevé de site : azimut, inclinaison, masque solaire | J2 | 30 min | Binômes |
| TP 3 | Dimensionnement de chaînes (3 cas) | J2 | 40 min | Individuel |
| TP 4 | Estimation du productible avec PVGIS | J2 | 25 min | Binômes sur poste |
| TP 5 | Pose en surimposition sur plateau technique | J3 | 105 min | Binômes, rotation |
| TP 6 | Recherche et lecture d’un Avis Technique | J3 | 30 min | Binômes sur poste |
| TP 7 | Traitement des points singuliers sur maquette | J3 | 20 min | Groupes de 3 |
| EC 2 | Analyse d’un devis client non conforme | J1 ou J3 | 20 min | Collectif |
| EC 3 | Rédaction d’un plan de maintenance | J3 | 20 min | Binômes |
TP 1 — Diagnostic photo de chantiers (J1, 30 min)
Énoncé stagiaire
Le formateur projette 8 photographies de chantiers photovoltaïques. Pour chacune, en groupe de 3, remplissez le tableau :
| Photo | Type d’implantation | Anomalie(s) constatée(s) | Risque encouru | Ce qu’il fallait faire |
|---|---|---|---|---|
| 1 à 8 |
Temps : 20 min de travail, 10 min de restitution collective.
Banque de situations à photographier (à constituer par le formateur)
| # | Situation à montrer | Anomalies attendues |
|---|---|---|
| 1 | Surimposition propre, bien ventilée, câbles rangés | Aucune — cas de référence, à faire identifier comme conforme |
| 2 | Crochet fixé dans le liteau | Fixation hors élément porteur → arrachement au vent |
| 3 | Câble traversant la couverture par un trou non traité | Percement d’écran non traité → infiltration |
| 4 | Modules posés jusqu’à la rive sans retrait | Zone de dépression du vent → arrachement |
| 5 | Tuile en appui forcé sur un crochet, tuile fissurée | Casse au gel, infiltration |
| 6 | Câbles pendants au contact de la couverture, colliers plastique non UV | Abrasion, arc DC, incendie |
| 7 | Bas de champ obturé par une bavette continue | Ventilation supprimée → surchauffe et condensation |
| 8 | Connecteurs de marques différentes assemblés | Échauffement, arc DC |
| 9 (option) | Chatières recouvertes par le champ | Ventilation de sous-toiture supprimée |
| 10 (option) | Absence d’étiquetage sur le coffret | Refus Consuel, danger pour les secours |
Corrigé synthétique et critères
Critères d’évaluation (voir grille 07) :
- identifie correctement le type d’implantation : 6 photos sur 8 minimum ;
- identifie au moins une anomalie majeure par photo concernée ;
- relie l’anomalie à un risque (infiltration, arrachement, incendie, perte de production) ;
- propose une solution conforme aux règles de l’art.
EC 1 — Chiffrage économique d’une installation résidentielle (J1, 35 min)
Énoncé stagiaire
Le client : maison individuelle près de Nantes, achevée en 2005, toiture tuiles à emboîtement, pente 35 %, rampant orienté sud-ouest (azimut +40°), aucun ombrage significatif.
Consommation : 5 800 kWh/an. Prix d’achat du kWh TTC : 0,25 €/kWh [À ACTUALISER].
Profil : couple, deux enfants, présence en journée le mercredi et le week-end,
ballon d’eau chaude électrique non piloté.
Le projet : 8 modules de 425 Wc, onduleur monophasé 3 kW, pose en surimposition. Coût total TTC installé, échafaudage et démarches inclus : 7 900 €.
Hypothèses à utiliser : irradiation dans le plan des modules Hi = 1 250 kWh/m²/an,
ratio de performance Pr = 0,80. Tarif d’achat du surplus : 0,04 €/kWh [À ACTUALISER].
Prime à l’autoconsommation : 80 €/kWc [À ACTUALISER].
Questions
- Calculez la puissance crête
Pcinstallée. - Calculez la production annuelle estimée
E. - Calculez le productible spécifique en kWh/kWc/an. Est-il cohérent pour la région ?
- Le taux d’autoconsommation retenu est de 35 % sans pilotage. Calculez les kWh autoconsommés et les kWh injectés.
- Calculez le gain annuel total.
- Calculez le montant de la prime, puis le temps de retour brut.
- Le client demande si mettre le ballon d’eau chaude sur un routeur solaire (+900 €) est intéressant, sachant que cela porterait le taux d’autoconsommation à 60 %. Répondez par un calcul.
- Citez trois postes de coût futurs à annoncer au client.
Corrigé formateur
1. Puissance crête
Pc = 8 × 425 = 3 400 Wc = 3,4 kWc
2. Production annuelle
E = Pc × Hi × Pr = 3,4 × 1 250 × 0,80 = 3 400 kWh/an
3. Productible spécifique
3 400 / 3,4 = 1 000 kWh/kWc/an
Cohérent pour la région nantaise avec une orientation sud-ouest et un Pr de 0,80. Une annonce à 1 300 kWh/kWc/an sur ce site serait un signal de survente.
4. Répartition
Autoconsommés = 3 400 × 0,35 = 1 190 kWh/an
Injectés = 3 400 − 1 190 = 2 210 kWh/an
5. Gain annuel
Économie sur la facture = 1 190 × 0,25 = 297,50 €
Vente du surplus = 2 210 × 0,04 = 88,40 €
Gain annuel total ≈ 386 €/an
6. Prime et temps de retour
Prime = 3,4 × 80 = 272 €
Coût net = 7 900 − 272 = 7 628 €
Temps de retour brut = 7 628 / 386 ≈ 19,8 ans
Commentaire à faire passer aux stagiaires : ce résultat est médiocre, et c’est le point pédagogique de l’exercice. Le projet est mal équilibré parce que le taux d’autoconsommation est trop faible : 65 % de la production est vendue à 0,04 € alors qu’elle vaudrait 0,25 € en autoconsommation. Le réflexe professionnel n’est pas de gonfler les hypothèses, c’est de retravailler le projet.
7. Routeur solaire sur le ballon ECS
Nouveaux autoconsommés = 3 400 × 0,60 = 2 040 kWh (+ 850 kWh)
Nouveaux injectés = 1 360 kWh (− 850 kWh)
Nouveau gain = 2 040 × 0,25 + 1 360 × 0,04 = 510,00 + 54,40 = 564,40 €/an
Gain supplémentaire = 564,40 − 386 ≈ 178 €/an
Retour sur les 900 € du routeur = 900 / 178 ≈ 5 ans
Temps de retour global = (7 900 + 900 − 272) / 564 ≈ 15,1 ans
Conclusion : oui, le routeur est pertinent — il se rentabilise en ~5 ans et fait gagner près de 5 ans sur le temps de retour global. Message clef : sur ce marché, le levier principal n’est pas le nombre de panneaux, c’est le taux d’autoconsommation.
8. Coûts futurs à annoncer
- Remplacement de l’onduleur vers 12 à 15 ans (ordre de 1 000 à 1 800 €
[À ACTUALISER]). - Maintenance préventive annuelle et accès (échafaudage ou nacelle si besoin).
- Extension de garantie, assurance habitation à mettre à jour, éventuel nettoyage.
- À signaler également : dégradation des modules ≈ 0,4 à 0,55 %/an, et le fait que le prix de l’électricité est une hypothèse, pas une certitude.
Variante formateur (groupe rapide)
Refaire l’exercice avec un client tertiaire consommant en journée (taux d’autoconsommation 80 %) : le temps de retour tombe sous 10 ans. Faire conclure que le PV est d’abord une affaire de profil de consommation.
TP 2 — Relevé de site (J2, 30 min)
Énoncé stagiaire
Sur le plateau technique (ou la toiture pédagogique), par binômes, réalisez le relevé complet du rampant qui vous est attribué et remplissez la fiche ci-dessous.
Fiche de relevé de site
| Rubrique | Valeur relevée | Instrument utilisé |
|---|---|---|
| Azimut du rampant (convention 0° = sud) | Boussole / application | |
| Inclinaison (° et %) | Inclinomètre / niveau | |
| Longueur de rampant (m) | Télémètre / mètre | |
| Largeur disponible (m) | Télémètre / mètre | |
| Surface utile après retraits (m²) | Calcul | |
| Type de couverture et modèle | Observation | |
| Entraxe réel des chevrons (cm) | Mètre | |
| Type d’écran de sous-toiture | Observation en égout | |
| Obstacles en toiture (nature, position, hauteur) | Croquis | |
| Masque lointain (azimut / hauteur angulaire) | Relevé + diagramme | |
| Accès chantier et moyen d’accès envisagé | Observation | |
| Emplacement pressenti de l’onduleur et du cheminement | Croquis |
Livrables
- La fiche complétée.
- Un croquis coté du rampant avec le calepinage proposé et les retraits.
- Le tracé du masque sur le diagramme solaire fourni.
- Une estimation de la puissance installable (règle 1 kWc ≈ 4 à 5 m²).
Critères d’évaluation
- Toutes les rubriques renseignées, unités correctes.
- Inclinaison exprimée en degrés ET en pourcents (conversion maîtrisée : 100 % = 45°).
- Entraxe des chevrons mesuré et non supposé.
- Retraits de rive et de faîtage pris en compte dans la surface utile.
- Croquis lisible, coté, orienté (indication du nord).
- Estimation de puissance cohérente avec la surface utile.
Corrigé — points de vigilance formateur
- Faire remarquer les erreurs de boussole dues aux masses métalliques de la toiture (rails, gouttière zinc) : prendre l’azimut à distance ou sur plan cadastral.
- Rappeler la conversion pente :
pente (%) = tan(angle) × 100. Repères : 30° ≈ 58 %, 35° ≈ 70 %, 45° = 100 %. - Vérifier que les stagiaires n’oublient pas la hauteur de l’obstacle par rapport au plan des modules (une cheminée de 1 m projette une ombre longue en hiver).
TP 3 — Dimensionnement de chaînes (J2, 40 min)
Données communes
Module M1
| Grandeur | Valeur |
|---|---|
| Pmpp | 425 Wc |
| Umpp | 32,0 V |
| Impp | 13,3 A |
| Uoc | 38,5 V |
| Isc | 14,0 A |
| Coef. temp. Uoc (β) | −0,25 %/°C |
| Coef. temp. Pmpp | −0,34 %/°C |
| Umax système | 1 000 V |
| Dimensions | 1,72 m × 1,13 m |
Onduleur A (monophasé) : P AC 5 000 W · P DC max 7 500 W · plage MPPT 130–800 V · UDC max 1 000 V · I max par MPPT 13 A · 2 MPPT · η euro 97,5 %
Onduleur B (triphasé) : P AC 10 000 W · P DC max 15 000 W · plage MPPT 200–800 V · UDC max 1 100 V · I max par MPPT 26 A · 2 MPPT · η euro 98,0 %
Hypothèses de calcul : température de cellule minimale −10 °C, maximale +70 °C. Approximation autorisée : coefficient de température de Umpp identique à celui de Uoc.
Énoncé stagiaire
Cas 1 — Maison individuelle. Un seul rampant, on souhaite installer 12 modules M1 avec l’onduleur A sur une seule chaîne.
- Calculez
Uoc(−10 °C)d’un module, puis la tension max de la chaîne. Est-ce acceptable ? - Calculez
Umpp(+70 °C)d’un module, puis la tension min de la chaîne. Est-elle dans la plage MPPT ? - Vérifiez le courant d’entrée.
- Calculez le ratio DC/AC. Conclusion ?
Cas 2 — Deux orientations. Toiture en deux versants : 8 modules au sud-est et 8 modules au sud-ouest, onduleur A. 5. Proposez l’architecture de raccordement et justifiez-la. 6. Vérifiez les tensions min et max pour une chaîne de 8 modules. Que constatez-vous ? 7. Quelle solution proposez-vous ?
Cas 3 — Bâtiment agricole. 48 modules M1 au sud, inclinaison 20°, onduleur B. 8. Proposez un découpage en chaînes respectant toutes les contraintes. 9. Vérifiez tensions et courants. 10. Calculez le ratio DC/AC. 11. Le local technique est à 35 m du champ. Calculez la chute de tension DC d’une chaîne avec du câble 4 mm² cuivre (ρ = 0,023 Ω·mm²/m). Est-elle acceptable ? Si non, quelle section retenir ?
Corrigé formateur
Cas 1
1. Tension max à froid
Uoc(−10 °C) = 38,5 × [1 + (−0,0025) × (−10 − 25)]
= 38,5 × [1 + (−0,0025 × −35)]
= 38,5 × 1,0875 = 41,87 V
U chaîne max = 12 × 41,87 = 502,4 V
502 V ≤ 800 V (haut de plage MPPT) et ≤ 1 000 V (UDC max onduleur et Umax système). ✅ (Contrôle par l’approximation de terrain : 12 × 1,15 × 38,5 = 531 V — même conclusion.)
2. Tension min à chaud
Umpp(+70 °C) = 32,0 × [1 + (−0,0025) × (70 − 25)]
= 32,0 × [1 − 0,1125] = 28,4 V
U chaîne min = 12 × 28,4 = 340,8 V
340,8 V ≥ 130 V (bas de plage MPPT). ✅ Marge confortable.
3. Courant
I chaîne = Impp = 13,3 A > I max MPPT = 13 A ⚠️
Le courant dépasse légèrement la limite du MPPT. Deux lectures possibles, à discuter en séance :
- soit l’onduleur admet un léger dépassement documenté par le constructeur (à vérifier dans sa fiche technique, pas au feeling) ;
- soit il faut retenir un onduleur avec un
I maxsupérieur, ou un module à courant plus faible. C’est le piège volontaire du cas 1 : les stagiaires vérifient souvent les tensions et oublient le courant. Pour le calibrage des câbles et protections, on retiendra par ailleurs1,25 × Isc = 1,25 × 14,0 = 17,5 A.
4. Ratio DC/AC
Pc = 12 × 425 = 5 100 Wc ; Ratio = 5 100 / 5 000 = 1,02
Cohérent (plage usuelle 1,0 à 1,2). ✅
Cas 2
5. Architecture — une chaîne de 8 modules par versant, une chaîne par MPPT (MPPT 1 = sud-est, MPPT 2 = sud-ouest). Ne jamais mettre en série ou en parallèle sur un même MPPT deux groupes d’orientation différente : le MPPT ne pourrait optimiser que l’un des deux, et les écarts de courant/tension généreraient des pertes de mismatch importantes.
6. Vérification pour 8 modules
U max = 8 × 41,87 = 335,0 V ≤ 800 V ✅
U min = 8 × 28,4 = 227,2 V ≥ 130 V ✅
I = 13,3 A ⚠️ même remarque que le cas 1
Pc = 16 × 425 = 6 800 Wc ; ratio = 6 800/5 000 = 1,36 ⚠️ élevé
Le fonctionnement est possible, mais le ratio DC/AC de 1,36 est trop élevé pour un champ bien exposé : écrêtage significatif en milieu de journée.
7. Solution — deux options défendables :
- passer à un onduleur de puissance AC supérieure (≈ 6 kVA) pour ramener le ratio vers 1,1 ;
- conserver l’onduleur si les deux versants sont est-ouest (production étalée, pointes décalées) : dans ce cas un ratio élevé se justifie techniquement. Faire formuler la règle : un ratio DC/AC ne se juge pas dans l’absolu, mais au regard du profil de production du champ.
Cas 3
8. Découpage — nombre maximal de modules par chaîne (contrainte de tension à froid) :
N max = 1 100 / 41,87 = 26,3 → 26 modules (limite onduleur)
mais Umax système module = 1 000 V → N max = 1 000 / 41,87 = 23,8 → 23 modules
La contrainte la plus faible s’impose : 23 modules maximum par chaîne. Découpage retenu : 4 chaînes de 12 modules, soit 2 chaînes en parallèle sur chacun des 2 MPPT. (24 modules par MPPT, 48 au total.)
9. Vérifications
U max = 12 × 41,87 = 502,4 V ≤ 800 V et ≤ 1 000 V ✅
U min = 12 × 28,4 = 340,8 V ≥ 200 V ✅
I par MPPT = 2 × 13,3 = 26,6 A vs I max 26 A ⚠️ limite dépassée
→ Conclusion à faire émerger : passer à 3 chaînes de 8 modules par MPPT ne résout pas
le courant (3 × 13,3 = 39,9 A, pire). La bonne réponse est de répartir sur 2 onduleurs B
(2 chaînes de 12 par onduleur, 13,3 A par MPPT), ou de choisir un onduleur à I max supérieur.
Fixer la règle : on ne met jamais en parallèle plus de chaînes que ce que l’entrée admet.
10. Ratio DC/AC (hypothèse : 48 modules sur 2 onduleurs B)
Pc total = 48 × 425 = 20 400 Wc ; P AC = 2 × 10 000 = 20 000 W ; ratio = 1,02 ✅
11. Chute de tension DC
ΔU = 2 × ρ × L × I / S = 2 × 0,023 × 35 × 13,3 / 4 = 5,35 V
ΔU % = 5,35 / 340,8 (tension min de fonctionnement) = 1,57 %
ou 5,35 / 384 (Umpp STC de la chaîne = 12 × 32) = 1,39 %
Sous la limite de 3 % : acceptable au sens du guide, mais au-dessus de l’objectif de 1 % recherché sur la partie chaîne. Avec 4 chaînes, la perte cumulée devient sensible. En 6 mm² :
ΔU = 2 × 0,023 × 35 × 13,3 / 6 = 3,57 V → ≈ 0,93 % de 384 V ✅
Réponse professionnelle : retenir 6 mm². Le surcoût du câble est très inférieur à la production perdue sur 25 ans.
Critères d’évaluation TP 3
- Applique la formule de correction de température avec le bon signe (le piège classique).
- Vérifie les quatre contraintes (Umax, Umin, courant, chute de tension) sans en oublier.
- Distingue
Umax système du moduleetUDC max de l'onduleur, retient la plus contraignante. - Ne mélange pas des orientations différentes sur un même MPPT.
- Sait conclure et proposer une correction quand une contrainte n’est pas respectée.
TP 4 — Estimation du productible avec PVGIS (J2, 25 min)
Énoncé stagiaire
Sur poste informatique, par binômes, à partir du relevé du TP 2 (ou du cas de l’EC 1) :
- Localisez le site sur PVGIS.
- Renseignez : technologie silicium cristallin, puissance crête du projet, inclinaison et azimut relevés.
- Faites deux calculs successifs en changeant le type de montage : d’abord « intégré dans le bâti », puis « libre / ventilé ». Relevez les deux productions annuelles.
- Ajustez les pertes système : partez de la valeur par défaut, puis saisissez une valeur
justifiée à partir du tableau des postes de perte (support
03§ 2.5.2). - Activez la prise en compte de l’horizon.
- Relevez la production mensuelle et identifiez le mois le plus faible et le mois le plus fort.
- Exportez le rapport et calculez le productible spécifique (kWh/kWc/an).
- Comparez au calcul manuel
E = Pc × Hi × Pr. Expliquez l’écart.
Corrigé et exploitation formateur
Résultats attendus (dépendent du site)
- Écart entre montage intégré et ventilé : typiquement 2 à 5 % en faveur du ventilé. → C’est la démonstration chiffrée de l’intérêt de la surimposition ventilée, et un argument technique à réemployer devant un client.
- Rapport entre le mois le plus fort (juin/juillet) et le mois le plus faible (décembre) : souvent un facteur 4 à 6 en métropole. → Explique pourquoi l’autoconsommation d’hiver reste limitée et pourquoi « facture à zéro » est un mensonge.
- Productible spécifique cohérent : 900 à 1 300 kWh/kWc/an en métropole.
Explication de l’écart avec le calcul manuel
PVGIS applique un modèle horaire (température, irradiance réelle, angle d’incidence, spectre),
tandis que E = Pc × Hi × Pr est une méthode forfaitaire. Les deux doivent converger
à ± 5 à 10 %. Un écart plus grand signale une erreur de saisie :
azimut dans la mauvaise convention, inclinaison confondue avec une pente en %,
ou Hi pris à l’horizontale au lieu du plan des modules.
Livrable à conserver au dossier stagiaire : le rapport PDF PVGIS + une note de 5 lignes
justifiant le Pr retenu. C’est exactement ce qui doit accompagner un devis client.
TP 5 — Pose en surimposition sur plateau technique (J3, 105 min)
TP central de la compétence « intégration au bâti ». C’est lui qui alimente principalement l’« évaluation de la pratique mise en œuvre en formation ». Organisation en binômes, par rotation sur 3 postes de 35 min, ou en pose complète par binôme si le plateau comporte plusieurs rampants.
Organisation en 3 postes
| Poste | Objet | Durée |
|---|---|---|
| A | Sécurité, accès, implantation et fixation (crochets, rails) | 35 min |
| B | Pose des modules, clames, mise à la terre | 35 min |
| C | Câblage : cheminement, sertissage MC4, passe-toit, mesures DC | 35 min |
Un stagiaire opère, l’autre contrôle avec la notice en main puis on inverse. Le contrôleur est évalué autant que l’opérateur : lire une notice et oser arrêter son collègue fait partie de la compétence.
Énoncé stagiaire
Contexte. Vous devez poser un champ de 4 modules en surimposition sur le rampant qui vous est attribué. La notice du fabricant du système de fixation vous est remise. Zone climatique et situation du site sont affichées sur le poste.
Consignes
- Avant toute montée : contrôlez vos EPI, l’accès, et remplissez la fiche de sécurité ci-dessous.
- Lisez la notice et relevez : entraxe maximal des fixations, nombre de points pour la zone affichée, retraits de rive et de faîtage, couples de serrage, jeux de dilatation.
- Implantez le champ au cordeau : tracez la position des crochets en fonction des chevrons réels.
- Posez les crochets, réglez les rails, posez les modules, clamez, réalisez la liaison équipotentielle.
- Câblez : cheminement fixé, sertissage, passe-toit étanche, repérage des polarités.
- Mesurez
Uocet la polarité de la chaîne, consignez l’irradiance et la température. - Réalisez l’autocontrôle avec la check-list de fin de TP, puis appelez le formateur.
Fiche de sécurité à remplir avant montée
| Point | Conforme | Observation |
|---|---|---|
| Aptitude / autorisation, pas de travail isolé | ☐ | |
| Protection collective en place (échafaudage, garde-corps) | ☐ | |
| Harnais : sangles, coutures, boucles, date | ☐ | |
| Longe + absorbeur : témoin non déclenché | ☐ | |
| Point d’ancrage : conforme, au-dessus de l’opérateur | ☐ | |
| Tirant d’air calculé et suffisant : ______ m | ☐ | |
| Risque d’effet pendulaire évalué | ☐ | |
| Casque à jugulaire, chaussures antidérapantes, gants | ☐ | |
| Zone au sol balisée (chute d’objets) | ☐ | |
| Météo : vent ______ km/h, toiture sèche | ☐ | |
| Moyen d’alerte et procédure de secours connus | ☐ | |
| Sectionneur DC ouvert / modules non connectés | ☐ |
Check-list d’autocontrôle de fin de TP (remise aux stagiaires)
Fixation
- Nombre de points de fixation conforme à la notice pour la zone affichée
- Fixations dans l’élément porteur, repéré et mesuré (pas dans le liteau)
- Entraxe respecté, retraits de rive et de faîtage respectés
- Vis de longueur adaptée, serrées sans écrasement du bois
- Aucun point dur : la tuile au-dessus du crochet repose libre
- Tuiles meulées proprement le cas échéant, aucune tuile fissurée
Étanchéité et ventilation
- Écran de sous-toiture intact, tout percement traité (manchon, bande compatible)
- Passe-toit étanche posé selon notice, câble descendant en boucle inversée (goutte d’eau)
- Lame d’air libre en bas et en haut de champ
- Chatières et closoirs ventilés fonctionnels, non recouverts
- Aucun obstacle à l’écoulement de l’eau créé en bas de champ
Mécanique modules
- Clames posées dans les zones de fixation autorisées par le fabricant du module
- Couples de serrage respectés (clé dynamométrique si spécifiée)
- Jeux de dilatation entre modules et en bout de rail respectés
- Modules alignés, cadres non déformés, verre sans impact
Électrique
- Liaison équipotentielle de tous les cadres et rails, cosse à dents, continuité vérifiée
- Sertissage MC4 avec la pince du fabricant, connecteurs de même marque, test en traction
- Câbles fixés par colliers UV, hors contact avec la couverture et les arêtes vives
- Rayon de courbure respecté, pas de câble tendu ni pendant, boucle de câblage minimisée
- Polarités repérées et vérifiées avant tout raccordement
-
Uocmesurée : ______ V — cohérente avec le calcul ? ______ - Irradiance : ______ W/m² · Température module : ______ °C
Corrigé et pièges volontaires à installer par le formateur
Le formateur prépare le poste avec des pièges et observe si les binômes les détectent :
| Piège installé | Détection attendue |
|---|---|
| Notice fournie pour une autre zone de vent que celle affichée | Le binôme réclame la bonne donnée ou recalcule le nombre de points |
| Un liteau placé de façon tentante à l’endroit du crochet | Le binôme repère le chevron et refuse la fixation dans le liteau |
| Deux connecteurs MC4 de marques différentes dans la caisse | Le binôme les écarte |
| Colliers de serrage non UV (blancs) mêlés aux noirs | Le binôme choisit les UV |
| Une tuile fissurée déjà en place sous le futur champ | Le binôme la remplace avant de poser |
| Un module avec une étiquette de zone de clamage différente | Le binôme lit l’étiquette et adapte |
| Bavette continue proposée en bas de champ | Le binôme refuse l’obturation de la lame d’air |
| Aucun manchon d’étanchéité fourni pour le passe-toit | Le binôme le réclame au lieu d’improviser |
Grille d’évaluation TP 5 (report sur la grille de synthèse 07)
| # | Critère observable | Poids | A | NA |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Fiche de sécurité complète, tirant d’air calculé juste | ⚠️ éliminatoire | ☐ | ☐ |
| 2 | Protection collective utilisée avant l’individuelle | ⚠️ éliminatoire | ☐ | ☐ |
| 3 | Notice lue et données relevées avant de commencer | 3 | ☐ | ☐ |
| 4 | Fixation dans l’élément porteur, entraxe et nombre de points conformes | 3 | ☐ | ☐ |
| 5 | Retraits de rive et de faîtage respectés | 2 | ☐ | ☐ |
| 6 | Aucun point dur, aucune tuile cassée en fin de TP | 3 | ☐ | ☐ |
| 7 | Écran de sous-toiture préservé, percements traités | 3 | ☐ | ☐ |
| 8 | Lame d’air et ventilation préservées | 2 | ☐ | ☐ |
| 9 | Passe-toit étanche correctement mis en œuvre | 2 | ☐ | ☐ |
| 10 | Clamage en zone autorisée, couples respectés, jeux de dilatation | 2 | ☐ | ☐ |
| 11 | Liaison équipotentielle complète et continuité vérifiée | 2 | ☐ | ☐ |
| 12 | Sertissage correct, connecteurs homogènes, câblage propre et fixé | 2 | ☐ | ☐ |
| 13 | Polarité et Uoc mesurées et interprétées avec irradiance/température |
2 | ☐ | ☐ |
| 14 | Autocontrôle réalisé sérieusement avant appel du formateur | 2 | ☐ | ☐ |
| 15 | Pièges détectés (au moins 4 sur 8) | 2 | ☐ | ☐ |
| 16 | Rôle de contrôleur tenu activement (a arrêté ou corrigé son binôme) | 2 | ☐ | ☐ |
Seuil de validation : les deux critères éliminatoires acquis, et ≥ 70 % des points sur les critères 3 à 16. En cas de non-acquis, remédiation immédiate sur poste puis nouvelle observation.
TP 6 — Recherche et lecture d’un Avis Technique (J3, 30 min)
TP explicitement demandé par le référentiel : « Travaux pratiques : savoir trouver et lire un avis technique. »
Énoncé stagiaire
Sur poste informatique, par binômes.
Partie 1 — Trouver (10 min)
- Rendez-vous sur le site CSTB Évaluations (base des Avis Techniques et DTA).
- Recherchez un procédé photovoltaïque intégré en toiture (Groupe Spécialisé n° 21).
- Notez : le numéro de l’Avis Technique, le titulaire, la désignation commerciale, la date de fin de validité.
- Le document est-il en cours de validité ? Que faites-vous s’il est périmé ?
Partie 2 — Lire (15 min) — remplissez la fiche d’extraction :
| Rubrique à extraire | Valeur trouvée dans le document |
|---|---|
| Famille de procédé (intégré, surimposé, membrane…) | |
| Pente minimale admise | |
| Pente maximale admise | |
| Zones de vent / zones de neige admises | |
| Altitude limite | |
| Longueur / largeur de rampant maximale | |
| Nature du support admis (charpente, entraxes, volige, bac) | |
| Type de local sous-jacent admis (chauffé, humide, agricole) | |
| Modules autorisés (marques, dimensions, poids) | |
| Accessoires imposés (closoirs, bavettes, profils, écran) | |
| Dispositions de ventilation prévues | |
| Traitement des points singuliers prévu (rives, faîtage, noue, pénétrations) | |
| Prescriptions de mise à la terre | |
| Prescriptions d’entretien / maintenance et périodicité | |
| Réserves ou remarques du Groupe Spécialisé |
Partie 3 — Décider (5 min) Le formateur vous remet une fiche chantier (site, pente, zone, altitude, support, local). Le procédé que vous avez étudié est-il utilisable sur ce chantier ? Répondez par OUI / NON, en citant la ligne du document qui fonde votre réponse.
Fiches chantier à distribuer (une par binôme)
| Fiche | Site | Pente | Zone vent / neige | Altitude | Support | Local |
|---|---|---|---|---|---|---|
| C1 | Bretagne, bord de mer | 40 % | vent élevé / neige faible | 20 m | chevrons 60 cm | logement chauffé |
| C2 | Alpes | 60 % | vent moyen / neige forte | 1 350 m | chevrons 45 cm | logement chauffé |
| C3 | Beauce | 18 % | vent moyen / neige moyenne | 130 m | fermettes 60 cm | logement chauffé |
| C4 | Sud-Ouest | 35 % | vent moyen / neige faible | 90 m | volige | bâtiment d’élevage |
| C5 | Région lyonnaise | 30 % | vent faible / neige moyenne | 200 m | chevrons 90 cm | logement chauffé |
Corrigé — logique de décision attendue
Les réponses dépendent de l’Avis Technique réellement consulté, mais le raisonnement attendu est toujours le même et c’est lui qui est évalué :
| Fiche | Motif de refus le plus probable | Compétence testée |
|---|---|---|
| C1 | Zone de vent élevée en bord de mer : vérifier la zone admise et la corrosion en atmosphère saline | Lire la limite de zone de vent |
| C2 | Altitude 1 350 m : la plupart des ATec limitent l’altitude (souvent 900 ou 1 000 m) | Repérer la limite d’altitude, souvent oubliée |
| C3 | Pente 18 % : très généralement sous la pente mini du procédé | Repérer la pente mini |
| C4 | Local d’élevage : ambiance agressive et forte hygrométrie, souvent exclue ou soumise à conditions | Repérer la limite de type de local |
| C5 | Entraxe 90 cm : hors du domaine si l’ATec impose un entraxe max (souvent 60 ou 70 cm) | Repérer la limite de support |
Message à faire formuler : un Avis Technique ne se lit pas pour se rassurer, il se lit pour chercher ce qui interdit le chantier. Et sortir du domaine d’emploi, c’est basculer en technique non courante — donc hors garantie décennale classique.
Critères d’évaluation TP 6
- Trouve seul un ATec sur la base du CSTB et vérifie sa date de validité.
- Extrait au moins 12 rubriques sur 15 de la fiche.
- Distingue une limite de procédé (ATec) d’une limite de couverture (NF DTU).
- Fonde sa décision sur une citation du document, et non sur une impression.
- Conclut par un NON argumenté quand le chantier sort du domaine d’emploi.
TP 7 — Traitement des points singuliers sur maquette (J3, 20 min)
Énoncé stagiaire
Par groupes de 3, sur les maquettes de toiture (ou à partir des planches photo). Six situations vous sont présentées. Pour chacune : décrivez la solution conforme, puis réalisez-la sur la maquette quand le matériel le permet.
| Situation | Ce que vous devez produire |
|---|---|
| S1 — Sortie de câbles du champ vers le comble | Solution étanche complète, du module au comble |
| S2 — Champ arrivant à 30 cm d’une cheminée | Retrait, étanchéité, et incidence sur le calepinage |
| S3 — Champ recouvrant 2 chatières de ventilation | Solution de report de la ventilation |
| S4 — Bas de champ au-dessus de l’égout et de la gouttière | Traitement du recouvrement et de l’entrée d’air |
| S5 — Rive latérale en zone de vent élevée | Fixations et bande de rive |
| S6 — Champ à proximité d’une noue | Retrait et règles de fixation |
Corrigé formateur
S1 — Sortie de câbles
- Passe-toit étanche dédié (ou tuile-chatière spécifique du fabricant), jamais un trou percé.
- Manchon collé/serti sur l’écran de sous-toiture avec bande adhésive compatible.
- Câble descendant en boucle inversée sous le passe-toit : la goutte d’eau tombe avant l’entrée.
- Fourreau de protection, câble non tendu, réserve de longueur.
- Repérage des polarités des deux côtés de la traversée.
- ❌ À proscrire : mastic seul, passage entre deux tuiles, percement de l’écran sans traitement.
S2 — Cheminée
- Retrait conforme à la notice/ATec (et jamais de fixation dans le solin).
- Solin et bande d’étanchéité de la cheminée conservés et non recouverts par un rail.
- Respect des distances de sécurité au conduit de fumée (matériaux combustibles, câbles).
- Intégrer l’ombre portée au calepinage : une cheminée de 1 m projette une ombre longue en hiver → soit on décale le champ, soit on isole les modules concernés sur un MPPT dédié ou avec optimiseurs.
- Prévoir l’accès ultérieur pour le ramonage.
S3 — Chatières recouvertes
- La ventilation de sous-toiture ne se supprime jamais.
- Solution : report des chatières hors du champ (au-dessus, en dessous ou latéralement), en nombre au moins équivalent, en respectant la section de ventilation requise.
- Vérifier la continuité entrée (égout) → sortie (faîtage) après pose.
- ❌ À proscrire : obturer, ou « compter sur la lame d’air sous les modules » pour compenser.
S4 — Bas de champ / égout
- Profilé ou bavette de recouvrement du système qui déverse au-dessus de la couverture, jamais derrière la gouttière ni dans l’isolant.
- Aucune retenue d’eau : pas de rail formant barrage, pas de bavette continue non ventilée.
- Entrée d’air ménagée pour la lame d’air, avec grille anti-volatiles (peigne, grillage).
- Vérifier que l’écran de sous-toiture déverse bien dans la gouttière.
- Attention à la neige : en zone de neige, prévoir des arrêts de neige sous le champ — la surface lisse des modules libère la neige en paquets.
S5 — Rive latérale, vent élevé
- Les rives et les angles subissent les dépressions les plus fortes (Eurocode 1-4) : retrait imposé et densification des fixations selon la note de calcul.
- Bande de rive ou profilé du procédé, fixé mécaniquement, recouvrement de l’écran relevé.
- Aucune prise d’air sous les modules en rive : c’est là que commence l’arrachement.
- Vérifier la fixation des tuiles de rive elles-mêmes (souvent à refixer après passage).
S6 — Noue
- Retrait au fond de noue selon la notice/ATec.
- Aucune fixation dans la noue ni dans ses relevés.
- Conserver la section d’écoulement : la noue concentre les débits de deux versants, et un champ PV accélère le ruissellement (surface lisse) → risque de débordement.
- Nettoyage et accès de maintenance à préserver.
Critères d’évaluation TP 7
- Cite le retrait comme réponse de base dans 4 situations sur 6.
- N’obture jamais une ventilation.
- Ne crée jamais de retenue d’eau.
- Propose une solution avec les accessoires du procédé, pas une improvisation au mastic.
- Anticipe l’ombre portée et la maintenance (ramonage, nettoyage de noue).
- Évoque les arrêts de neige en zone concernée.
EC 2 — Analyse d’un devis client non conforme (20 min, collectif)
Énoncé stagiaire
Le formateur distribue le devis reconstitué ci-dessous, remis à un particulier par une société de démarchage. Relevez toutes les anomalies et rédigez les 5 questions que vous poseriez.
DEVIS N° 2026-0412 — « Centrale solaire clé en main » Maison individuelle, Amiens (80). Bâtiment achevé en 1998. — Kit solaire 9 panneaux « haute performance » 500 W = 4 500 W de puissance — Production garantie : 6 300 kWh/an — Économies annoncées : 1 575 €/an — « facture d’électricité annulée » — Pose en intégration totale à la toiture (existante en tuiles terre cuite, pente 22 %) — Onduleur central 3 000 W — Prix : 21 900 € TTC — financement 180 € / mois sur 15 ans — « Prime de l’État de 2 000 € déduite, revente EDF garantie 20 ans » — Mention : « Entreprise partenaire RGE » — Signature immédiate obligatoire pour bénéficier de l’offre
Corrigé — les 12 anomalies attendues
| # | Anomalie | Pourquoi c’est fautif |
|---|---|---|
| 1 | Production de 6 300 kWh pour 4,5 kWc = 1 400 kWh/kWc/an | Impossible à Amiens : on attend plutôt 950 à 1 050 kWh/kWc/an. Le productible est surévalué de ~35 % |
| 2 | « Facture annulée » | Aucune installation sans stockage n’annule une facture : production nulle la nuit, faible en hiver (facteur 4 à 6 entre décembre et juillet) |
| 3 | Économies de 1 575 € = toute la production valorisée à 0,25 €/kWh | Confond production et autoconsommation. Le surplus est vendu ~0,04 €/kWh |
| 4 | Intégration sur une couverture existante à pente 22 % | Pente très probablement sous la pente mini du procédé ; et l’intégration exige un ATec valide non mentionné |
| 5 | Aucune mention d’Avis Technique / DTA ni de référence de procédé | Impossible de vérifier le domaine d’emploi → risque de refus de décennale |
| 6 | Ratio DC/AC = 4 500 / 3 000 = 1,5 | Écrêtage massif : on paie 4,5 kWc pour en exploiter une partie |
| 7 | « Puissance 4 500 W » au lieu de 4,5 kWc | Confusion entretenue entre puissance crête et puissance/production |
| 8 | « Prime de l’État de 2 000 € » | Sans commune mesure avec la prime à l’autoconsommation réelle, et déduite sans indiquer le trimestre de référence ni les conditions |
| 9 | « Revente EDF garantie 20 ans » sans tarif ni régime | Le tarif dépend de l’arrêté applicable à la date de demande complète de raccordement |
| 10 | « Entreprise partenaire RGE » | Formule trompeuse : c’est l’entreprise qui réalise les travaux qui doit être qualifiée, pas un « partenaire ». À exiger : attestation RGE nominative en cours de validité |
| 11 | Prix : 21 900 € pour 4,5 kWc ≈ 4 870 €/kWc | Très au-dessus du marché. Coût total du crédit non affiché (180 € × 180 mois = 32 400 €) |
| 12 | « Signature immédiate obligatoire » | Pratique commerciale agressive. En démarchage à domicile, le client dispose d’un droit de rétractation de 14 jours : y renoncer est illégal |
Anomalies complémentaires à valoriser si citées : absence de marque et de référence des modules et de l’onduleur, pas de méthode de calcul du productible, pas de mention de la déclaration préalable ni du Consuel, pas d’attestation d’assurance décennale, aucun relevé de consommation du client, pas de mention du remplacement de l’onduleur, pas d’étude d’ombrage.
Les 5 questions à poser (corrigé)
- Quelle est la référence exacte du procédé d’intégration et son numéro d’Avis Technique en cours de validité ?
- Sur quelle méthode repose l’estimation de 6 300 kWh/an — pouvez-vous me remettre le rapport PVGIS ou l’étude, avec le ratio de performance retenu ?
- Quel est mon taux d’autoconsommation estimé, calculé sur mes consommations réelles, et quelle est la part vendue en surplus et à quel tarif ?
- Pouvez-vous me fournir votre attestation RGE nominative et votre attestation d’assurance décennale mentionnant l’activité photovoltaïque ?
- Quel est le coût total du crédit, et qu’en est-il de mon droit de rétractation de 14 jours ?
EC 3 — Rédaction d’un plan de maintenance (20 min, binômes)
Énoncé stagiaire
Vous venez de livrer l’installation de l’EC 1 (3,4 kWc, surimposition, tuiles, maison individuelle, pente 35 %, accès nécessitant un échafaudage). Rédigez le plan de maintenance préventive à annexer au DOE.
Trame à compléter
| Périodicité | Opérations | Réalisé par | Depuis | Durée | Coût indicatif |
|---|---|---|---|---|---|
| Mensuelle | |||||
| Semestrielle | |||||
| Annuelle | |||||
| Tous les 2 à 4 ans | |||||
| Ponctuelle (événement) | |||||
| À 12-15 ans |
Puis répondez :
- Quels sont les 3 postes de contrôle bâti que vous ne pouvez pas déléguer au client ?
- Que prévoyez-vous pour l’accès en toiture, et qui le paie ?
- Quels indicateurs permettent de détecter une dérive sans monter sur le toit ?
- Quelles obligations d’entretien issues de la notice/ATec devez-vous reporter au plan ?
Corrigé formateur
| Périodicité | Opérations | Par | Depuis | Coût indicatif [À ACTUALISER] |
|---|---|---|---|---|
| Mensuelle | Relevé de production sur le portail, comparaison au productible attendu du mois, lecture des alarmes | Client (ou installateur à distance) | À distance | Inclus / abonnement monitoring |
| Semestrielle | Contrôle visuel depuis le sol (jumelles) : modules, gouttière, végétation, absence d’ombrage nouveau | Client | Sol | 0 € |
| Annuelle | Visite complète : check-list bâti + modules + électrique (support 04 § 3.6.3), rapport photo daté |
Installateur | Toiture, EPI | 150 à 350 € hors accès |
| 2 à 4 ans | Thermographie du champ et des coffrets, contrôle d’isolement, continuité de terre, courbe I-V si suspicion | Installateur | Toiture | 200 à 400 € |
| Ponctuelle | Après grêle, tempête, foudre, neige exceptionnelle, ou tout travaux sur la toiture | Installateur | Toiture | Sur devis |
| 12-15 ans | Remplacement prévisionnel de l’onduleur, contrôle général des serrages et connecteurs | Installateur | Local + toiture | 1 000 à 1 800 € |
1. Les 3 postes de contrôle bâti non délégables
- État des fixations et des tuiles au contact des crochets (desserrage, fissures, point dur) ;
- Étanchéité des pénétrations (passe-toit, solins) et intégrité de l’écran de sous-toiture vue en égout ;
- Ventilation de la lame d’air (obstruction, nidification) et libre écoulement en bas de champ. À quoi s’ajoute l’inspection en sous-face du comble à la recherche d’auréoles : c’est le signal d’alerte le plus précoce d’une infiltration.
2. Accès en toiture Échafaudage ou nacelle nécessaire → à chiffrer explicitement dans le contrat de maintenance et à annoncer au client dès le devis initial. Le point à ne pas laisser flou : qui paie l’accès lors d’une intervention sous garantie. La réponse honnête est de l’inclure dans le contrat, ou de prévoir une visite annuelle mutualisant l’accès avec l’entretien de couverture.
3. Indicateurs de dérive à distance
- Production mensuelle comparée au productible de référence et corrigée de l’ensoleillement du mois ;
- Ratio de performance recalculé si l’installation dispose d’un capteur d’irradiance ;
- comparaison entre chaînes ou entre modules (micro-onduleurs / optimiseurs) : une divergence révèle un module ou une connexion en défaut ;
- journal d’événements de l’onduleur : défauts d’isolement récurrents = eau dans le DC ;
- courbe de production journalière : un décrochage à midi signale un écrêtage ou une surchauffe, un creux régulier signale un ombrage.
4. Obligations d’entretien issues de la notice / de l’ATec Tout Avis Technique comporte une rubrique entretien dont le non-respect est opposable : périodicité de vérification des fixations et des accessoires d’étanchéité, nettoyage des dispositifs de ventilation, contrôle des serrages, conditions de circulation en toiture. Ces obligations doivent être recopiées telles quelles dans le plan de maintenance remis au client, et leur exécution tracée — sinon la garantie du procédé peut être contestée.
Critères d’évaluation EC 3
- Distingue ce qui est à distance, depuis le sol et en toiture.
- Place les 3 contrôles bâti non délégables.
- Traite explicitement la question de l’accès et de son coût.
- Reporte les obligations d’entretien de l’ATec / notice.
- Prévoit le remplacement de l’onduleur et la traçabilité (carnet de maintenance).
- Propose des indicateurs mesurables, pas des intentions.